La police chilienne a affirmé pour sa part qu’elle n’avait pas eu «l’intention de blesser» des manifestants.

Rapport sur la répression au Chili: la police blesse délibérément les manifestants

SANTIAGO DU CHILI — Le gouvernement chilien a rejeté jeudi un rapport d’Amnesty International accusant les forces de l’ordre chiliennes d’avoir commis des violations généralisées des droits de l’Homme lors des protestations antigouvernementales de ces dernières semaines.

«Le gouvernement rejette catégoriquement le dernier rapport d’Amnesty International qui prétend avoir identifié une politique délibérée visant à blesser les manifestants», a déclaré au cours d’une conférence de presse à Santiago la sous-secrétaire chilienne aux Droits de l’Homme, Lorena Recabarren.

La police chilienne a affirmé pour sa part qu’elle n’avait pas eu «l’intention de blesser» des manifestants.

Dans son rapport publié jeudi, Amnesty International déclare que les forces de l’ordre ont mis en place une «politique pour punir» les manifestants au cours de la crise sociale qui secoue le Chili depuis plus d’un mois. «L’intention des forces de l’ordre chiliennes est claire : blesser ceux qui manifestent pour décourager le mouvement de protestation, y compris en arrivant à des extrêmes, en utilisant la torture et la violence sexuelle contre les manifestants», accuse l’ONG dans des conclusions préliminaires à l’issue d’une visite au Chili.

Le gouvernement du président Sebastian Piñera a «soutenu sa politique pour punir» les contestataires, a affirmé Erika Guevara, directrice pour les Amériques d’Amnesty International. L’ONG assure qu’«il ne s’agit pas de faits isolés» et que les violations qu’elle a répertoriées «répondent à un modèle».

Au cours du mouvement social qui a éclaté le 18 octobre au Chili, il y a eu 22 morts, dont cinq après l’intervention des forces de sécurité, et plus de 2000 blessés, dont plus de 200 grièvement touchés aux yeux.