Quatre Chinois inculpés aux États-Unis pour avoir aidé le programme militaire nord-coréen

WASHINGTON - Une entreprise chinoise et quatre de ses dirigeants ont été inculpés aux États unis, où ils sont accusés d’avoir aidé le programme militaire de la Corée du Nord, a annoncé mardi le ministère américain de la Justice.

«À l’aide de plus de 20 sociétés-écrans, ils sont soupçonnés d’avoir cherché à cacher les transactions financières illégales au profit d’entités nord-coréennes impliquées dans la prolifération d’armes de destruction massive», selon John Demers, un haut responsable du ministère cité dans un communiqué.

L’entreprise Dandong Hongxiang Industrial Development (DHID), sa propriétaire Ma Xiaohong, son directeur général Zhou Jianshu, son directeur général adjoint Hong Jinhua et son directeur financier Luo Chuanxu ont été inculpés lundi en leur absence par un grand jury du New Jersey.

Les quatre responsables n’ont pas été interpellés et se trouvent probablement en Chine, selon le ministère.

Il leur est reproché d’avoir aidé la banque nord-coréenne KKBC qui, depuis 2009, n’a plus le droit d’utiliser les institutions financières américaines ni de faire des transactions en dollars en raison de sa participation au programme militaire de son pays.

Selon l’acte d’accusation, l’entreprise chinoise a, dès le début de ces sanctions contre la banque, pris le relais et a assuré grâce à des sociétés-écrans basées dans les Îles vierges, aux Seychelles ou à Hong Kong, les paiements en dollars pour le compte de cette banque et d’autres entités nord-coréennes.

Ses responsables ont également favorisé des échanges de biens avec la Corée du Nord en dissimulant leur origine ou leur destination.

Interrogée, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a déclaré mercredi que les autorités chinoises étaient en train «d’enquêter» sur l’affaire.

«La Chine est opposée à ce que les États-Unis utilisent leurs lois nationales afin d’étendre leur juridiction à des entités et des individus chinois», a-t-elle toutefois indiqué lors d’un point presse régulier.

En 2016 déjà, le ministère chinois des Affaires étrangères avait déclaré que la Chine menait une enquête sur DHID en raison de «crimes économiques et autres activités illégales» supposées.

Nucléaire

Les États-Unis ont imposé des sanctions draconiennes aux échanges avec la Corée du Nord dans le cadre d’une campagne internationale destinée à la contraindre de renoncer à ses programmes nucléaire et balistique.

Malgré les durs effets de ces sanctions sur l’économie nord-coréenne, Pyongyang n’a pour l’instant pas stoppé ces programmes.

Le président américain Donald Trump tente parallèlement depuis 2018 de négocier avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un. Malgré une détente des relations bilatérales, symbolisée par une rencontre historique le 30 juin entre les deux hommes dans la zone démilitarisée entre les deux Corées, les discussions piétinent.

Washington exige que Pyongyang renonce à son programme nucléaire avant d’envisager une levée des sanctions internationales.

La Corée du Nord souhaite leur allègement immédiat et veut des garanties sur sa sécurité en échange de l’abandon de ses armes stratégiques.

La Chine, principal soutien diplomatique et commercial de la Corée du Nord, approuve depuis quelques années ces sanctions internationales, mais elle appelle depuis quelques mois à les alléger.