Deux ans après la victoire choc de Donald Trump, propulsé à la Maison-Blanche sans la moindre expérience politique ou diplomatique, les Américains se sont pressés en nombre dans les bureaux de vote à travers le pays.

Poussée démocrate, mais pas de vague anti-Trump

WASHINGTON — Les démocrates engrangeaient mardi soir des succès précieux dans les élections de mi-mandat, mais la «vague bleue» anti-Trump un temps annoncée ne prenait pas forme, les républicains résistant bien, en particulier en Floride.

Deux ans après la victoire choc de Donald Trump, propulsé à la Maison-Blanche sans la moindre expérience politique ou diplomatique, les Américains se sont pressés en nombre dans les bureaux de vote à travers le pays.

Les premiers résultats, encore limités, dessinaient une prise de contrôle - de justesse - de la Chambre des représentants par les démocrates tandis que les républicains, associés eux à la couleur rouge, semblaient en position de renforcer leur courte majorité au Sénat.

Premiers sièges arrachés aux républicains : la démocrate Jennifer Wexton l’a emporté en Virginie et Donna Shalala en Floride. À l’inverse, les républicains ont pris aux démocrates un siège-clé de sénateur dans l’Indiana, avec la victoire de Mike Braun dans cet État industriel et agricole remporté par Donald Trump en 2016.

Mais il faudra attendre plusieurs heures pour avoir une image précise de la composition du prochain Congrès, le 116e de l’Histoire. Les démocrates ont besoin de faire basculer 23 sièges en leur faveur pour prendre le contrôle de la Chambre.

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Les élections de mi-mandat sont traditionnellement délicates pour le président en place. Mais la perte de la Chambre, en dépit des excellents chiffres de l’économie américaine, serait malgré tout un revers pour Donald Trump, tant il a fait de ce rendez-vous un véritable référendum sur sa personne.

En milieu de soirée, la porte-parole de la Maison-Blanche a exprimé une forme d’optimisme. «À ce stade, nous sommes satisfaits, mais la nuit est encore longue», a déclaré Sarah Sanders sur Fox News.

La totalité de la Chambre des représentants (435 élus), sera renouvelée ainsi qu’un tiers du Sénat (35 sièges sur 100) mais aussi 36 des 50 gouverneurs du pays.

La carte électorale sénatoriale joue, cette année, en faveur des républicains : le renouvellement par tiers concerne cette année des États majoritairement conservateurs.

Le nombre de votants n’est pas centralisé par une autorité électorale unique aux États-Unis, mais au Texas, à New York ou dans le Maryland, électeurs et scrutateurs interrogés par l’AFP semblaient surpris par l’affluence.

«Trump, Trump, Trump» 

À l’Université d’Irvine, 60 km au sud de Los Angeles, les électeurs se pressaient en nombre.

John Savarese, étudiant en psychologie de 26 ans, a grandi à Fullerton, une ville d’Orange County réputée pour être très conservatrice. Mais il a voté démocrate. Ses parents sont des républicains convaincus, il est fiancé à une  jeune fille d’origine mexicaine, Américaine de première génération : «Quand je vois les difficultés que sa famille endure en ce moment, je ne pouvais pas ne pas voter», explique-t-il à l’AFP.

Nicky Davidson, étudiante en biologie, 20 ans, a elle voté républicain au nom de ses «croyances chrétiennes» notamment. Donald Trump «n’est pas un président classique, mais ce n’est pas une raison pour ne pas le soutenir», explique-t-elle. «Il fait les choses différemment, et c’est ça dont nous avons besoin».

«Le sujet central des élections c’est Trump, Trump, Trump», résume Cliff Young, de l’institut Ipsos aux États-Unis». «C’est particulièrement vrai pour les démocrates, pour lesquels il s’agit d’un référendum contre lui».

Au moins 38 millions d’électeurs ont voté en avance, en personne ou par courrier, soit 40 % de plus qu’en 2014, selon les chiffres compilés par le professeur Michael McDonald à l’université de Floride. De nombreux États le permettent des semaines avant le jour J.

Dans certains États très disputés, comme le Texas, le Nevada et l’Arizona, le nombre de bulletins enregistrés avant mardi dépassait de toute façon le total de 2014.

Les démocrates confiants 

«Je serai abasourdi si nous perdons la Chambre», avait lancé dans la journée l’ancien vice-président Joe Biden, jugeant qu’une victoire au Sénat était aussi à portée de main.

Donald Trump, qui était cloîtré mardi à la Maison-Blanche, a fait campagne jusqu’au dernier moment, enchaînant les rassemblements «Make America Great Again».

«Il se passe quelque chose et cela me rappelle l’atmosphère d’il y a deux ans», a-t-il lancé, lors de son ultime rassemblement, à Cap-Girardeau dans le Missouri lundi soir.

Reprenant l’argument de campagne du président, James Gerlock, 27 ans, a voté républicain à Chicago, car il «adore la déréglementation» en cours. «Je suis extrêmement satisfait de l’économie».

«Invasion» de migrants 

Le magnat de l’immobilier, qui avait commencé sa campagne présidentielle en traitant les immigrés mexicains de «violeurs», a de nouveau opté cette année pour un message anxiogène sur l’immigration.

«C’est une invasion», martèle-t-il depuis plusieurs semaines à propos des migrants d’Amérique centrale qui traversent actuellement, en groupe, le Mexique vers la frontière américaine.

Les démocrates ont fait campagne sur la défense du système de santé. Mais ils pariaient aussi sur le rejet de Donald Trump, qu’ils sont nombreux à qualifier ouvertement de menteur et de catalyseur des violences racistes et antisémites récentes.