Sergueï Skripal en 2006 alors qu'il attendait son procès devant la Cour militaire russe, à Moscou.

L'ex-espion russe empoisonné à Londres va beaucoup mieux

LONDRES - L’état de santé de l’ex-espion russe Sergueï Skripal, dont l’empoisonnement le 4 mars en Angleterre a déclenché une crise diplomatique est-ouest, «s’améliore rapidement», a annoncé vendredi l’hôpital où il est soigné.

Sergueï Skripal «répond bien au traitement, son état de santé s’améliore rapidement, il n’est plus dans un état critique», ont déclaré les médecins de l’hôpital de Salisbury.

L’état de santé de sa fille, Ioulia Skripal, elle aussi hospitalisée, s’améliore «quotidiennement», a précisé la médecin Christine Blanshard. «Elle attend avec impatience le jour où elle pourra sortir de l’hôpital».

Ioulia et Sergueï Skripal avaient été retrouvés inconscients, le 4 mars, sur un banc à Salisbury (sud-ouest de l’Angleterre), où vit l’ex-espion depuis qu’il avait fait l’objet d’un échange de prisonniers entre Moscou, Londres et Washington en 2010.

La police britannique estime que les Skripal sont entrés en contact avec le poison au domicile de l’ancien espion. Elle a indiqué que la plus forte concentration de poison détectée se trouvait sur la poignée de la porte d’entrée de la maison.

Le gouvernement britannique a déclaré avoir établi que le poison était un agent neurotoxique de conception soviétique appelé Novitchok. Il accuse la Russie d’être responsable de l’attaque. La Russie nie toute implication dans cette affaire et dénonce «une provocation» et «une campagne antirusse».

L’attaque de Salisbury a déclenché une grave crise entre les Occidentaux et la Russie, avec expulsions de part et d’autre d’environ 300 diplomates.

La télévision publique russe avait diffusé jeudi un enregistrement audio présenté comme une conversation téléphonique entre Ioulia Skripal et sa cousine Viktoria.

Dans cette brève conversation en russe diffusée dans le talk-show «60 minutes» sur la chaîne Rossiya 1, celle qui est présentée comme Ioulia Skripal parlait normalement et d’une manière assez désinvolte, affirmant qu’elle et son père étaient en phase de rétablissement et qu’elle pourrait bientôt quitter l’hôpital.