Les aéroports sont congestionnés, en raison du contrôle des bagages. Plusieurs congés pris par le personnel de l’Administration de la sécurité des transports causent des ralentissements.

Les effets pervers du «shutdown»

WASHINGTON — Parcs nationaux abandonnés, files d’attente dans les aéroports, aides aux plus démunis menacées : les effets de la fermeture partielle des administrations américaines sont nombreux alors qu’aucune solution ne semblait en vue lundi, au 17e jour du «shutdown».

Parcs nationaux, musées et zoos

Les détritus s’amoncellent autour des poubelles dans les parcs nationaux, faute d’employés fédéraux mis au chômage technique, même s’ils ont parfois été remplacés par des bénévoles. Contrairement aux précédents shutdowns, certains parcs nationaux sont restés ouverts en l’absence de Rangers en nombre suffisant pour assurer la sécurité.

L’entrée des sites, désormais gratuite, n’est pourtant pas sans risque pour les visiteurs. Au moins sept personnes sont mortes dans des accidents depuis le 22 décembre, selon le décompte des médias américains. Pour payer ses employés dans les sites les plus visités, le Service des parcs nationaux a décidé de puiser dans le budget des billets d’entrée, habituellement sanctuarisé pour financer les infrastructures.

Les célèbres musées du Smithsonian et le zoo national de Washington ont fermé leurs portes au public le 2 janvier, faute de financement. Certains employés du zoo ont quand même été réquisitionnés pour nourrir les animaux.

Aéroports embouteillés

Le shutdown affecte le contrôle des bagages dans les aéroports. Les agents de l’Administration pour la sécurité des transports (TSA) ont été réquisitionnés, car considérés comme du personnel essentiel. La TSA a toutefois observé une augmentation des arrêts-maladie depuis la fin décembre.

«Le délai d’attente peut être affecté selon le nombre d’absences» dans certains aéroports, mais celles-ci «ont un impact minimal» sur les temps de passage, a assuré dans un communiqué un porte-parole de la TSA.

Tribunaux bloqués

Les tribunaux chargés des dossiers d’immigration, déjà proches de l’asphyxie avec plus d’un million de dossiers en attente, sont également bloqués. Les 400 juges spécialisés continuent d’examiner les dossiers de migrants en rétention, mais toutes les autres audiences sont suspendues. De même, les greffiers, chargés notamment de transmettre les documents aux migrants pour constituer leur dossier, ne travaillent pas.

Les plus pauvres, victimes collatérales 

La population la plus pauvre est l’une des victimes collatérales de ce shutdown qui affecte le ministère du Logement et de l’Urbanisme (HUD), chargé des aides aux locataires de logements sociaux. Le HUD a demandé à 1500 propriétaires d’utiliser leurs comptes de réserve et de ne pas expulser les locataires incapables de payer leur loyer.

Les bons alimentaires, émis par le ministère de l’Agriculture pour nourrir 38 millions de familles démunies pourraient également être limités à partir de février, le financement d’urgence ne couvrant que les deux-tiers de ce mois selon les médias.

Les communautés amérindiennes, parmi les plus pauvres de la population, sont également affectées par le manque du budget du Bureau des affaires indiennes, qui finance les services de première nécessité à près de deux millions de personnes, selon le New York Times.

Sharice Davids, élue du Kansas, a affirmé à la radio publique NPR qu’un Amérindien était récemment décédé, car les services de secours n’avaient pas pu intervenir à temps dans une tribu, la route étant impraticable, faute de maintenance.

Remboursement d’impôts menacés 

Avec près de 90 % de ses effectifs en congés forcés, l’administration fiscale (IRS) va bientôt faire face au flot des feuilles d’impôts envoyées par les contribuables, qui ont jusqu’au 28 avril pour faire parvenir leur déclaration.

Un retard dans les remboursements pourrait avoir un effet immédiat sur la consommation des ménages et sur l’économie américaine.