À bord de son tonneau, Jean-Jacques Savin espère atteindre les Caraïbes d’ici trois mois.

Le septuagénaire qui voulait traverser l’Atlantique en tonneau

BORDEAUX — Le Français Jean-Jacques Savin a entamé mercredi matin sa tentative de traversée de l’Atlantique en tonneau par la seule force des courants en quittant la petite île d’El Hierro, dans les Canaries, d’où il espère rallier les Caraïbes en trois mois.

« J’ai un temps formidable avec une houle d’un mètre et je me déplace à 2 ou 3 km/h. Pour l’instant, ma capsule se comporte très, très bien et j’ai des vents favorables annoncés jusqu’à dimanche », a dit au téléphone à l’AFP ce sportif septuagénaire qui préparait sa tentative depuis des mois dans le petit chantier naval d’Arès, sur le bassin d’Arcachon, dans le sud-ouest de la France.

Trois mètres de long, 2,10 m de diamètre et un poids de 450 kg à vide : son tonneau aux airs de capsule spatiale, avec sa forme oblongue et ses côtés biseautés, est construit en contre-plaqué époxy, procédé qui durcit la matière pour la faire résister à l’assaut des vagues, et accessoirement aux attaques éventuelles d’orques.

À l’intérieur, sur 6 m2 d’espace de vie, un coin couchette, un coin cuisine, un bureau des cartes et un côté stockage. Au sol, un hublot pour voir les poissons.

L’ancien militaire parachutiste, qui a baroudé en Afrique où il a également travaillé comme pilote privé et conservateur de parc national, est déjà prêt pour la Saint-Sylvestre : « J’ai emmené un petit Sauternes (un vin liquoreux français, NDLR) et du foie gras ». Avant d’embarquer, il avait aussi prévu une bouteille de Bordeaux Saint-Émilion pour fêter ses 72 ans le 14 janvier.

Traverser l’Antarctique en solo et sans assistance

Près de 1600 kilomètres en 54 jours, en solo et sans assistance : un Américain est le premier à avoir accompli cet exploit de traverser dans ces conditions extrêmes les terres glacées de l’Antarctique.

« Je suis parvenu à mon objectif : devenir la première personne de l’histoire à traverser le continent antarctique d’une côte à l’autre, en solo, sans assistance et sans aide », a écrit Colin O’Brady, un ancien triathlonien professionnel de 33 ans, sur son compte Instagram.

Colin O’Brady n’en est pas à son premier record.

Pour ajouter un exploit à ce qui en était déjà un, il a parcouru les 125 derniers kilomètres d’une traite. Après trente-deux heures, sans dormir, il est arrivé mercredi à destination.

Équipé de skis de fond, il a tiré sa pulka –une sorte de traîneau transportant toutes ses provisions et son matériel – qui pesait tout compris 180 kilos.

Il a pris le départ du campement de Union Glacier le 3 novembre en compagnie de Louis Rudd, un militaire britannique de 49 ans. Les deux hommes, qui tentaient chacun d’être le premier à accomplir ce périple en solo et sans assistance, ont ensuite cheminé séparément.

Si l’Anglais a un temps fait la course en tête, c’est finalement l’Américain qui a franchi la ligne d’arrivée en premier.

Le New York Times a qualifié son exploit d’« un des plus remarquables dans l’histoire polaire », à comparer à la « course pour le pôle Sud » qui a opposé le Norvégien Roald Amundsen au Britannique Robert Falcon en 1911.

Né à Portland, dans l’Oregon (nord-ouest des États-Unis), Colin O’Brady a fait des études d’économie à la prestigieuse université de Yale, où il faisait partie de l’équipe de natation, selon son site internet.

Gravement brûlé, sur un quart de la surface de son corps, dans un accident en Thaïlande en 2008, les médecins lui avaient alors dit qu’il pourrait ne plus jamais remarcher normalement, raconte la biographie de son site.

En 1996-1997, l’explorateur norvégien Borge Ousland avait été le premier à traverser le continent blanc en solo, mais il avait été aidé par un « parafoil » (un cerf-volant ressemblant à un parapente). D’autres aventuriers ont eux été ravitaillés en cours de route.

Le lieutenant-colonel britannique Henry Worsley a trouvé la mort en 2016 en essayant de traverser l’Antarctique seul et sans assistance. D’autres ont fait demi-tour.