Des employés de pompes funèbres déplacent un cercueil contenant une des victimes de la bousculade survenue samedi dans une discothèque de Lima au Pérou. Treize personnes sont décédées en tentant de fuir la police venue faire respecter le couvre-feu.
Des employés de pompes funèbres déplacent un cercueil contenant une des victimes de la bousculade survenue samedi dans une discothèque de Lima au Pérou. Treize personnes sont décédées en tentant de fuir la police venue faire respecter le couvre-feu.

Le Pérou dépasse les 600 000 cas de COVID-19, plus de 810 000 morts dans le monde

Agence France-Presse
LIMA — Le Pérou a franchi lundi le seuil des 600 000 contaminations au nouveau coronavirus, et l’Argentine celui des 7000 morts, ont annoncé les ministères de la Santé des deux pays. En même temps, le premier vit un deuil alors que 13 personnes sont mortes dans une bousculade survenue dans une discothèque, samedi.

Dans le monde, la pandémie a fait au moins 810 071  morts depuis la fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles lundi.

Plus de 23 529 392 cas ont été diagnostiqués dans 196 pays et territoires. Les États-Unis sont le pays le plus touché avec 177 215 décès. Suivent le Brésil avec 115 309 morts, le Mexique (60 480), l’Inde (57 542) et le Royaume-Uni (41 433).

Le Pérou recensait lundi 600 438 cas de COVID-19 depuis le début de l’épidémie, 6122 de plus que la veille. Un total de 150 nouveaux décès ont été rapportés au cours des dernières 24 heures, le plus faible bilan en deux mois et demi, portant le nombre total de morts à 27 813.

Plus de 7000 morts en Argentine

L’Argentine, quant à elle, a atteint son record quotidien de décès avec 381 morts en 24 heures. Le bilan de l’épidémie est de 7366 morts pour 350 854 cas, pour la plupart recensés à Buenos Aires.

Le Pérou, qui compte 33 millions d’habitants, est le troisième pays le plus endeuillé d’Amérique latine par l’épidémie. Rapporté à sa population, le pays est le plus durement frappé du sous-continent par la COVID-19 avec 839 morts par million d’habitants.

Face à la propagation de la maladie, qui menace de saturer le système de santé, le gouvernement péruvien y a limité les rassemblements et imposé un couvre-feu la fin de semaine.

Treize morts dans une discothèque de Lima

Samedi soir, 13 personnes sont mortes dans une bousculade dans une discothèque de Lima, en tentant de fuir la police venue faire respecter le couvre-feu. Onze victimes sur les 13 ont été testées positives au coronavirus, de même que 15 des 23 personnes arrêtées au cours de cette descente.

Le président péruvien Martin Vizcarra a déploré la tragédie et exprimé sa «colère face à l’irresponsabilité» des gérants de la boîte de nuit, qui avaient fait la promotion du rassemblement festif sur les réseaux sociaux.

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BOLSONARO S’EN PREND DE NOUVEAU À LA PRESSE 

Le président brésilien Jair Bolsonaro prend la pose avec une femme médecin avant le lancement d’une campagne intitulée «Le Brésil en train de vaincre la COVID-19», lundi à Brasilia.

Le président brésilien Jair Bolsonaro a lancé une nouvelle attaque lundi contre la presse, après avoir la veille menacé un reporter de lui «fermer la gueule à coups de poing» pour une question embarrassante sur son épouse.

Lors du lancement d’une campagne intitulée «Le Brésil en train de vaincre la COVID-19», à Brasilia, le président Bolsonaro a accusé les journalistes d’«utiliser le stylo avec malveillance».

«J’ai toujours été un athlète des Forces armées», a déclaré l’ancien parachutiste de 65 ans, contaminé en juillet par le coronavirus et qui a notamment invoqué sa forme pour expliquer son rétablissement.

«Les personnels de la presse se moquent, mais quand quelqu’un parmi ces faiblards [de journalistes] l’attrape, les chances de survie sont bien plus faibles. Ils ne connaissent que la malveillance.»

«J’ai envie de te fermer la gueule à coups de poing», avait répondu le président d’extrême droite à un journaliste du quotidien O Globo qui l’interrogeait sur des informations de presse selon lesquelles son épouse Michelle aurait reçu des versements dans le cadre d’une affaire de corruption.

«Président @Jairbolsonaro, pourquoi votre épouse Michelle a-t-elle reçu 89 millions de réals de Fabrício Queiroz?» ont demandé des centaines de journalistes, hommes politiques, anciens alliés de Bolsonaro et anonymes sur les réseaux sociaux lundi.

Le magazine Crusoé a affirmé ce mois-ci que Fabricio Queiroz, un policier à la retraite, ami de Jair Bolsonaro et ancien conseiller de Flavio Bolsonaro, fils aujourd’hui sénateur du président, aurait déposé 21 chèques d’un total de 72 000 réals (environ 22 000 $US au taux de change de 2016) sur le compte de Michelle Bolsonaro entre 2011 et 2016.

D’autres documents indiquent que l’épouse de Queiroz aurait déposé 17 000 réals supplémentaires sur le compte de Michelle Bolsonaro, portant la valeur totale à 89 000 réals.

L’année dernière, la Fédération nationale des journalistes (Fenaj) avait compté que depuis son arrivée au pouvoir le 1er janvier 2019, Jair Bolsonaro avait lancé 116 attaques contre la presse. Il avait notamment déclaré que les journalistes étaient «une espèce en voie de disparition».  AFP