Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres (deuxième à droite), veut totalement éliminer les gaz à effet de serre d’ici 2050.

Le patron de l’ONU en tournée pour le climat

WELLINGTON — Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a entamé une tournée dans le Pacifique Sud dimanche en prévenant que la planète n’était pas dans les clous pour atteindre ses objectifs de limitation de la hausse des températures.

Dans un message fort destiné à réclamer des actes pour le climat, un défi en passe de devenir un combat central au sein de l’ONU, M. Guterres a jugé que la détermination des différents pays du monde s’émoussait, ajoutant que les petites nations insulaires qui sont «vraiment en première ligne» allaient souffrir le plus.

La tournée qu’effectue le patron de l’ONU avant le sommet sur le climat prévu en septembre à New York le conduira — après la Nouvelle-Zélande où il est arrivé dimanche — aux Fidji, à Tuvalu et au Vanuatu, tous menacés par la montée des eaux consécutive au changement climatique.

«Nous voyons partout la démonstration évidente que nous ne sommes pas en bonne voie pour atteindre les objectifs définis par l’accord de Paris», a déclaré M. Guterres.

Le pacte, conclu entre 195 pays membres de l’ONU, prévoit de contenir le réchauffement de la planète «bien en-dessous de deux degrés Celsius et de limiter la hausse à 1,5°C».

«Et le paradoxe, c’est qu’à mesure que les choses empirent sur le terrain, les mesures politiques semblent reculer», a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse conjointe à Auckland avec la première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern.

Il a rendu hommage à l’action en la matière du gouvernement néo-zélandais, qui vient de présenter un projet de loi affichant un objectif de neutralité carbone pour 2050. Le texte exempte cependant partiellement le secteur agricole, vital pour le pays.

Mme Ardern a déclaré que le changement climatique représentait «le plus gros défi» qui se pose à la communauté internationale. Cette dernière ferait preuve de «grave négligence» si elle restait les bras croisés.

«Nous continuons de perdre la bataille», répète régulièrement M. Guterres. «Le changement climatique va plus vite que nous et si nous ne renversons pas la tendance, ce sera une tragédie pour le monde entier».

Dédain américain

Dans sa récente lettre d’invitation pour le sommet qu’il organise le 23 septembre à l’ONU, M. Guterres a annoncé une réunion de préparation du 30 juin au 1er juillet aux Émirats arabes unis pour retenir les meilleures propositions de lutter contre le réchauffement.

Il est notamment demandé aux pays de ne pas venir «avec des discours», mais avec «des plans concrets et réalistes» pour réduire de 45 % les gaz à effet de serre sur les dix ans et les supprimer totalement d’ici 2050.

La volonté d’Antonio Guterres de s’investir personnellement dans le combat contre le changement climatique intervient dans une période de profonde remise en cause aux États-Unis, premier contributeur financier à l’ONU, de la réalité du changement et de ses causes.