«Nous sommes tous confrontés à un tournant, a reconnu le ministre japonais des Finances, Taro Aso. Cela pourrait être la plus grande réforme du cadre international établi depuis plus de 100 ans.» - Le ministre japonais des Finances Taro Aso, au centre.

Le G20 veut adapter ses politiques aux avancées technologiques

FUKUOKA, Japon — Les responsables économiques du G20 se sont réunis samedi pour réfléchir aux moyens d’adapter la finance internationale aux tourmentes commerciales et aux perturbations numériques.

Les gouverneurs des banques centrales et les autres régulateurs financiers ont également mis en exergue les risques liés à la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis.

On s’attend à ce que les responsables du G-20 expriment leur soutien à un ajustement de la politique monétaire. Ils pourraient défendre l’idée d’une réduction des taux d’intérêt pour rendre l’emprunt moins cher. Un communiqué sera publié à l’issue de la rencontre, dimanche.

L’ordre du jour de la réunion de samedi tournait autour de questions plus techniques, comme l’amélioration des normes de gouvernance d’entreprise, la surveillance des cryptomonnaies et la réforme des systèmes fiscaux afin de s’assurer que ceux-ci soient équitables pour les industries traditionnelles et les nouvelles centrées sur le numérique.

Le G20 débat depuis plusieurs années des réformes visant à prévenir l’évasion fiscale et à moderniser les politiques pour tenir compte du nouveau paysage financier transformé par la technologie.

«Nous sommes tous confrontés à un tournant, a reconnu le ministre japonais des Finances, Taro Aso. Cela pourrait être la plus grande réforme du cadre international établi depuis plus de 100 ans.»

Certains membres européens du G-20 souhaitent un taux minimum d’imposition des sociétés pour les grandes multinationales. La France et la Grande-Bretagne ont déjà mis en place des systèmes fiscaux de transition pour les entreprises numériques, mais ils ne sont pas adéquats, a déclaré le ministre français des Finances, Bruno Le Maire.

«Pour le moment, il n’y a pas d’imposition équitable de ce nouveau modèle économique», a déploré M. Le Maire, qui garde espoir de parvenir à un accord d’ici la fin de l’année.

Les services bancaires mobiles, les mégadonnées, l’intelligence artificielle et l’infonuagique font partie des nombreux moyens techniques qui élargissent l’accès aux services financiers pour de nombreuses personnes qui, dans le passé, n’auraient peut-être même pas eu recours aux banques.

Mais de telles innovations soulèvent des questions sur la protection de la vie privée et la cybersécurité, a convenu M. Aso. «Nous devons rester vigilants face aux risques et aux défis.»

Le groupe du G-20 comprend l’Argentine, l’Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, la France, l’Allemagne, l’Inde, l’Indonésie, le Japon, la Corée du Sud, le Mexique, la Russie, l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud, la Turquie, le Royaume-Uni et l’Union européenne.