Sous l’effet du tremblement de terre de magnitude 6,4 survenu mardi avant l’aube, le plus puissant séisme à frapper ce pays des Balkans depuis plusieurs décennies, des bâtiments se sont effondrés comme des châteaux de cartes, piégeant les victimes sous des montagnes de gravats.

L’Albanie en deuil après un puissant séisme

DURRES — L’Albanie observera mercredi une journée de deuil national au lendemain d’un puissant séisme qui a fait plus de 20 morts, alors que les secouristes redoublaient d’efforts pour trouver des survivants dans les décombres.

Sous l’effet du tremblement de terre de magnitude 6,4 survenu mardi avant l’aube, le plus puissant séisme à frapper ce pays des Balkans depuis plusieurs décennies, des bâtiments se sont effondrés comme des châteaux de cartes, piégeant les victimes sous des montagnes de gravats.

«Nous avons perdu des vies humaines, nous avons sauvé aussi pas mal de vies», a déclaré à la presse locale le premier ministre Edi Rama en rendant visite dans la soirée à des blessés hospitalisés à Tirana. «Malheureusement, le bilan des pertes n’est pas définitif», a-t-il dit, avant d’annoncer pour mercredi «un jour de deuil national».

Les secours mobilisés toute la journée, soldats, policiers et protection civile, passaient encore au crible les ruines d’immeubles écroulés dans les villes proches de l’épicentre, près de la côte Adriatique.

Le marathon se poursuivait dans le noir, les sauveteurs se démenant avec des lampes frontales pour trouver des survivants.

«Les opérations de sauvetage vont se poursuivre toute la nuit», a déclaré à l’AFP Albana Qahajaj, porte-parole du ministère de la Défense. «Il faut faire attention, car la nuit rend toute opération plus difficile».

Selon un dernier bilan du ministère de la Défense, 22 personnes ont péri, pour la plupart dans la ville touristique côtière de Durres, sur l’Adriatique, ainsi qu’à Thumane, au nord de la capitale Tirana. Quarante-cinq personnes ont été secourues.

La plupart des dépouilles ont été extraites des immeubles écroulés dans ces deux localités. Figure aussi au bilan des morts un homme qui s’est tué dans la ville voisine de Kurbin en sautant paniqué du haut de son immeuble. Un autre homme a péri dans un accident de voiture lorsque la route a été détruite.

Selon le ministère de la Santé, environ 600 personnes légèrement blessées ont été soignées dans divers hôpitaux.

«Bravo» les secouristes 

Plus tôt dans la journée, à Thumane, les habitants avaient appelé les leurs dans les décombres d’un immeuble de cinq étages, —«Mira!», «Ariela!», «Selvije!»— dans l’espoir qu’ils soient encore en vie. Les cris de personnes ensevelies s’échappaient des ruines, ont rapporté des journalistes de l’AFP.

Dulejman Kolaveri, 50 ans, a dit craindre pour sa mère de 70 ans et sa nièce de six ans. «Je ne sais pas si elles sont mortes ou vivantes. J’ai peur pour elles... On entend des voix, Dieu seul sait».

La scène s’est répétée à Durres, où soldats et policiers tentaient de faire sortir neuf personnes, dont des femmes et des enfants, bloquées dans les décombres d’un immeuble écroulé.

«C’est terrible, c’est horrible. On espère qu’ils vont les sortir vivants», lançait en larmes Astrit Cani, un habitant de 25 ans.

Mais chaque dénouement heureux était l’occasion pour la foule de manifester son soulagement. «Bravo, bravo», ont ainsi lancé des habitants aux secouristes qui venaient d’extraire un jeune homme des décombres d’un hôtel sur une plage de Durres.

Les autorités ont mobilisé environ 300 militaires. Quelque 1900 policiers ont également été déployés.

L’Albanie est connue pour son urbanisme sauvage, en particulier dans les zones touristiques.

Ressenti à travers les Balkans 

De l’aide est arrivée en provenance de plusieurs pays européens, avec des équipes venues d’Italie, de Grèce et de Roumanie. Une centaine de personnels civils et militaires envoyés par Paris étaient également attendus.

Un sismologue albanais, Rrapo Ormeni, a déclaré qu’il s’agissait du plus puissant séisme survenu dans la région de Durres depuis 1926.

Il a été suivi par plus de 250 répliques, selon le ministère albanais de la Défense.

La première secousse a été ressentie à travers les Balkans, notamment à Sarajevo en Bosnie, à près de 400 km, ou encore à Novi Sad en Serbie, à près de 700 km.

Les Balkans connaissent une forte activité sismique du fait des mouvements des plaques tectoniques africaine et eurasienne, ainsi que ceux de la microplaque Adriatique. Les tremblements de terre y sont fréquents. En 1963, un séisme a fait un millier de morts à Skopje.