Toutes les fins de semaine, Reymark Cavesirano, 13 ans, se lève avant l’aube pour entreprendre un périlleux voyage dans la baie de Manille afin de nourrir sa famille.

«Il faut qu’on mange»: l’enfant philippin qui peine à nourrir sa famille [PHOTOS]

MANILLE — Tous les week-ends, Reymark Cavesirano, 13 ans, se lève avant l’aube pour entreprendre un périlleux voyage dans la baie de Manille afin de nourrir sa famille. Il fait partie des millions de Philippins très pauvres qui peinent à survivre au jour le jour.

À bord d’un radeau de fortune construit à l’aide de bouts de bois de récupération et de plaques de polystyrène, il se sert de ses mains comme pagaies. Le trajet jusqu’aux bateaux de pêche où il travaille dure une heure.

Environ un Philippin sur cinq dans ce pays de 106 millions d’habitants vit dans une pauvreté extrême, avec moins de deux dollars par jour.

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Reymark Cavesirano, 13 ans, examine le fruit de son travail dans la baie de Manille.

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Les Philippins sont nombreux, y compris les enfants, à travailler de longues heures comme vendeurs des rues ou comme ouvriers pour obtenir de quoi se nourrir pour la journée.

Aux côtés d’hommes qui ont deux fois son âge, Reymark Cavesirano aide les pêcheurs à nettoyer leurs filets.

Il ôte les poissons coincés dans leur matériel et les conserve en guise de paiement. Puis il retourne à terre en pagayant et revend les poissons afin d’acheter nourriture et médicaments pour les siens.

«J’ai souvent mal au dos du fait d’être obligé de pagayer, mais je ne peux pas m’arrêter. Je dois continuer parce qu’il faut qu’on mange», raconte l’adolescent à l’AFP.

Pendant la semaine, il va à l’école. Il vit avec ses grands-parents dans la baie de Manille dans une cabane faite de bambous et de bâches en plastique dans une communauté de squatters. Il ne voit plus sa mère.

Remedios Santos, sa grand-mère, raconte qu’elle ne veut pas que son petit-fils travaille à cause des risques encourus sur l’eau. Mais, dit-elle, il est têtu.

«Je lui ai dit que c’était dangereux. Mais il a dit, ‘’personne d’autre ne va nous aider dans la vie. Alors je vais t’aider’’», explique Mme Santos, 55 ans, qui gagne sa vie en triant les ordures.

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À bord d’un radeau de fortune construit à l’aide de bouts de bois de récupération et de plaques de polystyrène, Reymark Cavesirano se sert de ses mains comme pagaies. Le trajet jusqu’aux bateaux de pêche où il travaille dure une heure.

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Les bons jours, Reymark peut ramener un kilogramme de riz, assez pour nourrir la famille pendant une journée, et 300 à 400 pesos (six à huit dollars). L’argent sert entre autres à payer les médicaments destinés à soigner la tuberculose de son grand-père.

Il a commencé à travailler sur les bateaux de pêcheurs à l’âge de 10 ans, après que son frère lui a appris à nager.

Il rêve de finir l’école pour pouvoir donner une vie meilleure à sa famille.

«Je veux rendre leur gentillesse à mes grands-parents. Je veux qu’ils aient une maison de trois étages en béton».

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C’est le temps de choisir les poissons récoltés.
La mère de Reymark Cavesirano lui tend une chaudière qui lui servira pour son travail.
À l’aube, Reymark Cavesirano transporte son embarcation de fortune vers les eaux de la baie de Manille.