Les Haïtiens ont encore une fois pris la rue, lundi, afin de réclamer une enquête sur la corruption et la démission de leur président.

Haïti: les manifestations se poursuivent

PORT-AU-PRINCE — Des manifestants ont allumé des incendies et scandé des slogans réclamant le départ du président haïtien, lundi, alors que l’opposition accentuait la pression pour chasser Jovenel Moïse du pouvoir.

Des écoles, des commerces et des bureaux gouvernementaux ont fermé leurs portes.

En milieu d’après-midi la police a lancé des gaz lacrymogènes pour disperser des milliers de manifestants. Un contenant est tombé sur le toit d’une maison, et la famille qui y habite est sortie en courant.

Certains manifestants ont tenté de se protéger avec des mouchoirs imbibés d’eau.

Un journaliste de la radio locale, Joseph Edmond, a été atteint d’une balle à la main droite. Selon M. Baptiste, M. Edmond a été touché par les tirs de policiers qui ont pris la fuite à bord d’une voiture banalisée.

L’instabilité politique a fait plusieurs morts au cours des trois dernières semaines.

L’opposition dénonce la corruption des élus, l’inflation galopante et une pénurie d’essence. Plusieurs stations-service de la capitale ont été contraintes de fermer leurs portes, puisque les fournisseurs réclament maintenant paiement des plus de 100 millions $US qui leur sont dus par le gouvernement.

Des barricades ont été érigées afin de bloquer les rues.

Enquête exigée

Les manifestants exigent aussi une enquête plus approfondie au sujet des allégations selon lesquelles des membres du gouvernement précédent auraient dépensé de façon illicite des milliards de dollars provenant d’un programme vénézuélien destiné à financer des programmes sociaux urgents. Ses détracteurs accusent le président Moïse de chercher à protéger son allié, l’ancien président Michel Martelly, et d’avoir lui-même trempé dans la corruption avant d’être élu.

M. Moïse a annoncé la semaine dernière n’avoir aucune intention de démissionner.

Lors d’une conférence de presse dimanche, les leaders de l’opposition ont demandé à leurs partisans de les aider à bloquer les rues et à trouver le président qui, selon eux, se cache.