Plus de 38 000 migrants sont actuellement entassés dans des camps installés sur les îles de Lesbos, Samos, Chios, Leros et Kos, dont la capacité totale officielle est de 6200.

Grèce: sécurité renforcée sur deux îles avant la construction de camps de migrants

ATHÈNES — Des unités de la police antiémeutes ont été envoyées lundi soir vers les îles grecques de Lesbos et de Chios où le gouvernement d'Athènes se prépare à lancer la construction controversée de nouveaux camps pour les migrants.

Des policiers ont été déployés sur le port de chacune de ces deux îles de la mer Égée pour faciliter l'arrivée des forces de sécurité supplémentaires envoyées depuis la Grèce continentale, a annoncé l'agence de presse d'État ANA.

Le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a affirmé ce week-end que le projet de construction des nouveaux camps serait mis en œuvre malgré l'opposition qu'il suscite dans la population des îles.

«Les travaux vont commencer immédiatement et seront menés à bien. Il n'y aura pas de retour en arrière», a déclaré M. Mitsotakis dimanche, s'adressant à des cadres de son parti conservateur.

Plus de 38 000 migrants sont actuellement entassés dans des camps installés sur les îles de Lesbos, Samos, Chios, Leros et Kos, dont la capacité totale officielle est de 6200.

Les travaux de construction de nouveaux camps sur Lesbos et Chios, avec une capacité officielle de 7000 personnes chacun, doivent débuter cette semaine.

Autorités locales et habitants ont fait savoir qu'après cinq ans en première ligne de la crise migratoire qui affecte l'Europe, ils ne sont plus disposés à accepter sur leurs îles des milliers de demandeurs d'asile.

Des habitants ont menacé de bloquer l'accès des sites des futurs camps pour entraver leur construction.

Le gouvernement conservateur arrivé au pouvoir en juillet 2019 a annoncé que les camps existant à Lesbos, Samos et Chios seraient fermés dans le courant de 2020 et remplacés par de nouvelles installations.

Le gouvernement s'efforce de diminuer la tension dans les îles en transférant des milliers de migrants vers d'autres parties de la Grèce, mais sur le continent des communautés s'opposent aussi à cette mesure.

Le Haut commissaire de l'ONU pour les réfugiés Filippo Grandi a appelé vendredi à des actions urgentes pour remédier à la situation «choquante et honteuse» dans laquelle les migrants doivent vivre dans les centres d'hébergement actuels des îles.

M. Grandi a appelé à l'adoption rapide de mesures pour réduire la surpopulation dans les camps et y améliorer les conditions de vie, à commencer par la fourniture en eau, les installations sanitaires et les soins médicaux.