Dimanche, les gilets jaunes ont continué de bloquer des autoroutes pour protester contre la montée des prix, comme ici sur l’autoroute A63, dans le sud-ouest de la France, près de Bordeaux.

«Gilets jaunes»: la mobilisation se poursuit

PARIS — Des «gilets jaunes», bien moins nombreux que la veille, ont à nouveau ralenti dimanche la circulation automobile sur de nombreux axes routiers en France pour protester contre la hausse des taxes sur le carburant, le gouvernement assurant de son côté vouloir «tenir le cap».

«Le cap que nous avons fixé, il est bon et nous allons le tenir», a martelé le premier ministre Édouard Philippe en début de soirée sur la chaîne de télévision publique France 2, après cette mobilisation inédite pendant toute la fin de semaine.

Et ce, même si, a-t-il concédé, dans les rassemblements de manifestants, «on a entendu de la colère mais on a aussi entendu de la souffrance, l’absence de perspectives, l’idée que les pouvoirs publics depuis longtemps ne répondaient pas aux inquiétudes et au sentiment de déclassement, d’abandon ressenti par une partie de la population».

Les manifestants se sont mobilisés contre la hausse du prix des carburants avant de se lancer dans une dénonciation plus globale de la politique du gouvernement en matière de taxation et de la baisse du pouvoir d’achat.

Des blocages mais surtout des barrages filtrants et des opérations escargot ont été à nouveau observés dimanche dans de nombreuses régions, toujours à l’initiative de membres de la société civile organisés sur des réseaux sociaux et en dehors des partis politiques et des syndicats.

Dans plusieurs endroits, les «gilets jaunes» ont affirmé qu’ils poursuivraient le mouvement lundi. Dans environ 150 endroits, les manifestants, dont le nombre a été évalué à environ 40 000 par des médias, avaient appelé à reconduire le mouvement pour le deuxième jour consécutif. La veille, selon le ministère de l’Intérieur, près de 290 000 personnes avaient manifesté sur 2034 sites.

Bilan des victimes

Quant au bilan humain de la fin de semaine, il est particulièrement lourd avec un mort — une manifestante de 63 ans percutée par une conductrice prise de panique —, et plus de 400 blessés — dont 14 grièvement, y compris parmi les forces de l’ordre —, tandis que les dégradations ont été nombreuses. 282 personnes ont été interpellées. Un manifestant a ainsi été grièvement blessé dimanche près de Saint-Quentin (nord) lorsqu’un automobiliste a forcé un barrage de «gilets jaunes» dans un rond-point. Mais ses jours ne sont pas en danger, a précisé la gendarmerie, selon laquelle l’automobiliste a pris la fuite.

«Beaucoup de jeunes»

Dans le sud-est, à l’entrée de Cavaillon, quelques dizaines de manifestants qui avaient déployé un drapeau français, filtraient les voitures. «On est beaucoup de jeunes parce qu’on ne s’en sort plus. On travaille comme des forcenés et à un moment donné c’est stop. On ne vit plus, on fait de la survie», dénonçait Émilie, 27 ans.

«Macron desserre l’étau, on étouffe», pouvait-on lire sur une banderole dans la banlieue de Nantes, à proximité de la principale zone commerciale de cette ville de l’ouest. Environ 150 «gilets jaunes» y occupaient un rond-point, arrêtaient les voitures et demandaient aux conducteurs de mettre un gilet jaune pour les laisser passer.

Un barrage filtrant a également été mis en place sur l’autoroute A6, dans le sens Lyon-Paris.