Les mots choisis par le président rappellent ceux utilisés par l’ancien président George W. Bush à la suite de l’invasion dirigée par les États-Unis en Irak.

Frappes en Syrie: Trump défend l’expression «mission accomplie»

WASHINGTON - Le président américain Donald Trump a défendu dimanche son utilisation de l’expression «mission accomplie» pour décrire l’attaque alliée de missiles dirigée par les États-Unis contre des cibles du programme d’armes chimiques de la Syrie.

M. Trump a écrit sur Twitter tôt dimanche que les frappes avaient été «parfaitement menées», s’en prenant de nouveau aux médias critiques à son endroit. Le président avait déclaré «mission accomplie» la veille, à la suite du lancement de plus de 100 missiles par des avions et des navires des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni.

Bien que M. Trump ait fait état d’une opération réussie, le Pentagone a indiqué que la destruction de trois installations reliées aux armes chimiques en avait laissé suffisamment d’autres intactes pour permettre au gouvernement du président syrien Bachar al-Assad d’éventuellement utiliser des armes interdites contre des civils.

Les mots choisis par le président Bush rappellent ceux utilisés par l’ancien président George W. Bush à la suite de l’invasion dirigée par les États-Unis en Irak. M. Bush s’était adressé aux Marines en mai 2003 devant une bannière sur laquelle était inscrit «mission accomplie», quelques semaines avant qu’il ne devienne passablement évident que les Irakiens avaient organisé une insurrection, avec laquelle les États-Unis ont été aux prises pendant des années.

L’ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, a affirmé à l’ONU que le président avait indiqué clairement que dans l’éventualité où Bachar al-Assad utiliserait de nouveau du gaz toxique dans une attaque, «les États-Unis ont le doigt sur la gâchette».

Mme Haley a aussi indiqué que les États-Unis ne retireraient pas pour l’instant leurs soldats de la Syrie, la présence au pays servant aussi à surveiller les actions de l’Iran et les interventions contre Daech (le groupe armé État islamique).

Le secrétaire britannique aux Affaires étrangères, Boris Johnson, a dit espérer que des frappes additionnelles contre la Syrie ne soient pas nécessaires, tout en ajoutant que le Royaume-Uni et ses alliés envisageraient d’autres actions si Bachar al-Assad devait utiliser de nouveau des armes chimiques.

M. Johnson a affirmé dimanche à la BBC que les frappes aériennes alliées de la veille constituaient une mesure équilibrée affirmant qu’il y avait des lignes à ne pas franchir.

Le président syrien Bachar al-Assad a soutenu que les frappes occidentales contre son pays étaient accompagnées d’une campagne de «mensonges» et de désinformation au Conseil de sécurité des Nations unies.

Bachar al-Assad a pris la parole, dimanche, devant un groupe de politiciens russes en visite. Ses propos ont été relayés par des médias d’État.

Bachar al-Assad et la Russie ont nié l’utilisation d’armes chimiques en Syrie. Une attaque alléguée aux gaz toxiques il y a un peu plus d’une semaine dans la ville de Douma a fait plus de 40 morts, selon des secouristes et des activistes de l’opposition.

Washington va prendre de nouvelles sanctions en lien avec la Syrie

Washington va prendre lundi de nouvelles «sanctions russes» en lien avec l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien, soutenu politiquement et militairement par Moscou, a annoncé dimanche l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley.

Les États-Unis ont déjà pris de nombreuses mesures punitives contre le «mauvais comportement» de la Russie dans toute une série de dossiers, a-t-elle rappelé sur la chaîne Fox News, énumérant l’expulsion de 60 «espions russes» en riposte à l’empoisonnement au Royaume-Uni d’un ex-agent russe, les récentes sanctions contre des «oligarques» proches du Kremlin ou encore la vente de missiles antichar à l’Ukraine.

Elle a ensuite évoqué «les sanctions qui continuent d’arriver, ce que vous verrez encore lundi».

Priée de dire plus tard dans une autre émission, Face The Nation sur la chaîne de télévision CBS, si Washington allait donc prendre des mesures contre les soutiens du président syrien Bachar al-Assad, la Russie et l’Iran, Nikki Haley a répondu: «absolument».

«Vous allez voir que les sanctions russes vont arriver», a-t-elle ajouté. Le secrétaire américain au Trésor Steve Mnuchin «va les annoncer lundi, s’il ne l’a pas déjà fait, et elles vont viser directement toutes sortes d’entreprises qui s’occupent d’équipements liés à Assad et à l’utilisation d’armes chimiques», a-t-elle poursuivi, laissant entendre qu’il pourrait s’agir de sanctions ciblées contre des sociétés russes.

Les États-Unis ont mené samedi à l’aube des frappes ciblées, avec la France et les États-Unis, contre de le régime de Damas, en riposte à une attaque chimique présumée. Elles ont visé exclusivement des installations liées, selon les Occidentaux, au programme d’armes chimiques syrien.

Mais Washington a promis d’intervenir à nouveau en cas de nouvelle attaque chimique, et a adressé une mise en garde à Moscou et Téhéran, promettant de poursuivre sa campagne également par des biais diplomatiques et économiques.