7500 membres des forces de l’ordre seraient déployés samedi à Paris, avec des canons à eau et des véhicules blindés de la gendarmerie pour contrer les gilets jaunes.

France : forte mobilisation policière pour les manifestations de «gilets jaunes» samedi

PARIS — Les autorités françaises ont annoncé le déploiement d’un dispositif sécuritaire conséquent samedi à Paris, à l’occasion d’une nouvelle mobilisation des «gilets jaunes», qui coïncide avec les Journées du patrimoine et la marche pour le climat.

Le ministère de l’Intérieur et la préfecture de police craignent un retour des violences dans les rues de la capitale, épargnées par les débordements depuis le 16 mars, et le saccage de magasins sur la prestigieuse avenue des Champs-Élysées.

Le président français Emmanuel Macron a d’ailleurs lancé un appel au calme vendredi : «C’est bien que les gens s’expriment […] il faut que cela puisse se faire dans le calme».

«J’appelle chacun à ce que cela puisse se faire en bonne intelligence, en concorde et dans le calme pour que nos plus jeunes et nos moins jeunes puissent visiter les bâtiments, en profiter», a-t-il poursuivi en marge d’une visite de la maison de la peintre Rosa Bonheur en région parisienne, à l’occasion des Journées du patrimoine.

Le préfet de police, Didier Lallement, a annoncé vendredi que 7500 membres des forces de l’ordre seraient déployés samedi à Paris, avec des canons à eau et des véhicules blindés de la gendarmerie.

Face à des gens qui «manifestement veulent prendre des revanches» et annoncent qu’ils ne «lâcheront rien», «je réponds “nous serons là”», a prévenu le préfet, au cours d’un point de presse.

«Nous serons en nombre suffisant […] et très en capacité d’arrêter des initiatives à visées destructrices», a-t-il promis.

Le mouvement inédit des «gilets jaunes», qui protestent depuis des mois contre la politique sociale et fiscale du gouvernement, a fait descendre dans la rue des centaines de milliers de Français depuis mi-novembre 2018.

Les manifestations, qui ont parfois dégénéré en violents affrontements et en scènes d’émeutes, ont ranimé les polémiques sur le maintien de l’ordre, alimentées par les images de manifestants blessés - près de 2500, parfois grièvement (24 éborgnés et cinq ayant eu la main arrachée selon le journaliste indépendant David Dufresne, un spécialiste de la question).

De son côté, le ministère de l’Intérieur évoque quelque 1800 blessés au sein des forces de l’ordre.

Si depuis le printemps, les cortèges se sont dépeuplés, les appels se multiplient sur les réseaux sociaux à «marcher contre le système» à Paris.

Les «gilets jaunes» espèrent un nouveau souffle, au nom de la «convergence des luttes». Pour Jérôme Rodrigues, une des figures du mouvement, blessé à l’oeil en janvier, «ce sera une manifestation révélatrice, car beaucoup de gens vont monter à Paris».

Plusieurs institutions et musées ont renoncé à ouvrir samedi à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, comme les musées du Petit Palais et du Grand Palais.

L’Arc de Triomphe, endommagé au cours d’une précédente mobilisation en décembre 2018, sera inaccessible. Ce sera aussi le cas de l’Hôtel Rothalin-Charolais, le siège du ministère chargé des Relations avec le Parlement, dont la porte avait été défoncée en janvier par des manifestants.