La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi
La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi

États-Unis: la Chambre adopte un projet de réforme de la police, impasse au Sénat

WASHINGTON — Un mois exactement après la mort de George Floyd, qui a provoqué aux États-Unis un mouvement historique de protestation contre le racisme, la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, a adopté jeudi un projet de profonde réforme de la police. 

Baptisé du nom de cet homme noir, tué par un policier blanc à Minneapolis le 25 mai, ce texte est toutefois, en l’état, voué à l’échec au Sénat à majorité républicaine. Et malgré la volonté affichée des deux partis de parvenir à une réforme, leurs positions sont actuellement si éloignées qu’un accord rapide semble difficilement atteignable avant les vacances parlementaires du 3 juillet.  

«Il y a exactement un mois, George Floyd a prononcé ses derniers mots, “Je ne peux pas respirer”, et changé la trajectoire de l’histoire de notre nation», a déclaré dans l’hémicycle la présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, avant le vote.  

En adoptant ce texte, la chambre basse « rend honneur à sa vie et aux vies de tous ceux tués par les brutalités policières, en disant “plus jamais ça”, et en agissant », a-t-elle ajouté.  

Sous les applaudissements, le texte a été adopté par 236 voix contre 181. Trois républicains l’ont soutenu.  

Parmi les grands points de discorde avec les républicains, le texte prévoit notamment l’interdiction pure et simple des prises d’étranglement et s’attaque à la large immunité dont jouissent les policiers américains.  

Il prévoit également la fin, pour les infractions liées aux stupéfiants, des mandats de perquisition permettant aux agents d’entrer sans frapper chez les suspects. C’est lors d’une telle intervention que Breonna Taylor, une infirmière noire âgée de 26 ans, a été tuée chez elle en mars sous les balles de policiers.  

N’ayant qu’un pouvoir limité sur la police à travers ce pays fédéral, Donald Trump avait signé le 16 juin un décret interdisant notamment les prises d’étranglement, sauf en cas de danger pour la vie du policier, et ordonnant une réforme limitée des forces de l’ordre. Il avait appelé le Congrès à inscrire rapidement dans la loi des mesures plus complètes.

Mercredi, les démocrates ont bloqué au Sénat un texte républicain de réforme de la police, estimant qu’il n’allait pas assez loin.  

Son auteur, Tim Scott, seul sénateur républicain noir, et Donald Trump accusent l’opposition de ne pas vouloir parvenir à un consensus avant les élections présidentielle et parlementaires cruciales du 3 novembre.