Abdul Aziz Sheikh, père de l'étudiante pakistanaise en échange Sabika Sheikh, morte dans la tuerie, réconforte une proche au lendemain du drame à Karachi, au Pakistan.

Drame au Texas: «les policiers ont fait ce qu'ils ont pu»

SANTA FE — Les deux policiers qui sont intervenus lors de la fusillade qui a fait 10 morts dans une école au Texas «ont fait ce qu’ils ont pu», a déclaré leur supérieur samedi lors d’une conférence de presse.

Le massacre de vendredi dans la communauté rurale de Santa Fe a blessé 13 autres personnes, ce bilan ayant été revu à la hausse par le FBI, dont l’un des policiers de l’école. Les médias américains ont parmi les 10 victimes identifié deux enseignants et un étudiant pakistanais en programme d’échange scolaire.

Le tireur, Dimitrios Pagourtzis, un élève de 17 ans de l’école, inculpé pour meurtre et placé en détention encourt la peine de mort.

Vêtu d’un long manteau noir cachant un fusil et un revolver, des armes appartenant à son père, Dimitrios Pagourtzis est entré dans une classe vers 08h et a ouvert le feu.

Walter Braun, chef de la police du district scolaire indépendant de Sante Fe, a déclaré aux journalistes que son agent, qui est dans un état critique, mais stable, ainsi qu’un autre officier avaient «engagé le tir» sur le meurtrier.

«Nos officiers sont entrés et ont fait ce qu’ils ont pu», a-t-il dit.

«Nous nous exerçons tout le temps avec les élèves et le personnel et ils sont prêts à passer à l’action. Cela s’est vu lorsque les deux officiers ont engagé le feu tout de suite», a déclaré M. Braun, refusant de donner plus de détails, comme le nombre de balles que ses officiers ont pu tirer.

Le juge du comté de Galveston, Mark Henry, a déclaré aux journalistes que l’officier de l’école blessé «a couru vers le danger» tel un «héros».

De nombreuses écoles américaines sont déjà dotées d’officiers armés, comme ceux qui ont répondu à Santa Fe.

Si certains de ses camarades ont évoqué un adolescent calme, mais assez solitaire, les raisons qui ont poussé le jeune Dimitrios à commettre ce massacre restaient, pour l’heure, inconnues.

Des informations trouvées «dans ses journaux sur son ordinateur et son téléphone» ont permis d’établir que le tireur prévoyait de se suicider après l’attaque qu’il avait planifiée, a précisé le gouverneur républicain du Texas Greg Abbott.

Premières victimes identifiées

Une enseignante suppléante et une jeune pakistanaise qui participait à un échange étudiant sont parmi les premières victimes confirmées de la fusillade survenue vendredi dans une école secondaire du Texas.

Dans les blessés, on compte par ailleurs un policier scolaire, ainsi qu'un joueur de baseball en deuxième année du secondaire.

Voici l'histoire de certaines de ses victimes.

  • Cynthia Tisdale

Les membres de la famille de l'enseignante suppléante ont confirmé qu'elle faisait partie des personnes qui ont perdu la vie dans le drame.

La nièce de Mme Tisdale, Leia Olinde, considérait sa tante comme sa mère. Mme Tisdale l'avait d'ailleurs aidée à se trouver une robe de mariée l'an dernier.

«Elle m'a aidée à la mettre, elle a aidé à placer mes cheveux», s'est-elle souvenue dans une entrevue entrecoupée de sanglots.

«Elle était merveilleuse, elle était tellement aimante. Je n'ai jamais connu une femme qui aimait autant sa famille», a ajouté la femme de 25 ans.

La dame était mariée depuis près de 40 ans avec son mari. Le couple avait trois enfants et huit petits-enfants.

  • Sabika Sheikh

Cette étudiante pakistanaise est aussi parmi les victimes, selon la dirigeante d'un programme d'échange étudiant et l'ambassade pakistanaise à Washington.

Megan Lysaght, du programme Kennedy-Lugar Youth Exchange & Study Abroad (YES), a envoyé une lettre aux autres participants pour confirmer que la jeune fille était morte.

«Sachez que le programme YES est dévasté par cette perte et nous nous souviendrons toujours de Sabika et de sa famille dans nos pensées et nos prières», a-t-elle écrit.

L'ambassade du Pakistan à Washington a aussi confirmé le décès.

Selon l'association pakistanaise de Houston, l'étudiante devait retourner chez elle, au Pakistan, pour l'Aïd el-Fitr, une fête de trois jours qui marque la fin du Ramadan pour les musulmans.

  • John Barnes

Le policier scolaire a été blessé par balle au bras lorsqu'il a confronté le tireur.

La balle a endommagé son os et un vaisseau sanguin important autour de son coude, ce qui a nécessité une chirurgie, selon David Marshall, chef des soins infirmiers à l'hôpital de l'Université du Texas. Il est actuellement dans un état stable.

M. Barnes a été le premier à tenter d'intercepter le tireur, selon M. Marshall.

  • Rome Shubert

Le joueur de baseball a raconté au Houston Chronicle que le tireur avait pénétré dans sa classe et avait lancé des objets sur les bureaux.

Il dit avoir entendu ensuite «trois gros bruits secs» avant que l'assaillant ne fuie dans le couloir. Il a compris qu'il était blessé alors qu'il courait par la porte arrière.

L'adolescent affirme avoir été atteint derrière la tête avec ce qui serait une balle, qui aurait toutefois «manqué tout ce qui est vital». Il a écrit sur Twitter qu'il était en condition stable.

La fusillade dans un lycée de Floride en février avait déclenché une mobilisation sans précédent. Mais au Texas, où 10 personnes ont péri vendredi, presque personne ne remet en cause les armes à feu, solidement ancrées dans la culture locale.

A Santa Fe, petite communauté rurale du sud de l’Etat, la lycéenne Tori White estime que si l’assaillant «voulait tirer sur l’école, il l’aurait fait» même avec une législation plus ferme sur les armes aux Etats-Unis, où un tiers des enfants vivent dans un foyer possédant au moins une arme.

Le tireur, Dimitrios Pagourtzis, est l’un d’eux. À 17 ans, cet élève du lycée a pris deux armes à son père et fauché 20 personnes, dont 10 sont mortes, au début de la journée de cours vendredi.

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J.J. Watt s'engage à payer les obsèques des victimes de Santa Fe

La star de l’équipe de football américain des Houston Texans J.J. Watt s’est engagé samedi à payer les frais des obsèques des victimes de la fusillade dans un lycée de Santa Fe, qui a fait 10 morts vendredi.

J.J. Watt des Texans de Houston dans la NFL

L’information, révélée par la presse américaine, a été confirmée par les Texans samedi.

«Au nom des Texans, nous sommes attristés par les événements tragiques au lycée de Santa Fe et nous envoyons nos pensées et nos sincères condoléances aux victimes, à leurs familles et à tous ceux affectés par ce drame», a indiqué la franchise de la Ligue nationale de football américain (NFL).

«Nous sommes reconnaissants envers les premiers intervenants, les agents de police et le personnel médical. La famille des Texans continuera à prier pour nos voisins», a-t-elle ajouté.

Deux enseignants et huit élèves de cet établissement de la banlieue de Houston ont été tués sous les balles d’un adolescent de 17 ans, qui fréquentait lui-même l’établissement.

Dans un tweet publié peu après la fusillade, Watt avait qualifié l’événement d’»absolument terrifiant».

Très populaire au Texas, Watt, 29 ans, est connu pour son implication dans divers projets communautaires.

Il a reçu en 2017 le prix de la personnalité NFL de l’année pour son action en dehors des terrains. Il est parvenu à lever 37 millions de dollars pour venir en aide aux victimes de l’ouragan Harvey.

Depuis ses débuts en NFL en 2011, Watt a réussi 394 plaquages et 76 sacs, a provoqué 15 pertes de balle, intercepté une passe et marqué deux touchés.