Greta Thunberg à la Conférence des Nations-Unies sur le climat, à Madrid, en Espagne, mercredi

Donald Trump conseille à Greta Thunberg de se «détendre» et d’aller au cinéma

WASHINGTON — Donald Trump persiste et signe : il a ironisé jeudi sur l’indignation de la jeune militante suédoise pour le climat Greta Thunberg, jugeant ridicule le titre de personnalité de l’année que lui a accordé le magazine Time.

«Greta doit apprendre à gérer sa colère et puis aller voir un bon vieux film avec un(e) ami(e)!» a tweeté le président américain, particulièrement actif sur le réseau social à l’oiseau bleu à l’approche de sa mise en accusation dans la procédure de destitution le visant.

«Détends-toi, Greta, détends-toi!» a conclu le milliardaire républicain, qui a retiré les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat, conclu fin 2015 dans la capitale française par plus de 190 pays.

Répondant du tac au tac comme elle en a l’habitude, l’adolescente, qui dénonce avec fougue l’inaction de la classe politique face à l’urgence climatique, a mis à jour la biographie de son compte Twitter : «Une adolescente apprenant à gérer sa colère. Actuellement en train de se détendre et de regarder un bon vieux film avec un(e) ami(e)».

À 16 ans, Greta Thunberg, qui a dit publiquement souffrir d’une forme légère d’autisme, est devenue mercredi la plus jeune «personnalité de l’année» de Time.

La Une de ce magazine est un sujet particulièrement sensible pour l’ancien homme d’affaires de New York. Distingué en 2016, dans la foulée de sa victoire-surprise face à Hillary Clinton, il avait peu apprécié de ne pas l’être de nouveau l’année suivante.

Quelques jours avant que ne soit révélé qu’il n’était que deuxième du classement, il avait affirmé que Time l’avait appelé pour lui dire qu’il serait probablement renommé, mais qu’il avait «décliné» l’offre.

«Une honte»

Lors d’un sommet de l’ONU sur le climat en septembre, Greta Thunberg s’en était prise, dans un discours accusateur qui a marqué les esprits, aux puissants de la planète. Des images d’elle tançant d’un regard noir le climato-sceptique Donald Trump dans les couloirs de l’ONU avaient par ailleurs été reprises par les médias aux quatre coins du monde.

Dans un entretien accordé à l’AFP mi-novembre, depuis Hampton, en Virginie sur la côte Est des États-Unis, la jeune Suédoise avait estimé que le président américain était «tellement extrême» sur le climat, qu’il avait, paradoxalement, contribué à «réveiller» les gens sur ce défi environnemental et sociétal.

Le tweet moqueur du 45e président de l’histoire a scandalisé l’ex-secrétaire d’État américain John Kerry.

«Le président Trump qui se moque d’une fille de 16 ans? Une honte», a réagi l’ancien chef de la diplomatie américaine. «Greta Thunberg a plus de maturité et de caractère que le président n’en a jamais eu et n’en aura jamais».