Ghislain Wattrelos et son avocate Marie Dosé

Disparition du MH370: des espoirs aux États-Unis

PARIS — Les enquêteurs en charge du dossier de la disparition du vol MH370 de la Malaysia Airlines espèrent se rendre prochainement aux États-Unis où des investigations cruciales doivent être réalisées, a annoncé jeudi Ghyslain Wattrelos qui a perdu quatre proches dans la catastrophe.

Le 8 mars 2014, 239 personnes ont disparu après avoir décollé de Kuala Lumpur à bord d’un Boeing en direction de Pékin. Si certains débris semblant lui appartenir ont été récupérés dans l’océan Indien, aucune trace des 239 passagers n’a jamais été retrouvée. Ghyslain Wattrelos a notamment perdu son épouse et deux de ses enfants dans la disparition de l’avion.

Jeudi, il a été reçu avec son avocate Marie Dosé par la juge d’instruction en charge de l’information judiciaire ouverte en France, pour faire le point sur les investigations et les pistes à explorer par les enquêteurs.

Parmi les priorités qui mobilisent les enquêteurs, un déplacement aux États-Unis est «de nouveau à l’ordre du jour», après un voyage avorté en septembre pourtant prévu dans le cadre d’une commission rogatoire internationale lancée en octobre 2017, ont-ils annoncé lors d’une conférence de presse jeudi.

Selon Me Dosé, ce déplacement avait dû être annulé, les autorités américaines ayant opposé des «clauses de confidentialité» puis le «secret industriel» du constructeur Boeing.

«On est un peu en colère et maintenant on a envie de dire stop, il serait temps que les États-Unis coopèrent vraiment sur ce dossier», a réagi M. Wattrelos.

«Il est nécessaire d’aller là-bas car il y a trois entités qui détiennent des informations importantes pour savoir ce qu’il s’est passé sur ce vol», a-t-il poursuivi. À commencer par Boeing et le FBI, même si les enquêteurs semblent avoir obtenu des assurances de l’agence de renseignement qu’ils pourraient être reçus, selon lui.

Mais l’attention est également désormais ciblée sur une troisième entité, une société mise au jour par les enquêteurs. L’enjeu, selon Ghyslain Wattrelos, est de savoir si elle commercialise un logiciel capable de reprogrammer voire de pirater le Satcom, cette antenne qui communique au satellite Inmarsat le signal de l’avion.

«La piste essentielle ce sont les données Inmarsat. Soit elles sont fausses, soit elles ont été piratées», estime-t-il. Or ces données satellitaires sont essentielles pour mieux comprendre la trajectoire de l’avion.

La remise en juillet du rapport de l’enquête malaisienne avait douché les espoirs de Ghyslain Wattrelos, mais depuis les enquêteurs français ont laissé entrevoir de nouvelles hypothèses à explorer.

Les enquêteurs ont notamment découvert des «incohérences» dans le rapport officiel de l’enquête malaisienne et la présence de passagers «curieux», sur lesquels «il fallait continuer d’enquêter». Parmi, eux figure un voyageur malaisien au profil troublant: il se trouvait être assis sous le boîtier Satcom et s’avère être un expert en aéronautique, selon M. Wattrelos et son avocate.

«Pour aller plus loin, les enquêteurs ont besoin de la coopération des États-Unis, de l’Angleterre (pour le satellite Inmarsat) et après ils auront besoin de retourner en Malaisie», a poursuivi M. Wattrelos.

Dans les investigations qui restent à mener, «il faudra ouvrir les bonnes portes et fermer les autres», a ajouté Me Dosé, assurant que «les magistrats n’ont pas envie de se tenir aux obstacles qui se présenteront devant eux».