Les inquiétudes quant à la sécurité du Boeing 737 Max 8 semblaient sont revenues dimanche lorsqu'un avion d'Ethiopian Airlines s'est écrasé peu de temps après son décollage d'Addis Abeba. Encore une fois, les données préliminaires semblent faire état d'un vol bref et erratique. Les enquêteurs analyseront les informations des boîtes noires de l'avion dans l'espoir de comprendre la cause de l'accident.

Des pilotes avaient signalé des problèmes avec le Boeing 737 MAX 8

Des pilotes de ligne avaient signalé qu'un système automatisé semblait avoir provoqué le basculement soudain de l'appareil lors d'au moins deux vols à bord du Boeing 737 Max 8, le même problème susceptible d'avoir causé un écrasement mortel en Indonésie.

Peu après avoir actionné le pilote automatique sur ces appareils, le nez de l'avion s'était incliné fortement, avaient-ils relaté. Dans les deux cas, les pilotes avaient pu rétablir le problème après avoir désactivé le pilote automatique.

C'est ce même Boeing 737 Max 8 qui est maintenant interdit d'utilisation dans plus de 40 pays dans la foulée d'un deuxième écrasement mortel, survenu cette fois-ci en Éthiopie. L'accident tragique a causé la mort des 157 personnes à bord, dont 18 Canadiens.

Les rapports de pilotes avaient été déposés l'an dernier dans une base de données de la NASA. Il s'agit de rapports de sécurité pouvant être remplis volontairement. Le nom des pilotes ne figurait pas sur les documents, tout comme le transporteur aérien ou le lieu relatif aux incidents.

On ignore si ces avertissements ont été pris en compte par l'Administration fédérale de l'aviation aux États-Unis (FAA) ou par les compagnies aériennes où œuvrent ces pilotes.

Dans l'un des documents, un commandant de bord a relaté qu'après le passage au pilote automatique, le copilote avait dit : «Descending» («Descendant»). Un avertissement audio provenant du poste de pilotage avait également retenti : «Don't sink, don't sink!» («Ne coulez pas, ne coulez pas!»)

Le commandant de bord a immédiatement déconnecté le pilote automatique et a repris l'ascension.

«En ce qui concerne les problèmes avec le MAX 8, nous avons tous deux pensé qu'il était approprié de le porter à votre attention», a écrit le commandant.

Il expliquait ce problème par la «fluctuation de la vitesse» en raison d'un bref système météorologique surchargeant l'automatisation de l'avion.

Sur un autre vol, le copilote a raconté que quelques secondes après avoir activé le pilote automatique, le nez a piqué et l'avion a commencé à descendre à une vitesse de 1200 à 1500 pieds par minute. Comme dans l'autre vol, le système d'avertissement de basse altitude de l'avion a diffusé un avertissement sonore. Le commandant de bord a déconnecté le pilote automatique et l'avion a commencé à monter.

Les pilotes en ont parlé plus tard, «mais je ne vois aucune raison pour que l'avion pique du nez aussi agressivement», a indiqué le copilote.

Les informations préliminaires publiées par les enquêteurs indonésiens laissent croire qu'ils examinent le rôle de la nouvelle technologie anti-décrochage automatique de l'avion dans l'écrasement du vol de Lion Air en octobre, peu après son décollage de Jakarta. Les données indiquent que les pilotes ont piqué du nez plusieurs fois avant que l'avion ne s'écrase dans la mer de Java et ne tue les 189 personnes à bord.

Les inquiétudes quant à la sécurité du Max 8 semblaient se dissiper, mais elles sont revenues dimanche lorsqu'un avion d'Ethiopian Airlines s'est écrasé peu de temps après son décollage d'Addis Abeba. Encore une fois, les données préliminaires semblent faire état d'un vol bref et erratique. Les enquêteurs analyseront les informations des boîtes noires de l'avion dans l'espoir de comprendre la cause de l'accident.