La National Gallery of Art à Washington est fermée en raison du «shutdown». Environ 800 000 fonctionnaires sont touchés par la fermeture partielle des administrations le 22 décembre, contraints soit de rester chez eux, soit de travailler, mais en devant attendre la fin du blocage pour être payés.

Des fonctionnaires à l'université pour tromper l'ennui lié au «shutdown»

WASHINGTON — Des employés du gouvernement américain au chômage technique depuis le début du «shutdown» se sont retrouvés mardi dans une université de Washington pour tromper l'ennui, gérer le stress ou simplement rencontrer des collègues dans la même situation.

Lors de cette journée à l'école des Affaires publiques de l'Université Américaine, une soixantaine de fonctionnaires ont participé à des ateliers pour «faire un podcast», «gérer le mchangement» ou se former à «l'intelligence émotionnelle» dans ses relations avec les autres.

Mais, pour beaucoup, c'était surtout l'occasion d'arrêter de tourner en rond en attendant que les ministères et institutions fédérales pour lesquels ils travaillent rouvrent.

Environ 800 000 fonctionnaires sont touchés par la fermeture partielle des administrations le 22 décembre, contraints soit de rester chez eux, soit de travailler, mais en devant attendre la fin du blocage pour être payés.

«Ma femme était très contente que je sorte de la maison», explique à l'AFP Adam Santo, cadre au ministère du Commerce.

Au chômage technique depuis près de trois semaines, il passe ses journées «à garder notre fille, m'occuper de la maison, faire les lessives et les repas».

Pour Matthew Garlipp, employé du Trésor, «mon chien adore le temps en plus avec moi (mais) l'important était d'avoir quelque chose à l'agenda».

«C'est une formidable occasion de sortir et d'apprendre quelque chose», ajoute-t-il. Âgé de 28 ans, son seul souhait est «de retourner au travail».

Mais derrière l'ennui, tous sont inquiets des conséquences financières de ce «shutdown», qui les prive de salaire alors que les factures s'accumulent.

Gérer ses émotions

«Le plus dur en ce moment, c'est de ne pas savoir ce qui va se passer et combien de temps cela va durer», dit Marcela Trask, qui travaille au ministère de l'Agriculture.

Elle s'estime «chanceuse», car son mari n'est pas fonctionnaire et le ménage tient pour l'instant avec un seul salaire. Mais bientôt, «nous devrons puiser dans nos économies pour rembourser notre prêt immobilier et payer les frais de scolarité des enfants», ajoute-t-elle.

Melinda Batson, employée de 44 ans à l'Agence de la santé (FDA) vit son second «shutdown» après celui d'octobre 2013 qui avait paralysé l'administration Obama pendant seize jours.

«Je suis inquiète», dit cette mère célibataire du Maryland, au nord de la capitale fédérale. «J'ai averti mon propriétaire et mes sociétés de cartes de crédit et, jusqu'ici, ils ont été indulgents, mais on reste obligés de payer ce qu'on doit».

Elle a notamment choisi la classe de «méditation au travail» pour savoir gérer le stress, la pression et les pensées négatives. «Ça m'aide vraiment pour gérer mes émotions, car je n'ai aucun contrôle sur la situation».

Adam Santo, qui s'est formé au podcast, se désole aussi de la paralysie fédérale qui «peut être vécue comme démoralisante» pour les employés du gouvernement».

La situation peut même «dissuader les gens de rejoindre le service public», met en garde Vicky Wilkins, doyenne de l'École des Affaires publiques de l'AU et organisatrice de cette journée.

«Les restaurants, les banques, les propriétaires font leur part», explique-t-elle. «Nous sommes une université et nous disposons de la formation et des connaissances pour montrer notre soutien».

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MALMENÉ PAR LE «SHUTDOWN», LE PARC DE JOSHUA TREE VA FERMER TEMPORAIREMENT

Au parc national de Joshua Tree, il ne reste que huit «rangers» pour surveiller 3200 kilomètres carrés, restés ouverts au public contrairement à d’autres sites dans le pays.

LOS ANGELES — Poubelles et toilettes pleines, arbres vandalisés, rallyes automobiles improvisés dans des zones protégées : le parc national de Joshua Tree (Californie), livré au chaos depuis trois semaines en raison du «shutdown», va fermer jeudi le temps de se refaire une santé.

«Le parc national de Joshua Tree va fermer temporairement à partir de jeudi 10 janvier 8h pour permettre aux équipes de remédier aux problèmes d’hygiène, de sécurité et de protection de la nature qui ont émergé durant la fermeture partielle des administrations» fédérales, a annoncé mardi dans un communiqué le parc californien.

Les responsables de Joshua Tree (qui avait accueilli plus de 2,8 millions de visiteurs en 2017) «prévoient de rétablir l’accès au parc, et à ses services de base, dans les prochains jours», ajoute le communiqué, sans plus de précision.

Le «shutdown», causé par un différend budgétaire entre le président Donald Trump et le Congrès a placé des centaines de milliers de fonctionnaires au chômage forcé depuis le 22 décembre, dont la majorité des quelque 20 000 employés du National Park Service, responsables de centaines de lieux emblématiques aux États-Unis (parcs nationaux ou monuments).

Selon l’Association pour la conservation des parcs nationaux, moins de 4000 fonctionnaires jugés «essentiels» resteraient en service.

À Joshua Tree, situé à la confluence de deux déserts typiques de l’Ouest américain, il ne reste que huit «rangers» pour surveiller 3200 kilomètres carrés, restés ouverts au public contrairement à d’autres sites dans le pays.

Ces journées portes ouvertes (l’accès au parc est d’ordinaire strictement contrôlé et payant) ont entraîné un afflux de visiteurs avides de grands espaces gratuits.

Mais cette fréquentation sauvage lourde de conséquences : «Il y a eu des incidents, avec des nouvelles routes tracées par des automobilistes, et la destruction d’arbres de Josué (qui ont donné leur nom au parc, ndlr)», déplore le communiqué.

Bénévoles et membres de la petite communauté vivant du tourisme dans le parc s’étaient organisés pour maintenir les services de base, mais cela n’a manifestement pas suffi.