Après trois résultats décevants dans les États précédents, un Joe Biden triomphant a promis qu'il serait au final le démocrate choisi pour défier Donald Trump à la présidentielle en novembre.

Décrochant enfin une victoire, Biden se dit prêt à «battre Trump» 

COLUMBIA — L'ancien vice-président américain Joe Biden a largement remporté samedi la primaire de Caroline du Sud, relançant sa campagne et se confirmant comme premier rival du favori Bernie Sanders, arrivé derrière lui dans cette quatrième étape de la course à l'investiture démocrate. 

Après trois résultats décevants dans les États précédents, un Joe Biden triomphant a promis qu'il serait au final le démocrate choisi pour défier Donald Trump à la présidentielle en novembre.

«Grâce à vous nous avons gagné de loin et nous sommes bien en vie», a lancé le candidat de 77 ans, en dénonçant ceux qui l’avaient enterré trop vite. Il s’agit de la première victoire de Joe Biden dans une primaire, lui qui en est à sa troisième candidature à la présidence.

Selon des résultats partiels portant sur plus de la moitié des bureaux de vote, le sénateur indépendant Bernie Sanders, 78 ans, arrivait deuxième (19%), très loin derrière Joe Biden (50%).

N’arrivant qu’à une piteuse troisième place malgré les 20 millions de dollars qu’il a dépensés localement pour sa campagne, le milliardaire Tom Steyer a annoncé jeter l’éponge avant même la fin du dépouillement des bulletins, contrairement aux sept autres candidats.

Joe Biden, ancien bras droit de Barack Obama, était le favori en Caroline du Sud, État où les Noirs, chez qui il est très populaire, représentent plus de la moitié de l’électorat démocrate.

«Vous m'avez propulsé sur la voie pour aller battre Donald Trump», a déclaré l'ancien vice-président, se posant en rassembleur sous les applaudissements de ses partisans samedi soir à Columbia, la capitale de l'État.

«Joe va aller jusqu'au bout», confiait à l'AFP Andya Davis, 39 ans, propriétaire d'un salon de beauté venue l'écouter. «Il va montrer à tous les autres qu'il peut réussir».

M. Sanders a félicité M. Biden lors d'un meeting de campagne en Virginie, qui votera mardi.

«On ne peut pas tout gagner», a-t-il lancé en rappelant ses trois performances dans les premiers États, avant de tourner rapidement la page: «Et maintenant, place au Super mardi.

De la pointe nord-est des États-Unis jusqu'à la Californie, les candidats vont sillonner le pays dans un marathon de meetings de campagne d'ici l'avalanche de scrutins de mardi.

La course reste longue jusqu'à l'investiture d'un démocrate pour affronter le républicain Donald Trump. Mais maintenant que la Caroline du Sud a voté, la dynamique va s'emballer avec le Super mardi, lorsque 14 États voteront.

De la pointe nord-est des États-Unis jusqu'à la Californie, les candidats sillonneront le pays ces prochaines 72 heures.

Trump ironise 

Joe Biden avait bien besoin de cette victoire, après n'être arrivé que quatrième et cinquième, respectivement, dans l'Iowa et le New Hampshire.

Certes il avait grimpé à la deuxième place dans le Nevada, mais il était resté très loin du sénateur indépendant Bernie Sanders, qui l'a clairement remplacé dans le statut de grand favori des primaires démocrates.

Commentant très vite sur Twitter, le président américain a estimé que la réussite de Joe Biden devait signer la fin de la campagne du milliardaire de New York Michael Bloomberg, qui ne figurait pas sur les bulletins de vote en Caroline du Sud. Il entrera en lice lors du Super mardi.

«La victoire de Joe Biden l'endormi (...) devrait mettre un terme à la campagne risible de Mini Mike Bloomberg», a tweeté Donald Trump, en utilisant les surnoms avec lesquels il désigne ses rivaux.

Revigoré par son résultat et comptant sur le soutien de grandes figures du parti, Joe Biden n'en reste pas moins en position périlleuse à l'approche de l'avalanche de votes de mardi.

Il dispose de bien moins de fonds et d'une organisation de campagne plus clairsemée sur le terrain des 14 États du Super mardi que ses deux principaux rivaux, Bernie Sanders et Michael Bloomberg.

Sanders inquiète

M. Sanders, socialiste autoproclamé âgé de 78 ans, fait campagne sur un programme très à gauche pour les États-Unis.

Promettant de «construire une nation fondée sur la justice», Bernie Sanders dénonce sans relâche un Donald Trump «raciste», «sexiste» et «xénophobe».

Il sera en Californie dimanche, bastion progressiste et poids lourd du Super mardi qui distribuera le plus grand nombre de délégués nécessaires pour décrocher l'investiture démocrate.

Son ascension inquiète certains démocrates modérés qui craignent que Bernie Sanders ne puisse pas convaincre les électeurs plus centristes, indispensables selon eux pour battre Donald Trump.

Un argument que le septuagénaire rejette fermement, en brandissant des dizaines de sondages qui le donnent gagnant contre le républicain.

Warren, Buttigieg à la traîne

Derrière MM. Sanders et Biden, six autres candidats sont encore en lice pour l'investiture démocrate, dont plusieurs joueront leur survie lors du Super mardi.

En Caroline du Sud, le milliardaire Tom Steyer, 62 ans, arrivait en troisième position selon les résultats provisoires, grâce à une intense campagne qui lui a coûté plus de 20 millions de dollars.

Après ses bons résultats dans l'Iowa et le New Hampshire mais un résultat plus décevant dans le Nevada, l'ex-maire de South Bend Pete Buttigieg, 38 ans, n'arrivait que loin derrière, en quatrième place.

Ceci indiquait qu'il n'était pas parvenu à faire de bons scores auprès des minorités, un électorat pourtant crucial pour tout démocrate voulant remporter la Maison Blanche.

La sénatrice progressiste Elizabeth Warren, 70 ans, qui avait un temps fait figure de favorite a encore déçu en arrivant cinquième.

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Tom Steyer