Cuba est accusé d'être derrière les mouvements sociaux en Amérique latine.

Cuba nie être derrière les mouvements sociaux en Amérique latine

LA HAVANE — Le ministre des Affaires étrangères cubain, Bruno Rodriguez, a rejeté les accusations de Washington et de l’Organisation des États américains (OEA) selon lesquelles La Havane alimente les vagues de contestations récentes en Amérique latine.

«De façon malveillante, Cuba est accusé d’être coupable de ce qui se passe au Venezuela et des récentes manifestations populaires contre l’impitoyable néo-libéralisme qui progresse dans la région», a déclaré M. Rodriguez à l’occasion d’une réunion internationale rassemblant des mouvements de gauche organisée à La Havane et baptisée «Rencontre Anti-impérialiste».

Washington accuse régulièrement Cuba de soutenir militairement le gouvernement de Nicolas Maduro au Venezuela, son allié dans la région.

«Les États-Unis ont besoin de rejeter la faute sur Cuba face à leur échec patent au Venezuela et ont besoin de justifier le renforcement de l’embargo» contre l’île socialiste en vigueur depuis 1962, a poursuivi le ministre.

«Nous n’avons pas d’autre participation ou relation avec les manifestations en Amérique latine que celles qui émanent de l’exemple de la Révolution cubaine, comme disait Che Guevara», a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro, a dénoncé récemment le «modèle» de déstabilisation en provenance du Venezuela et de Cuba visant notamment l’Équateur et le Chili.

L’Équateur a été secoué il y a un mois par une forte contestation sociale contre une augmentation des prix du carburant décidée par le gouvernement dans le cadre d’un accord avec le Fonds monétaire international (FMI). La mesure a finalement été annulée.

Le Chili est de son côté aux prises depuis deux semaines avec une fronde sociale inédite contre les inégalités sociales qui a fait vingt morts et plus d’un millier de blessés, selon des chiffres officiels.

Le président américain Donald Trump s’est entretenu mercredi par téléphone avec son homologue chilien Sebastian Piñera et a dénoncé «les efforts étrangers pour saper les institutions» dans ce pays. Les États-Unis ont affirmé le lendemain avoir relevé des «activités russes», notamment sur les réseaux sociaux, visant à «exacerber les divisions» au Chili.

Ces déclarations sont intervenues alors que le président cubain, Miguel Diaz-Canel, était en visite officielle chez son allié traditionnel russe.