ARS-CoV-2, aussi connu sous le nom de 2019-nCoV, virus responsable de l’épidémie de COVID-19, vu au microscope électronique. Le coronavirus orange qu’on voit ici se développer à la surface des cellules a été cultivé en laboratoire à partir d’un échantillon récolté sur un patient aux États-Unis.

Coronavirus: plan d'urgence de 8,3 G$ aux États-Unis

LOS ANGELES — Le Congrès américain a approuvé jeudi un plan d’urgence de 8,3 milliards de dollars pour financer la lutte contre le coronavirus qui se propage aux États-Unis, alors qu’un nouveau foyer de cas suspects s’est déclaré à bord d’un paquebot de croisière au large de San Francisco.

Le Sénat a voté pratiquement à l’unanimité (une seule voix contre) en faveur de ce texte, fruit d’un accord entre élus républicains et démocrates et préparé en neuf jours, qui avait été adopté la veille par la Chambre des représentants.

Le président américain Donald Trump avait proposé un premier budget de 2,5 milliards $, jugé insuffisant par l’opposition démocrate pour faire face à la contagion.

Le plan prévoit notamment de financer la recherche et le développement de vaccins, de traitements médicaux et en matière de diagnostic, ainsi que les services médicaux à distance ou des prêts à taux réduits pour les petites entreprises.

Manque de préparation

Le vote est intervenu alors que le principal syndicat infirmier du pays NNU a dénoncé l’état d’impréparation ainsi que le manque d’équipements de protection et de formation des professionnels de santé dans de nombreux hôpitaux et cliniques face à l’épidémie.

Le syndicat a en outre critiqué la gestion de l’épidémie à venir par les autorités fédérales, tardive et pas assez rigoureuse à ses yeux.

Plus de 180 personnes ont été contaminées par le Covid-19 qui a fait au moins 12 morts, selon un bilan établi jeudi par l’AFP à partir des sources officielles américaines.

Dans l’État de Washington, le plus touché avec plus de 70 cas et 11 morts, quelques écoles ont décidé de fermer pour passer aux cours à distance.

Dans la région de Seattle, les géants de la tech Amazon, Microsoft, Google et Facebook recommandent désormais à leurs employés de travailler si possible de chez eux les prochaines semaines. Certains grands groupes ont aussi restreint les déplacements vers l’État de Washington ou la Californie, où une personne est décédée.

L’«intuition» de Trump

Le gouvernement américain a pour sa part répété que le risque épidémique dans le pays restait «faible».

Le ministre adjoint de la Santé, Brett Giroir, a estimé le taux de mortalité du coronavirus entre 0,1 et 1% au maximum, en se basant sur les nombreux cas non détectés au niveau mondial.

La veille, Donald Trump avait critiqué le chiffre de 3,4 % donné par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), affirmant que selon son «intuition», il était «faux».

L’OMS se base toutefois uniquement sur le nombre de cas confirmés.

Le taux de mortalité «est probablement plus élevé que celui de la grippe saisonnière», qui est d’environ 0,1% selon les services de santé américains, «mais il n’est vraisemblablement pas autour de 2 à 3 %», a affirmé le ministre adjoint.

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ÉCOLES FERMÉES POUR 300 MILLIONS D'ÉLÈVES

ROME — L’épidémie de Covid-19 continue de provoquer inquiétude et mesures d’exception dans le monde, privant d’école près de 300 millions d’élèves, vidant les stades et les lieux de culte, au moment où l’OMS regrette que certains pays n’en fassent pas assez pour combattre ce nouveau coronavirus.

En Italie, en Iran, en Corée du Sud, les écoliers sont plusieurs centaines de millions dans le monde à rester à la maison en raison de l’épidémie.

L’Unesco recense 13 pays contraints de fermer toutes leurs écoles, affectant plus de 290 millions d’élèves. Il y a deux semaines, seule la Chine, où le virus est apparu en décembre, avait pris la décision de fermer ses écoles.

En Italie, la fermeture de 58 000 écoles, collèges, lycées et universités est inédite dans l’histoire du pays, où les cours avaient continué même pendant la Seconde Guerre mondiale et les bombardements des Alliés.

Une «longue liste» de pays n’en font toutefois pas assez pour combattre le coronavirus, a mis en garde l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

«Ce n’est pas le moment d’abandonner, ce n’est pas le moment de trouver des excuses, c’est le moment d’y aller à fond», a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Épidémie «inexorable»

À Paris, un député et un employé de l’Assemblée nationale ont été contaminés. Un employé du métro parisien et un autre du réseau de bus de la capitale l’ont été également. «Il y a un moment où, nous le savons tous [...] une épidémie est de toute façon inexorable», a déclaré jeudi le président français Emmanuel Macron, en ouvrant une réunion sur le sujet avec des experts.

Le nombre de cas de contaminations dans le monde flirte avec les 100 000 : 85 pays et territoires ont relevé au moins 97 510 personnes infectées, et parmi elles, 3346 en sont mortes, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles jeudi.

Le virus touche chaque jour de nouveaux pays : l’Afrique du Sud a eu son premier cas confirmé jeudi, un homme qui avait récemment séjourné en Italie.

Au Sénégal, l’ONU a annoncé qu’une des quatre personnes contrôlées positives au coronavirus dans ce pays était un de ses employés, une Britannique. Il s’agit du premier cas de contamination parmi le personnel des Nations unies.

En Chine, la quarantaine à laquelle Wuhan et sa province sont soumises depuis fin janvier, ainsi que la limitation des voyages dans le pays, semble porter ses fruits : le nombre de nouveaux décès a baissé ces dernières semaines et plus de 50 000 personnes ont été guéries.

Revers de la médaille, les mesures draconiennes de confinement paralysent l’économie du géant asiatique et menacent par ricochet la croissance mondiale.

Autre conséquence : la chute brutale du trafic aérien dans le monde, qui pourrait faire perdre jusqu’à 113 milliards de dollars de revenus aux compagnies, alerte l’association internationale du transport aérien (Iata). AFP

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TEST EFFECTUÉS À BORD D'UN PAQUEBOT TENU À DISTANCE DE SAN FRANCISCO

LOS ANGELES — Les autorités sanitaires américaines ont procédé jeudi à des tests à bord d’un navire de croisière tenu à distance des côtes de Californie pour déterminer si passagers et membres d’équipage avaient contracté le nouveau coronavirus.

Certaines personnes à bord du paquebot Grand Princess ont manifesté des symptômes grippaux compatibles avec le coronavirus alors qu’un homme âgé de 71 ans est mort du coronavirus Covid-19 après avoir voyagé sur ce navire durant une récente croisière au Mexique.

Quelque 62 touristes étaient demeurés à bord pour se rendre à Hawaï après cette croisière au Mexique et s’y trouvaient toujours jeudi.

Le Grand Princess devait initialement accoster mercredi à San Francisco, mais les autorités s’y sont opposées et le paquebot faisait jeudi après-midi des ronds dans l’eau à une centaine de kilomètres au large de la côte. Le navire, de retour de Hawaï, a écourté son voyage, car certains parmi des touristes (2383 au total) et membres d’équipage (1100) ont commencé à manifester des signes d’infection.

L’une des passagères, contactée par l’AFP, a assuré qu’il n’y avait pas de signe de panique à bord. «J’ai toujours du mal à comprendre pourquoi les médias en font toute une histoire», déclare Carolyn Wright, 63 ans, photographe professionnelle vivant dans l’État du Nouveau-Mexique. «Il y a eu deux cas [de coronavirus] sur la croisière précédente et ils font comme si tout le monde à bord avait la peste», s’agace-t-elle.

Les autorités sanitaires n’étaient pas en mesure jeudi de dire quand et où le Grand Princess serait en mesure d’accoster.

Selon Mary Ellen Carroll, responsable des situations de crise pour la ville de San Francisco, 35 personnes ont manifesté des symptômes grippaux durant la croisière et pour certaines sont déjà rétablies. Lorsque les résultats seront connus, les CDC et les autorités californiennes pourront déterminer le meilleur endroit possible pour faire accoster le Grand Princess, à San Francisco ou ailleurs, a souligné Mme Carroll.

«L’endroit doit permettre d’assurer la sécurité des populations voisines ainsi que celle des passagers et de l’équipage», a-t-elle dit. AFP