Les contrôles de température qui venaient de disparaître à l’entrée des zones résidentielles et des immeubles de bureaux ont fait leur réapparition à Pékin à cause de nouveaux foyers de COVID-19.
Les contrôles de température qui venaient de disparaître à l’entrée des zones résidentielles et des immeubles de bureaux ont fait leur réapparition à Pékin à cause de nouveaux foyers de COVID-19.

Coronavirus: l’Europe rouvre ses frontières

BRUXELLES — Après des mois d’isolement à l’intérieur de leurs frontières nationales, les Européens ont retrouvé lundi la possibilité de voyager chez leurs voisins, en raison du recul du coronavirus, qui a contaminé plus de huit millions de personnes dans le monde et connaît une résurgence en Chine.

Au moins 8 000 202 cas d’infection, parmi lesquels 435 176 décès, ont été comptabilisés au total, notamment en Europe, continent le plus touché avec 2 417 902 cas (188 085 morts) et aux États-Unis, qui comptent le plus grand nombre de cas (2 110 182) et de décès (116 081), selon un comptage réalisé par l’AFP à partir de sources officielles lundi à 22 h.

La pandémie continue aussi de faire rage en Amérique latine et aux Caraïbes, qui ont franchi la barre des 80 000 décès. La moitié sont recensés au Brésil qui, avec 43 959 morts, est le deuxième pays le plus endeuillé, d’après les chiffres rassemblés par l’AFP. Au Chili, l’«état d’exception constitutionnel pour catastrophe» a été prolongé de trois mois pour freiner l’épidémie.

L’Allemagne, la Belgique, la France et la Grèce ont rétabli la libre circulation avec tous les pays de l’Union européenne, estimant avoir maîtrisé la progression de la COVID-19. Et la Commission européenne a lancé lundi un site internet pour guider les Européens qui souhaitent passer leurs vacances dans d’autres pays de l’UE.

Athènes, dont l’économie repose en grande partie sur le tourisme, va plus loin et invite les voyageurs de plusieurs régions hors UE, comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon, la Corée du Sud, la Chine.

Dans l’île de Santorin et son paysage de carte postale, la population guette le retour des visiteurs internationaux. «Nous les attendons désespérément. Nous avons besoin d’eux, s’ils ne viennent pas comment allons nous survivre?», s’impatiente Michalis Drosos, dans son magasin de souvenirs.

L’Espagne ouvrira le 21 juin ses frontières avec tous les pays de l’Union européenne, sauf avec le Portugal. En attendant, dès lundi, des touristes allemands sont arrivés au soleil de l’archipel des Baléares dans le cadre d’un projet pilote.

«Nous sommes très, très heureux d’être ici. Nous adorons Majorque, nous venons plusieurs fois par an», témoignait George Kasbach, venu des environs de Cologne.

Pékin se referme

En France, où le coronavirus a fait près de 30 000 morts, le ministre de la Santé Olivier Véran a estimé lundi que «le gros de l’épidémie est derrière nous». Crèches, écoles et collèges reprendront à plein temps à partir du 22 juin.

Paris, ville la plus visitée d’Europe, retrouvait un peu plus son visage d’avant le virus, masques en sus. Les cafés et restaurants ont été autorisés à rouvrir leurs salles. Les touristes peuvent de nouveau grimper la Tour Eiffel, à condition que ce soit par les escaliers.

Premier pays européen touché, l’Italie, qui déplore plus de 34 000 morts, avait rouvert ses frontières dès le 3 juin. Mais deux nouveaux foyers ont été détectés ces derniers jours à Rome.

La Suède, où les mesures de précautions ont été plus souples et les cas de virus plus nombreux, est pour sa part la cible de mesures plus restrictives. Au moins sept pays de l’UE ont interdit l’entrée aux Suédois, d’autres ont imposé des quarantaines.

La Chine, où la COVID-19 a fait son apparition fin 2019, a aussi connu au cours du week-end une résurgence du nombre de contaminations, centrée autour du marché géant de Xinfadi, dans le sud de la capitale.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a confirmé que plus de cent nouveaux cas avaient été détectés à Pékin depuis que la maladie a fait sa réapparition dans la capitale chinoise.

«La semaine dernière, la Chine a fait état d’un nouveau foyer à Pékin, après plus de 50 jours sans aucun cas dans cette ville. Plus de 100 cas ont maintenant été confirmés», a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Ce rebond a poussé les autorités à décréter le confinement de plusieurs zones résidentielles, ainsi qu’à refermer les sites sportifs et culturels.

Morgues pleines 

La frontière américano-canadienne, fermée aux déplacements non essentiels depuis le 21 mars, devait en principe rouvrir le 21 juin, mais les deux pays négocient une «prolongation possible» de sa fermeture, a indiqué le premier ministre canadien Justin Trudeau.

Aux États-Unis, les autorités sanitaires ont retiré lundi l’autorisation d’utiliser en urgence deux traitements contre la COVID-19, la chloroquine et l’hydroxychloroquine, un temps défendus par le président Donald Trump.

«Il n’est plus raisonnable de croire que l’administration par voie orale d’hydroxychloroquine et de chloroquine soit efficace dans le traitement de la COVID-19», a déclaré dans la responsable scientifique de l’Agence américaine du médicament (FDA) Denise Hinton.

En Turquie, le ministre de la Santé a insisté sur un chiffre inquiétant, celui du nombre de contaminations, qui a doublé lundi (1 592 cas) par rapport au début du mois de juin. Il a demandé aux Turcs de ne pas choisir «le laisser-aller», mais de «combattre» le virus.

En Inde, où le confinement a été assoupli depuis début juin, l’épidémie ne montre pas de signe de reflux, et de nombreux malades décèdent après avoir été refusés par les hôpitaux, faute de lits, selon les médias.

Ashwani Jain, un homme d’affaires de New Delhi, est décédé dans une ambulance, auprès de sa fille de 20 ans partie en vain en quête d’une place dans un hôpital. «Cela leur est égal que l’on vive ou que l’on meure», a-t-elle accusé.

Le pays a enregistré près de 9000 morts, et les corps s’entassent dans les morgues, car le personnel des cimetières et des crématoriums n’arrive pas à suivre le rythme des décès.