Luiz Inacio Lula da Silva dans un rassemblement le 28 mars.

Brésil: «Lula» candidat même en prison

RIO DE JANEIRO — La chef du Parti des travailleurs du Brésil affirme que l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva briguera un nouveau mandat plus tard cette année en dépit du fait qu’il risque d’être bientôt emprisonné.

Gleisi Hoffmann a tenu ces propos, jeudi, après que le Tribunal fédéral suprême eut rejeté la requête de «Lula», qui réclamait d’être maintenu en liberté dans l’attente des procédures d’appel de sa condamnation pour corruption. Après près de 11 heures de débats, le tribunal a voté par six voix contre cinq pour que l’ancien président commence à purger sa peine de 12 ans et un mois.

On ignore encore à quel moment l’ancien président pourrait être conduit en prison. Plusieurs formalités font en sorte qu’il faudrait à tout le moins une semaine.

Mme Hoffmann a déclaré que l’emprisonnement de «Lula» ferait du pays le plus peuplé d’Amérique latine une «république de bananes».

Luiz Inacio Lula da Silva n’a pas encore pris la parole publiquement depuis la décision du tribunal.

Les juges du plus haut tribunal du Brésil ont asséné un dur coup au candidat qui arrive en tête des intentions de vote en vue de l’élection présidentielle, plus tard cette année.

Malgré sa condamnation et plusieurs autres accusations de corruption portées contre lui, «Lula» mène tous les sondages électoraux.

La juge en chef Carmen Lucia, qui a été vivement critiquée pendant l’audience par ses collègues, a enregistré le vote qui a fait pencher la balance alors que le tribunal était confronté à une égalité de cinq contre cinq.

En revanche, le juge Gilmar Mendes, qui compte habituellement parmi les détracteurs de l’ancien président, a voté en faveur de son maintien en liberté, en expliquant qu’un tribunal ne doit pas céder à la pression populaire. Son collègue Luis Roberto Barroso a prévenu que l’intégrité de l’appareil judiciaire était menacée.

Le juge Marco Aurelio Mello a accusé la juge Rosa Weber de «comploter» contre l’ancien président, après qu’elle eut voté pour l’envoyer en prison.

Des millions de téléspectateurs ont suivi la séance en direct à la télévision. Lorsque la décision a été rendue, des feux d’artifice et des cris de joie ont pu être observés à Rio de Janeiro et à Sao Paulo.