Boris Johnson a été l’un des grands artisans de la victoire du Brexit lors du référendum en juin 2016, qui a vu les Britanniques voter à 52 % pour une sortie du bloc européen.

Boris Johnson «pensait que le Brexit allait perdre»

LONDRES — L’ex-premier ministre britannique David Cameron a affirmé lundi que l’actuel chef du gouvernement, Boris Johnson, pariait sur un échec du vote en faveur du Brexit lors du référendum de 2016.

«Vous savez, juste quelques minutes avant d’aller expliquer pourquoi il était en faveur du Brexit, il m’a envoyé un texto disant : “Le Brexit va être écrasé comme un crapaud sous une herse”», a déclaré David Cameron dans une entrevue sur la chaîne de télévision ITV.

«Il pensait que le vote pour le Brexit perdrait, mais il ne voulait pas renoncer à la chance d’être du côté romantique, patriotique et nationaliste du Brexit», a poursuivi l’ancien premier ministre conservateur (2010-2016).

Mais Boris Johnson «n’avait jamais défendu [le Brexit] avant, il pensait que [le Brexit] allait perdre et c’est pour cela qu’il a fait le choix» de le soutenir, a-t-il insisté.

Boris Johnson a été l’un des grands artisans de la victoire du Brexit lors du référendum en juin 2016, qui a vu les Britanniques voter à 52 % pour une sortie du bloc européen.

Ancien maire de Londres et ex-ministre des Affaires étrangères, «BoJo» a succédé à Theresa May comme premier ministre fin juillet en promettant de sortir coûte que coûte le Royaume-Uni de l’UE le 31 octobre, avec ou sans accord de retrait conclu avec Bruxelles.

Pénuries alimentaires et troubles publics

À 45 jours de la date prévue du Brexit, il envisage ouvertement un divorce sans accord, malgré certaines prévisions alarmantes, établies par son propre gouvernement, de pénuries alimentaires, de médicaments et de risques de troubles publics.

«Je regrette énormément où nous en sommes arrivés», a confié David Cameron, qui restera dans l’Histoire comme le premier ministre par lequel est arrivé le Brexit. «Je prends ma part de responsabilité, parce que c’était mon référendum, ma campagne [en faveur du maintien dans l’UE] et je l’ai perdu», a poursuivi l’homme de 52 ans.

Mais si David Cameron exprime des regrets, il refuse d’endosser la responsabilité de «tout ce qui a suivi» le référendum du 23 juin 2016. L’ex-dirigeant avait annoncé dès le lendemain sa démission.