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Première économie et deuxième pollueur au monde, les États-Unis s’étaient engagés à réduire leurs émissions de 26 à 28% d’ici 2025, par rapport à 2005. Les experts s’attendent à ce qu’ils fixent un nouvel objectif d’une réduction de moitié d’ici 2030.
Première économie et deuxième pollueur au monde, les États-Unis s’étaient engagés à réduire leurs émissions de 26 à 28% d’ici 2025, par rapport à 2005. Les experts s’attendent à ce qu’ils fixent un nouvel objectif d’une réduction de moitié d’ici 2030.

Biden veut des «actes» à son sommet sur le climat

Francesco Fontemaggi
Agence France-Presse
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Les États-Unis ont promis mercredi de faire pression sur les principaux pollueurs mondiaux pour qu’ils «relèvent» leurs «ambitions» dans la lutte contre le réchauffement, à la veille du grand sommet sur le climat voulu par Joe Biden, attendu au tournant sur ses propres engagements.

«Il n’y a pas de plus grand défi pour ce gouvernement, et pour les États-Unis, que de combattre la crise climatique», a dit une responsable américaine avant la réunion virtuelle de jeudi et vendredi avec une quarantaine de dirigeants mondiaux, dont le Chinois Xi Jinping, le Russe Vladimir Poutine, mais aussi le pape François.

«Nous savons tous que nous devons faire davantage pour infléchir la courbe des émissions mondiales» de gaz à effet de serre responsables du réchauffement, a-t-elle ajouté, appelant à «un niveau inédit de coopération planétaire».

Un autre responsable de l’équipe Biden a dit «attendre des actes lors de cette réunion», point d’étape vers la grande conférence de l’ONU, la COP26, prévue en fin d’année à Glasgow, en Écosse.

«Nous attendons des dirigeants qu’ils fassent des annonces pour relever leur ambition en indiquant les prochaines mesures qu’ils entendent prendre pour aider à résoudre le problème climatique de manière collective», a-t-il martelé.

Accord européen in extremis 

Les grandes puissances invitées, qui représentent ensemble 80% des émissions mondiales et dont les dirigeants s’exprimeront jeudi à l’ouverture des débats, se sont mises mardi en ordre de marche pour ce sommet censé démontrer que l’Amérique est de retour dans ce combat après le désengagement de Donald Trump.

Le président chinois Xi Jinping, à la tête du premier pays émetteur de gaz à effet de serre, a confirmé sa participation, malgré les vives tensions avec Washington.

Également en froid avec les Américains, Vladimir Poutine a promis que la Russie, producteur majeur d’hydrocarbures, agirait «sévèrement» contre le changement climatique. Le président russe a fixé comme objectif que le volume cumulé d’émissions nettes de gaz à effet de serre de son pays passe en dessous de celui de l’Union européenne lors des 30 prochaines années.

Quant à l’UE, justement, elle pourra faire bonne figure après un accord in extremis entre eurodéputés et États membres sur une réduction nette d’»au moins 55%» de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport au niveau de 1990.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau va s’engager à réduire de 40% à 45% les émissions de son pays d’ici 2030 par rapport à 2005, au lieu de 30% précédemment, selon Radio-Canada.

La chaîne a affirmé mercredi qu’un tel seuil de 40% avait été fixé comme «ticket d’entrée» par les États-Unis pour les pays invités au sommet.

Car jusqu’ici, les efforts annoncés restent selon les experts en-deçà des objectifs de l’Accord de Paris sur le climat conclu en 2015, qui vise à maintenir le réchauffement sous les +2°C, si possible +1,5°C, par rapport à l’ère pré-industrielle.

Joe Biden, qui a rejoint dès le premier jour de son mandat en janvier cet accord-clé dont son prédécesseur Trump avait claqué la porte, a promis de dévoiler le nouvel objectif américain lors de son «sommet des dirigeants sur le climat».

«Mauvais élève» 

Première économie et deuxième pollueur au monde, les États-Unis s’étaient engagés à réduire leurs émissions de 26 à 28% d’ici 2025, par rapport à 2005. Les experts s’attendent à ce qu’ils fixent un nouvel objectif d’une réduction de moitié d’ici 2030.

L’enjeu est de taille pour la crédibilité du nouveau président américain, qui veut s’ériger en leader mondial de la lutte contre le réchauffement, mais doit rassurer quant à l’inconstance de son pays en la matière.

Le retour dans l’Accord de Paris n’est pas «glorieux», avait taclé la semaine dernière la diplomatie chinoise, raillant «un mauvais élève qui revient sur les bancs de l’école après avoir séché les cours».

En l’absence des États-Unis pendant l’ère Trump, Xi Jinping s’était ainsi attiré des applaudissements fin 2020 en annonçant que son pays commencerait à réduire ses émissions de CO2 avant 2030, pour parvenir 30 ans plus tard à la «neutralité carbone» -- c’est-à-dire d’en absorber autant que d’en émettre.

L’entente de la Chine et des États-Unis est cruciale pour la réussite des efforts internationaux, et les deux puissances rivales semblent donc décidées à mettre provisoirement leurs divergences de côté pour collaborer plus activement sur le climat.

Elles se sont engagées samedi à «coopérer» sur le changement climatique, à l’issue d’une visite à Shanghai de l’émissaire américain John Kerry, qui y a jugé «suicidaire» toute absence de collaboration.