Le chef du Pentagone Patrick Shanahan

«Aucune décision» sur le financement du mur de Trump selon Shanahan

WASHINGTON — Le chef du Pentagone Patrick Shanahan a indiqué samedi n’avoir encore pris «aucune décision» sur le financement du mur que veut construire Donald Trump à la frontière avec le Mexique en puisant dans le budget militaire.

«De façon très délibérée, nous n’avons pris aucune décision», a déclaré le ministre de la Défense par intérim dans l’avion qui le ramenait de Munich. Il participait en Allemagne à une réunion internationale lorsque le président américain a décrété vendredi «l’urgence nationale» pour faire face à ce qu’il qualifie d’»invasion» de gangs, de passeurs, de drogues et de migrants clandestins traversant la frontière avec le Mexique.

Grâce à cette procédure exceptionnelle, M. Trump a maintenant accès à des fonds fédéraux pour financer la construction du mur frontalier qu’il a promis lors de sa campagne présidentielle.

Le Pentagone est de loin la plus grande source de fonds fédéraux d’urgence, et la Maison-Blanche a indiqué que le président allait accéder à 6,1 milliards provenant de deux sources du ministère de la Défense: 3,6 milliards d’un fonds consacré à la construction militaire, et 2,5 milliards de fonds destinés aux activités de lutte contre la drogue.

Or le Pentagone a fait savoir dès vendredi dans un communiqué que la Constitution accordait au ministre de la Défense le contrôle ultime des fonds prévus pour la construction militaire en cas de déclaration d’urgence nationale. Elle lui permet de «déterminer si des barrières à la frontière nécessitent l’utilisation des forces armées et la redistribution de fonds destinés à la construction militaire pour construire des barrières à la frontière», d’après le ministère.

«Il n’y a eu aucune détermination de ma part. C’est ce que je ferai demain», a précisé M. Shanahan aux journalistes qui l’accompagnaient.

M. Trump faisait planer depuis des mois la menace d’une déclaration d’urgence nationale pour obtenir le financement que le Congrès lui refuse pour son mur.

«Nous avons toujours anticipé que cela attirerait beaucoup d’attention et puisque de l’argent risque d’être redirigé. Vous imaginez les inquiétudes que cela suscite», a expliqué M. Shanahan.

«Le Pentagone s’est donc préparé à cette éventualité et a identifié plusieurs sources possibles de financement dans son budget. «Je vais rentrer et revoir cette analyse maintenant que l’urgence nationale a été déclarée», a ajouté M. Shanahan.

Il s’est abstenu de préciser le montant des fonds que le Pentagone pourrait éventuellement débloquer et les projets qui pourraient être annulés. Le sujet est sensible aux États-Unis, où de nombreux logements militaires sont insalubres, selon un récent rapport.

Mais selon un responsable militaire ayant requis l’anonymat, «en ce qui concerne les 3,6 milliards de dollars, il est probable qu’il les dépensera». «Cependant, ce n’est pas certain tant que l’analyse n’est pas achevée», a-t-il ajouté.

Cette source a précisé que la décision finale de M. Shanahan pourrait ne pas être annoncée avant plusieurs jours, car il souhaite consulter l’état-major et les responsables des différentes branches des forces armées.

Les fonds anti-drogue posent moins de problèmes au Pentagone, car ce sont des fonds annuels, qui doivent être dépensés avant la fin de l’année.

Interrogé sur la latitude que lui accorde la Constitution, le ministre par intérim a répondu: «Je pense que j’ai beaucoup de latitude (...), je ne suis obligé à rien.»

+

BERNIE SANDERS ANNONCE SA CANDIDATURE À LA PRÉSIDENTIELLE DANS UNE VIDÉO

WASHINGTON — Le sénateur américain Bernie Sanders a enregistré une vidéo dans laquelle il annonce sa candidature à la présidentielle de 2020, a révélé samedi le site internet d’informations Politico.

La date de la diffusion éventuelle de cette vidéo n’est pas fixée, a précisé Politico. Ce média avait déjà affirmé que Bernie Sanders, candidat malheureux à la primaire démocrate de 2016, avait rencontré des personnes susceptibles de prendre des responsabilités au sein d’une équipe de campagne.

Le sénateur démocrate du Vermont, âgé de 77 ans, un indépendant apparenté au groupe démocrate est l’ancien rival d’Hillary Clinton aux primaires présidentielles démocrates en 2016.

Lorsqu’il s’était présenté aux primaires en 2016, il faisait figure d’outsider, avant de tenir la dragée haute à Hillary Clinton. Celle-ci l’avait emporté, avant d’être battue par Donald Trump.

Lors de cette campagne des primaires, Bernie Sanders, qui se présente comme un «démocrate socialiste» avait défendu l’idée d’une couverture de santé universelle, d’une université publique gratuite et d’un salaire minimum à 15 dollars (13,3 euros).

Il a été élu à la Chambre des représentants de 1990 à 2006, avant de devenir sénateur. Il a été confortablement réélu pour la dernière fois en novembre.

Une dizaine de démocrates se sont déjà lancés dans la course à la présidentielle Américaine de 2020. La candidature de Joe Biden, ancien vice-président de Barack Obama, se fait également attendre.

Bernie Sanders demeure populaire au sein des démocrates, mais certains membres du parti se demandent si un homme blanc septuagénaire est le candidat qu’il leur faut. AFP