Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo à Nur-Sultan, au Kazakhstan
Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo à Nur-Sultan, au Kazakhstan

Au Kazakhstan, Pompeo assure porter un «message parfait» sur la liberté de la presse

AFP
Agence France-Presse
NUR-SULTAN — Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a assuré dimanche au Kazakhstan porter «un message parfait» sur la liberté de la presse dans le monde, après un échange acrimonieux avec les médias américains et l’exclusion d’une journaliste de son avion.

Alors que la controverse avec la radio publique américaine NPR a marqué les esprits à Washington, l’affaire a poursuivi le chef de la diplomatie à Nur-Sultan, avant dernière étape d’une tournée en Europe et en Asie centrale.

À une journaliste du service kazakh de Radio Free Europe qui lui demandait ce que les États-Unis font pour les droits humains au Kazakhstan, pays très critiqué par les organisations internationales pour son bilan en la matière, Mike Pompeo a évoqué «le bon travail du département d’État pour former les journalistes aux libertés de la presse».

La journaliste lui a alors demandé quel message envoyait sa propre attitude aux pays comme le sien qui, a-t-elle dit, «entravent régulièrement la liberté de la presse». Elle lui a rappelé qu’il s’en était pris à une intervieweuse de NPR juste avant son départ, et qu’une autre journaliste de cette radio avait été exclue du voyage.

«C’est un message parfait sur la liberté de la presse», a-t-il assuré.

«Ils sont libres de poser des questions», a-t-il ajouté, alors qu’il avait clairement reproché à NPR de l’avoir interrogé sur l’affaire ukrainienne au cœur du procès en destitution du président Donald Trump alors qu’il s’attendait à un entretien portant uniquement sur l’Iran. «C’est totalement ouvert en Amérique, et j’aime ça. J’espère le reste du monde s’inspirera de notre liberté de la presse.»

Mike Pompeo a assuré que son échange avec NPR n'était «pas musclé», malgré son propre communiqué à la tonalité très agressive pour accuser la journaliste d'avoir «menti» et les médias d'«hystérie».

Il a néanmoins justifié l’exclusion du voyage de la correspondante de la radio publique américaine au département d’État, Michele Kelemen, qui n’était pourtant pas impliquée dans l’entretien en question.

«S’agissant de qui voyage avec moi, je suis toujours accompagné d’un gros contingent médiatique», a-t-il affirmé — en fait, le département d’État, sous la présidence Trump, a divisé par deux le nombre de journalistes autorisés à prendre l’avion du chef de la diplomatie américaine par rapport aux administrations précédentes.

«Mais nous demandons le respect de certains comportements, c’est-à-dire tout simplement de dire la vérité et d’être honnêtes», a-t-il ajouté. «S’ils font ça, ils peuvent venir, mais sinon, ce n’est pas approprié, franchement, ce n’est pas juste pour les autres journalistes qui voyagent avec eux.»