Sans être en mesure de déterminer les responsables de l’attaque, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a parlé de «32 cas de suffocation», dont six enfants et 13 femmes, dans deux quartiers d'Alep.

Attaque présumée au «gaz toxique» à Alep

DAMAS — Des médias officiels syriens ont accusé samedi des groupes rebelles d’avoir utilisé des «gaz toxiques» dans une attaque contre Alep, la grande métropole du nord, rapportant des dizaines de «cas de suffocation» parmi les civils et évoquant un possible recours au «gaz de chlore».

Sans être en mesure de déterminer les responsables de l’attaque, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a parlé pour sa part de «32 cas de suffocation», dont six enfants et 13 femmes, dans deux quartiers de cette ville du nord-ouest du pays, assurant que ses sources évoquent une «odeur de chlore».

«Les groupes terroristes armés ont visé en soirée les quartiers de Khaldiyé et Al-Nil dans la ville d’Alep avec des roquettes contenant des gaz toxiques», a assuré l’agence officielle Sana sur son site Internet, utilisant la terminologie habituelle des autorités pour désigner les insurgés, rebelles et jihadistes.

Le directeur des services de santé d’Alep, Ziad Hajj Taha, a fait état de 50 cas de suffocation alors qu’il était interrogé par la télévision étatique syrienne.

Il a évoqué une «probable» attaque «au gaz de chlore toxique», sur la base des symptômes que présentent les blessés.

«Tout est sous contrôle, les blessés sont en train d’être soignés», a-t-il ajouté, précisant toutefois que deux enfants se trouvaient dans un «état critique».

Ce n’est pas la première fois que les médias étatiques accusent les rebelles d’une attaque aux «gaz toxiques» contre Alep, conquise fin 2016 dans son intégralité par le pouvoir de Bachar al-Assad, après avoir été divisée pendant des années entre quartiers gouvernementaux et secteurs insurgés.

En octobre 2016, les médias officiels avaient accusé les rebelles d’avoir utilisé du «gaz toxique» dans la ville et avaient rapporté 35 cas de suffocation.

Ces derniers mois, les autorités de Damas, mais aussi leur allié russe, ont accusé les insurgés de la province d’Idleb, voisine d’Alep, d’avoir en leur possession des armes chimiques.

Les deux alliés ont accusé à plusieurs reprises les rebelles de vouloir utiliser ces armes dans les territoires insurgés, pour ensuite accuser le régime d’avoir mené une attaque chimique contre les civils.

En avril, le pouvoir syrien avait conquis le bastion rebelle de la Ghouta orientale, aux portes de la capitale. Il avait été accusé d’y avoir mené une attaque chimique qui a fait 40 morts civils selon les secouristes en zones rebelles. Les Occidentaux avaient alors mené des frappes de représailles.

Fin août 2016, une commission d’enquête de l’ONU et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques avait accusé le groupe jihadiste État islamique d’avoir utilisé en 2015 du gaz moutarde à Marea, dans la province d’Alep.