La tuerie de Parkland a galvanisé un grand nombre de jeunes, de progressistes et de démocrates qui se sont mobilisés pour mener une nouvelle offensive contre les armes à feu. Le mouvement a entraîné des manifestations qui ont rassemblé des centaines de milliers de personnes à travers le pays.

Armes à feu: le 2e amendement là pour rester

WASHINGTON — Dans un message publié sur son compte Twitter, mercredi, le président des États-Unis a réitéré en lettres majuscules que le deuxième amendement de la Constitution «ne sera jamais révoqué». Donald Trump a encouragé les électeurs à soutenir le Parti républicain cet automne lors des élections au Congrès parce que selon lui, les républicains doivent «contrôler la Cour suprême pour toujours».

Cette déclaration de M. Trump survient au lendemain de la publication d’un texte d’opinion du juge retraité de la Cour suprême John Paul Stevens dans le New York Times. L’ex-magistrat plaide que le retrait du deuxième amendement de la Constitution faciliterait la voie au Congrès américain pour légiférer afin de mieux contrôler les armes à feu.

La tuerie qui a fait 17 morts le mois dernier dans une école secondaire de Parkland, en Floride, a galvanisé un grand nombre de jeunes, de progressistes et de démocrates qui se sont mobilisés pour mener une nouvelle offensive contre les armes à feu. Le mouvement a entraîné des manifestations qui ont rassemblé des centaines de milliers de personnes à travers le pays.

Toujours sur son fil Twitter, le président Trump a martelé que peu importe à quel point les démocrates voudraient que cela se réalise, et malgré l’opinion de l’ex-juge John Paul Stevens, «il n’en est pas question». Le deuxième amendement est là pour de bon, estime-t-il.

Comme c’est le cas pour de nombreux enjeux, les opinions de Donald Trump sur les armes à feu sont contradictoires. Dans une rencontre télévisée avec les survivants de la tuerie de Parkland, il avait avancé la possibilité de confisquer les armes des gens considérés dangereux, sans attendre l’autorisation des tribunaux. Il avait aussi formulé le souhait d’élargir la portée des vérifications obligatoires d’antécédents aux ventes privées d’armes à feu. Il a depuis renié ces positions.

Il n’y a actuellement aucun mouvement majeur qui cherche à abolir le deuxième amendement. Toute tentative en ce sens serait vouée à l’échec dans le contexte politique actuel très divisé. Selon la procédure prévue pour modifier la Constitution, la Chambre des représentants et le Sénat doivent approuver les changements avec une majorité des deux tiers. Par la suite, trois États sur quatre doivent ratifier la Constitution modifiée.

Les nominations à la Cour suprême

Par ailleurs, contrairement à ce qu’affirme Donald Trump, les partis politiques ne «contrôlent» pas la Cour suprême comme ils peuvent contrôler le Congrès.

Les juges sont nommés par les présidents et leur nomination doit être approuvée par le Sénat. Il est vrai que leurs opinions reflètent souvent celles du président qui les nomment, mais ce n’est pas toujours le cas.

Actuellement, quatre des neuf juges à la Cour suprême des États-Unis sont considérés comme appartenant à la mouvance conservatrice et ont été nommés par des présidents républicains. Quatre autres juges sont considérés comme plus progressistes et ont été promus par des présidents démocrates. Le neuvième juge, Anthony Kennedy, est perçu comme celui qui tranche en se ralliant à l’un ou l’autre des deux camps. Il a été nommé par le président républicain Ronald Reagan.

Donald Trump pourrait parvenir plus facilement à combler la prochaine ouverture à la Cour suprême si les républicains arrivent à accroître leur faible majorité de 51 contre 49 au Sénat lors des élections de novembre.

En 2008, la Cour suprême a statué que le deuxième amendement de la Constitution permettait aux citoyens américains de posséder des armes à feu pour se défendre.