L’opération militaire devait permettre de main la main sur Ovidio Guzmán, un des trois fils d’«El Chapo», qui a repris avec ses frères le contrôle du cartel de drogue depuis que leur père a été extradé aux Etats-Unis en 2017.

Après un affrontement musclé avec le fils d'El Chapo, le calme revient à Culiacán

CULIACAN — Impacts de balles, bris de verre, carcasses de véhicules explosés : dans le quartier de Tres Ríos, à Culiacán, épicentre d’un épisode violent dans le bastion du cartel mexicain de Sinaloa, la vie reprend lentement après l’échec de la capture d’un fils du baron de la drogue Joaquin «El Chapo» Guzman.

Il était l’heure de déjeuner quand le 17 octobre les premiers coups de feu ont éclaté dans les rues de Culiacán, la capitale de l’Etat de Sinaloa, obligeant les habitants à se terrer chez eux. L’attaque a fait 13 morts, dont quatre civils, pris dans les tirs croisés entre tueurs à gages et militaires.

Les habitants, pris de court, avaient trouvé refuge là où ils pouvaient, se précipitant dans les magasins, dans les maisons, et même dans les crèches de la ville de 750 000 habitants transformée en front de guerre.

«Je me suis retrouvée enfermée dans ma boulangerie avec deux clients, je ne pouvais pas rentrer chez moi», raconte Ana Bertha Félix, boulangère de 57 ans.

Positionnés en divers endroits de la ville, les groupes armés avaient bloqué les points stratégiques, paralysant les accès à la route et obligeant les commerces à baisser leurs rideaux.

L’opération militaire devait permettre de main la main sur Ovidio Guzmán, un des trois fils d’«El Chapo», qui a repris avec ses frères le contrôle du cartel de drogue depuis que leur père a été extradé aux Etats-Unis en 2017, où il purge une peine de prison à vie.

Dans un premier temps, les autorités mexicaines avaient annoncé l’avoir arrêté avant de se raviser et d’expliquer que l’opération, «mal préparée» n’avait pas abouti.

Dépassés par la tournure qu’a pris l’opération et leur affrontement avec les criminels, les 35 membres de la garde nationale avaient fini par renoncer à arrêter Ovidio Guzmán, alors que les criminels ont réussi, eux, à libérer 55 prisonniers du centre pénitentiaire de Culiacán.

Il était l’heure de déjeuner quand le 17 octobre les premiers coups de feu ont éclaté dans les rues de Culiacán, la capitale de l’Etat de Sinaloa, obligeant les habitants à se terrer chez eux. L’attaque a fait 13 morts, dont quatre civils, pris dans les tirs croisés entre tueurs à gages et militaires.

Les habitants, pris de court, avaient trouvé refuge là où ils pouvaient, se précipitant dans les magasins, dans les maisons, et même dans les crèches de la ville de 750 000 habitants transformée en front de guerre.

«Je me suis retrouvée enfermée dans ma boulangerie avec deux clients, je ne pouvais pas rentrer chez moi», raconte Ana Bertha Félix, boulangère de 57 ans.

Positionnés en divers endroits de la ville, les groupes armés avaient bloqué les points stratégiques, paralysant les accès à la route et obligeant les commerces à baisser leurs rideaux.

L’opération militaire devait permettre de main la main sur Ovidio Guzmán, un des trois fils d’«El Chapo», qui a repris avec ses frères le contrôle du cartel de drogue depuis que leur père a été extradé aux Etats-Unis en 2017, où il purge une peine de prison à vie.

Dans un premier temps, les autorités mexicaines avaient annoncé l’avoir arrêté avant de se raviser et d’expliquer que l’opération, «mal préparée» n’avait pas abouti.

Dépassés par la tournure qu’a pris l’opération et leur affrontement avec les criminels, les 35 membres de la garde nationale avaient fini par renoncer à arrêter Ovidio Guzmán, alors que les criminels ont réussi, eux, à libérer 55 prisonniers du centre pénitentiaire de Culiacán.

Stress post-traumatique

Ce fiasco qui a fait de Culiacán un champ de bataille constitue une nouvelle étape dans la violence du narcotrafic, estiment des experts, comme des habitants de la région.

«On n’avait jamais vu cela auparavant. On atteint des niveaux de violence incroyables. Pour la première fois, les hommes du cartel ont attaqué les citoyens qu’ils ont toujours prétendus protéger», affirme Tomás Guevara, chercheur à l’Observatoire de la Violence de Sinaloa.

«On pensait à sauver les gens avant tout, à les sortir de là. On les mettait à l’abri dans les magasins», explique Erasmo Medina, un policier municipal. «On ne savait pas ce qu’il se passait, parce qu’on ne nous a rien dit, à nous», ajoute-t-il.

Quatre jours après les affrontements, les terrains de foot et de baseball sont à nouveau foulés par les joueurs, les commerces ont rouvert et les écoles accueillent les enfants.

«On ne peut pas vivre de cette façon. On l’endure, ce qui est bien différent, parce que nous n’avons pas le choix. C’est comme la chaleur. On a chaud et on endure. Cette boule de violence, on l’endure. Mais ça n’est pas juste pour nous», confie José Luis, un cuisinier de 45 ans.

Afin de restaurer le calme, le gouvernement a déployé 400 militaires pour renforcer la sécurité à Culiacán.

«Une stratégie qui vise à créer les conditions de sécurité et de paix pour les habitants. Faire en sorte que la ville puisse développer ses activités quotidiennes de manière normale» explique le commandant Carlos Ramón Carrillo del Villar, responsable de la sécurisation dans la région

Un collectif citoyen baptisé «Culiacán Valiente» (Culiacán courageuse) s’est dit opposé à cette militarisation et préférait qu’on s’intéresse aux personnes qui ont développé des symptomes de stress post-traumatiques. Le collectif propose des marches dont le parcours passerait aux endroits des attaques.

Ce fiasco qui a fait de Culiacán un champ de bataille constitue une nouvelle étape dans la violence du narcotrafic, estiment des experts, comme des habitants de la région.

«On n’avait jamais vu cela auparavant. On atteint des niveaux de violence incroyables. Pour la première fois, les hommes du cartel ont attaqué les citoyens qu’ils ont toujours prétendus protéger», affirme Tomás Guevara, chercheur à l’Observatoire de la Violence de Sinaloa.

«On pensait à sauver les gens avant tout, à les sortir de là. On les mettait à l’abri dans les magasins», explique Erasmo Medina, un policier municipal. «On ne savait pas ce qu’il se passait, parce qu’on ne nous a rien dit, à nous», ajoute-t-il.

Quatre jours après les affrontements, les terrains de foot et de baseball sont à nouveau foulés par les joueurs, les commerces ont rouvert et les écoles accueillent les enfants.

«On ne peut pas vivre de cette façon. On l’endure, ce qui est bien différent, parce que nous n’avons pas le choix. C’est comme la chaleur. On a chaud et on endure. Cette boule de violence, on l’endure. Mais ça n’est pas juste pour nous», confie José Luis, un cuisinier de 45 ans.

Afin de restaurer le calme, le gouvernement a déployé 400 militaires pour renforcer la sécurité à Culiacán.

«Une stratégie qui vise à créer les conditions de sécurité et de paix pour les habitants. Faire en sorte que la ville puisse développer ses activités quotidiennes de manière normale» explique le commandant Carlos Ramón Carrillo del Villar, responsable de la sécurisation dans la région

Un collectif citoyen baptisé «Culiacán Valiente» (Culiacán courageuse) s’est dit opposé à cette militarisation et préférait qu’on s’intéresse aux personnes qui ont développé des symptomes de stress post-traumatiques. Le collectif propose des marches dont le parcours passerait aux endroits des attaques.