Selon les pilotes, c’est la brusque accélération du moteur droit de l’avion qui a fait dévier un Boeing 737-800 de la compagnie Pegasus Airlines lors de son atterrissage, le faisant terminer sa course dans une falaise, à quelques mètres seulement de l’océan.

Accident d'avion en Turquie: les pilotes témoignent

ISTANBUL — La spectaculaire sortie de piste d’un avion samedi en Turquie a été causée par l’accélération incontrôlée d’un des moteurs de l’appareil qui a dérapé sur la piste mouillée, ont déclaré les pilotes aux enquêteurs, selon les médias.

Le Boeing 737-800 de Pegasus Airlines a atterri normalement à Trabzon, samedi soir, avant de réaliser une brusque embardée et de glisser le long d’une falaise boueuse, s’arrêtant à quelques mètres seulement de la mer.

Les 162 passagers et six membres d’équipage à bord de l’appareil, en provenance d’Ankara, ont pu être évacués sans qu’il n’y ait de blessés.

Les membres de l’équipage, dont le pilote, 62 ans, et le copilote, 46 ans, ont été interrogés par le procureur de Trabzon. Ils affirment que l’«accélération brutale» d’un moteur leur a fait perdre le contrôle de l’appareil.

Le commandant de bord, qui a 41 ans d’expérience, a indiqué que le copilote s’était chargé de l’atterrissage.

«Après un atterrissage qui s’est normalement déroulé, l’avion ne s’est pas arrêté. Les commandes me sont alors automatiquement revenues. J’ai freiné, l’avion s’est dirigé vers la gauche. Lorsque j’ai freiné à nouveau, il a quitté la piste», a déclaré le pilote.

«Le moteur droit de l’avion a brusquement accéléré, puis il s’est décroché après avoir heurté la surface terreuse [de la falaise] et est tombé dans la mer», a-t-il ajouté, cité par l’agence de presse Dogan.

Le copilote a affirmé n’avoir pu freiner parce que le sol était mouillé, ce qui a orienté l’appareil vers la mer, ajoutant que le moteur droit s’était détaché peu après que le pilote eut repris les commandes. Les pilotes ont tous les deux été soumis à un test d’alcoolémie, qui s’est révélé négatif.

Selon Dogan, l’autorité de l’aviation civile a annoncé qu’elle allait examiner la boîte noire de l’avion, toujours embourbé, avec des câbles l’empêchant de tomber à l’eau. Les opérations visant à l’en extraire doivent commencer dans la journée.