Monde

Boris Johnson, chantre du Brexit, obtient les clefs de Downing Street

LONDRES - Le champion des pro-Brexit Boris Johnson a été mardi désigné dans un fauteuil par les militants du Parti conservateur britannique pour succéder à la première ministre Theresa May, et tenter de réussir là où elle a échoué: mettre en oeuvre la sortie de l’UE.

«Nous allons mettre en oeuvre le Brexit le 31 octobre», a-t-il immédiatement déclaré à la tribune d’où les résultats ont été annoncés.

L’ex-maire de Londres et ex-ministre des Affaires étrangères, qui était opposé à l’actuel chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt, a remporté 66% des voix des quelque 159 000 membres du parti qui se sont exprimés.

Il devient donc chef des Tories et prendra officiellement ses fonctions mercredi après-midi après une visite à la reine Elizabeth II.

Ce résultat marque l’arrivée au pouvoir des Brexiters, certains d’entre eux n’ayant jamais digéré que Theresa May, promaintien dans l’UE pendant la campagne pour le référendum du 23 juin 2016, soit retenue pour conduire le pays hors du club européen.

C’est une victoire personnelle pour le député conservateur de 55 ans, dont les nombreuses gaffes, excès et autres déclarations intempestives ces trente dernières années ont parfois semblé menacer les rêves de grandeurs qu’il cultive depuis toujours.

Le défi qui l’attend est de taille, sans équivalent pour un dirigeant britannique depuis la Deuxième Guerre mondiale: mettre en oeuvre le Brexit, sans exacerber les profondes divisions sur la question, devenue le centre de gravité de la société britannique.

Une mission sur laquelle Theresa May s’est cassé les dents, échouant à trois reprises à faire accepter aux députés l’accord de sortie qu’elle avait conclu en novembre avec Bruxelles, ce qui l’a poussée à la démission.

Craintes d’un «no deal»

Boris Johnson, qui avait milité pour la sortie de l’UE -un choix opportuniste selon ses détracteurs-, veut un Brexit d’ici à l’échéance du 31 octobre.

La date du divorce était initialement fixée au 29 mars, mais a été deux fois reportée faute du soutien d’une majorité de députés à l’accord de Mme May et pour éviter une sortie sans accord.

Pendant sa campagne, Boris Johnson a répété que le divorce serait prononcé fin octobre, accord renégocié ou pas d’accord, promettant un avenir radieux à son pays.

Il a affirmé qu’il préférait décrocher un nouveau traité de retrait tout en admettant que cela semble presque impossible à réaliser dans les temps, compte tenu des vacances parlementaires et de la mise en place de nouvelles équipes dirigeantes, à Londres comme à Bruxelles.

Boris Johnson devra aussi convaincre l’UE de rouvrir les négociations, ce qu’elle a exclu jusqu’à présent.

Sa volonté de quitter l’UE coûte que coûte hérisse ceux, y compris dans son propre camp, qui souhaitent le maintien de liens étroits avec le continent, et qui redoutent les conséquences économiques d’un «no deal», synonyme de retour de formalités douanières.

Le ministre des Finances Philip Hammond a ainsi prévenu qu’il ferait «tout» pour empêcher ce scénario, ne semblant pas exclure de contribuer à faire tomber le futur gouvernement de Boris Johnson.

À l’instar de plusieurs autres ministres, le chancelier de l’Échiquier a indiqué qu’il mettrait un point d’honneur à démissionner avant même la fin officielle du gouvernement de Theresa May, laissant augurer des difficultés à venir pour Boris Johnson.

Vent debout contre un «no deal», le mouvement People’s Vote, qui milite pour un nouveau référendum, a estimé que Boris Johnson n’avait pas de «mandat» pour mettre en oeuvre un divorce sans accord, en soulignant qu’il n’avait été choisi que par les membres du Parti conservateur, soit «0,25% de la population».

Bye bye Theresa

Mercredi, après une dernière nuit à Downing Street, Theresa May répondra à une ultime session de questions au Parlement avant de se rendre à Buckingham Palace où elle remettra officiellement sa démission à la reine Elizabeth II en début d’après-midi.

Boris Johnson devrait prendre la parole quelques heures plus tard après avoir été lui aussi reçu par la souveraine, qui lui confiera la responsabilité de former le gouvernement.

Selon la presse britannique, il pourrait annoncer, dès mercredi ou dans les jours qui viennent, une visite à Paris, Berlin, Dublin ou Bruxelles, pour mettre sur les rails sa stratégie sur le Brexit.

Washington est également cité, Londres espérant signer avec le président américain Donald Trump un ambitieux accord de libre-échange. Le voyage donnerait aux deux hommes, qui disent mutuellement s’apprécier, l’occasion de faire bras dessus, bras dessous.

Mais Boris Johnson aura d’ici là un autre défi urgent à gérer: l’escalade des tensions avec Téhéran, au plus haut après l’arraisonnement vendredi par l’Iran d’un pétrolier battant pavillon britannique dans le détroit d’Ormuz.

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La colère gronde à Hong Kong

HONG KONG — La colère grondait lundi à Hong Kong au lendemain de brutales attaques contre des manifestants prodémocratie commises par des agresseurs soupçonnés d’appartenir aux triades, des violences qui ont fait des dizaines de blessés et aggravent la crise dans laquelle est plongée cette ancienne colonie britannique.

La vague de contestation qui déferle sans discontinuer depuis le 9 juin sur ce haut lieu de la finance internationale a pris un tour sinistre dimanche. Des gangs d’hommes armés de bâtons, de tringles métalliques et de battes, portant pour la plupart des t-shirts blancs, ont fondu sur des manifestants antigouvernementaux qui rentraient chez eux après une nouvelle manifestation monstre.

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Policiers congédiés pour avoir suggéré de s’en prendre à Ocasio-Cortez

GRETNA — Deux policiers en banlieue de la Nouvelle-Orléans ont été congédiés, lundi, relativement à un message publié sur Facebook dans lequel l’un d’eux suggérait d’abattre la jeune représentante américaine Alexandria Ocasio-Cortez.

Le chef de la police de Gretna, Arthur Lawson, a annoncé les licenciements. Le policier Charlie Rispoli a perdu son poste pour avoir écrit que l’élue démocrate avait besoin d’une «cartouche [à fusil]», tandis que son collègue Angelo Varisco a été congédié pour avoir «aimé» le message.

M. Lawson s’est dit «très déçu» du comportement des policiers, surtout que le service de police offre de la formation aux agents sur les questions de diversité et d’utilisation des médias sociaux.

Une enquête interne avait été ouverte après que le chef de police eut été informé du message par le The Times-Picayune/The New Orleans Advocate. Selon le quotidien local, M. Rispoli avait inclus dans son message une fausse nouvelle, selon laquelle Mme Ocasio-Cortez aurait affirmé que les «soldats étaient trop payés».

M. Lawson a indiqué que le message avait été retiré et que le service de police avait contacté Facebook pour vérifier si d’autres agents auraient été impliqués.

Les deux policiers congédiés ont coopéré à l’enquête, a affirmé le chef de police.

«Que ce soit une blague ou non, il était inapproprié de faire un tel commentaire, d’insinuer un acte violent contre un individu, contre un élu, contre un membre du Congrès américain», a-t-il soutenu.  

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Trump annonce avoir trouvé un accord avec les démocrates sur le budget

WASHINGTON — Donald Trump a indiqué lundi avoir trouvé un accord avec l’opposition démocrate sur le budget, évitant ainsi la perspective d’une paralysie de l’administration fédérale jusqu’à la prochaine élection présidentielle.

«Je suis heureux d’annoncer qu’un accord a été trouvé (...) sur un budget de deux ans et le plafond de la dette», a tweeté le président américain, évoquant «un vrai compromis».

Cet accord porte notamment sur le relèvement du plafond de la dette des États-Unis, afin d’éviter un défaut de paiement si le pays ne pouvait plus emprunter.

Il prévoit aussi la hausse des dépenses publiques en relevant le plafond budgétaire pour la défense et pour des investissements nationaux.

Donald Trump a salué dans son tweet «une grande victoire pour nos super militaires et anciens combattants».

«Avec cet accord, nous aspirons à éviter un nouveau shutdown du gouvernement, qui est si dommageable», ont réagi dans un communiqué commun la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi et le chef de la minorité démocrate au Sénat Chuck Schumer.

«Les démocrates sont également heureux d’avoir assuré un financement solide pour des priorités nationales», ont-ils ajouté.

Républicains et démocrates discutaient depuis plusieurs semaines pour parvenir à un consensus. Les appels se multipliaient pour que la Chambre des représentants approuve une telle entente avant ses six semaines de vacances commençant vendredi.

L’accord, qui prévoit un bond des dépenses et des économies limitées, devrait pousser le déficit budgétaire annuel à plus de 1000 milliards de dollars en 2020 (779 milliards en 2018).

«Avec une dette fédérale de plus de 22 000 milliards de dollars et qui continue de progresser, ce n’est pas un jeu», avait tweeté, avant qu’un accord soit trouvé, Mike Johnson, parlementaire à la tête du Republican Study Committee.

Ce groupe conservateur a indiqué qu’il souhaitait que le coût de tout accord soit totalement compensé par des coupes budgétaires, relevant que les dépenses devraient respecter les limites fixées par une loi de 2011.

Plusieurs responsables ont prévenu que sans hausse du plafond de la dette, les États-Unis pourraient faire défaut sur leurs remboursements pour la première fois.

Le budget du gouvernement fédéral est traditionnellement en déficit, par conséquent Washington n’a d’autre choix que d’emprunter pour financer ses opérations, comme le paiement des salaires, des retraites et autres dépenses déjà approuvées par le Congrès.

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Boris Johnson aux marches de Downing Street

LONDRES — La course à la succession de la première ministre britannique Theresa May s’est achevée lundi après-midi avec la clôture des votes des membres du Parti conservateur et, sauf énorme surprise, c’est le champion du Brexit Boris Johnson qui devrait être proclamé vainqueur mardi.

Favori des militants conservateurs, l’ex-maire de Londres et ancien ministre des Affaires étrangères fait moins l’unanimité parmi les personnalités du parti, en particulier dans le camp europhile qui veut lui donner du fil à retordre s’il persiste dans sa menace de quitter l’Union européenne sans accord de divorce. Un autre dossier risque d’assombrir ses premiers jours sur la plus haute marche du gouvernement : la crise diplomatique avec l’Iran.

«BoJo», de son surnom, 55 ans, est donné gagnant face à Jeremy Hunt, 52 ans, l’actuel chef de la diplomatie britannique, par les sondages comme par les preneurs aux livres. Selon une enquête d’opinion publiée par le blogue conservateur ConservativeHome, il empocherait 73 % des suffrages des 160 000 membres du parti tory. Le vote s’est clos à 13h et les résultats seront proclamés mardi matin.

Le vainqueur sera désigné chef du Parti conservateur et se présentera mercredi devant la reine Elizabeth II, qui lui confiera la responsabilité de former le gouvernement.

Il lui incombera alors de réussir là où Theresa May a échoué, à savoir de faire sortir le Royaume-Uni de l’UE, malgré les profondes divisions sur la question dans ce pays, trois ans après le référendum du 23 juin 2016.

Le futur chef du gouvernement devra aussi gérer un autre dossier brûlant : l’arraisonnement vendredi par l’Iran du Stena Impero, un pétrolier battant pavillon britannique, à l’origine de nouvelles tensions dans le Golfe.

Populaire auprès des militants en raison de son humour et de ses excentricités, Boris Johnson suscite en revanche une profonde inimitié chez les adversaires du Brexit, nombre d’entre eux considérant son ralliement à la sortie de l’UE, quelques mois avant le référendum de 2016, comme un moyen d’assouvir ses ambitions personnelles.

En témoignent les dizaines de milliers de personnes qui se sont réunies samedi dans les rues de Londres pour dire «Oui à l’Europe!» et «Non à Boris».

L’UE et la Lune

Pour l’emporter, Boris Johnson joue la carte de sauveur du Brexit, initialement prévu pour le 29 mars, mais repoussé au 31 octobre, et vante sa détermination, son «optimisme» : «Là où il y a de la volonté, il y a une solution», déclare-t-il.

Jamais avare de métaphores grandiloquentes, il a comparé lundi le Brexit au premier pas sur la Lune. «S’ils ont pu revenir dans l’atmosphère terrestre en 1969 avec un code informatique tricoté main, nous pourrons résoudre le problème d’un commerce sans frictions à la frontière nord-irlandaise», a-t-il écrit dans sa sans doute dernière tribune avant un moment dans le quotidien Telegraph. La frontière sur l’île d’Irlande, entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande, membre de l’UE, constitue le principal point d’achoppement du processus de Brexit.

Pour Boris Johnson, pas question de reporter une nouvelle fois le Brexit, quitte à sortir sans accord (no deal) si l’UE refuse de rouvrir les négociations, comme elle l’a déjà fait savoir.

Cette perspective, redoutée par les milieux économiques, est loin de faire l’unanimité chez les conservateurs.

Dimanche, le ministre des Finances Philip Hammond a annoncé qu’il mettrait un point d’honneur à démissionner en cas de victoire de Boris Johnson, contre lequel il semble vouloir prendre la tête de la rébellion au parlement.

Le ministre de la Justice David Gauke lui a emboîté le pas, annonçant sa démission dimanche. Lundi matin, c’était au tour du secrétaire d’État aux Affaires européennes Alan Duncan de faire de même.

«Je crains fortement qu’il n’agisse au doigt mouillé», a-t-il déclaré lundi sur la BBC avant de prédire à M. Johnson «une grave crise gouvernementale».

Lundi soir, une centaine de manifestants brandissant des drapeaux bleus de l’Union européenne ou rouges du Parti communiste ont manifesté près de Downing Street criant «non à Boris!». Parmi eux, Elaine Hefferman, 51 ans, a dit craindre qu’une «personne tellement à l’extrême droite arrive au pouvoir».

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«El Chapo» fait appel de sa condamnation à perpétuité

NEW YORK — Le narcotrafiquant mexicain Joaquin Guzman, alias «El Chapo», a fait appel de sa condamnation à perpétuité dès le lendemain de la décision d’un juge fédéral de Brooklyn, selon un document versé au dossier lundi.

L’avocat Marc Fernich, spécialiste des procédures d’appel qui a pris le relais de Jeffrey Lichtman, a interjeté appel dès jeudi, quelques heures seulement après la condamnation à la perpétuité de Joaquin Guzman par le juge Brian Cogan. Cette peine est symboliquement assortie de 30 années de prison supplémentaires.

Aux États-Unis, la procédure d’appel ne donne pas lieu à un nouveau procès. Le juge désigné doit uniquement s’assurer que la procédure pénale a été respectée et la décision de première instance rendue dans le respect des textes.

Pour autant, la décision n’est pas attendue avant plusieurs mois.

Considéré comme le narcotrafiquant le plus puissant au monde, Joaquin Guzman a acheminé aux États-Unis au moins 1200 tonnes de cocaïne sur un quart de siècle. Malgré son arrestation, l’organisation continue d’acheminer la majorité de la drogue qui entre aux États-Unis.

Durant le procès, l’accusation a montré que le Mexicain avait ordonné l’assassinat ou mis lui-même à mort au moins 26 personnes, parfois après les avoir torturées. Il s’agissait d’informateurs, trafiquants issus d’organisations rivales, policiers, collaborateurs voire même des membres de sa propre famille.

Avant même l’enregistrement officiel de l’appel, El Chapo avait été transféré dans une prison de haute sécurité du Colorado, l’Administrative Maximum Facility, ou ADX, située à Florence, dans le sud de l’État.  

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Le droit à la plage des Cubains malmené par le tourisme

LA HAVANE — Tente de fortune pour s’abriter du soleil, nourriture et boissons : avec la chaleur de l’été, les Cubains déferlent sur les plages, dont l’accès pour tous est un droit garanti par la Constitution, mais compliqué par les difficultés de transport et la pression croissante du tourisme.

«Ici, il n’y a pas beaucoup de touristes qui viennent», dit Rey Gonzalez, 43 ans, venu en famille sur la plage de Guanabo, à l’est de La Havane.

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Le dégriffage des chats maintenant interdit dans l’État de New York [VIDÉO]

ALBANY — L’État de New York est devenu le premier des États-Unis à interdire le dégriffage des chats.

La mesure a été promulguée lundi par le gouverneur démocrate Andrew Cuomo, après son adoption par les législateurs au printemps.

Les défenseurs du bien-être des animaux et de nombreux vétérinaires affirment que cette opération autrefois très courante est inutile et cruelle. Elle consiste à trancher l’os pour amputer la troisième phalange des doigts du chat.

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Une sonde indienne en route vers la Lune [PHOTOS]

SRIHARIKOTA - L’Inde a lancé lundi sa mission lunaire destinée à poser un appareil sur le satellite naturel de la Terre, participant au regain d’intérêt international pour l’exploration et l’exploitation de la lune.

Une fusée GSLV-MkIII, le plus puissant lanceur de l’agence spatiale indienne ISRO, a décollé à 14H43 (09H13 GMT) du pas de tir de Sriharikota, dans le sud-est de l’Inde, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Au bout d’une vingtaine de minutes, les scientifiques de l’ISRO ont applaudi et se sont tombés dans les bras les uns des autres. «Je suis extrêmement heureux d’annoncer que le GSLV-MkIII a placé avec succès Chandrayaan-2 sur son orbite définie», a déclaré Kailasavadivoo Sivan, le président de l’ISRO.

«C’est le début d’un voyage historique pour l’Inde», a-t-il ajouté.

L’expédition inhabitée a pour but de poser autour du 6 septembre un atterrisseur et un robot mobile près du pôle sud de la Lune, à quelque 384 000 km de la Terre, ainsi que de placer une sonde en orbite lunaire.

Si la mission est couronnée de succès, l’Inde deviendrait la quatrième nation à réussir à poser un appareil sur le sol sélénite, après l’Union soviétique, les États-Unis et la Chine. Une sonde israélienne a raté son alunissage en avril et s’est écrasée.

«Le lancement de Chandrayaan-2 illustre la prouesse de nos scientifiques et la détermination de 1,3 milliard d’Indiens à atteindre de nouvelles frontières de la science», a tweeté le premier ministre indien Narendra Modi. L’Agence spatiale européenne et le département d’État américain ont également adressé leurs félicitations à l’ISRO.

«Aujourd’hui est un jour historique pour l’espace, la science et la technologie en Inde», a déclaré le chef de l’ISRO qui a salué les efforts déployés pour venir à bout d’une fuite qui a entraîné le report du lancement.

Chandrayaan-2 («Chariot lunaire» en hindi) devait initialement être lancée le 15 juillet, mais les responsables ont arrêté le compte à rebours 56 minutes et 24 secondes avant le décollage, à cause d’un «problème technique» que l’ISRO n’avait alors pas détaillé officiellement.

Selon la presse locale, il s’agissait d’une fuite dans une bouteille d’hélium du moteur cryogénique de l’étage supérieur de la fusée.

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Sueur, peur et danger sur les chantiers des JO de Tokyo [PHOTOS]

TOKYO - Le vacarme de marteaux et d’engins de chantier résonne sur les sites des Jeux olympiques de Tokyo, disséminés dans la mégapole. Les travaux ont bien avancé, vantent les organisateurs, au prix cependant de rudes conditions de travail rétorquent les syndicats.

Plus de la moitié sont déjà achevés. «Nous en sommes là où nous voulions être», a récemment souligné, très confiante, la gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, alors que les Jeux se tiendront du 24 juillet au 9 août 2020.

Loin de ce satisfecit, certains s’alarment d’une construction à marche forcée aux dangereuses conséquences.

Une organisation internationale, la BWI (Building and wood workers’ International), a mené l’enquête et publié un rapport en mai, intitulé «La face obscure des JO d’été de Tokyo».

«Les conclusions sont alarmantes», écrivent les auteurs qui ont rencontré 40 ouvriers oeuvrant à la construction du nouveau stade national et du village olympique.

La moitié des personnes consultées n’avaient ainsi pas de contrat de travail en bonne et due forme, ce qui n’est pas illégal au Japon, mais peu courant dans les pays industralisés.

La BWI, basée à Genève, s’inquiète aussi du rythme harassant souvent imposé, avec par exemple 28 jours de travail accumulés en un mois et des hommes sur le terrain sous extrême pression pour tenir les délais afin que tout soit prêt quand s’ouvriront les festivités le 24 juillet 2020.

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Fusillade meurtrière dans un quartier touristique d’Acapulco

ACAPULCO, Mexique - Des hommes armés ont tué cinq hommes et en ont blessé six autres dans un bar populaire d’Acapulco dimanche, le dernier acte en date d’une série d’incidents violents dans cette ville touristique de la côte du Pacifique qui connaît une période difficile.

Le bureau du procureur de l’État de Guerrero a déclaré que la fusillade avait eu lieu en matinée dans un débit de boisson appelé Mr Bar, sur la large avenue côtière de la ville, en face des grands hôtels en bord de plage.

Situé dans le secteur surnommé la «zone dorée» de la ville, le bar est fréquenté par les habitants et les touristes. Acapulco regorge de vacanciers estivaux et, il y a quelques jours, les autorités avaient lancé une opération de sécurité en vue de la saison touristique.

Les victimes seraient toutes des résidents d’Acapulco. Les médecins légistes ont récupéré 21 douilles de balles sur les lieux, qui ont été bouclées par des soldats et des policiers. Un suspect a été arrêté.

Les autorités ont interrogé des témoins afin de déterminer si la fusillade pouvait être le résultat d’une attaque ou d’un conflit entre clients.

L’État de Guerrero et Acapulco ont enregistré des taux élevés de violence et d’homicides. La ville balnéaire est en déclin parmi les touristes internationaux.

Sur sa page de conseils aux voyageurs se rendant au Mexique, Ottawa recommande d’ailleurs d’éviter tout voyage non essentiel dans l’État de Guerrero (y compris la ville d’Acapulco, mais à l’exclusion des villes d’Ixtapa, de Taxco et de Zihuatanejo), en raison du niveau élevé de violence qui y règne et de la présence du crime organisé.

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Après les États-Unis, la canicule menace l’Europe de l’Ouest

PARIS - L’Europe occidentale se préparait à subir cette semaine des températures caniculaires similaires à celles ayant frappé ces derniers jours le nord-est des États-Unis, un deuxième épisode de canicule après celui qu’elle a connu fin juin.

De la France à l’Allemagne en passant par le Benelux, les services météorologiques ont lancé l’alerte. Le mercure va s’envoler et les températures pourraient de nouveau tutoyer les 40 degrés Celsius mercredi ou jeudi, avant une accalmie en toute fin de semaine.

Personnes âgées ou fragiles et jeunes enfants ont été priés de s’hydrater régulièrement et de ne pas sortir lors des pics de chaleur.

En France, la canicule s’annonce plus brève qu’en juin, lorsque le record absolu de température avait été battu avec 46°C le 28 juin à Vérargues (sud). Cette fois, «nous n’attendons pas de pics de chaleur à 45/46°C» mais les régions de la moitié nord du pays seront «beaucoup plus concernées», a indiqué Météo-France.

Paris pourrait toutefois connaître un nouveau record de chaleur. «On prévoit 41 voire 42 degrés jeudi, avec une forte probabilité de battre le record de 40,4°C en 1947», a souligné François Jobard, prévisionniste chez Météo-France.

Des températures approchant les 40 degrés sont aussi attendues dans des métropoles du centre et du nord de l’Italie, notamment à Florence ou Ferrare, même si le pays ne devrait pas connaître de canicule à proprement parler.

«Jeudi, la très forte chaleur qu’on va vivre en France va déborder sur le Benelux, il est probable que pour la première fois ces trois pays atteignent ou dépassent les 40°C (les records absolus sont de 39,9°C au Luxembourg, 38,8°C en Belgique, 38,6°C aux Pays-Bas). On prévoit des pointes à 40 voire 41 au Benelux, ce qui serait exceptionnel», a expliqué François Jobard.

En Belgique, l’Institut royal météorologique (IRM) a émis un «avertissement chaleur» valable jusqu’à vendredi soir minuit. Jeudi, «la chaleur sera accablante dans la plupart des régions», indique l’IRM sur son site.

Possible record en Norvège

Quand la France et la Belgique commenceront à avoir un peu moins chaud vendredi, ce pourrait être au tour de la Norvège de transpirer.

«L’anticyclone va se déplacer vers la mer Baltique, on attend jusqu’à 36°C en Norvège dans les fjords, ce serait inédit», alors que le record absolu est aujourd’hui de 35,6°C pour la Norvège, a ajouté M. Jobard.

Cet été inhabituellement brûlant inquiète en Allemagne, où une température record de 38,6 degrés a été enregistrée fin juin dans le Brandebourg, du jamais vu depuis 70 ans.

Près de la moitié des Allemands (47%) se disent effrayés par ces vagues de chaleur contre 41% qui ne s’en inquiètent pas, selon une étude de l’institut de recherches Insa pour le journal Bild.

Les signes du dérèglement climatique se multiplient en 2019: le mois dernier a été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré dans le monde, notamment en raison de la canicule exceptionnelle en Europe, selon les données du service européen Copernicus sur le changement climatique.

Une canicule a aussi affecté une grande partie des États-Unis, avec des températures atteignant les 38°C à New York et Washington dimanche et six morts imputés à la chaleur, selon plusieurs médias.

Il y a une semaine, le mercure atteignait 21 degrés Celsius à Alert, endroit habité le plus au Nord de la planète, à moins de 900 km du pôle Nord, établissant un «record absolu» de chaleur pour cette station.

Hasard du calendrier, cette vague de chaleur coïncidera en France avec un débat sur le réchauffement climatique organisé mardi par un groupe de députés à l’Assemblée nationale, en présence de l’adolescente suédoise Greta Thunberg, à l’origine d’un grand mouvement de mobilisation des jeunes à travers la planète.

Cette nouvelle canicule risque d’aggraver la sécheresse qui pénalise lourdement le secteur agricole en France.

Le ministre français de l’Agriculture, Didier Guillaume, a ajouté neuf départements aux 24 auxquels l’Union européenne a exceptionnellement permis de «faucher les jachères, pour pouvoir nourrir leurs animaux, car il n’y a tout simplement plus d’herbe dans les pâturages pour les alimenter».

Il a aussi annoncé dimanche soir que le gouvernement allait demander le versement anticipé d’une partie des aides européennes aux agriculteurs, soit une avance de trésorerie d’un milliard d’euros.

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Pétrolier Stena Impero: Téhéran enquête, Londres conteste

TÉHÉRAN — L’Iran a prévenu dimanche que le sort du pétrolier battant pavillon britannique qu’il a arraisonné dépendrait de la bonne collaboration de l’équipage à l’enquête, alors que Londres a récusé la version iranienne de l’incident survenu deux jours auparavant dans le stratégique détroit d’Ormuz.

Soupçonnés de «non-respect du code maritime international», le Stena Impero et ses 23 membres d’équipage sont retenus au large du port de Bandar Abbas, dans le sud de l’Iran.

«L’enquête [...] dépend de la coopération des membres d’équipage du vaisseau et aussi de notre accès aux preuves nécessaires pour examiner l’affaire», a déclaré Allah-Morad Afifipour, directeur général de l’Autorité portuaire et maritime locale. Ils «sont en bonne santé», a-t-il ajouté.

À Riga, le ministère letton des Affaires étrangères a indiqué que les autorités iraniennes avaient rejeté les demandes de prise de contact avec un Letton présent à bord.

Version contestée

Propriété d’un armateur suédois, le pétrolier a été arraisonné vendredi par les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique iranienne.

Selon Téhéran, le navire est «entré en collision avec un bateau de pêche» et les autorités iraniennes ont ouvert une enquête sur les «causes» de l’accident.

Londres a récusé dimanche cette version, dans un courrier adressé à l’ONU.

L’Iran «prétend» que le pétrolier «est entré dans le détroit d’Ormuz par la sortie et qu’il ne répondait pas aux messages d’avertissement», écrit l’ambassadeur adjoint du Royaume-Uni à l’ONU, Jonathan Allen. «Il n’y a aucune preuve en ce sens et même si c’est arrivé, la localisation du Stena Impero dans les eaux territoriales d’Oman signifie que l’Iran n’avait pas le droit de l’intercepter».

Jugeant l’arraisonnement «inacceptable», Londres avait exhorté samedi l’Iran à libérer le pétrolier.

«Désamorcer la situation»

La première ministre britannique Theresa May présidera lundi matin une réunion interministérielle de crise consacrée à cette affaire, a annoncé Downing Street dimanche soir.

Quant au chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt, il s’est entretenu dimanche avec ses homologues français et allemand, avec qui il a convenu que «la sécurité du passage des navires dans le détroit d’Ormuz est une priorité absolue pour les pays européens, tout en évitant toute escalade possible dans la région», selon ses services. Il avait déjà annoncé plus tôt que l’exécutif informerait lundi le parlement des «mesures supplémentaires» que le Royaume-Uni compte prendre.

«Nous allons examiner une série d’options», a déclaré dimanche le secrétaire d’État à la Défense britannique Tobias Ellwood, sans plus de précisions.

Sur Twitter, l’ambassadeur d’Iran à Londres, Hamid Baeidinejad, a exhorté le gouvernement britannique «à maîtriser [les] forces politiques intérieures qui veulent une escalade des tensions». L’Iran, a-t-il ajouté, «est prêt pour différents scénarios».

La saisie du Stena Impero est survenue quelques heures après la décision de la Cour suprême de Gibraltar de prolonger de 30 jours la détention d’un pétrolier iranien, le Grace 1.

Ce dernier, soupçonné de vouloir livrer du brut à la Syrie — ce que Téhéran nie — en violation des sanctions européennes, a été arraisonné le 4 juillet par les autorités de Gibraltar, territoire britannique situé à l’extrême sud de l’Espagne.

Pour M. Hunt, les cas du Grace 1 et du Stena Impero sont très différents : «Le Grace 1 a été [saisi] légalement dans les eaux de Gibraltar», tandis que «le Stena Impero a été saisi dans les eaux omanaises en violation flagrante du droit international».

«Aucune honte»

Mardi, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, avait déclaré que l’Iran répondrait «au moment et à l’endroit opportuns» à la saisie du Grace 1, dénonçant un acte de «piraterie».

L’Allemagne, la France, l’UE, l’OTAN et Oman, qui partage le contrôle du détroit d’Ormuz avec l’Iran, ont sommé Téhéran de relâcher le Stena Impero.

L’Arabie Saoudite, grand rival régional de l’Iran, a jugé dimanche, par la voix de son ministre d’État aux Affaires étrangères Adel al-Jubeir, «totalement inacceptable» l’arraisonnement du pétrolier. «La communauté internationale doit prendre des mesures pour empêcher un tel comportement», a-t-il ajouté.

Zone sous tension

La région du Golfe et du détroit d’Ormuz, par où transite un tiers du pétrole acheminé par voie maritime sur la planète, se trouve au cœur des tensions, sur fond de bras de fer entre l’Iran et les États-Unis.

La fin de semaine a été marquée par une polémique à propos d’un drone «iranien» que les Américains disent avoir «détruit» dans le détroit. L’Iran a affirmé n’avoir perdu aucun drone.

Les tensions entre Téhéran et Washington se sont envenimées depuis le retrait unilatéral américain, en mai 2018, de l’accord international limitant le programme nucléaire iranien conclu en 2015.

Elles ont été exacerbées par des sabotages ou des attaques ayant visé depuis mai six navires dans la région du Golfe — imputés par les États-Unis à l’Iran qui a démenti —, mais également par la destruction le 20 juin par l’Iran d’un drone américain.

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Une femme aurait décapité sa mère avant de déposer la tête chez les voisins

SYDNEY — Une Australienne, inculpée dimanche pour meurtre, est soupçonnée d’avoir décapité sa mère en présence d’un enfant - une scène décrite comme «effroyable» par la police - avant de déposer la tête dans l’allée des voisins.

La police australienne a précisé, selon les médias locaux, que le corps de la victime âgée de 57 ans a été retrouvé samedi soir chez elle à Sydney, décrivant la scène comme «l’une des plus effroyables» auxquelles elle a pu assister.

Sa fille de 25 ans a été arrêtée dans le jardin devant la maison des voisins. Elle avait déposé la tête de sa mère dans l’allée conduisant à leur domicile, a indiqué le Daily Telegraph.

Selon la télévision australienne ABC, la jeune femme a comparu dimanche par liaison vidéo devant le Tribunal de Parramatta, déclarant qu’elle souhaitait une aide médicale.

La police a confirmé à l’AFP que la jeune femme avait été conduite à l’hôpital pour évaluation.

Selon ABC, elle n’a pas demandé à être libérée sous caution.

Un enfant de quatre ans, membre de la famille, assistait à la scène du crime et a été conduit à l’hôpital pour une blessure sans gravité à la tête avant de rejoindre les siens, a précisé la police.

Un soutien a été proposé aux policiers qui ont découvert la scène, selon le détective Brett McFadde.

«Les policiers sont formés pour répondre à tous types de situation, il n’en reste pas moins qu’il s’agissait là d’une agression horrible», a-t-il expliqué à la presse à Sydney.

«Il s’agissait là de l’une des scènes les plus fortes et effroyables que la police ait eu à traiter», a poursuivi Brett McFadde.

Monde

Élues issues de minorités: Trump repart à l’attaque

WASHINGTON — Donald Trump a persisté dimanche dans ses violentes attaques contre quatre élues démocrates du Congrès issues de minorités, alimentant une bataille verbale qu’il entretient depuis une semaine malgré les vives critiques qu’elle suscite, y compris dans le camp républicain.

«Je ne crois pas que les quatre élues du Congrès soient capables d’aimer notre pays», a déclaré le président américain dans un tweet matinal.

«Elles devraient présenter leurs excuses à l’Amérique (et Israël) pour les horribles (et haineuses) choses qu’elles ont dites», a-t-il ajouté. «Elles détruisent le parti démocrate, mais elles sont des personnes faibles et instables qui ne peuvent en aucun cas détruire notre grande Nation!»

Depuis une semaine, Donald Trump est sous le feu des critiques pour avoir appelé, à plusieurs reprises, ces femmes à «retourner» dans les pays d’où «elles viennent» — alors même que trois d’entre elles sont nées aux États-Unis.

Ces élues de la Chambre des représentants — Alexandria Ocasio-Cortez (New York), Ilhan Omar (Minnesota), Ayanna Pressley (Massachusetts) et Rashida Tlaib (Michigan) — ont dénoncé des attaques «ouvertement racistes».

Mardi, la chambre basse du Congrès, à majorité démocrate, a adopté une motion condamnant «fermement les commentaires racistes» du président, qui ont également attiré les réprobations de dirigeants étrangers comme la chancelière allemande Angela Merkel ou la première ministre britannique Theresa May.

Mais ces condamnations ne freinent pas le président américain, qui semble bien décidé à creuser les fractures de l’Amérique et à miser sur la mobilisation de sa base électorale — majoritairement blanche — pour être réélu lors de la présidentielle de 2020.

Mercredi, un rassemblement du milliardaire septuagénaire en Caroline du Nord avait provoqué un tollé : ses partisans galvanisés avaient scandé «Renvoyez-la! Renvoyez-la!» à l’encontre spécifiquement d’Ilhan Omar, fille de réfugiés somaliens devenue Américaine.

Donald Trump avait ensuite pris un peu de distance, sans vraiment convaincre. Il a répété samedi dans un tweet qu’il n’avait «rien fait» pour provoquer la séquence. «Je n’étais pas particulièrement content de ces chants», a-t-il écrit, tout en semblant excuser ses partisans : «juste une foule très grande et patriotique. Ils aiment les États-Unis!»

Après avoir marqué les élections de mi-mandat en novembre en devenant l’une des deux premières femmes de confession musulmane élues au Congrès américain — avec Rashida Tlaib —, Ilhan Omar a créé la controverse avec des commentaires sur Israël jugés antisémites par de nombreux élus.

Stratégie politique

La stratégie de Donald Trump est claire : pousser les démocrates à se rassembler autour des quatre élues très à gauche, surnommées «la Brigade», de manière à les présenter comme représentatives du parti dans son ensemble même si sa majorité est plus modérée.

Mais les propos du président américain dérangent jusque dans son propre camp, certains élus républicains lui ayant demandé dès le début de la semaine de les retirer.

Interrogé dimanche matin sur CNN à propos du dernier tweet présidentiel, le sénateur républicain Ron Johnson apparaissait plutôt mal à l’aise : «c’est son opinion, je ne suis pas d’accord avec cela», a-t-il dit, ajoutant ne pas avoir «aimé» les chants.

«Je trouve malheureux qu’une grande partie du débat public reste coincé dans un cadre racial», a-t-il déploré, invitant à se concentrer sur les sujets de fond.

Le président peut toutefois compter sur le soutien des ténors républicains du Congrès et sur la prudence générale des membres du «Grand Old Party», peu enclins à se désolidariser totalement de celui qui sera, sauf énorme surprise, leur candidat en 2020. Ils n’étaient que quatre à voter en faveur de la motion condamnant ses propos à la Chambre des représentants.

Stephen Miller, l’un des conseillers présidentiels les plus radicaux, notamment partisan d’une politique anti-immigration décomplexée, a défendu Donald Trump lors d’une interview sur Fox News dimanche matin.

«Je ne suis fondamentalement pas d’accord avec l’idée selon laquelle si vous critiquez quelqu’un et qu’il s’agit d’une personne d’une couleur de peau différente, cela en fait une critique raciste», a-t-il déclaré.

Monde

Records de chaleur battus aux États-Unis, au moins six morts

WASHINGTON — Plusieurs États américains ont battu des records de chaleur dimanche en raison d’un épisode caniculaire qui a fait transpirer 150 millions de personnes, des plaines du Midwest à la côte atlantique, mais un rafraîchissement est en vue lundi.

«La dangereuse vague de chaleur qui a enveloppé une grande partie du Midwest jusqu’à la côte atlantique ce week-end va enfin s’estomper lundi avec l’arrivée d’un front froid», a indiqué le service américain de la météo (National Weather Service).

Mais les Américains ne sont pas tirés d’affaire puisque la canicule va laisser place à de violents orages «avec de très importantes chutes de pluie» et des risques d’inondations.

Dans la journée de dimanche, différentes stations météo de la côte Est, du Massachusetts à la Caroline du Nord en passant par New York, Philadelphie ou Washington, ont rapporté des températures de 38 °C, avec des températures ressenties bien supérieures en raison du taux d’humidité.

Des records ont été battus samedi dans sept stations météo, à Manchester, dans le New Hampshire (nord-est), Atlantic City, dans le New Jersey (est), ou à l’aéroport JFK de New York.

Selon plusieurs médias, au moins six morts ont été imputés à la chaleur, dont trois en fin de semaine alors que les températures n’étaient pas encore à leur maximum.

Un ancien joueur de football américain de la NFL, Mitch Petrus, a succombé jeudi dans l’Arkansas à une attaque alors qu’il travaillait à l’extérieur du magasin familial, selon le médecin légiste du comté de Pulaski.

D’après la chaîne CBS, quatre personnes sont décédées dans le seul État du Maryland et une dans l’Arizona.

Quand les températures baisseront aux États-Unis, elles remonteront de l’autre côté de l’Atlantique, avec un nouvel épisode caniculaire prévu mardi sur une large partie du continent européen.

Les services météorologiques français ont ainsi prévu des températures frôlant les 40 °C dans le sud-ouest du pays, déjà frappé par la sécheresse.

Le mois dernier a été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré dans le monde, notamment en raison d’une première canicule exceptionnelle en Europe, selon les données du service européen Copernicus sur le changement climatique.

Autour du globe, 22 juillet 2019

Monde

Nouvelle manifestation monstre anti-Pékin dimanche à Hong Kong

HONG KONG — Une nouvelle manifestation monstre anti-Pékin a dégénéré en fin de journée dimanche à Hong Kong, la police tirant des balles en caoutchouc et faisant usage de gaz lacrymogène.

Plus tôt dans la journée, des protestataires avaient jeté des oeufs et inscrit des graffitis sur la façade du bureau de liaison du gouvernement chinois dans le territoire semi-autonome.

Les organisateurs ont fait état de 430 000 personnes ayant participé à la marche de ce dimanche.

Hong Kong est le théâtre depuis le 9 juin de gigantesques manifestations contre le gouvernement local pro-Pékin, marquées de façon sporadique par des affrontements violents entre des contestataires radicaux et la police.

Le mouvement est parti du rejet d’un projet de loi désormais suspendu visant à autoriser les extraditions vers la Chine.

La contestation s’est élargie à des exigences plus vastes concernant la préservation des acquis démocratiques et des libertés - en particulier d’expression et l’indépendance de la justice - dont cette ancienne colonie britannique revenue dans le giron chinois en 1997 jouit, théoriquement jusqu’en 2047, aux termes de l’accord de rétrocession.

Dimanche, pour le septième week-end d’affilée, les manifestants antigouvernementaux ont défilé dans les rues. Le parcours autorisé était plus court que d’habitude, mais les protestataires ont passé outre les consignes en allant jusqu’au bureau de liaison chinois, représentant le gouvernement de Pékin.

Des milliers de manifestants portant des masques ont investi la rue devant cet imposant immeuble, érigé des barricades, et pris pour cible le bâtiment : ils ont jeté des oeufs et d’autres projectiles, et inscrit des graffitis sur sa façade.

«Nous sommes ici pour dire que Pékin viole nos valeurs fondamentales et nos procédures judiciaires», a déclaré à l’AFP un manifestant de 19 ans, ne donnant que son prénom, «Tony».

Un homme portant un masque noir et un casque de vélo a ensuite lu une liste de revendications dans un mégaphone. «Il n’y a pas de protestataires violents ni d’émeutiers, il n’y a que la tyrannie. Nous protègerons notre patrie par tous les moyens», a-t-il dit. «Nous appelons le gouvernement à arrêter de mener Hong Kong vers la destruction».

«Depuis trop longtemps, notre gouvernement nous ment et nous trompe, et refuse de répondre aux demandes du peuple malgré les nombreuses manifestations massives», avait déclaré un groupe de protestataires en lisant un manifeste avant le défilé.

Démission réclamée

Le mouvement de contestation est notamment nourri par des disparitions de libraires dissidents, réapparus ensuite en détention en Chine continentale, la disqualification d’opposants et l’incarcération de leaders du mouvement pro-démocratie.

Les protestataires exigent la démission de la cheffe de l’exécutif local Carrie Lam, que Pékin soutient de tout son poids, le retrait pur et simple du texte sur les extraditions, une enquête indépendante sur les violences policières supposées et l’amnistie des personnes arrêtées. Ils appellent aussi à nouveau à l’élection au suffrage universel du chef de gouvernement.

Dans la soirée, la police anti-émeute a fait usage de gaz lacrymogène et tiré des balles en catoutchoux pour disperser des groupes de protestataires, ont constaté des reporters.

Par ailleurs, dans une gare du nord-ouest de la ville, dans le district de Yuen Long proche de la frontière chinoise, des hommes masqués vêtus de blanc et brandissant des bâtons ont chargé la foule, passant notamment à tabac une journaliste qui diffusait un live des événements.

Selon des informations parues cette semaine dans le quotidien South China Morning Post, Pékin semble décidé à renforcer son soutien à la cheffe de l’exécutif et à la police, plutôt qu’à tenter de répondre à la colère des manifestants.

Steve Vickers, ancien policier et spécialiste en sécurité, a estimé que la situation risquait d’»empirer» dans les prochaines semaines. «La polarisation au sein de la société hong-kongaise et les relations très acrimonieuses entre les contestataires et la police s’aggravent», juge-t-il.

Samedi, plusieurs dizaines de milliers de personnes s’étaient rassemblées à Hong Kong pour exprimer leur soutien à la police et au gouvernement pro-Pékin.

Samedi aussi, la police a annoncé avoir découvert un laboratoire clandestin de fabrication d’explosif TATP, mis la main sur des tracts pro-indépendance et arrêté un homme.

Monde

Pompeo affirme qu’Assange sera extradé vers les États-Unis

QUITO — La Grande-Bretagne va extrader vers les États-Unis le fondateur de WikiLeaks Julian Assange afin qu’il y soit jugé pour espionnage, selon des déclarations du secrétaire d’État américain Mike Pompeo publiées dimanche par le quotidien équatorien El Universo.

«Nous avons déjà fait la demande et donc il va être extradé vers les États-Unis, où il est poursuivi en justice», a dit M. Pompeo.

«Je ne peux faire de plus amples commentaires, mais mon gouvernement pense qu’il est important que cet homme qui a posé un risque pour le monde et a mis en danger des soldats américains soit sanctionné par la justice», a ajouté le secrétaire d’État, qui s’est entretenu samedi avec le président Lenin Moreno lors d’une visite en Équateur.

Il y a une semaine, le ministre d’État britannique pour l’Europe et les Amériques Alan Duncan avait assuré de son côté, lors d’un voyage en Équateur, que Julian Assange ne serait pas extradé vers un pays où il pourrait risquer la peine de mort.

Julian Assange est accusé d’espionnage par les États-Unis, qui ont requis son extradition. L’audience pour étudier cette demande aura lieu fin février 2020 au Royaume-Uni.

La justice fédérale américaine autorise la peine de mort pour les crimes passibles de la peine capitale, y compris l’espionnage, selon le site spécialisé Death Penalty Information Center.

Les États-Unis ont retenu 18 chefs d’inculpation contre Julian Assange, et le cumul des peines encourues pour toutes ces accusations se monte à quelque 175 ans de prison.

La majeure partie de ces accusations sont relatives à l’obtention et la diffusion d’informations classées par Wikileaks, qui avait en 2010 publié des centaines de milliers de documents militaires et diplomatiques.

Réfugié pendant près de sept ans à l’ambassade d’Équateur à Londres où il bénéficiait de l’asile politique, Julian Assange en a été extrait le 11 avril par la police britannique avec l’aval de ce pays sud-américain.

Il a été immédiatement placé en détention puis condamné à une peine de 50 semaines de prison le 1er mai pour violation des conditions de sa liberté provisoire.

Le gouvernement équatorien a affirmé avoir reçu des garanties écrites de Londres, au moment où il a retiré l’asile à l’Australien, que ce dernier ne serait pas extradé vers un pays où il pourrait subir des tortures ou la peine de mort.

Monde

Bosnie: obsèques de 86 victimes, 27 ans après un massacre

PRIJEDOR — Des centaines de personnes ont assisté samedi aux obsèques de 86 victimes d'un massacre commis au début de la guerre de Bosnie (1992-95) par les forces serbes contre des détenus bosniaques (musulmans) de Prijedor (nord-ouest).

Les restes de ces victimes, des hommes, dont plusieurs adolescents, ont été découverts en 2017 dans une fosse commune à Koricanske Stijene, une région montagneuse de Bosnie centrale.

Ces restes se trouvaient au fond d'un ravin et ils étaient couverts par une énorme quantité de pierres.

Ils faisaient partie d'un groupe de plus de 200 civils, notamment des Bosniaques, mais aussi plusieurs Croates (catholiques), qui avaient préalablement été détenus dans un camp à Trnopolje, dans la région de Prijedor.

Le 21 août 1992, ils avaient été emmenés, officiellement pour un échange de détenus. Mais lorsque le convoi est arrivé dans localité de Koricanske Stijene, ils ont été sortis des bus, alignés en haut d'un ravin et exécutés, selon plusieurs verdicts prononcés par la justice locale contre des membres des forces serbes de Bosnie.

Il s'agit de l'un des épisodes les plus macabres du conflit intercommunautaire bosnien qui avait fait près de 100 000 morts.

Medina Garibovic, 29 ans, qui vit aujourd'hui en Suisse, est venue assister à l'enterrement de son père Sefik, qui avait à l'époque 35 ans.

«On s'était séparés en mai 1992 à la gare ferroviaire de Trnopolje [un village de Prijedor]. Ma mère, ma soeur et moi, nous étions parties d'abord en Slovénie. Il devait nous rejoindre une semaine plus tard. Mais il a été amené dans le camp de Trnopolje et il n'est plus jamais rentré», raconte à l'AFP cette jeune femme.

Sefik Garibovic est monté à bord d'un bus qui l'a conduit à Koricanske Stijene. Tout comme Himzo Mrkalj, dont la plupart des restes ont aussi été trouvés lors des exhumations en 2017.

«Lors d'une première exhumation, on avait trouvé un os et deux dents de mon mari. Maintenant, on a trouvé plus de restes et nous avons décidé de l'enterrer», dit à l'AFP Nasima Mrkalj, 71 ans, l'épouse de Himzo.

«D'un côté, je suis contente, mais la douleur est plus grande que cette satisfaction», ajoute cette femme qui vit au Danemark.

À ce jour, 181 victimes du massacre de Koricanske Stijene ont été retrouvées et identifiées, dont 176 Bosniaques et cinq Croates, selon Mujo Begic, un responsable de l'Institut bosnien pour les personnes disparues.

Après la prise de contrôle de la région de Prijedor, en avril 1992, les forces serbes y ont tué quelque 3200 personnes, dont 250 femmes et une centaine d'enfants, selon des associations de victimes. Quelque 650 personnes sont toujours portées disparues.

Monde

Chine: 15 morts dans une énorme explosion dans une usine

PÉKIN — Une énorme explosion dans une usine de gazéification a fait 15 morts vendredi dans le centre de la Chine, ont annoncé les médias d'État samedi.

La déflagration a également blessé grièvement une quinzaine de personnes, tandis que d'autres souffrent de blessures plus mineures, selon le Quotidien du peuple.

Le sinistre s'est produit vers 17h45 (5h45, heure du Québec) dans un atelier de l'usine Henan Coal Gas (Group) située dans la localité de Yima, dans la ville de Sanmenxia, à environ 900 kilomètres au sud-ouest de Pékin, selon l'agence de presse Chine nouvelle.

Il a touché une unité de séparation de l'air de l'usine mais pas les zones des réservoirs de gaz, a précisé l'agence, citant une source auprès des autorités locales. L'usine est à l'arrêt.

L'explosion a fait voler en éclats les vitres et portes des immeubles dans un rayon de trois kilomètres, «et certaines portes situées à l'intérieur ont également été soufflées par l'explosion», a rapporté la télévision d'État CCTV sur son compte sur le réseau social Weibo.

CCTV a diffusé des vidéos montrant un énorme champignon de fumée gris, des vitres de bâtiments brisées, des débris jonchant le sol, des habitants paniqués et des médecins en blouse blanche auprès de blessés tenant des mouchoirs sur leur tête en sang.

Une usine de gazéification permet généralement de convertir des matières carbonées ou organiques en gaz, utilisables ensuite pour la production d'électricité, de piles à combustible ou encore d'énergie.

Une longue série

Des explosions accidentelles surviennent régulièrement dans le secteur industriel en Chine, où souvent les normes de sécurité ne sont pas strictement appliquées.

En mars, l'explosion d'une usine chimique à Yancheng, ville située à 260 kilomètres au nord de Shanghai, a causé la mort de 78 personnes et dévasté des habitations sur plusieurs kilomètres à la ronde. L'entreprise avait dans le passé été épinglée à plusieurs reprises pour des manquements à la réglementation en matière d'environnement.

Les autorités avaient arrêté plus d'une vingtaine de personnes après cette explosion du mois de mars et le gouvernement avait ordonné une inspection au plan national des usines chimiques.

En novembre 2018, une fuite de gaz dans une usine chimique a provoqué une explosion qui a fait 24 morts, à Zhangjiakou, une ville-hôte des prochains Jeux olympiques d'hiver 2022, située à environ 200 kilomètres au nord-ouest de Pékin.

Mais l'un des plus graves accidents industriels est celui survenu en 2015 à Tianjin (nord) : une gigantesque explosion dans un entrepôt de produits chimiques avait fait au moins 165 morts dans cette grande ville portuaire, à quelque 120 kilomètres de Pékin.

Le site industriel incriminé stockait quelque 700 tonnes de cyanure de sodium hautement toxique, parmi des milliers de tonnes d'autres composants chimiques dangereux.

L'ancien maire de la ville, qui avait dirigé le comité chargé de gérer la catastrophe, a été condamné en 2017 à 12 ans de prison pour corruption.

Monde

Attentat contre Hitler: l'Allemagne honore ses héros

BERLIN — L'Allemagne a rendu un hommage appuyé samedi aux auteurs de l'attentat manqué contre Hitler il y a 75 ans et à leur meneur controversé Claus von Stauffenberg, à un moment où l'extrême droite tente de s'approprier leur héritage.

«Il y a des moments où la désobéissance peut être un devoir», a jugé la chancelière Angela Merkel dans un discours lors d'une cérémonie à Berlin devant les jeunes recrues de l'Armée allemande.

L'opération «Walkyrie», coup d'État impliquant plusieurs milliers de militaires et civils, est l'acte le plus célèbre de résistance contre le régime hitlérien.

Le 20 juillet 1944, l'officier aristocrate von Stauffenberg dépose un explosif à retardement dissimulé dans sa sacoche lors d'une réunion au quartier général du Führer «la Tanière du loup», près de Rastenburg, aujourd'hui en Pologne.

La tentative d'assassinat échoue et le putsch est arrêté net. Hitler s'en sort avec de légères blessures. Le colonel, qui a participé à la campagne africaine du maréchal Rommel où il a perdu un oeil et une main, et trois autres conjurés sont fusillés le soir même.

«Malaise»

«Encore aujourd'hui, il subsiste de l'incompréhension et du malaise» vis à vis de l'attentat du 20 juillet, a reconnu la chancelière. Aussi car son auteur emblématique était un officier de l'armée, selon elle.

S'il fait souvent figure d'indéniable héros à l'étranger, comme dans un film hollywoodien avec Tom Cruise en 2008, le personnage continue de faire débat en Allemagne, où ses détracteurs lui reprochent une reconversion jugée tardive de sympathisant nazi en organisateur d'attentat.

Il fut aussi longtemps considéré comme un «traître» dans une société encore imprégnée par les années du nazisme, souligne par ailleurs Johannes Tuchel, directeur du Mémorial, dans une tribune au quotidien berlinois TAZ.

Dans la zone d'occupation soviétique à l'est, c'est plus son élitisme et sa «révolution de palais», selon l'expression du grand résistant Anton Ackermann, qui s'accordaient mal aux idéaux populaires communistes.

«Pour nous, Stauffenberg était un lâche, qui n'avait pas utilisé un pistolet mais un explosif avec minuteur pour s'en sortir indemne», se souvient Kurt Salterberg, un soldat présent le jour de l'attentat, dans un entretien au Frankfurter Allgemeine Zeitung. Mais à l'époque, «un simple soldat ne savait rien des atrocités des nazis», rappelle-t-il.

Il faudra attendre les années 1980 pour que la résistance au nazisme soit véritablement reconnue. L'attentat du 20 juillet ainsi que le destin des étudiants du groupe «La Rose blanche», décapités pour avoir distribué des tracts contre le régime, en sont devenus les emblèmes.

Monde

Deux ossuaires inspectés au Vatican pour tenter d'élucider le mystère Orlandi

CITÉ DU VATICAN — Un nouveau chapitre de l'énigme autour d'Emanuela Orlandi, fille d'un employé du Vatican disparue il y a 36 ans, s'est ouvert samedi dans la cité papale, avec l'inspection de deux ossuaires dans l'espoir d'y trouver des réponses.

Des ossements ont été extraits dans la matinée dans le sous-sol du Collège pontifical teutonique et leur analyse morphologique, qui a débuté sur place, «se poursuivra samedi 27 juillet», a indiqué le Saint-Siège dans un communiqué.

«On ne s'attendait pas à autant d'ossements. Des milliers d'os ont été retrouvés, donc nous imaginons qu'ils correspondent à des dizaines de personnes», a déclaré à la sortie du cimetière allemand du Vatican Giorgio Portera, généticien désigné par la famille Orlandi.

Il a précisé que les ossements étaient de différentes tailles et qu'ils appartiennent aussi bien à des sujets adultes qu'à des enfants.

«Ce sont des expériences très fortes parce qu'il pourrait y avoir les os de ma soeur. Mais on ne veut pas y penser tant que nous n'avons pas les résultats», a réagi de son côté Federica Orlandi, la soeur de la disparue.

Les opérations d'expertise sont conduites par le professeur Giovanni Arcudi (spécialiste en médecine légale désigné par le Vatican) et son équipe en présence d'un expert nommé par la famille Orlandi, «selon des protocoles reconnus au plan international», a précisé le Saint-Siège.

Les proches d'Emanuela Orlandi ne désespèrent pas de découvrir des indices qui les aideraient à comprendre ce qui est arrivé à l'adolescente de 15 ans, citoyenne du Vatican, qui n'a plus donné signe de vie depuis sa sortie d'un cours de musique à Rome le 22 juin 1983.

Les deux ossuaires ont été découverts à la suite de l'ouverture, le 11 juillet, des tombes de deux princesses inhumées au XIXe siècle dans le cimetière allemand du Vatican, dans l'espoir de trouver les restes d'Emanuela Orlandi.

L'été dernier, l'avocate des Orlandi avait reçu un mystérieux message anonyme avec les mots «Cherchez à l'endroit où pointe l'ange», accompagné du cliché d'une tombe avec un angle sculpté, semblant appartenir au cimetière teutonique.

Percer le mystère

La famille avait alors déposé une demande de vérification de la tombe et le Vatican a finalement ouvert les deux tombes jouxtant l'ange.

Mais elles étaient vides : pas de trace d'Emanuela Orlandi, ni même de la princesse Sophie von Hohenlohe (morte en 1836) et de Charlotte-Frédérique de Mecklembourg (morte en 1840), censées y être inhumées.

Les experts estiment que les restes des deux princesses auraient pu être transférés dans les ossuaires lors de travaux réalisés au Collège pontifical et au cimetière entre les années 1970 et 1980. Mais Emanuela Orlandi a disparu des années plus tard.

L'affaire Orlandi avait connu une énième péripétie fin octobre 2018 après la découverte de restes humains lors de travaux dans un bâtiment du parc de l'ambassade du Vatican à Rome.

La presse s'était emballée mais des examens scientifiques avaient conclu que les ossements, très anciens, n'étaient pas ceux d'Emanuela.

Parmi les initiatives prises en plus de 30 ans pour percer le mystère, la justice italienne avait fait ouvrir en 2012 dans une basilique romaine la tombe d'Enrico de Pedis, ancien chef de la bande de la Magliana, qui a terrorisé Rome dans les années 1970-1980. Elle ne contenait que la dépouille de l'homme, tué en 1990 dans un règlement de comptes.

La sépulture du «boss», soupçonné d'appartenir à la fois à la mafia, à la loge maçonnique P2 et à des secteurs de la finance du Vatican, avait été transférée dans la basilique, un privilège rare facilité par un prêtre qui l'avait connu en prison.

Une ex-maîtresse du malfrat avait affirmé qu'il avait enlevé Emanuela Orlandi et coulé son corps dans le béton.

Selon certaines thèses, l'adolescente a été enlevée par ce groupe criminel pour recouvrer un prêt auprès de l'ancien président américain de la banque du Vatican (IOR), Paul Marcinkus.

D'autres affirment qu'elle a été kidnappée pour arracher la libération de Mehmet Ali Agca, le Turc qui avait tenté d'assassiner le pape Jean Paul II en 1981. Mais rien de cela n'a jamais été prouvé.

Monde

Plus de 20 000 manifestants à Moscou pour réclamer des élections locales libres

MOSCOU — «La Russie sera libre!», «Honte!», «C'est notre ville!» : plus de 20 000 personnes, dont des figures de l'opposition russe, se sont rassemblées samedi dans le centre de Moscou pour réclamer des élections locales libres et équitables.

L'opposition avait appelé à cette manifestation après que les autorités russes ont invalidé l'enregistrement d'une soixantaine de candidats à l'élection du Parlement de la ville de Moscou, un scrutin prévu en septembre.

«C'est de toute évidence le plus grand rassemblement d'opposition de ces dernières années», a affirmé sur Twitter l'opposant au Kremlin et blogueur anticorruption Alexeï Navalny, présent sur place avec ses alliés, indiquant n'avoir pas participé à un événement de cette taille depuis 2012. À l'époque, une vague de protestation contre le retour de Vladimir Poutine à la présidence avait rassemblé jusqu'à 100 000 personnes.

Selon l'ONG White Counter, spécialisée dans le comptage des manifestants, au moins 22 500 personnes se sont réunies lors de ce rassemblement autorisé de près de deux heures, tandis que la police a évoqué le chiffre de 12 000 personnes.

«La Russie sera libre!» scandaient les protestataires encadrés par la police sur la large avenue Sakharov, certains brandissant des affiches «Poutine ment!» et «J'ai le droit de voter», ainsi que des drapeaux russes.

Lors d'un discours devant la foule, M. Navalny, 43 ans, a appelé les autorités à enregistrer tous les candidats avant samedi prochain. Dans le cas contraire, il a promis une nouvelle manifestation d'ampleur devant la mairie.

L'avocate Lioubov Sobol, 31 ans, exclue du scrutin et proche de Navalny, s'est dite persuadée d'une victoire. «Nous n'abandonnerons pas!» a-t-elle lancé. Egalement écarté du scrutin, l'opposant Ilia Iachine a indiqué à l'AFP qu'il manifestait pour «l'avenir de la Russie» : «J'ai vécu la moitié de ma vie sous Poutine, j'en ai assez».

«Nous sommes mécontents du non-respect des lois», a dénoncé par sa part Alexander Polovinkine, un étudiant de 21 ans.

Opposition exclue

Au terme d'une procédure de vérification, la Commission électorale de Moscou a exclu mercredi du scrutin 57 candidats, dont la quasi-totalité des opposants indépendants, pour des vices de forme ou des irrégularités que ces derniers dénoncent comme fabriqués de toutes pièces.

Lors d'élections régionales et locales, les Moscovites sont appelés aux urnes le 8 septembre pour renouveler le mandat de cinq ans des 45 députés du Parlement local, chargé de valider les décisions du maire Sergueï Sobianine, loyal au pouvoir.

Selon la loi, les candidats indépendants étaient censés rassembler les signatures d'au moins 3% de leurs électeurs potentiels dans chacun des 45 districts de Moscou, soit entre environ 4500 et 5000 personnes, pour avoir le droit de concourir.

Mais des candidats d'opposition parvenus à remplir ces exigences se sont indignés depuis une semaine contre une procédure de vérification opaque qui les a disqualifiés et avantage selon eux les candidats pro-pouvoir.

Privée de participation à des scrutins plus importants comme la présidentielle, l'opposition s'est fortement mobilisée pour ces élections à Moscou, espérant obtenir ainsi son mot à dire dans la gestion du budget faramineux de la capitale russe, évalué à 2700 milliards de roubles (environ 56 milliards $CAN).

Dans un contexte de baisse des revenus et de stagnation économique, l'opposition entend aussi miser sur le mécontentement grandissant des Russes.

Ces derniers mois, plusieurs candidats du pouvoir ont été désavoués lors d'élections régionales au profit des communistes et nationalistes, tandis que le parti au pouvoir, Russie Unie, enregistre ses plus faibles scores depuis une dizaine d'années.

Monde

L'escargot, une calamité devenue poule aux oeufs d'or en Thaïlande

NAKHON NAYOK — Autrefois hantise des riziculteurs thaïlandais, des escargots géants sont désormais dorlotés pour leur précieuse bave, prisée par l'industrie cosmétique, notamment en Corée du Sud et aux États-Unis.

«Ce sont des fermiers qui me vendent les escargots. Avant ils trouvaient ces escargots qui détruisaient leurs récoltes et les jetaient sur la route ou dans des rivières», explique Phatinisiri Thangkeaw, enseignante reconvertie en éleveuse d'escargots pour arrondir ses fins de mois, de l'ordre de 10 000 à 20 000 bahts par mois (424 à 847 $CAN).

«Mais maintenant ils les vendent», ajoute-t-elle, après avoir donné du potiron et des concombres de son jardin à son millier d'escargots, entre deux grosses averses de mousson.

Située à deux heures de Bangkok, la province de Nakhon Nayok où elle habite est très rurale. Au total, ce sont plus de 80 fermiers qui y ont monté de petits enclos à escargots, à l'orée de leurs champs ou plantations.

Ils vendent chaque mois à une entreprise de cosmétiques thaïlandaise plusieurs litres de bave d'escargots, patiemment récoltée lors d'un processus de «traite» consistant à stimuler les glandes de l'escargot en lui faisant couler de l'eau dessus, à l'aide d'une pipette. La bave est ensuite purifiée dans un laboratoire d'Etat et commercialisée.

Monde

Les États-Unis fêtent les premiers pas de l'humanité sur la Lune

CAP CANAVERAL — Une nation rêveuse a célébré samedi le 50e anniversaire du «bond géant pour l'humanité», la fameuse phrase prononcée par Neil Armstrong au moment de marcher sur la Lune.

Au Centre spatial Kennedy de la NASA, l'astronaute Buzz Aldrin a montré au vice-président américain Mike Pence la rampe de lancement qui l'avait propulsé vers la Lune en 1969. Au même moment, à plusieurs milliers de kilomètres de là, un astronaute américain et ses confrères italien et russe ont décollé à bord d'une fusée russe pour se rendre à la Station spatiale internationale.

À Wapakoneta, dans l'Ohio, la ville natale de Neil Armstrong, près de 2000 personnes ont participé à «Course vers la Lune».

«Apollo 11 est le seul événement du XXe siècle à avoir la chance d'être largement reconnu au XXXe siècle», a déclaré M. Pence.

Au Musée du vol de Seattle, Gilda Warden, assise sur un banc, a admiré le module de commande d'Apollo 11. «C'est comme entrer dans la chapelle Sixtine et regarder le plafond. On veut rester là et le saisir», a dit cette infirmière psychiatrique de Tacoma, dans l'État de Washington.

Ce 20 juillet 1969, Armstrong et Aldrin se sont désamarrés du module de commandement et ont amorcé leur descente vers la lune à bord du module Eagle. Ils se sont posés sur la mer de la Tranquillité. Armstrong a été le premier humain à marcher sur la surface lunaire, proclamant : «C'est un petit pas pour [un] homme, c'est un bond de géant pour l'humanité».

Au cours de son discours prononcé devant le centre Kennedy, M. Pence a rendu hommage à Armstrong, à Aldrin et au pilote du monde de commande, Michael Collins. «S'ils ne sont pas des héros, alors il n'y a pas de héros», a-t-il dit. Il a aussi salué les 400 000 Américains qui ont travaillé sans relâche pour ce voyage lunaire.

Âgé de 89 ans, M. Aldrin a saisi la main droite du fils aîné de Neil Armstrong, Rick, lorsque le vice-président a mentionné le nom de ces héros. Il s'est ensuite levé et a salué la foule qui l'ovationnait. Neil Armstrong est mort en 2012. Quant à Michael Collins, aujourd'hui âgé de 88 ans, il n'était pas présent lors de la cérémonie. Harrison Schmitt, de la mission Apollo 17, l'avant-dernier homme à avoir marché sur la Lune en 1972, était là.

Retour sur la Lune

M Pence a aussi rappelé l'objectif du gouvernement Trump d'envoyer de nouveaux astronautes américains sur la Lune d'ici cinq ans, et sur Mars. Il a prédit que la nouvelle génération d'explorateurs de l'espace restera pendant des semaines, voire des mois, sur la surface lunaire, par seulement des jours et des heures comme les 12 qui y sont déjà allés.

D'autres commémorations se sont déroulées aux États-Unis, notamment dans une ville nommée Apollo, située dans le comté d'Armstrong, non loin de la ville de Mars et du canton de Moon, en Pennsylvanie. La société historique de la municipalité a décidé de relancer la célébration annuelle en l'honneur du jubilé d'or du voyage sur la lune. Tous les astronautes du programma Apollo ont été nommés citoyens d'honneur de la ville.

Au Yankee Stadium de New York, l'ancien astronaute de la navette spatiale Mike Massimino a effectué le lancer protocolaire à l'ancien artilleur des majeures Jack Aker, qui était au monticule lorsque la rencontre entre les Yankees et Senators de Washington (aujourd'hui les Rangers du Texas) a été interrompue pour annoncer l'alunissage d'Eagle. «[Armstrong et Aldrin] étaient A1, numéro 1, plus importants que les ligues majeures», a dit Aker.

«Je partage ce sentiment», a réitéré M. Massimino.

Monde

Londres exhorte Téhéran à «libérer» le pétrolier battant pavillon britannique

LONDRES — Le Royaume-Uni a exhorté samedi l'Iran à apaiser les tensions dans le Golfe en libérant le pétrolier battant pavillon britannique arraisonné dans le détroit d'Ormuz, une opération jugée «inacceptable» par Londres et qui suscite la crainte d'une nouvelle escalade.

Le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt a annoncé que l'exécutif informerait lundi le Parlement des «mesures supplémentaires» que le Royaume-Uni compte prendre, mais que la «priorité» restait de «trouver un moyen de désamorcer la situation».

Mais «nous avons aussi besoin de voir un processus» d'apaisement côté iranien, a-t-il dit. «Nous avons besoin que ce navire soit libéré.»

Arraisonné vendredi pour «non respect du code maritime international» par les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, le tanker Stena Impero, dont le propriétaire est suédois, a été emmené au port de Bandar Abbas (sud de l'Iran), selon les autorités portuaires locales.

Cette saisie est survenue quelques heures après la décision de la Cour suprême de Gibraltar (extrême sud de l'Espagne) de prolonger de 30 jours la détention d'un pétrolier iranien, le Grace 1, arraisonné le 4 juillet par les autorités de ce territoire britannique, et soupçonné de vouloir livrer du brut à la Syrie en violation des sanctions européennes contre Damas. L'Iran a nié cette accusation et dit qu'il riposterait à cet acte de «piraterie».

Pour Jeremy Hunt, la saisie du Stena Impero est une mesure de représailles à celle du Grace 1.

«C'est oeil pour oeil, dent pour dent», a-t-il déclaré, assurant que les situations des deux pétroliers n'avaient rien à voir. «Le Grace 1 a été [saisi] légalement dans les eaux de Gibraltar [...] en violation des sanctions de l'UE. [...] Le Stena Impero a été saisi dans les eaux omanaises en violation flagrante du droit international».

Descente en rappel

Les Gardiens de la Révolution ont diffusé une vidéo censée montrer l'arraisonnement du Stena Impero : sur ces images, le navire est cerné par plusieurs vedettes, tandis que des hommes en tenue militaire, encagoulés, descendent en rappel sur le pétrolier.

«Notre action dans le Golfe persique consiste à faire respecter le droit maritime international», a affirmé sur Twitter le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, pour défendre l'arraisonnement du tanker.

«La Grande-Bretagne doit cesser d'être un auxiliaire du terrorisme économique des États-Unis», a ajouté M. Zarif, en allusion aux sanctions économiques rétablies par Washington après son retrait unilatéral de l'accord nucléaire en 2018.

Samedi, le chargé d'affaires iranien à Londres a été convoqué par le gouvernement britannique, qui a par ailleurs recommandé aux navires britanniques de rester «en dehors de la zone» du détroit d'Ormuz pour une «période provisoire».

L'Allemagne, la France, l'UE et l'Otan ont sommé l'Iran de relâcher le Stena Impero. «Une nouvelle escalade serait très dangereuse pour la région», a averti Berlin, après que les États-Unis ont dénoncé une «surenchère de la violence» de l'Iran. L'Otan «soutient tous les efforts diplomatiques pour résoudre cette situation».

Selon Allah-Morad Afifipoor, directeur général de l'Autorité portuaire et maritime de la province de Hormozgan où se trouve le navire, cité par l'agence Fars, le Stena Impero est «entré en collision avec un bateau de pêche» qui a «contacté le pétrolier mais n'a pas reçu de réponse».

Le bateau de pêche a alors informé l'Autorité portuaire de Hormozgan, qui a ouvert une enquête sur les «causes» de l'accident conformément «au droit international».

Le responsable iranien, cité ensuite par l'agence ILNA, a indiqué qu'une «autre raison» pour la saisie du pétrolier est qu'«il a continué sa route pendant un moment avec son transpondeur éteint».

Les 23 membres d'équipage sont tous à bord, a-t-il précisé. 18, dont le capitaine, sont de nationalité indienne et cinq autres de nationalité philippine, lettone ou russe.

Stena Bulk, le propriétaire suédois du pétrolier, a indiqué avoir reçu des informations émanant de sources portuaires locales, selon lesquelles l'équipage serait en «bonne santé».

Risque d'embrasement

La région du Golfe et du détroit d'Ormuz, par où transite un tiers du pétrole acheminé par voie maritime sur la planète, se trouve au coeur des tensions, sur fond de bras de fer entre l'Iran et les États-Unis.

La fin de semaine a été marquée par une polémique à propos d'un drone «iranien» que les Américains disent avoir abattu dans le détroit. Mais l'Iran a démenti, affirmant n'avoir perdu aucun drone.

Les tensions entre Téhéran et Washington se sont envenimées depuis le retrait américain de l'accord nucléaire de 2015. Elles ont été exacerbées par des sabotages ou des attaques qui ont visé depuis mai six navires dans la région du Golfe et ont été imputés par les États-Unis à l'Iran qui a démenti. Et elles ont atteint un pic le 20 juin avec la destruction par l'Iran d'un drone américain.

Au milieu de ces tensions faisant craindre un embrasement, l'Arabie Saoudite, allié des États-Unis et principal rival régional de l'Iran, a annoncé que pour la première fois depuis 2003 des forces américaines seraient déployées sur son sol.

Cela «aura un effet dissuasif supplémentaire et renforcera notre capacité [...] dans la région», a indiqué le commandement central des forces américaines.

Monde

Piratage des données: Equifax proche d'un accord

NEW YORK — L’agence de crédit américaine Equifax est proche d’un accord avec les autorités pour solder des enquêtes concernant le vol de données personnelles de près de 150 millions de clients aux États-Unis et dans le monde en 2017, rapporte vendredi le Wall Street Journal.

Ce compromis devrait comprendre une amende de 700 millions $ et pourrait être annoncé lundi, croit savoir le quotidien des milieux d’affaires américains, citant des sources anonymes.

Le montant pourrait toutefois encore évoluer, en fonction du nombre de plaignants s’étant joints à une action judiciaire en nom collectif (class action) contre le groupe, prévient le WSJ.

Cet accord, noué avec des États et deux agences fédérales responsables de la protection des consommateurs, devrait en effet mettre aussi fin à ce recours.

Les régulateurs devraient également demander à Equifax de renforcer ses procédures de contrôle, sa gestion des risques, ainsi que ses systèmes de sécurité.

Ce qui devrait coûter un peu plus de 1,25 milliard $ à l’entreprise, avance le Wall Street Journal.

Intrusion

Equifax, qui récolte et analyse les données personnelles de clients sollicitant un crédit, avait révélé début septembre 2017 une intrusion de mi-mai à fin juillet dans ses bases de données.

Les informations personnelles (noms, numéros de sécurité sociale, dates de naissance...) de plus de 147 millions de clients américains avaient été dérobés, avait révélé à l’époque l’entreprise. Le piratage avait également touché des clients au Canada et au Royaume-Uni.

Outre le piratage lui-même, une enquête avait été ouverte sur la vente d’actions par certains cadres dirigeants dans les jours ayant suivi la découverte de l’attaque.

Un dirigeant d’Equifax, Jun Ying, qui était directeur informatique d’une des branches d’activité du groupe aux États-Unis, avait été inculpé en mars 2018 de délit d’initié pour avoir exercé ses stock-options et liquidé ses titres bien avant l’annonce publique du piratage informatique, a annoncé la SEC, le gendarme de la Bourse.

Le précédent pdg du groupe, Richard Smith, avait démissionné et a été depuis remplacé par Mark Begor. 

Monde

Regain de tension dans le Golfe

TÉHÉRAN — L’Iran a annoncé vendredi avoir «confisqué» un pétrolier battant pavillon britannique dans le détroit d’Ormuz, après 24 heures de polémique avec Washington à propos d’un drone «iranien» que les Américains disent avoir abattu.

Londres s’est dit «extrêmement préoccupé» par «la saisie inacceptable» de «deux navires» par l’Iran. Il s’agit d’un bâtiment britannique et d’un autre battant pavillon libérien, a précisé le ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt. L’Iran n’a parlé que de la saisie d’un seul navire, le Stena Impero.

Le propriétaire britannique du deuxième pétrolier arraisonné, le Mesdar, a annoncé que ce navire avait été relâché et que tous les membres de l’équipage étaient sains et saufs.

Par le détroit d’Ormuz transite le tiers du pétrole acheminé par voie maritime sur la planète. Les États-Unis ont dénoncé une «surenchère de la violence» et l’Arabie Saoudite a annoncé que pour la première fois depuis 2003 et la fin de la guerre contre l’Irak, des forces américaines allaient prendre position sur son sol.

«Le roi Salman [...] a donné son accord pour accueillir des forces américaines afin d’accroître le niveau mutuel de coopération pour défendre la sécurité de la région et sa stabilité, et garantir la paix», a indiqué un porte-parole du ministère saoudien de la Défense, cité par l’agence de presse officielle SPA.

Cela «aura un effet dissuasif supplémentaire et renforcera notre capacité à défendre nos troupes et nos intérêts dans la région face à des menaces émergentes et crédibles», a indiqué dans un communiqué le commandement central des forces américaines.

La promesse du guide

Le Stena Impero a été arraisonné vendredi par la force navale des Gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique, pour «non respect du code maritime international», selon un communiqué officiel iranien.

L’annonce de cette saisie est survenue quelques heures après la décision de la Cour suprême de Gibraltar de prolonger pour 30 jours l’immobilisation d’un pétrolier iranien, le Grace 1.

Le navire avait été arraisonné le 4 juillet par les autorités de Gibraltar, territoire britannique situé à l’extrême sud de l’Espagne, qui le soupçonnaient de livrer du brut à la Syrie en violation des sanctions de l’Union européenne contre Damas.

Téhéran nie cette accusation et dénonce un acte de «piraterie».

Mardi, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, avait déclaré que l’Iran répondrait «au moment et à l’endroit opportuns» à cet acte de «malveillance».

Sur son canal Telegram, l’agence semi-officielle Isna a publié une vidéo des propos de M. Khamenei avec ce commentaire : «La promesse du guide de la Révolution s’est réalisée aujourd’hui».

«Surenchère de la violence»

À Washington, Garett Marquis, porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, a dénoncé une «surenchère de la violence du régime iranien».

Le président américain Donald Trump avait rejeté plus tôt les dénégations de Téhéran sur la destruction d’un drone iranien au dessus du détroit d’Ormuz, assurant n’avoir «aucun doute» sur le fait que le porte-hélicoptères USS Boxer avait abattu jeudi un appareil sans pilote iranien dans le détroit d’Ormuz.

Un responsable américain a indiqué sous couvert de l’anonymat que les États-Unis disposaient de «preuves claires» de la destruction du drone iranien.

La neutralisation du drone sans usage de missile, par le biais de brouilleurs puissants capables de rendre un appareil incontrôlable par exemple, pourrait expliquer l’absence de vidéo américaine, explique-t-on au Pentagone.

Le général de brigade et porte-parole des forces armées iraniennes Abdolfazl Shékarchi a qualifié d’«allégations délirantes et sans fondement» les affirmations américaines.

«Coup de poing»

La région du Golfe et du détroit d’Ormuz se trouve depuis plus de deux mois au cœur de vives tensions géopolitiques, sur fond de bras de fer entre l’Iran et les États-Unis, qui y ont renforcé leur déploiement militaire.

«Ce qu’il se passe cette semaine avec l’Iran n’a rien de surprenant», a tweeté vendredi Suzanne Maloney, du centre de réflexion Brookings. «C’est exactement la façon dont négocie l’Iran : le charme onctueux de [Mohammad Javad] Zarif [le ministre iranien des Affaires étrangères] en même temps qu’un coup de poing en pleine tête des Gardiens de la révolution».

Ce sont, selon l’experte, «les deux revers d’une même médaille».

Washington a accusé l’Iran d’une série d’actes de sabotage ou d’attaques ayant visé depuis mai six navires de part et d’autre du détroit d’Ormuz, dans le Golfe ou en mer d’Oman. Ce que Téhéran nie.

La tension entre les deux pays avait atteint un pic le 20 juin lorsque l’Iran avait abattu un drone américain qui, selon Téhéran, avait violé son espace aérien. M. Trump avait alors affirmé avoir annulé à la dernière minute des frappes de représailles le lendemain.

Monde

À 82 ans, Sue Finley vise toujours les étoiles

WASHINGTON — Lorsque Sue Finley s’est fait embaucher par le Jet Propulsion Laboratory près de Los Angeles, dans les années 1950, elle s’est retrouvée dans un service 100 % féminin.

«La femme qui en était à la tête [...] pensait que des hommes ne lui obéiraient pas, et elle n’embauchait donc que des femmes», raconte à l’AFP Sue Finley, aujourd’hui âgée de 82 ans, et plus ancienne salariée femme de la NASA.

L’histoire de Sue Finley illustre le parcours de tant de femmes de son époque. Sa contribution aux grands programmes spatiaux des États-Unis, ainsi que celle des femmes alors appelées «ordinateurs humains», est longtemps restée dans l’ombre, bien qu’essentielle : c’est grâce à ces femmes surdouées des mathématiques que Neil Armstrong et Buzz Aldrin ont pu marcher sur la Lune, il y a 50 ans. Leurs calculs ont permis de construire les fusées, de concevoir les carburants et de développer les antennes reliant les astronautes à la Terre.

Sue Finley a toujours aimé les chiffres. Au lycée, elle enchaînait les «A» et a gagné une compétition consistant à résoudre des équations de chimie dans sa tête.

Sa première orientation fut l’architecture, ce qui échoua, faute de qualités artistiques, dit-elle.

Alors elle a posé sa candidature pour devenir secrétaire dans une entreprise aérospatiale. Mais elle tapait mal à la machine et a raté le test d’embauche. «Ils m’ont demandé : “Vous aimez les chiffres?” J’ai répondu : “Oh, je préfère largement les chiffres aux lettres”», raconte-t-elle en riant. Ainsi commença sa carrière d’«ordinateur humain».

Le travail consistait à faire des calculs à la main et sur des machines électromécaniques appelées «Fridens».

C’est après avoir rencontré son mari, Peter Finley, qu’elle a eu l’idée de postuler au Jet Propulsion Laboratory, fondé par l’université Caltech, et qui est aujourd’hui le centre principal de la NASA pour l’exploration du système solaire.

Une autre raison de la préférence féminine du service, explique-t-elle aussi, est que «les femmes coûtent moins cher. C’est toujours le cas».

Une matheuse

Mais le travail était prestigieux et les femmes étaient respectées des hommes, se souvient Sue.

L’époque, pourtant, l’a rattrapée quand elle a voulu élever ses deux garçons, après le décès du premier fils du couple à la naissance. Elle a arrêté de travailler de 1963 à 1969 pour rester avec eux... avant de se rendre compte que la vie de mère au foyer la plongeait dans la dépression.

«J’étais complètement nulle comme femme au foyer», dit Sue. «Le psychologue m’a dit qu’il fallait vraiment que je retourne au travail».

La décision n’était pas banale. «Quand je suis retournée travailler comme mère et comme épouse, j’étais vraiment une pionnière de la libération des femmes».

L’un de ses plus grands faits d’armes, selon Nathalia Holt dans le livre Rise of the Rocket Girls, est d’avoir imaginé une solution de sauvetage pour la sonde Galileo, frappée en octobre 1989 par une grave anomalie.

L’une des antennes de la sonde ne s’était pas ouverte au moment de quitter l’orbite terrestre.

Sue Finley a alors fait partie de l’équipe qui a écrit un programme permettant de doper la capacité du réseau terrestre d’antennes de la Nasa afin qu’elles puissent écouter les faibles signaux envoyés par les autres antennes de Galileo.

Le programme a marché... permettant à Galileo d’envoyer sur Terre les images spectaculaires d’une comète en désintégration, ou encore la découverte d’une lune en orbite autour d’un astéroïde.

En 2019, l’ingénieure octogénaire a largement gagné sa retraite, mais n’a aucune intention d’en profiter, tant que la NASA a besoin d’elle.