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Monde

Second cas de virus chinois aux Etats-Unis

WASHINGTON — Une femme sexagénaire revenue de Wuhan le 13 janvier et habitant Chicago a été infectée par le nouveau coronavirus chinois, ont confirmé vendredi les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), le second cas aux États-Unis.

Hospitalisée principalement dans le but d’empêcher des contaminations, «elle se porte bien cliniquement» a dit Allison Arwady, responsable de santé publique à Chicago, dans une conférence téléphonique avec la presse. Elle n’a pas pris les transports en commun et a eu très peu de contacts depuis son retour de Chine, a-t-elle dit.

«Tout est très rassurant en termes de risque d’infection pour le grand public», a-t-elle dit.

Nancy Messonnier, responsable des CDC pour les maladies respiratoires, a indiqué qu’en tout 50 patients faisaient en ce moment l’objet d’analyses pour confirmer si leurs symptômes étaient dus au virus, baptisé 2019-nCoV. Ces tests à partir d’un échantillon sanguin sont réalisés à Atlanta au siège des CDC, mais seront prochainement décentralisés.

Onze autres personnes ont reçu un résultat négatif, et deux cas ont donc été confirmés, d’abord dans l’Etat de Washington, puis à Chicago. L’homme de l’État de Washington va bien et aucune des personnes de son entourage n’a de symptômes, selon Nancy Messonnier.

En tout, ces 63 personnes sont réparties dans 22 États.

«Bien qu’il reste de nombreuses inconnues, les CDC estiment que le risque immédiat pour les Américains reste faible à ce jour», a martelé Nancy Messonnier.

Elle a également indiqué que la période d’incubation du virus était apparemment d’environ deux semaines, et que les personnes infectées ne semblaient pas être contagieuses avant l’apparition des symptômes.

Une attention particulière doit être portée aux personnes ayant quitté Wuhan avant l’instauration cette semaine par les autorités chinoises de mesures de confinement, dont la suspension des liaisons aériennes, a dit Martin Cetron, responsable des quarantaines aux CDC.

Selon lui, 2000 personnes débarquant de 200 vols ont fait l’objet de contrôles à l’arrivée dans les cinq aéroports américains surveillés par les CDC depuis vendredi dernier, mais aucun n’a testé positif au virus.

Les autorités américaines réfléchissent toutefois à «changer leur approche» de contrôles, puisque les voyageurs arrivant sans fièvre ni symptômes peuvent quand même avoir été infectés, a expliqué Martin Cetron.

Monde

Au moins deux morts dans l'explosion d'un entrepôt à Houston

HOUSTON — Une puissante explosion dans un entrepôt industriel de la ville texane de Houston, tôt vendredi matin, a causé la mort d’au moins deux personnes et fait d’importants dégâts.

«Nous avons […] au moins deux morts confirmés», a déclaré à la presse le chef de la police de Houston, Art Acevedo.

«La police de Houston a ouvert une enquête pénale», a-t-il précisé, tout en invitant les passants à éviter la zone.

L’explosion, qui «a été sentie à bonne distance» selon le chef de la police, s’est produite vers 4h15 (5h15 heure du Québec) dans un entrepôt du nord-ouest de la ville, provoquant d’importants nuages de fumée et de nombreux dégâts.

Sur des images filmées depuis les airs et retransmises par les télévisions américaines, on pouvait voir des bâtiments détruits et des débris calcinés d’où s’échappait de la fumée blanche.

Les témoins interrogés par l’AFP insistaient sur la force de la déflagration.

«On a entendu une très forte explosion ce matin, on pensait que c’était le tonnerre, mais on a regardé dehors et il ne pleuvait pas», a confié à l’AFP Dina Lopez. «On a commencé à entendre des ambulances et la police», a-t-elle précisé, rapportant que le toit de la maison de son frère s’était effondré.

Boule de feu

De nombreuses maisons alentour ont été endommagées, avec des fenêtres et des portes soufflées ou des toits effondrés.

«Il devait être 4h du matin et tout d’un coup on a entendu un gros boum […] la fenêtre de notre maison a volé en éclats», a raconté à l’AFP Adrian, 15 ans.

Une caméra de surveillance a capté la forte explosion. On y voit une boule de feu s’élever dans les airs. Les pompiers et les services d’urgence ont accouru sur place, et ont pu contenir les flammes après quelques heures.

Les causes de la détonation étaient pour le moment inconnues, mais les autorités semblaient davantage privilégier la piste accidentelle à celle d’un éventuel attentat.

«Nous vous informerons de la cause de l’explosion dès que nous aurons des informations concrètes», a annoncé Samuel Pena, le chef des pompiers de Houston sur Twitter.

Il a ajouté qu’aucun ordre d’évacuation n’avait été donné et qu’il n’y avait pour le moment aucune indication sur une éventuelle pollution de l’air.

Des personnes étaient toutefois accueillies dans une église voisine utilisée comme refuge.

Monde

Trump s’affiche avec les militants anti-avortement

WASHINGTON — Les yeux rivés sur le scrutin de novembre, Donald Trump participe vendredi à Washington à la grand-messe annuelle des militants anti-avortement, une première pour un président en exercice.

Sur les immenses pelouses du «National Mall», l’avenue monumentale de la capitale fédérale, le président américain sera la star incontestée de cette «Marche pour la vie».

Au même moment, à quelques centaines de mètres de là, dans l’enceinte du Congrès, les sénateurs poursuivront leurs débats dans son procès en destitution, tache indélébile sur son mandat.

Le milliardaire républicain qui, en 1999, se disait très pro-choix (favorable à la possibilité de choisir l’avortement), est plus que jamais déterminé à se positionner comme le président le plus pro-vie de l’Histoire.

La démarche est loin d’être anodine : en 47 ans d’existence, la «March for Life» n’a jamais accueilli un hôte de la Maison-Blanche. Marjorie Dannenfelser, présidente de «Susan B. Anthony List», puissante organisation anti-avortement, y voit un véritable «tournant».

Soucieux de théâtraliser sa participation, Donald Trump a débuté sa journée en citant, dans un tweet, Jeanne Mancini, présidente du mouvement organisateur de ce grand rendez-vous : «Nous n’avions jamais vu un président des États-Unis venir en personne à la Marche pour la vie». «Maintenant, c’est fait! À tout à l’heure Jeanne», a-t-il ajouté.

Après le discours présidentiel, prévu en milieu de journée, le cortège remontera l’artère verdoyante du Mall pour rejoindre le bâtiment de la Cour suprême, situé juste à côté du Congrès.

En 2019, l’ancien homme d’affaires de New York avait promis aux manifestants, par écran géant interposé, d’opposer son veto à toute législation «affaiblissant la protection de la vie humaine».

La manifestation est organisée tous les ans autour du 22 janvier, date anniversaire de l’arrêt emblématique de la Cour suprême «Roe v. Wade», rendu en 1973, et légalisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans tous les États-Unis.

Le test de la Louisiane

À l’approche du scrutin du 3 novembre, où il briguera un second mandat, Donald Trump, qui n’a jamais cherché à élargir son socle électoral, sait qu’il doit jouer serré avec les chrétiens évangéliques blancs, qui avaient voté à 8 1% pour lui en 2016.

Avec les nominations de Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh à la Cour suprême, qui ont cimenté l’institution dans le conservatisme, il a galvanisé les militants anti-avortement.

Leur rêve ? Remettre en cause l’arrêt «Roe v. Wade». Ou, à défaut, autoriser les États à adopter des lois très restrictives sur les interruptions volontaires de grossesse (IVG).

Le premier test décisif aura lieu en mars, quand la Cour suprême se penchera sur une loi adoptée en 2014 en Louisiane, État conservateur du Sud.

Le texte prévoit d’imposer aux médecins volontaires pour pratiquer des IVG d’avoir une autorisation d’exercer dans un hôpital situé à moins de 50 kilomètres du lieu de l’opération.

Selon les défenseurs du droit à l’avortement, ces conditions sont trop drastiques et seul un médecin et une clinique pourront continuer à pratiquer des IVG dans tout l’État. Un nombre très insuffisant, soulignent-ils, pour les quelque 10 000 avortements pratiqués chaque année.

La Louisiane justifie cette mesure en évoquant les risques de complication et la nécessité, en cas de problème, de pouvoir transférer les patientes dans des hôpitaux voisins.

La décision permettra d’évaluer si le temple du droit américain a, sur ce sujet très sensible, changé de position. En juin 2016, six mois avant l’arrivée du magnat de l’immobilier au pouvoir, elle avait jugé illégale une loi similaire adoptée au Texas.

Monde

La Chine confine plus de 40 millions de personnes pour lutter contre le nouveau virus

WUHAN — La Chine a intensifié vendredi ses efforts pour contenir l’expansion d’un nouveau virus tueur, avec le confinement de plus de 40 millions de personnes et la fermeture de nombreux sites populaires y compris des sections de la célèbre Grande Muraille.

Peu après que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a renoncé à déclarer une urgence internationale, le bilan de ce coronavirus apparu en décembre sur un marché de Wuhan (centre) s’est encore aggravé, avec 26 morts sur un total de 830 personnes contaminées dont 177 jugés graves, selon le dernier bilan officiel en date. 34 patients «guéris» ont quitté l’hôpital et plus d’un millier de cas suspects sont en cours d’examen.

Facteur aggravant, deux décès ont pour la première fois été signalés loin du berceau de l’épidémie : un dans le Hebei, région qui entoure Pékin, et un au Heilongjiang, province frontalière de la Russie.

«Cette année, notre Nouvel An fait très peur», commente un chauffeur de taxi de Wuhan, ville de 11 millions d’habitants placée de facto en quarantaine depuis jeudi. «On n’ose plus sortir à cause du virus».

Dans la capitale, des employés du métro en tenue de protection prennent la température des voyageurs à l’entrée d’une station de Pékin.

Les annulations de festivités et les fermetures de site se multiplient pour parer la propagation du virus. Le long congé du Nouvel An chinois, avec ses centaines de millions de déplacements susceptibles de favoriser la contagion, commence ce vendredi, à la veille du début de l’Année du Rat.

Symbole de l’inquiétude qui s’est emparée de toute la Chine, les autorités ont annoncé la fermeture de sections de la célèbre Grande Muraille et de monuments emblématiques comme les tombeaux des Ming ou la forêt des pagodes. Le célèbre stade national de Pékin, dit «nid d’oiseau», construit pour les jeux Olympiques de Pékin en 2008, gardera portes closes jusqu’au 30 janvier.

Cité interdite et Disneyland fermés

À Pékin, la Cité interdite, ancien palais des empereurs, est fermée depuis jeudi jusqu’à nouvel ordre et les festivités du Nouveal An qui drainent habituellement des centaines de milliers de badauds dans les parcs ont été annulées.

À Shanghai, Disneyland a annoncé qu’il fermait ses portes. Depuis Montréal, le Cirque du Soleil a déclaré qu’il suspendait un spectacle en Chine à la demande des autorités.

Face à la crise, le régime communiste a pris jeudi la décision inédite d’interdire tous les trains et avions au départ de Wuhan et de bloquer les autoroutes.

Seuls quelques avions étaient toujours annoncés dans la journée à destination de la ville. Autocars et bateaux sur le Yangtsé, qui arrose Wuhan, ont reçu l’ordre de s’arrêter dans les deux sens.

Pour la deuxième journée consécutive, les rues de Wuhan sont désertes, les commerces fermés et la circulation réduite au minimum. Le port du masque est obligatoire sous peine d’amende.

Mais dans des hôpitaux visités par l’AFP, des patients attendent frénétiquement qu’une  infirmière en combinaison de protection prenne leur température.

«J’ai de la fièvre et je tousse, j’ai peur d’être contaminé», déclare un homme de 35 ans nommé Li.

Les hôpitaux étant débordés, la construction d’un site devant accueillir un millier de lits a commencé vendredi. Il doit être achevé... dans 10 jours, le 3 février selon les médias publics.

Au total, selon un calcul de l’AFP, 13 communes de la région de Wuhan sont coupées du monde, rassemblant plus de 41 millions de personnes — soit davantage que la population de la Pologne.

Au terme d’une réunion de deux jours à son siège de Genève, l’Organisation mondiale de la santé a reconnu jeudi «l’urgence en Chine», mais a jugé qu’il était «trop tôt» pour parler «d’urgence de santé publique de portée internationale».

L’OMS n’a jusqu’ici utilisé le terme d’urgence internationale que pour de rares cas d’épidémies requérant une réaction mondiale vigoureuse, dont la grippe porcine H1N1 en 2009, le virus Zika en 2016 et la fièvre Ebola, qui a ravagé une partie de l’Afrique de l’Ouest de 2014 à 2016 et la République démocratique du Congo depuis 2018.

Essais cliniques

L’institution assure qu’il n’y a pour l’instant aucune preuve de transmission entre humains en dehors de la Chine et qu’elle semble y être «limitée à des groupes familiaux et à des travailleurs de la santé».

L’OMS ne recommande pas de restrictions de voyages, mais d’établir des dépistages dans les aéroports. L’organisation demande aussi «à tous les pays» de mettre en place des mesures pour détecter les cas de coronavirus, contre lequel il n’existe pas actuellement de traitement ou de vaccin.

À Davos, où se tient le Forum économique mondial, la Coalition pour les innovations en préparation aux épidémies (CEPI) a annoncé jeudi que les essais cliniques concernant un premier vaccin pourraient avoir lieu «dès l’été».

Des cas de contamination ont été annoncés en Asie (Hong Kong, Macao, Taïwan, Corée du Sud, Japon, Thaïlande, Singapour, Vietnam), mais aussi aux États-Unis.

L’épidémie fait redouter une répétition du SRAS, un virus similaire qui a tué quelque 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong entre 2002 et 2003.

Monde

Buckingham nie que le prince Charles ait snobé Mike Pence en Israël

Le prince Charles n’a pas snobé le vice-président américain Mike Pence jeudi à Jérusalem lors d’une cérémonie marquant le 75e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, a indiqué le palais de Buckingham, affirmant qu’ils avaient auparavant eu « une discussion chaleureuse ».

Sur une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux, le prince Charles discute avec plusieurs personnes, dont le président allemand Frank-Walter Steinmeier, invitées comme lui par Israël aux commémorations organisées au mémorial de la Shoah à Jérusalem.

Monde

L’humanité se rapproche encore du «précipice»

WASHINGTON — L’horloge de l’Apocalypse, imaginée en 1947 pour symboliser l’imminence d’un cataclysme planétaire, a été avancée à minuit moins 100 secondes par le groupe de scientifiques la gérant, soulignant les dangers présentés par le changement climatique et la prolifération nucléaire.

«Nous exprimons désormais en secondes le temps séparant le monde de la catastrophe, non plus en heures ou en minutes», a déclaré Rachel Bronson, présidente et directrice générale du Bulletin of Atomic Scientists, lors d’une conférence de presse à Washington, comme tous les ans en janvier.

L’an dernier, l’horloge indiquait minuit moins 2. L’aiguille a donc été avancée de 20 secondes.

Un groupe d’experts, dont 13 lauréats du prix Nobel, fixe chaque année la nouvelle heure.

À l’origine, après la Seconde Guerre mondiale, l’horloge indiquait minuit moins 7. En 1991, à la fin de la Guerre froide, elle avait reculé jusqu’à 17 minutes avant minuit. En 1953, ainsi qu’en 2018 et 2019, elle affichait minuit moins 2.

Sur le front nucléaire, les scientifiques ont constaté le démantèlement du socle de contrôle international des armements, avec le retrait des États-Unis et de la Russie du traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF) en 2019. Les États-Unis de Donald Trump menacent de ne pas renouveler le traité New Start sur les armements stratégiques nucléaires, conclu en 2010, après son expiration en 2021.

«Cette année, nous pourrions assister à d’autres événements que l’effondrement total de l’accord sur le nucléaire iranien», a déclaré l’experte Sharon Squassoni.

Quant à la Corée du Nord, l’approche directe de Donald Trump avec Kim Jong-un n’a toujours pas porté ses fruits, dit-elle.

Sur le climat, les experts ont pointé la déception de deux grands sommets consacrés au climat, qui n’ont pas suscité les engagements nécessaires des grands pays pollueurs pour infléchir la courbe des émissions de gaz à effet de serre.

Désinformation

L’année 2019 fut la deuxième la plus chaude jamais enregistrée, après 2016, et le dérèglement climatique s’est illustré avec les records de chaleur, la fonte de l’Arctique et les incendies exceptionnels en Australie.

«Si l’humanité pousse le climat vers l’opposé d’un âge de glace, nous n’avons aucune raison de croire qu’un tel monde resterait hospitalier pour la civilisation humaine», a dit Sivan Kartha, scientifique du Stockholm Environmental Institute.

Le groupe a aussi blâmé d’autres catalyseurs de délitement sociétal tels que les campagnes de désinformation et les vidéos deepfakes, ainsi que l’émergence des armes fondées sur de l’intelligence artificielle, comme des drones capables de tuer sans supervision humaine. Sans compter la nouvelle militarisation de l’espace.

«Nous appelons les dirigeants mondiaux à éloigner l’humanité du précipice», a lancé Mary Robinson, présidente du groupe des Anciens (Elders) et ancienne présidente irlandaise. «Le temps est venu de se rassembler et d’agir».

Monde

Procès en destitution: Trump s’est pris «pour un roi», plaide l’accusation

WASHINGTON — L’accusation a assuré jeudi, au troisième jour du procès historique de Donald Trump devant le Sénat américain, que le président méritait d’être destitué parce qu’il s’était pris «pour un roi».

Au lendemain d’une séance consacrée à exposer les faits, les procureurs démocrates se sont évertués à démonter les arguments avancés dans les médias par les défenseurs du président, qui ne se sont pas encore exprimés à la barre.

Compte tenu de la majorité républicaine au Sénat (53 sièges sur 100), les élus démocrates n’ont quasiment aucune chance de gagner le procès, mais ils espèrent marquer les esprits des électeurs à dix mois de la présidentielle.

D’emblée, l’élu de la Chambre des représentants Jerry Nadler a accusé le locataire de la Maison-Blanche d’avoir eu une conduite «mauvaise, illégale et dangereuse».

Le président a commis un «abus de pouvoir» en demandant à l’Ukraine d’annoncer une enquête sur Joe Biden, son adversaire potentiel à la présidentielle du 3 novembre, afin de «le mettre à genoux», a plaidé M. Nadler.

Pour parvenir à ses fins, le milliardaire «est allé plus loin» en gelant une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit avec la Russie, a poursuivi l’élu de New York, un ennemi de longue date du milliardaire.

Pour lui, «la destitution est la réponse ultime de la Constitution à un président qui se prend pour un roi».

Vieilles interviews

Les faits sont peu contestés. Les défenseurs de Donald Trump, à commencer par la vedette des prétoires Alan Dershowitz, arguent en revanche que le dossier d’accusation ne comprend pas de crime au sens pénal du terme et que la procédure de destitution n’est pas pertinente.

Mais, comme l’a rappelé Jerry Nadler, ils n’ont pas toujours soutenu cette position. L’élu démocrate a ainsi diffusé un extrait d’une interview accordée par M. Dershowitz en 1998, quand Bill Clinton était empêtré dans le scandale de sa liaison avec Monica Lewinsky.

«Il n’y a certainement pas besoin d’un crime si vous avez quelqu’un qui a corrompu sa fonction de président», avait alors déclaré le professeur de droit.

«Quand vous commencez à user de votre pouvoir et faites du mal à des gens, alors vous commettez un crime grave» au sens de la Constitution, estimait à la même époque l’élu républicain Lindsey Graham, devenu l’un des plus fidèles soutiens de Donald Trump.

Le sénateur s’est brièvement absenté pendant la diffusion de cet extrait.

Les partisans du président assurent par ailleurs qu’il était dans son rôle en demandant à l’Ukraine d’enquêter sur les affaires du fils de Joe Biden, Hunter, dans ce pays gangrené par la corruption.

«Vous croyez vraiment qu’il s’agissait de lutte contre la corruption?» a rétorqué le procureur en chef Adam Schiff, en assurant que le président voulait seulement «une annonce» sur l’ouverture d’une enquête.

«C’est uniquement quand Biden a commencé à le battre dans les sondages qu’il a commencé à réclamer ces enquêtes», a renchéri sa consœur Sylvia Garcia.

Sermon 

Pendant leur présentation, qui de l’aveu même d’Adam Schiff comprend «des répétitions», les sénateurs ont été vus en train de s’étirer ou de s’absenter brièvement dans l’antichambre de l’hémicycle.

Le procès est pourtant encadré par des règles strictes : les élus doivent être présents aux audiences, abandonner leurs téléphones portables et rester silencieux «sous peine d’emprisonnement», comme leur rappelle chaque jour le «sergent d’armes» du Sénat.

«Seigneur, aide les sénateurs à se rappeler qu’écouter veut souvent dire plus qu’entendre», a déclaré jeudi, dans sa prière quotidienne, l’aumônier de la chambre haute, Barry Black. «Porter une attention empathique peut créer des ponts et de l’unité».

Mais l’heure est plutôt à l’invective. Dans une série de tweets vengeurs, Donald Trump a accusé les «démocrates et Schiff le fourbe» de se livrer à une présentation «pleine de mensonges et de déformations de la réalité».

Monde

Coronavirus: 25 millions d’individus confinés

PÉKIN — Les autorités chinoises ont décidé jeudi d’imposer des restrictions de déplacement dans huit villes où vivent quelque 25 millions de personnes, dans un effort sans précédent pour contenir le nouveau coronavirus qui s’est déjà propagé à d’autres parties du monde.

Par ailleurs, la Commission nationale de la santé a indiqué que le nombre de malades souffrant du coronavirus avait grimpé à 830, dont 177 cas jugés graves. Le nombre de morts a aussi augmenté, passant de 17 à 25.

Vendredi matin (à l’heure locale), elle a aussi confirmé qu’un premier décès avait été enregistré à l’extérieur de la province de Hubei. Un homme de la province orientale de Hebei a annoncé qu’un homme âgé de 80 ans était mort après avoir montré des symptômes liés au coronavirus. L’homme revenait d’un séjour de deux mois à Wuhan où il avait été visité des proches.

La gare et l’aéroport de Wuhan, épicentre de l’épidémie, ont été fermés et les services de traversiers, de métro et d’autobus ont été interrompus. Les rues et les lieux publics habituellement animés de cette ville de 11 millions d’habitants étaient étrangement calmes jeudi. La police vérifiait tous les véhicules entrant dans la ville, mais n’a pas fermé les routes.

Les autorités ont annoncé que des mesures similaires entreraient en vigueur vendredi dans les villes voisines de Huanggang et Ezhou. À Huanggang, les salles de spectacle, les cafés internet et les autres lieux de divertissement ont également été fermés.

À l’ouest de Wuhan, une autre localité, Xiantao, a condamné les accès à une grande voie de circulation et au sud Chibi a interrompu tous ses transports publics. Ces deux cités rassemblent plus de deux millions d’habitants.

Tous les transports sont aussi suspendus à Lichuan, une ville d’un million d’habitants à 700 km de Wuhan.

Ces mesures de confinement sont sans précédent en Chine et dans le monde. Elles touchent une population comparable à celle des villes de New York, Los Angeles et Chicago réunies.

À Pékin, les autorités ont annulé indéfiniment les «événements majeurs» en cette période de réjouissances du Nouvel An chinois. 

Pas d’urgence internationale

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a tout de même estimé jeudi que l’épidémie de coronavirus n’était pas considérée pour l’instant comme une «urgence de santé publique de portée internationale».

L’OMS n’a jusqu’ici utilisé ce terme que pour de rares cas d’épidémies requérant une réaction mondiale vigoureuse, dont la grippe porcine H1N1 en 2009, le virus Zika en 2016 et la fièvre Ebola, qui a ravagé une partie de l’Afrique de l’Ouest de 2014 à 2016 et la République démocratique du Congo depuis 2018.

Le virus de Wuhan, de la même famille que le SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère), a gagné plusieurs pays d’Asie et même les États-Unis. Le Vietnam et Singapour ont à leur tour annoncé des cas.

L’OMS ne recommande pas actuellement de restrictions de voyages, mais d’établir des dépistages dans les aéroports. L’organisation demande aussi «à tous les pays» de mettre en place des mesures pour détecter les cas de coronavirus, contre lequel il n’existe pas actuellement de traitement ou de vaccin. Les contrôles de température corporelle se sont généralisés dans plusieurs aéroports, notamment à Dubaï, l’un des plus grands du monde, visant tous les passagers en provenance de Chine.

Autour du globe, 24 janvier 2020

Monde

Le coronavirus se cacherait dans les chauves-souris et les serpents

MONTRÉAL — Le nouveau coronavirus qui circule en Asie proviendrait partiellement des chauves-souris et se serait caché dans les serpents avant de passer aux humains, concluent des chercheurs chinois.

Dans une étude publiée en ligne par le Journal of Medical Virology, les chercheurs de l’Université de Wuhan - la ville où l’éclosion a été détectée pour la première fois - rappellent que les victimes ont fréquenté un marché en plein air où elles ont côtoyé des fruits de mer, de la volaille, des serpents, des chauves-souris et du bétail.

En procédant à une analyse génétique détaillée du 2019-nCoV et en le comparant au profil génétique d’autres virus, les scientifiques concluent que le nouveau virus semble provenir d’une combinaison entre un coronavirus trouvé chez les chauves-souris et un autre coronavirus d’origine inconnue.

Le 2019-nCoV se serait ensuite caché dans des serpents avant de sauter aux humains.

«Oui, c’est possible, a commenté par courriel le chercheur Gary Kobinger, du département de microbiologie-infectiologie et d’immunologie de l’Université Laval. Le virus s’apparente aux coronavirus de chauves-souris (nous et d’autres l’avions noté) et selon cette analyse de serpents. Il ne s’agit que de l’origine qui peut dater de plusieurs années/décennies. Tout est possible. Dans tous les cas, la vraie réponse va venir des échantillons récoltés dans le marché et ailleurs (échantillonnage de l’environnement qui inclut les animaux).»

Les chercheurs chinois croient que l’identification des serpents comme étant «fort probablement le réservoir (...) est très importante pour un contrôle efficace de l’éclosion causée par le 2019-nCoV».

Un commentaire qui accompagne l’étude recommande de tester l’efficacité des antiviraux actuellement disponible face au nouveau coronavirus.

Monde

Destitution: Trump a voulu «tricher» pour être réélu, assène l’accusation

WASHINGTON — Donald Trump a essayé de «tricher» pour remporter un second mandat à la Maison-Blanche, a accusé mercredi l’élu démocrate et procureur en chef Adam Schiff en ouvrant les débats de fond au procès en destitution du président des États-Unis.

Après une première journée marathon qui a fixé le cadre de ce procès historique, les cent sénateurs se sont retrouvés mercredi à la mi-journée pour écouter dans le plus grand silence l’accusation dérouler ses griefs.

L’élu démocrate de la Chambre des représentants Adam Schiff, assisté par six confrères, est revenu sur les deux chefs d’accusation retenus le 18 décembre contre le locataire de la Maison-Blanche : abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès.

Donald Trump a «exercé des pressions sur l’Ukraine pour qu’elle annonce des enquêtes» pouvant servir sa campagne de réélection, dont l’une visait à «salir» un de ses rivaux potentiels, le démocrate Joe Biden, a assené cet ancien procureur.

Pour parvenir à ses fins, «en d’autres mots pour tricher», le président a notamment «gelé des centaines de millions de dollars d’aide militaire à un allié stratégique en guerre avec la Russie», a-t-il poursuivi.

Une fois ses actes rendus publics, Donald Trump a «utilisé ses pouvoirs» pour mettre des bâtons dans les roues aux enquêteurs de la Chambre, a encore déroulé Adam Schiff.

Ce fin connaisseur du dossier d’accusation, qui a supervisé les investigations à la Chambre, a appuyé son intervention d’extraits vidéo des auditions de témoins ou d’entrevues de l’impétueux milliardaire et de son entourage.

Ponctuant son intervention de références historiques, il s’est fait grandiloquent pour appeler les sénateurs à voter la destitution : sinon, «nous allons écrire l’histoire de notre déclin de nos propres mains», a-t-il mis en garde.

«Ces gens sont fous!» Depuis la Suisse, où il assistait au Forum économique mondial de Davos, Donald Trump s’était redit dans la matinée victime d’un «coup monté» orchestré par l’opposition démocrate. 

Le président de 73 ans a assuré qu’il aurait «adoré» assister aux débats, mais que ses avocats n’y étaient pas favorables.  

Monde

Un ancien de la CIA justifie l’usage de la torture aux accusés du 11-Septembre

WASHINGTON — Un psychologue qui fut employé par la CIA sous l’administration de George W. Bush a justifié l’usage de la torture, cette semaine, devant un tribunal militaire de la base militaire américaine de Guantanamo, à Cuba.

«Je le referais aujourd’hui», a déclaré mardi, lors des audiences préparatoires du procès des cinq hommes accusés d’avoir planifié les attentats du 11-Septembre, James Mitchell, considéré comme l’architecte du programme d’interrogatoires «poussés» utilisé à l’époque dans des prisons secrètes de la CIA.

Selon un compte-rendu du pré-procès publié mercredi par le New York Times, l’ancien sous-traitant de la CIA a expliqué qu’après les attentats du 11 septembre 2001, qui ont fait 2976 morts, il considérait comme un «devoir moral» de prévenir toute nouvelle attaque.

«Protéger la vie des Américains était plus important que l’inconfort de terroristes qui avaient volontairement pris les armes contre nous», a ajouté le psychologue, qui a reconnu avoir participé lui-même à plusieurs sessions de simulations de noyade (waterboarding).

Le procès des cinq hommes accusés d’avoir planifié les attentats du 11-Septembre, dont le cerveau autoproclamé de l’attaque Khaled Cheikh Mohammed, doit s’ouvrir en janvier 2021 à Guantanamo.

Les cinq accusés, détenus depuis une quinzaine d’années sur cette base militaire située à la pointe sud-est de Cuba, ont été inculpés il y a dix ans, mais la procédure s’est éternisée en raison de l’extrême complexité du dossier.

L’une des difficultés tient au fait que les prisonniers ont subi ces «procédures d’interrogatoires poussés». C’est en particulier le cas pour Khaled Cheikh Mohammed (dit KSM, ses initiales en anglais), arrêté au Pakistan en 2003, qui a notamment été soumis à de nombreuses sessions de waterboarding avant d’être transféré à Guantanamo en 2006.

Or la justice américaine ne considère pas les aveux obtenus sous la torture comme des preuves admissibles, a rappelé une juriste d’Amnistie Internationale, Julia Hall.

«Mitchell est une des principales raisons pour lesquelles les familles des victimes n’ont toujours pas obtenu justice», a-t-elle conclu. 

Monde

Piratage: le prince héritier saoudien aurait voulu se venger de Bezos

NEW YORK — Un virus implanté dans le téléphone portable de Jeff Bezos par le prince héritier saoudien lui-même pour se venger du fondateur d’Amazon : c’est le scénario improbable évoqué mercredi par des enquêteurs de l’ONU, qui demandent que la justice se saisisse du dossier.

La révélation a été faite par un canal improbable, celui de deux experts de l’ONU, basés à Genève, ayant eu accès à des informations «qui suggèrent la possible implication» du prince saoudien Mohammed ben Salmane dans l’opération.

Il y a près d’un an, Jeff Bezos avait mis en cause l’Arabie Saoudite après la publication par l’hebdomadaire à scandale National Enquirer de textos passionnés échangés entre le pdg d’Amazon, qui était encore marié, et sa maîtresse.

Dans un langage parfois crypté, l’homme le plus riche du monde insinuait que le propriétaire du National Enquirer, American Media Inc (AMI), s’en serait pris à lui avec la complicité des autorités saoudiennes.

À l’origine de ce montage, la colère du Royaume contre les articles du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, critiques du régime et publiés dans le Washington Post, dont Jeff Bezos est propriétaire.

L’analyse du téléphone de Jeff Bezos, à laquelle ont eu accès Agnès Callamard, rapporteuse sur les exécutions extrajudiciaires, et David Kaye, rapporteur sur la liberté d’expression, laisse penser, selon eux, à l’implication directe de «MBS» dans l’affaire.

En mai 2018, le prince héritier, qui avait échangé son numéro avec le fondateur d’Amazon quelques semaines plus tôt, a envoyé, via l’application WhatsApp, un fichier contenant vraisemblablement un virus, selon l’enquête.

D’importantes quantités de données ont alors été extraites du cellulaire, probablement à l’aide d’un logiciel dont le modèle est régulièrement utilisé par les services de renseignement saoudiens.

En mars, un enquêteur engagé par Jeff Bezos avait conclu à l’existence d’un lien entre le piratage supposé du téléphone, qu’il attribuait déjà aux Saoudiens, et les textos et photos qui se seraient retrouvés en possession du National Enquirer.

«Implication directe et personnelle»

Loin de jouer la discrétion, le prince héritier aurait ensuite envoyé à l’homme le plus riche du monde plusieurs messages contenant «des informations privées et confidentielles sur la vie privée de Jeff Bezos, qui n’étaient pas accessibles publiquement», selon les deux rapporteurs des Nations unies.

Des communications faites entre novembre 2018 et février 2019, soit après le meurtre de Jamal Khashoggi, le 2 octobre 2018 au consulat saoudien d’Istanbul, indiquent les enquêteurs, qui relèvent que le Washington Post avait publié plusieurs articles d’investigation sur le prince héritier.

Le piratage présumé «exige une enquête immédiate de la part des autorités américaines et des autres autorités compétentes», ont exhorté les experts, qui sont mandatés par le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, mais ne s’expriment pas au nom de l’ONU.

Ils demandent que l’enquête porte notamment sur «l’implication directe et personnelle du prince héritier dans les efforts visant à cibler les opposants présumés».

Qualifiant ces allégations d’«absurdes», l’ambassade d’Arabie saoudite à Washington a elle aussi demandé une enquête «afin que toute la lumière soit faite sur ces faits».

«Nous sommes au courant des informations publiées dans les médias et nous sommes préoccupés par ces allégations», a réagi auprès de l’AFP un responsable du département d’État américain.

Également contacté par l’AFP au sujet de l’ouverture possible d’une enquête, un porte-parole du ministère américain de la Justice a indiqué être aussi «au courant» des informations publiées mercredi, mais n’avoir «aucun commentaire».

Pour les rapporteurs de l’ONU, cette affaire «renforce les informations faisant état d’un programme de surveillance ciblée des personnes perçues comme étant des opposants et de celles qui revêtent une importance stratégique» aux yeux de Riyad.

En décembre, un tribunal saoudien a exonéré l’entourage de Mohammed ben Salmane de toute responsabilité dans le meurtre de Khashoggi, un verdict largement décrié comme une parodie de justice dans le monde, à l’exception de Washington.

La CIA comme l’envoyée spéciale des Nations unies Agnès Callamard, qui avait déjà été mandatée par le Conseil des droits de l’Homme pour enquêter sur les circonstances de la mort du journaliste, ont directement lié le prince Mohammed ben Salmane au meurtre, ce que dément avec véhémence le Royaume.

Monde

Le hockey très politique de Poutine

MOSCOU — Échanges virils sur les patins et jeux d’influence dans les vestiaires : Vladimir Poutine réunit dans des matchs de hockey une partie de l’élite politico-économique russe et notamment certains des membres du gouvernement formé mardi.

Le nouveau premier ministre et ex-patron du fisc, Mikhaïl Michoustine, est ainsi, comme le président, membre de la «Notchnaïa khokeïnaïa Liga», la «Ligue de hockey nocturne».

Lancée fin 2011 par le maître du Kremlin, cette compétition amicale est devenue, avec ses centaines d’équipes à travers le pays, un cercle d’échanges et de rencontres pour les influents et les privilégiés.

Vladimir Poutine ne joue bien sûr pas toutes les semaines, mais prend part à plusieurs matchs de gala très médiatisés chaque année, entourés de puissants collaborateurs et amis.

Le dernier en date, en fin d’année dernière, s’était déroulé sur une patinoire installée sur la Place Rouge, à l’ombre des murs du Kremlin.

Plus intéressant que le nombre de buts marqués par le président russe, ou que sa chute en mai 2019 lors d’un tour d’honneur à Sotchi, la liste des joueurs.

Politiques et milliardaires

Aux côtés d’anciennes gloires du hockey, on retrouve les proches de Vladimir Poutine, à commencer par le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, maître d’œuvre de la profonde modernisation de l’armée russe, mais aussi partenaire de randonnée, de pêche ou de chasse du président.

Dans les buts de l’équipe du chef de l’État, Alexeï Dioumine, 47 ans, un ancien garde du corps qui a le vent en poupe. Après avoir été chef-adjoint de la sécurité présidentielle, il a occupé des postes élevés dans le renseignement militaire, avant de devenir en 2016 gouverneur de la région de Toula.

Les frères Arkadi et Boris Rotenberg sortent également sur la glace. Amis d’enfance de Vladimir Poutine, avec lequel ils s’entraînaient au judo, les deux hommes sont devenus riches dans la foulée de son ascension au pouvoir.

L’entreprise d’Arkadi Rotenberg, également président de la Ligue de hockey russe (KHL), a aussi construit le pont reliant la Crimée annexée à la Russie. Un contrat de confiance.

«Ce sont tous des membres du Politburo», l’organe directeur de l’URSS, résume le politologue Evguéni Mintchenko. Les matchs sont «un symbole évident de [leur] proximité» avec le chef de l’État.

L’un des oligarques les plus puissants du pays, Guennadi Timtchenko, 49e fortune mondiale en 2019 et sous sanctions américaines, est très souvent de la partie. De même que Vladimir Potanine, magnat du nickel.

Comme le golf aux États-Unis

Judoka accompli, Vladimir Poutine s’est mis tardivement au hockey, à 58 ans, en s’entraînant tard le soir selon Dmitri Peskov, son porte-parole. Un narratif qui colle avec la promotion d’un «mode de vie sain» par le président russe.

L’exemple de Poutine a créé une mode chez les élites russes, et le hockey est devenu leur sport de prédilection.

«Depuis que Poutine a enfilé des patins, il est clair que le hockey est devenu le sport le plus populaire parmi les hauts fonctionnaires et les hommes d’affaires», constate Evguéni Mintchenko.

«C’est maintenant comme le golf aux États-Unis», dit-il, au sujet du sport pratiqué par une grande partie de l’élite politique, économique et culturelle américaine, à l’instar de Donald Trump.

La «Notchnaïa Liga» du président russe a connu un succès indéniable : fin 2019, elle a dépassé les 1000 équipes à travers le pays.

Pour le politologue Andreï Kolesnikov, cité par le site d’information Dojd, ces rencontres «sont comme une loge maçonnique [...] où des gens qui se vouvoient dans la vie deviennent très proches».

Répondant à une question sur la «diplomatie du hockey», Vladimir Poutine disait lui au printemps dernier que «cela rapproche les gens et permet de créer des relations de confiance».

Autour du globe, 23 janvier 2020

Monde

«Favorite des Russes»: une candidate démocrate attaque Hillary Clinton en justice pour diffamation

NEW YORK - La candidate à l’investiture démocrate Tulsi Gabbard, à la traîne dans les sondages, a attaqué mercredi Hillary Clinton pour diffamation, accusant l’ex-Première dame de l’avoir traitée publiquement de «favorite des Russes».

Les propos incriminés datent des 17 et 18 octobre, selon la plainte déposée mercredi au tribunal fédéral de Manhattan: interrogée dans un podcast très suivi des démocrates, Hillary Clinton avait accusé, sans la nommer, une des candidates à l’investiture démocrate d’être «la «favorite des Russes» et «un atout russe».

Le lendemain, un porte-parole de Mme Clinton, avait implicitement confirmé que la candidate malheureuse à la présidentielle 2016 visait Tulsi Gabbard, même s’il n’avait pas non plus nommé l’élue d’Hawaï.

Mme Gabbard - qui a critiqué l’engagement américain en Syrie et reçu des mentions favorables de médias d’Etat russes - affirme que l’accusation de Mme Clinton, largement relayée sur les réseaux sociaux, a été «dévastatrice» pour sa réputation.

«Des sondages d’opinion réalisés scientifiquement ont montré que les déclarations fausses et mal intentionnées de Clinton sur Tulsi ont été acceptées comme véridiques par des millions d’Américains», affirme Mme Gabbard, qui est créditée de 1,3% des votes à la primaire démocrate dans les sondages.

Représentante d’Hawaï au Congrès depuis 2012, Tulsi Gabbard, 38 ans, ex-militaire qui a servi en Irak et au Koweït, affirme être «une servante loyale» des États-Unis et avoir demandé en vain à Mme Clinton de se rétracter avant de l’attaquer en justice.

L’ancienne secrétaire d’État de Barack Obama, affirme-t-elle, a agi pour se venger du soutien qu’elle avait apporté en 2016 à son rival lors de la primaire, le sénateur Bernie Sanders.

Monde

Le Canada et ses alliés appellent l’Iran à déplacer les boîtes noires

WINNIPEG — Le premier ministre Justin Trudeau presse l’Iran de cesser ses tergiversations et d’envoyer les boîtes noires du vol PS752 d’Ukraine International Airlines dans un autre pays qui a l’expertise pour analyser les données de l’écrasement d’avion sans délai.

Selon l’Associated Press, le responsable iranien de l’enquête sur l’écrasement d’avion qui a fait 176 morts — dont 57 victimes canadiennes et 29 résidents permanents au Canada — semblait reculer sur ses intentions d’envoyer les boîtes noires à l’étranger.

L’Iran voudrait plutôt recevoir une assistance technique de la France et des États-Unis pour analyser les données des enregistreurs de vol dans son propre pays.

Lors d’une conférence de presse à Winnipeg mardi, en clôture de la retraite de son conseil des ministres, M. Trudeau a fait part de son impatience.

«Nous sommes préoccupés par le fait que les boîtes noires ne sont pas en train d’être analysées immédiatement comme il se doit, dans les processus après une telle tragédie aérienne», a-t-il déclaré.

«C’est pour ça que nous encourageons l’Iran et nous demandons fortement à l’Iran d’envoyer les boîtes noires quelque part où ils ont la capacité de les analyser de façon approfondie et rapide. La France est un exemple parfait qui s’est montré ouvert à le faire en tant que tiers pays dans cette situation», a-t-il ajouté.

Le Canada et ses alliés appellent l’Iran à déplacer les boîtes noires vers une destination disposant de toute la technologie et de l’expertise nécessaires, comme la France ou l’Ukraine, pour télécharger les données sans délai.

Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a déclaré que la demande avait été soulevée lors de sa conférence téléphonique avec des représentants de la Grande-Bretagne, de la Suède, de l’Afghanistan et de l’Ukraine — soit les pays qui ont perdu des citoyens dans l’écrasement du vol PS752 d’Ukraine International Airlines.

«Tous les yeux sont tournés vers l’Iran maintenant. L’Iran a un choix à faire : celui de la coopération, de la transparence, de la reddition de comptes, de la justice. C’est ce que les familles veulent et nous allons nous tenir debout pour les familles à chaque étape», a-t-il insisté, mardi.

Double nationalité

L’Iran refuse également de reconnaître la double nationalité canadienne des victimes iraniennes, ce qui représente un «défi» supplémentaire selon l’aveu même de M. Trudeau.

Le premier ministre dit que le Canada insiste pour que les volontés des familles concernant l’enterrement soient respectées — qu’elles veuillent enterrer leurs proches en Iran ou rapatrier les corps au Canada.

«C’est un engagement qui est aligné non seulement avec la loi internationale, mais avec les principes de l’islam aussi et c’est à ce niveau-là qu’on est en train d’insister que les vœux des familles, quelle que soit la reconnaissance de citoyenneté, soient respectés par l’Iran», a-t-il dit.

M. Champagne a affirmé que, selon les informations les plus récentes, les victimes canadiennes qui ont été enterrées en Iran l’ont été en phase avec les volontés des familles.

Les restes d’une victime ont été rapatriés au Canada, a confirmé M. Champagne. La famille n’a pas voulu l’annoncer par souci de respect de sa vie privée.

Le ministre affirme que toutes les allégations feront l’objet d’une enquête par les agents consulaires canadiens déployés en Iran et que la situation reste «dynamique». Jusqu’à maintenant, les vœux des familles ont été respectés, a-t-il assuré mardi.

Autour du globe, 22 janvier 2020

Monde

Âpre bataille sur les règles au procès en destitution de Trump

WASHINGTON — Les débats au procès en destitution de Donald Trump se sont ouverts mardi devant le Sénat américain par une âpre bataille sur les règles de ce rendez-vous historique, les démocrates accusant les républicains d’organiser l’acquittement au pas de charge du président des États-Unis.

Cinq jours après avoir juré de rendre la justice de «manière impartiale», les 100 sénateurs se sont retrouvés au Capitole, siège du Congrès à Washington. Dans une mise en scène austère, ils se sont plongés dans un silence grave lorsque le chef de la Cour suprême John Roberts, chargé de présider les audiences, a signifié de son marteau le début des échanges.

Mais avant de se pencher sur l’acte d’accusation pour abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès, adopté en décembre par la Chambre des représentants à majorité démocrate, ils ont engagé un rude bras de fer sur les règles du jeu.

Le chef de la majorité républicaine Mitch McConnell a introduit une résolution pour encadrer ce procès qui, à 10 mois de la présidentielle, parasite la campagne de réélection du locataire de la Maison-Blanche.

Au programme : trois journées de huit heures en moyenne pour l’accusation et autant pour la défense afin qu’elles exposent leurs arguments, puis 16 heures de questions des sénateurs.

«C’est une feuille de route équitable pour notre procès», a estimé l’influent M. McConnell, qui ne cache pas sa volonté d’offrir au milliardaire républicain l’acquittement rapide qu’il espère, idéalement dans un délai de deux semaines.

Accusé de vouloir organiser un procès nocturne quand les Américains dorment, il a toutefois dû rallonger la durée des argumentaires par rapport à une première proposition.

«Honte nationale»

L’élu Adam Schiff, chargé de porter l’accusation, a reproché au camp présidentiel d’organiser un «procès truqué» au Sénat — quand les républicains estiment que les démocrates avaient conduit une enquête «truquée» à la Chambre des représentants.

En cause, la question cruciale des témoins-clés que les démocrates veulent convoquer et des documents qu’ils exigent de la Maison-Blanche, du département d’État et du ministère de la Défense. Les républicains veulent repousser toute décision là-dessus à après la séance de questions.

«On marche à l’envers, un procès avant les pièces à conviction», a lancé Adam Schiff. «La majorité des Américains ne croient pas que ce sera un procès équitable».

Évoquant une «honte nationale», le chef des démocrates au Sénat Chuck Schumer a introduit plusieurs amendements pour obtenir immédiatement ces témoignages et documents, qui prolongeaient les débats tard dans la soirée.

Les cinq premiers ont été rejetés selon les lignes partisanes : les 53 sénateurs républicains ont voté contre, les 47 démocrates pour. Mais M. Schumer semblait prêt à rester encore plusieurs heures dans l’hémicycle pour faire plier les républicains.

«Nous avons besoin de quatre républicains qui soient prêts à choisir le camp de la justice», a-t-il lancé Chuck Schumer, courtisant les plus modérés.

Les républicains peuvent gagner tous les votes de procédure, comme ils sont quasi assurés d’être en mesure d’acquitter, in fine, Donald Trump.

Le 45e président des États-Unis, troisième seulement à subir l’affront d’un procès en destitution après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1999, n’est pas présent aux audiences.

«Rien fait de mal»

En déplacement au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, il a de nouveau qualifié son procès de «farce» et de «chasse aux sorcières».

Au cœur du scandale : un coup de téléphone en juillet dernier au cours duquel Donald Trump demandait à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky d’enquêter sur Joe Biden, son adversaire démocrate potentiel à la présidentielle de novembre.

Pour cette première vraie journée de procès, retransmise en direct des heures durant par les télévisions, les démocrates ont profité des échanges pour présenter leur dossier d’accusation. Selon eux, l’ex-magnat de l’immobilier a exercé un chantage sur Kiev : vous lancez l’enquête ou nous bloquons une aide militaire cruciale.

L’avocat de la Maison-Blanche Pat Cipollone a répondu que l’acte d’accusation était «non seulement ridicule, mais aussi dangereux pour notre République». «Il est temps de démarrer» le procès «pour pouvoir mettre fin à cette mascarade ridicule», a-t-il plaidé.

Monde

Virus chinois: premier cas confirmé aux États-Unis

WASHINGTON — Les contrôles de température se généralisaient mardi dans plusieurs aéroports d’Asie et du pourtour du Pacifique pour repérer et isoler les passagers infectés par un nouveau virus mystérieux causant des pneumonies et originaire de Chine. Pour la première fois, un cas a été rapporté aux États-Unis.

La Chine a recensé mardi 77 nouveaux cas, portant le total à près de 400 confirmés. Neuf personnes y sont mortes de ce virus repéré en décembre à Wuhan, dans le centre du pays, chez des gens travaillant dans un marché de gros de fruits de mer et de poissons, et dont on ignore encore l’origine exacte ou la période d’incubation.

Depuis, des cas ont été rapportés ailleurs en Asie (Japon, Corée du Sud, Thaïlande, Taïwan), et nombre de pays ayant des liaisons aériennes directes ou indirectes avec Wuhan ont renforcé les contrôles des passagers à l’arrivée, puisant dans leur expérience de l’épidémie du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003, un virus de la même famille.

Comme les États-Unis le redoutaient, un premier passager en provenance de Wuhan a contracté le virus. C’est un homme d’une trentaine d’années arrivé le 15 janvier sans fièvre à Seattle et qui a lui-même contacté les services de santé locaux dimanche après s’être renseigné sur Internet. Il a été hospitalisé par précaution et va bien. Il ne s’était pas rendu sur les marchés de Wuhan, et n’a pas fréquenté de personnes malades, selon les autorités américaines.

Désormais, tous les passagers provenant de Wuhan, par des vols directs ou indirects, devront arriver aux États-Unis par cinq aéroports (New York JFK, Los Angeles, San Francisco, Chicago, Atlanta) où les autorités sanitaires ont mis ou vont mettre en place des contrôles systématiques : questionnaires et prise de la température par un thermomètre sans contact.

Le Canada compte faire de même au cours des prochains jours.

«Nous nous attendons à d’autres cas aux États-Unis et dans le monde», a prévenu Nancy Messonnier, responsable des Centres de prévention et de contrôle des maladies (CDC) américains.

Le risque pour les Américains reste cependant «faible à ce stade», a-t-elle dit.

En France, le risque est également «faible, mais ne peut pas être exclu», a déclaré la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

Australie, Russie, Népal, Singapour, Malaisie, Vietnam, Bangladesh et Inde ont renforcé les contrôles depuis quelques jours.

Quarantaine

En Thaïlande, les autorités ont mis en place des détections thermiques obligatoires «sans exception» dans les aéroports de Bangkok, Chiang Mai, Phuket et Krabi, pour les passagers en provenance des zones chinoises à risques. Une quarantaine de 24 heures est imposée en cas de fièvre.

À l’aéroport de Cheremetiévo, le plus grand de Russie, la température des passagers venus de Chine est contrôlée dans les avions à l’aide de caméras thermiques.

Quant à la Chine, 922 patients restaient en observation dans des hôpitaux, selon les autorités sanitaires. Wang Guangfa, un des médecins de la Commission nationale de la Santé chinoise enquêtant sur l’épidémie, a annoncé mardi sur une télévision de Hong Kong qu’il était infecté par le virus.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) se réunira mercredi pour déterminer s’il convient de déclarer une «urgence de santé publique de portée internationale».

«Alerte maximale»

La Thaïlande accueille à elle seule un quart des vols internationaux au départ de Wuhan, ville de 11 millions d’habitants.

À l’occasion du Nouvel An chinois, qui commence ce week-end, autour de 1300 passagers devraient emprunter chaque jour ce trajet et le royaume tient à éviter tout risque d’épidémie alors que la saison touristique bat son plein.

À Hong Kong, les autorités se disent elles aussi en «alerte maximale», alors que le souvenir de la terrible épidémie du SRAS hante toujours les esprits.

«Nous sommes prêts au pire. Nous n’avons pas baissé la garde», a déclaré à la presse Matthew Cheung, numéro deux de l’exécutif hongkongais.

L’aéroport de la ville, l’un des plus fréquentés du monde, procède déjà en temps normal au contrôle thermique de tous les passagers. Ceux qui arrivent de Wuhan doivent également remplir un formulaire. Ils s’exposent à des sanctions pouvant aller jusqu’à six mois de prison en cas de mensonge.

Les vastes frontières terrestres de la Chine font également l’objet d’un examen minutieux.

Au Vietnam, le ministère de la Santé a ordonné des contrôles renforcés à sa frontière nord, intense lieu de passage entre les deux pays.

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l’homme (comme un rhume), mais aussi d’autres plus graves comme le SRAS.

Contagion entre humains

Zhong Nanshan, un scientifique chinois de la Commission nationale de la santé, a déclaré lundi que la transmission par contagion entre personnes était «avérée». C’était la première fois qu’une telle affirmation était faite publiquement.

Les autorités sanitaires américaines ont confirmé ce type de transmission, en précisant qu’on ignorait encore si elle était facile ou non.

L’OMS estime pour sa part que l’animal semble être «la source primaire la plus vraisemblable», avec «une transmission limitée d’humain à humain par contact étroit».

Sur 8096 cas, le virus du SRAS avait fait 774 morts dans le monde, dont 349 en Chine continentale et 299 à Hong Kong, selon l’OMS. L’organisation internationale avait à l’époque vivement critiqué Pékin pour avoir tardé à donner l’alerte et tenté de dissimuler l’ampleur de l’épidémie.

Monde

Harry et Meghan mettent les paparazzis en garde [VIDÉO]

VICTORIA — À peine réunis au Canada pour y entamer une nouvelle vie en retrait de la monarchie britannique, le prince Harry et son épouse Meghan ont mis en garde mardi les paparazzis de les laisser tranquilles, sous peine de poursuites judiciaires.

Le couple avait mis en avant la pression médiatique dans sa décision de prendre le large. Et il n’a pas apprécié la publication par des tabloïds de photos montrant la duchesse de Sussex se promenant avec son fils de huit mois, Archie, et ses deux chiens.

Selon plusieurs médias britanniques, les avocats du couple princier font valoir que ces photos ont été prises à l’insu de l’ex-actrice américaine. Sur l’île de Vancouver, Harry et Meghan sont, selon eux, déjà épiés en permanence par des paparazzis.

À LIRE AUSSI: Plus en retrait qu’il ne le voulait, le prince Harry entame sa nouvelle vie

Monde

«Personne ne l’aime»: Hillary Clinton s’attaque à son ancien rival Bernie Sanders

NEW YORK — «Personne ne l’aime, personne ne veut travailler avec lui»: Hillary Clinton, dans un nouveau documentaire, critique méchamment Bernie Sanders, son rival pour la primaire démocrate à la présidentielle américaine de 2016 et dans le peloton de tête pour celle de 2020.

Dans ce documentaire, intitulé «Hillary», qui doit sortir sur la plateforme Hulu début mars, la rivale malheureuse de Donald Trump s’en prend au sénateur indépendant du Vermont, estimant qu’il n’avait «rien fait au Congrès».

«Il a été au Congrès pendant des années, il n’avait qu’un seul sénateur pour le soutenir. Personne ne l’aime, personne ne veut travailler avec lui, il n’a rien fait», déclare l’ex-secrétaire d’État américaine. «J’ai vraiment de la peine pour les gens qui s’y laissent prendre».

Alors que la sénatrice Elizabeth Warren, également candidate à la présidentielle 2020, a récemment accusé Bernie Sanders de lui avoir dit en privé qu’une femme ne pouvait pas battre Donald Trump dans les urnes en novembre - ce que le sénateur du Vermont a démenti -, Mme Clinton prend parti pour Mme Warren.

«C’est un mode de fonctionnement. Si c’était juste une fois, vous pourriez dire: "OK, ce n’est pas grave", mais il (Bernie Sanders) a aussi dit que je n’étais pas qualifiée» pour être présidente, affirme l’ancienne Première dame, selon des extraits cités par des médias américains.

«Ce n’est pas que lui, c’est toute la culture autour de lui, son équipe de campagne, ses partisans les plus connus, les attaques incessantes en ligne de ses partisans contre ses rivaux, surtout les femmes... Je ne crois pas qu’on veuille de nouveau s’engager dans une campagne avec insultes et attaques», ajoute-t-elle.

À deux semaines du premier vote de la primaire démocrate, dans l’Iowa, Mme Clinton n’a pas voulu dire si elle voterait pour M. Sanders au cas où il remporterait l’investiture.

Le sénateur de 78 ans pointe actuellement à la deuxième place dans les sondages nationaux, derrière l’ex-vice-président Joe Biden et devant Elizabeth Warren.

Au-delà de sa dispute avec Mme Warren, M. Sanders a aussi été critiqué lundi pour une tribune parue dans le Guardian, signée de l’une de ses sympathisantes, Zephyr Teachout, qui accuse M. Biden d’avoir un «gros problème de corruption».

M. Sanders a dû s’excuser publiquement et s’est dit «désolé que cette tribune ait été publiée».

Monde

L’épave du Titanic désormais protégée par un traité britannico-américain

LONDRES - L’épave du célèbre Titanic va être protégée des touristes et des explorateurs intempestifs en vertu d’un traité inédit conclu entre les États-Unis et le Royaume-Uni entrant en vigueur mardi, a indiqué la ministre britannique de la Mer, Nusrat Ghani.

«Cet accord capital avec les États-Unis pour préserver l’épave signifie qu’elle sera désormais traitée avec la sensibilité et le respect dus à la dernière demeure de 1500 personnes», a déclaré dans un communiqué la ministre lors d’une visite à Belfast (Irlande du Nord), où le paquebot a été construit.

Le traité, signé en 2003 par le Royaume-Uni, entre en vigueur après avoir été ratifié en novembre dernier par le chef de la diplomatie américaine, Mark Pompeo.

Il permet aux deux pays «d’accorder ou de refuser des licences autorisant d’entrer dans l’épave ou d’en extraire des objets», selon le communiqué.

L’épave, qui se trouve dans des eaux internationales, n’était jusqu’ici protégée que par la Convention de l’UNESCO sur la protection du patrimoine culturel subaquatique.

Parti de Southampton le 10 avril 1912 pour rejoindre New York, le gigantesque paquebot, le plus grand du monde au moment de sa mise à l’eau, avait tragiquement fait naufrage après avoir percuté un iceberg cinq jours plus tard. Sur les 2224 passagers et membres de l’équipage, près de 1500 avaient péri dans la tragédie.

Depuis la découverte en 1985 de son épave à 650 km des côtes canadiennes, par 4000 mètres de fond dans les eaux internationales de l’océan Atlantique, celle-ci est assaillie par les chercheurs de trésors et les touristes.

Après une expédition sur l’épave en 2012, des scientifiques avaient relevé «des dommages récents faits à la coque du Titanic par des sous-marins». Ils avaient aussi alerté contre «des quantités inquiétantes de déchets et débris jetés par des bateaux en surface ou abandonnés près de l’épave», l’Organisation maritime internationale s’inquiétant dans un rapport «des impacts déjà visibles, qui déshonorent ce lieu de sépulture».

Affaires

Trump fustige les «prophètes de malheur» du climat devant Greta Thunberg

DAVOS — La passe d’armes était annoncée et elle a eu lieu, par discours interposés: le président américain Donald Trump a fustigé mardi à Davos les «prophètes de malheur» du climat, sous les yeux de la jeune militante Greta Thunberg.

«Nous devons rejeter les éternels prophètes de malheur et leurs prédictions d’apocalypse», a martelé Donald Trump devant l’élite économique et politique du globe, réunie dans la douillette station de ski des Grisons (Suisse) au premier jour du 50e Forum économique mondial (WEF).

Devant le président américain ouvertement climato-sceptique, un auditoire de grands patrons et de responsables politiques, mais aussi la jeune militante suédoise, invitée pour la seconde année consécutive à Davos.

Greta Thunberg doit d’ailleurs ouvrir dans l’après-midi une session au titre sans équivoque: «Éviter l’apocalypse climatique».

Quelques heures plus tôt, elle avait rappelé à l’ordre les grands patrons et autres responsables politiques: «Le climat et l’environnement sont un sujet d’actualité aujourd’hui», mais «en pratique, rien n’a été fait (...) les émissions de CO2 n’ont pas diminué», avait-elle martelé.

Donald Trump, lui, dans un discours clairement destiné à son électorat, a vanté l’abondante production d’hydrocarbures et l’indépendance énergétique des États-Unis, mais sans jamais évoquer les énergies renouvelables.

En campagne pour sa réélection en novembre et à quelques heures de l’ouverture de son procès en destitution à Washingon, qu’il a qualifié de «farce», il a déroulé à Davos, sur un ton plutôt monocorde, ses performances en termes de croissance économiques et de créations d’emploi aux États-Unis.

Surtout, comme lors de sa première venue à Davos en 2028, l’hôte de la Maison-Blanche a réaffirmé sa politique de l’«America First», saluant la trève signée la semaine dernière dans la guerre commerciale sino-américaine. «Le temps du scepticisme est terminé, les entreprises affluent de nouveau aux États-Unis», a-t-il insisté.

Le président américain doit avoir à Davos des entretiens avec la présidente de la Commission européenne, ainsi qu’avec le président irakien, ce peu après l’assassinat en Irak d’un puissant général iranien par les forces américaines.

Reste à savoir de quel côté pencheront les décideurs économiques réunis à Davos en termes de climat.

Dans une récente enquête du cabinet PwC auprès de presque 1600 patrons, le changement climatique ne figurait même pas parmi les 10 principales menaces pour l’économie mondiale pour 2020, n’apparaissant qu’en 11e position.

Les ONG sceptiques

Et les ONG présentes à Davos se gardent de tout triomphalisme. «Il y a une énorme progression de la prise de conscience au niveau des grands patrons, mais le défi est de la traduire aux échelons inférieurs, au sein de groupes gigantesques» aux chaînes de production complexes, insiste auprès de l’AFP Marco Lambertini, secrétaire général de l’organisation environnementale WWF.

Selon un rapport de Greenpeace publié mardi, dix banques régulièrement présentes à Davos ont à elles seules financé entre 2015 et 2018 le secteur des énergies fossiles à hauteur de 1000 milliards de dollars.

Le Forum lui-même a été parfois taxé d’hypocrisie climatique en raison du ballet de jets, hélicoptères et limousines qu’il occasionne. Cette année, il tente de montrer l’exemple en bannissant les ustensiles à usage unique, en montant des buffets sans viande, en compensant les émissions carbone ou en prodiguant des conseils sur le carburant utilisé pour les avions privés.

Monde

Pompeo appelle à en finir avec la «tyrannie» de Maduro

BOGOTA — Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a appelé lundi la communauté internationale à «continuer de soutenir» les efforts des États-Unis et de l’opposition vénézuélienne pour en «finir avec la tyrannie» du président Nicolas Maduro.

En visite à Bogota, première escale d’une tournée en Amérique latine et dans les Caraïbes, M. Pompeo a renouvelé le soutien de Washington aux adversaires du chef de l’État chaviste, dont le président du parlement vénézuélien Juan Guaido, qu’il devait rencontrer dans la journée.

«Le monde doit continuer de soutenir les efforts du peuple vénézuélien pour revenir à la démocratie et en finir avec la tyrannie de Maduro, qui a un impact en Colombie et dans toute la région», a déclaré le secrétaire d’État américain, après s’être entretenu avec le président colombien Ivan Duque.

À Bogota, M. Pompeo participe à la troisième Conférence ministérielle continentale de lutte contre le terrorisme, inaugurée lundi en présence de représentants de 25 pays de la région.

Bravant une interdiction de sortie du territoire vénézuélien, M. Guaido, reconnu par les États-Unis, la Colombie et une cinquantaine d’autres pays comme président par intérim du Venezuela, est pour sa part arrivé dimanche à Bogota et assistera aussi à cette conférence.

Il se rendra ensuite en Europe où il devrait rencontrer le chef de la diplomatie de l’Union européenne (UE), Josep Borrell, mercredi à Bruxelles, avant d’aller en Suisse pour participer jeudi au Forum économique mondial à Davos.

Lundi, M. Pompeo a assuré que les États-Unis, qui considèrent la réélection de M. Maduro en 2018 comme frauduleuse, continueraient à travailler «pour rétablir la démocratie au Venezuela», affirmant que «les citoyens rejettent l’autoritarisme et exigent la liberté».

Il a condamné la «misère infligée» par le gouvernement chaviste aux Vénézuéliens, dont environ 4,6 millions ont fui le pays ces dernières années, parmi lesquels 1,6 million vers la Colombie voisine.

En dépit des efforts de l’opposition et des sanctions imposées par Washington, Nicolas Maduro se maintient au pouvoir, avec l’appui des forces de sécurité ainsi que de pays tels que la Russie, Cuba et la Chine.  

Monde

Les éléments se déchaînent en Australie

SYDNEY — Des orages accompagnés de grêlons se sont abattus lundi sur certaines régions de l’est de l’Australie après des tempêtes de sable et de poussière «apocalyptiques» sur d’autres zones déjà sinistrées par les incendies qui ravagent le pays depuis plusieurs mois.

Canberra a été lundi le théâtre d’une violente averse de grêle qui a arraché des branches d’arbres.

Les services d’urgence ont demandé aux gens de mettre leurs voitures à l’abri et de ne pas les laisser sous les arbres ou les lignes électriques.

Le Bureau de météorologie a exhorté les habitants de la Nouvelle-Galles du Sud, y compris ceux de Sydney, à se préparer à l’arrivée de la tempête.

«De violents orages risquent de faire des dégâts, de générer des vents destructeurs, peut-être d’énormes grêlons et de fortes précipitations susceptibles d’entraîner des crues soudaines dans les prochaines heures», a indiqué le Bureau.

Deux personnes de 16 et 24 ans qui se trouvaient dans les très touristiques Montagnes bleues ont dû être hospitalisées après avoir été blessées par la foudre.

«Elles ont de la chance d’être en vie», a déclaré dans un communiqué Greg Marshall, directeur des ambulances de Nouvelle-Galles du Sud.

«À un centimètre près, elles recevaient directement la foudre, ce qui aurait pu être fatal», a-t-il ajouté. Les deux étaient lundi dans un état stable.

De spectaculaires images filmées pendant le week-end dans l’État de Nouvelle-Galles du Sud ont en outre montré la progression d’un gigantesque mur de poussière et de sable sur des localités de l’arrière-pays.

À Dubbo notamment, à 400 km au nord de Canberra, des habitants ont décrit comment l’obscurité s’était faite en pleine journée.

«Nous sommes habitués à devoir ramasser en vitesse le linge, à éteindre les clim et à fermer portes et fenêtres avant l’arrivée d’une tempête de poussière», a raconté à l’AFP Ashleigh Hull. Mais cette tempête était «beaucoup plus spectaculaire», a-t-elle poursuivi.

«Honnêtement, c’était comme dans un film apocalyptique, une énorme vague qui arrive, vraiment impressionnante, mais je préférerais qu’elle apporte de la pluie et pas de la poussière», a-t-elle dit.

Monde

Des centaines de migrants empêchés de pénétrer au Mexique

CIUDAD HIDALGO — Environ 500 migrants centro-américains ont tenté lundi de forcer la frontière entre le Guatemala et le Mexique, mais ont été repoussés par les forces de sécurité mexicaines déployées en nombre.

Les migrants, arrivés tôt dans la matinée sur la rive du fleuve Suchiate, à la frontière entre les deux pays, se sont heurtés à des tirs de barrage de gaz lacrymogène des forces de l’ordre, a constaté l’AFP.

Ils ont riposté en lançant des pierres aux forces de l’ordre et en les insultant. «Laissez-nous passer. Posez les mains sur votre coeur», a crié Jorge, un migrant hondurien venu avec sa femme et ses deux jeunes enfants.

«Environ 500 ressortissants étrangers d’origine centraméricaine, pour la plupart du Honduras, sont entrés illégalement sur le territoire mexicain (...) encouragés de manière irresponsable par leurs leaders et sans tenir compte des risques que cela impliquait pour les enfants et les adolescents», a déclaré l’Institut National pour la Migration (INM) dans un communiqué.

Environ 400 personnes qui avaient réussi à franchir la frontière et tentaient de gagner à pied la ville mexicaine de Tapachula (sud), ont par ailleurs été interceptées par la Garde nationale.

Après l’analyse de leur situation juridique, le cas échéant, les clandestins seront renvoyés dans leur pays d’origine, a ajouté l’INM.

Des images vidéo de l’AFP montrent des grappes de migrants, dont beaucoup portaient leurs enfants dans les bras, fuyant devant les forces de la Garde nationale mexicaine qui tentaient de les repousser.

Face à la fermeté des forces de l’ordre, nombre de migrants ont finalement décidé de rebrousser chemin vers le Guatemala, ont constaté des correspondants de l’AFP déployés des deux côtés de la frontière.

«La caravane, dans sa majorité, a été contenue», a déclaré à l’AFP un officier de la police fédérale mexicaine, sous couvert d’anonymat.

«Ils nous trompent» 

Depuis Tecun Uman, ville frontalière sud-ouest du Guatemala où ils étaient arrivés ces dernières 24 heures en formant une caravane, les migrants avaient demandé aux autorités l’autorisation de traverser.

En l’absence de réponse, ils ont commencé à franchir le fleuve le long duquel court la frontière, provoquant la réaction des forces de sécurité.

«Ils nous trompent, ils expulsent ceux qui ont accepté de s’enregistrer» auprès des autorités, s’est insurgée auprès de l’AFP Tania, elle aussi originaire du Honduras.

Samedi, les autorités mexicaines avaient enjoint les migrants de faire preuve d’«ordre et de respect» assurant que des opportunités d’emploi existaient au Mexique pour qui respectera les procédures légales. Le président mexicain, Andrés Manuel Lopez Obrador, a offert la semaine dernière 4000 emplois aux migrants centro-américains.

Quelque 1500 migrants, originaires notamment du Honduras et du Salvador, avaient déjà tenté samedi d’entrer illégalement au Mexique, mais en avaient aussi été empêchés par la Garde nationale.

Ils s’étaient brièvement heurtés aux militaires aux abords du pont international Rodolfo Robles, qui relie les deux pays. Un agent de l’Institut national des migrations (INM) leur avait expliqué qu’ils devaient se conformer aux lois mexicaines pour entrer dans le pays.

«Vous entrez irrégulièrement au Mexique, vous devez avoir un visa mexicain ou un document d’immigration. Ne vous exposez pas aux trafiquants d’êtres humains, votre vie est en danger», leur avait lancé cet agent à l’aide d’un porte-voix. «Ne vous laissez pas berner, ce n’est pas dit que les États-Unis vous accorderont l’asile».

Le gouvernement mexicain avait annoncé vendredi le renfort de la sécurité à sa frontière sud en prévision de l’arrivée de cette nouvelle caravane.

Entreprise vouée à l’échec

Ces migrants font partie d’une caravane comptant 3.543 personnes, parties il y a près d’une semaine de la ville de San Pedro Sula, dans le nord du Honduras, selon l’Institut guatémaltèque des migrations.

Ils avaient franchi la frontière avec le Guatemala mercredi, déterminés à gagner les États-Unis.

L’ambassadeur américain au Guatemala, Luis Arreaga, a toutefois averti que son pays ne les laisserait en aucun cas passer.

«Les migrants qui choisissent de continuer risquent leur vie dans une entreprise vouée à l’échec. On ne leur permettra pas d’entrer ni de s’établir aux États-Unis», a affirmé ce diplomate, cité dans un communiqué de l’ambassade américaine samedi.

Ils effectuent leur périple à pied ou à bord de camions et d’autobus.

Lors d’une première caravane, en octobre 2018, plus de 2.000 personnes s’étaient mises en marche vers le nord dans l’espoir d’entrer aux États-Unis. Au moins trois autres caravanes, moins importantes, avaient suivi au cours du premier trimestre de 2019.

Le phénomène s’était ensuite arrêté en raison du déploiement de militaires aux frontières sud et nord du Mexique, sous la pression de Washington. Entre mai et septembre 2019, le Mexique a ainsi réduit de 56% le flux vers les États-Unis.

Autour du globe, 21 janvier 2020

Monde

Les avocats de Trump veulent un acquittement «immédiat» à son procès en destitution

WASHINGTON — Les avocats de Donald Trump ont appelé lundi le Sénat américain à «acquitter immédiatement» le président des États-Unis, à la veille de l’ouverture des débats à son procès historique en destitution.

Le milliardaire républicain, qui n’est pas personnellement appelé à comparaître, s’est envolé dans la soirée pour Davos, en Suisse. Il pourra s’y montrer au travail avec l’élite économique mondiale au moment où les sénateurs auront son destin en main.

Lundi, il a de nouveau accusé sur Twitter les démocrates d’avoir fait preuve de «ZERO impartialité» dans l’enquête de la Chambre des représentants, où ils sont majoritaires.

Cette enquête a abouti en décembre, avec les seules voix démocrates, à la mise en accusation pour abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès du 45e président des États-Unis - le troisième seulement à subir l’affront d’un procès en destitution, après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1999.

Donald Trump est accusé d’avoir demandé à l’Ukraine d’enquêter sur son potentiel adversaire à la présidentielle américaine de novembre, Joe Biden. Et d’avoir fait pression sur Kiev en conditionnant notamment une aide militaire cruciale à l’annonce d’une telle enquête.

Le procès s’est ouvert jeudi par la prestation de serment de sénateurs en tant que jurés, mais entrera dans le vif du sujet mardi à 13h sous la présidence du chef de la Cour suprême John Roberts.

L’équipe juridique du président a soumis lundi au Sénat son argumentaire de défense, un mémorandum de 110 pages dans lequel elle dénonce un «processus truqué» qui a abouti à «une perversion dangereuse de la Constitution», dans les pas de Donald Trump qui affirme depuis des mois faire l’objet d’une «chasse aux sorcières».

«Froid dans le dos» 

«Le Sénat devrait rejeter l’acte d’accusation et acquitter le président immédiatement», estiment ses avocats. Selon eux, les chefs d’accusation sont «inconsistants», car «ils ne comportent aucun crime ou violation de la loi» et ne sont donc pas passibles de destitution.

«Le président n’a rien fait de mal», insistent-ils.

Pour les démocrates chargés d’assumer le rôle des procureurs, le président affirme ainsi «que le Sénat ne peut pas le destituer même si les accusations contre lui sont prouvées».

«C’est une affirmation qui fait froid dans le dos, et est totalement fausse», déplorent-ils dans un document également soumis lundi, estimant que l’attitude de l’ex-magnat de l’immobilier «souligne seulement la menace persistante qu’il représente pour la nation s’il est autorisé à rester en fonctions».

En réalité, l’acquittement semble pratiquement assuré pour Donald Trump, grâce à la majorité républicaine du Sénat qui fait bloc derrière lui. La durée des débats reste en revanche une question en suspens.

«Nous tentons de démontrer que ces chefs d’accusation sont clairement infondés, donc il ne devrait même pas y avoir besoin de poursuivre plus avant, ils pourraient être rejetés dès le début», a expliqué à la presse une source proche de l’équipe de défense de la Maison-Blanche.

Mais elle a refusé d’entrer dans le détail de sa stratégie.

À la veille du jour J, en effet, le plus grand flou plane encore sur le déroulement et le calendrier du procès, qui devrait d’ailleurs démarrer par des votes pour fixer la procédure.

Selon des membres du camp présidentiel, l’influent Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, souhaite imposer des débats à marche forcée, bien décidé à offrir à Donald Trump l’acquittement rapide qu’il espère.

Au programme, d’après ces sources, il y aurait donc deux journées de douze heures pour l’accusation et autant pour la défense afin qu’elles exposent leur argumentaire, puis 16 heures de questions des sénateurs, soumises par écrit au président de la Cour suprême.

Ce n’est qu’après cette première phase que Mitch McConnell entend mettre aux voix la question cruciale des témoins.

Les démocrates réclament en effet que quatre acteurs-clés de l’affaire ukrainienne soient convoqués à la barre, dont le chef de cabinet de la Maison-Blanche Mick Mulvaney et l’ex-conseiller à la sécurité nationale John Bolton.

Mais pour cela, ils doivent remporter chaque fois un vote, ce qui s’annonce difficile au regard du rapport de forces au Sénat, où les républicains disposent de 53 élus sur 100.