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Biden «chien enragé»: Pyongyang va trop loin, selon Trump

Donald Trump est un adepte des propos moqueurs, voire insultants, lorsqu’il évoque ses adversaires politiques. Mais il a jugé dimanche que la Corée du Nord était allée trop loin en traitant Joe Biden de «chien enragé».

Le régime de Pyongyang s’est fendu cette semaine d’une attaque d’une rare violence contre l’ancien vice-président de Barack Obama et candidat démocrate à la Maison-Blanche.

«Les chiens enragés comme Biden peuvent faire du mal à beaucoup de gens si on les laisse en liberté», a écrit l’agence officielle KCNA, suggérant de les «battre à mort».

«Monsieur le président, Joe Biden est peut-être endormi et très lent, mais il n’est pas un “chien enragé”. Il est en réalité meilleur que cela», a répondu Donald Trump dans un tweet visiblement adressé au leader nord-coréen Kim Jong-un, qu’il a rencontré à trois reprises.

Monde

Qui est le candidat d’Obama pour la Maison-Blanche?

WASHINGTON — Certains revendiquent haut et fort leur amitié avec lui. D’autres évoquent une filiation idéologique. D’autres encore prennent leurs distances avec son bilan pour mieux se démarquer. Barack Obama, lui, reste silencieux. Ou presque.

L’ancien président démocrate de 58 ans, qui a quitté le pouvoir il y a près de trois ans armé d’une popularité au zénith, observe à distance la primaire démocrate qui doit désigner l’homme ou la femme qui affrontera Donald Trump le 3 novembre 2020.

Au-delà de ses orientations politiques sur la santé, l’immigration ou l’éducation, nombre de prétendants à la Maison-Blanche font régulièrement référence à son style, une certaine classe dans l’exercice du pouvoir qui contraste avec l’attitude du milliardaire républicain qui lui a succédé.

À moins de trois mois du premier vote dans l’Iowa, la course démocrate est extraordinairement indécise. Le prochain débat prévu mercredi à Atlanta rassemblera dix candidats. Qui marquera des points ? Joe Biden ? Elizabeth Warren ? Pete Buttigieg ? Bernie Sanders ? Kamala Harris ?

Impossible à prédire. Et la liste de ceux qui rêvent de s’installer dans le bureau Ovale n’est pas close. Le milliardaire Michael Bloomberg laisse — une nouvelle fois — flotter l’idée d’une candidature. Et Deval Patrick s’est jeté à l’eau cette semaine.

L’entrée en lice tardive de ce proche de Barack Obama, qui fut l’un des premiers gouverneurs noirs des États-Unis, a ravivé les spéculations : l’ex-président aurait des doutes sur les chances des candidats déjà en course de l’emporter face à Donald Trump.

«Mon ami Barack»

Les interrogations portent en particulier sur Joe Biden, affublé du surnom de «Joe l’endormi» par Donald Trump, qui est l’un des favoris mais suscite des doutes récurrents sur sa capacité à aller au bout.

Sur les estrades de campagne, il ne rate jamais une occasion de souligner sa proximité avec son «ami Barack» dont il fut le vice-président pendant huit ans.

En vieux routier de la politique, il avait souligné lors du lancement de la campagne qu’il avait demandé à ce dernier de ne pas lui apporter son soutien… même si à aucun moment l’ancien président n’a publiquement évoqué la possibilité de le faire.

« Le président Obama n’a pas l’intention de s’impliquer dans la primaire à ce stade, il préfère laisser les candidats présenter leurs arguments directement aux électeurs », a indiqué cette semaine à l’AFP une source proche de l’ancien locataire de la Maison-Blanche.

Mais le 44e président de l’histoire a, sans surprise, son idée sur la façon d’aborder le scrutin du 3 novembre 2020 pour s’assurer que la présidence Trump se limite à un mandat que le 46e locataire de la Maison-Blanche soit un démocrate.

Par petites touches, il se positionne. Lors d’une intervention vendredi soir devant des donateurs démocrates réunis à Washington, il a distillé sa vision de la bataille électorale à venir, se disant convaincu qu’elle se gagnerait au centre.  

«Candidat aguerri»

S’il a insisté sur la nécessité d’avancer des idées nouvelles dans la réduction des inégalités par exemple, il a lancé une mise en garde très claire contre la tentation d’un brusque coup de barre à gauche.

«Même si nous cherchons à aller toujours plus loin et à proposer une vision audacieuse, nous devons aussi nous ancrer dans la réalité », a-t-il avancé.

«L’Américain moyen ne pense pas que nous devons détruire complètement le système et tout recommencer», a-t-il ajouté, soulignant que les États-Unis n’étaient pas un pays «révolutionnaire» et appelant à ne pas avoir comme seules boussoles les «comptes Twitter marqués à gauche».

Il n’a bien sûr, nommé personne, mais les noms des sénateurs Elizabeth Warren et Bernie Sanders, qui plaident pour une « révolution politique », étaient présents dans tous les esprits.

Face aux nombreux démocrates qui redoutent que cette primaire — avec sa myriade de candidats et sans favori clair — ne soit contre-productive face à un président-candidat déjà en ordre de bataille, Barack Obama s’est voulu rassurant.

«Pour ceux qui s’inquiètent d’une primaire trop robuste, je veux seulement vous rappeler que je suis passé par là», a-t-il lancé, évoquant sa campagne de 2008, par moment acrimonieuse, face à Hillary Clinton.

«Je suis convaincu qu’à la fin du processus nous aurons un candidat aguerri».

Monde

Manifestations en Iran après une hausse des prix de l'essence, un mort

TÉHÉRAN — Des Iraniens ont de nouveau manifesté samedi dans plusieurs villes du pays au lendemain de l'annonce surprise par le gouvernement d'une hausse du prix de l'essence et de la mort d'un civil lors d'une manifestation, selon les médias locaux.

La réforme a été présentée comme une mesure dont les bénéfices seront redistribués aux ménages en difficulté, dans un pays pétrolier dont l'économie — asphyxiée par les sanctions américaines — devrait se contracter de 9% en 2019, selon le Fonds monétaire international (FMI).

Pour le deuxième jour consécutif, des Iraniens sont descendus dans les rues et les protestations se sont étendues à de nouvelles villes, selon l'agence officielle Irna.

À Téhéran, certains manifestants ont été vu en train de bloquer une route, tandis que d'autres étaient rassemblés autour d'un véhicule en feu. Des scènes similaires ont été rapportées à Chiraz et Ispahan (centre).

Vendredi soir, quelques heures après l'annonce de la hausse des prix, les Iraniens ont manifesté dans une dizaine de villes, Irna évoquant des rassemblements «d'ampleur limitée», sauf à Sirjan (centre) où ils ont été «importants».

«Une personne a été tuée» et plusieurs civils ont été blessés vendredi à Sirjan, a indiqué Mohammad Mahmoudabadi, gouverneur par intérim de la ville, cité par l'agence Isna, sans préciser la cause de sa mort.

«Les forces de l'ordre n'ont pas reçu l'autorisation de tirer [sur les manifestants], juste de tirer [en l'air] en signe d'avertissement [...] ce qu'elles ont fait», a-t-il ajouté, en accusant «certains» de «détruire des biens publics, d'endommager des stations-service».

Les forces de sécurité ont empêché des manifestants de mettre le feu à des dépôts d'essence, selon Isna.

«Internet quasi-coupé»

Dans le sud du pays, des «émeutiers» ont mis le feu vendredi à une banque à Ahvaz, et «des individus armés suspects» ont blessé plusieurs personnes en leur tirant dessus à Khoramshahr, selon le site internet de la télévision d'État.

La télévision d'État a accusé des «médias hostiles» de relayer des «fake news» et des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux dans lesquelles l'ampleur des manifestations est exagérée.

Le procureur général Mohammad Jafar Montazéri a déclaré que la population ne s'associerait pas avec «les quelques éléments perturbateurs» dont les actions montrent qu'ils sont contre le système.

Samedi, l'ONG spécialisée dans la cybersécurité NetBlocks a déclaré sur Twitter que l'Iran faisait désormais face «à une coupure quasi-totale d'Internet [...] après 12 heures de déconnexion progressive du réseau».

«Coopération»

Le gouvernement iranien a annoncé vendredi une hausse d'au moins 50% du prix de l'essence. Le litre se paiera désormais 15 000 rials (11 centimes d'euros) pour un maximum de 60 litres par mois, chaque litre supplémentaire coûtant 30 000 rials (22 centimes d'euros).

L'Iran est l'un des pays où l'essence est la plus subventionnée. Encouragées par les prix bas, la consommation de carburant est élevée, avec 90 millions de litres consommés par jour pour 80 millions d'habitants, et la contrebande courante.

Les retombées de cette hausse des prix sont estimées à 300 000 milliards de rials (environ 2,3 milliards euros) par an par le responsable de la Planification et du Budget Mohammad Bagher Nobakht. Elles doivent être redistribués aux Iraniens qui sont «sous pression [économique]», soit près de 75% de la population, a assuré le président Hassan Rohani.

Selon M. Nobakht, la réforme a été décidée par le Haut conseil de la coordination économique — composé du président, du président du Parlement et du chef de la Justice — qui a appelé samedi à «la coopération de tous les secteurs» pour qu'elle soit mise en place vite.

Les parlementaires, eux, ont vu d'un mauvais oeil le contournement du Parlement, le député de Téhéran Parvaneh Salahshouri affirmant sur Twitter que l'assemblée avait «perdu son autorité».

M. Rohani avait déjà tenté en décembre 2018 d'augmenter les prix de l'essence mais la mesure avait été bloquée au Parlement, alors que le pays était secoué par des manifestations inédites provoquées par la mise en place de mesures d'austérité.

L'Iran fait face à une crise économique aggravée depuis le retrait unilatéral des États-Unis en 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015, assorti du retour de lourdes sanctions qui privent le pays de retombées économiques qu'il espérait de ce pacte.

Les manifestations interviennent à un moment délicat pour les autorités, à quelques mois d'élections législatives, prévues en février.

Monde

250 000 manifestants à Prague contre le premier ministre

PRAGUE — Environ 250 000 Tchèques, selon le ministère de l'Intérieur, ont investi samedi le centre de Prague pour demander le départ du premier ministre milliardaire Andrej Babis accusé de corruption, la veille du 30e anniversaire de la Révolution de velours qui avait renversé le communisme dans l'ancienne Tchécoslovaquie.

Les manifestants ont brandi des drapeaux tchèques et des banderoles appelant M. Babis à se retirer. Ils ont scandé «honte!» et «démission!».

Le ministre de l'Intérieur, Jan Hamacek, cité par l'agence CTK, a estimé à environ 250 000 le nombre de personnes rassemblées au parc Letna, dans le centre de Prague.

La manifestation se tient la veille du trentième anniversaire de la Révolution de velours: des manifestations sans précédent et une grève générale qui ont mis fin à quatre décennies de totalitarisme imposé par l'Union soviétique dans ce qui était alors la Tchécoslovaquie.

Ancien communiste, le populiste Babis est confronté à une série d'accusations de corruption et à une enquête de la Commission européenne sur un conflit d'intérêts possible autour de son holding Agrofert regroupant différentes activités dans ses vastes exploitations agricoles, dans les médias et dans le secteur chimique.

Le chef du gouvernement tchèque rejette les accusations et son parti populiste ANO reste en tête des sondages avec environ 30% de soutien, indépendamment de ces controverses.

M. Babis est aussi identifié comme agent dans des dossiers secrets de la police des années 1980, ce que le milliardaire a fermement démenti.

«Démocratie en danger»

Des habitants d'une maison donnant sur le rassemblement ont déployé samedi une banderole clamant que «la vérité et l'amour doivent prévaloir sur les mensonges et la haine», la devise de l'ancien dramaturge dissident anticommuniste puis président tchèque Vaclav Havel.

Kristyna Kovarova, une étudiante de 20 ans, originaire du village de Malenice, dans le sud du pays, a déclaré à l'AFP qu'elle était «venue se battre pour la démocratie».

«Je pense que la démocratie est en danger parce que de nombreuses personnes tentent de la modifier et d'imposer leurs propres règles. Ce n'est pas juste», a-t-elle insisté.

«Je n'aime vraiment pas les mensonges de notre premier ministre», a déclaré de son côté Josef Plandor, venu de Zasova, dans l'est de la République tchèque.

«Son énorme conflit d'intérêts, ses mensonges, ses fraudes, c'est trop. Ce n'est pas un homme honnête», a insisté ce forestier de 43 ans.

D'origine slovaque, le chef du gouvernement, âgé de 65 ans, a été inculpé l'année dernière dans une affaire de fraude présumée aux subventions européennes d'une valeur de deux millions d'euros (environ 3 millions $CAN) concernant son complexe hôtelier près de Prague mais le parquet de Prague a abandonné les charges en septembre.

Grève d'étudiants

M. Babis, la cinquième fortune tchèque selon Forbes, dirige le mouvement populiste centriste ANO dans un gouvernement de coalition minoritaire avec les sociaux-démocrates, appuyé au parlement par le parti communiste.

ANO a remporté les élections législatives de 2017 en promettant la lutte contre la corruption en République tchèque, pays membre de l'Union européenne et de l'OTAN, fort de 10,6 millions de d'habitants.

Le vendredi 17 novembre 1989, la police tchécoslovaque avait dispersé brutalement une marche d'étudiants, ce qui avait déclenché leur grève le lendemain, et la création d'un mouvement d'opposition qui avait négocié l'abandon du pouvoir par le Parti communiste.

À la fin de décembre 1989, Vaclav Havel, alors chef de l'opposition, avait été élu président de la Tchécoslovaquie. Le pays s'est ensuite divisée pacifiquement en République tchèque et en Slovaquie en 1993.

Monde

Affaire Epstein: le prince Andrew dément «catégoriquement» les accusations contre lui

LONDRES — Mis en cause dans l'affaire Epstein, le prince Andrew a «catégoriquement» démenti , dans une interview sans précédent diffusée samedi soir à la télévision britannique, les accusations d'une femme qui affirme avoir été forcée d'avoir des relations sexuelles avec lui.

Dans cet entretien de près d'une heure, filmé au palais de Buckingham et diffusé en intégralité dans la soirée sur la BBC, le deuxième fils de la reine d'Angleterre affirme qu'il n'a «aucun souvenir» d'avoir jamais rencontré son accusatrice, Virginia Roberts — épouse Giuffre.

L'interview à la BBC fait la une dimanche de la plupart des journaux britanniques. Et beaucoup ironisent sur la méthode de défense du prince, ou estiment que son «pari» de s'expliquer à la télévision avait de fortes chances de se retourner contre lui et la famille royale.

«Il n'avait pas l'air conscient du sérieux de l'affaire, riant et souriant à plusieurs reprises pendant l'interview [...] et n'exprimant aucun regret ou inquiétude envers les victimes d'Epstein», jugeait ainsi le quotidien The Guardian.

Le prince Andrew, 59 ans et huitième dans la ligne de succession au trône, reconnaît que ses relations avec le financier américain Jeffrey Epstein ont pu mettre la famille royale dans l'embarras, mais estime ne pas avoir nuit à la réputation de la reine Elizabeth II.

Mme Giuffre affirme avoir été forcée d'avoir des relations sexuelles avec le prince Andrew à Londres en 2001 alors qu'elle avait 17 ans, puis à deux autres reprises à New York et sur l'île privée de Jeffrey Epstein dans les Caraïbes.

«Je peux catégoriquement, absolument vous dire que ce n'est pas arrivé», a déclaré le prince Andrew, 59 ans, qui s'est dit prêt à déposer devant la justice «dans de bonnes circonstances».

Le prince «sait exactement ce qu'il a fait et j'espère qu'il va être honnête», avait déclaré à la presse Virginia Roberts après une audience fin août à New York, où 15 autres plaignantes ont été entendues par la justice américaine, juste avant que les poursuites contre Jeffrey Epstein ne soient éteintes du fait de son suicide deux semaines auparavant.

Une photo montrant le prince et la jeune fille se tenant mutuellement par la taille a été largement diffusée dans les médias. À l'arrière-plan apparaît Ghislaine Maxwell, fille du magnat des médias Robert Maxwell. Plusieurs accusatrices d'Epstein ont affirmé avoir été «recrutées» par cette amie du prince et ancienne campagne du financier américain, ce qu'elle a toujours démenti.

Dans son interview enregistrée jeudi soir, le prince Andrew émet des doutes sur l'authenticité de ce cliché et affirme qu'il s'en veut «tous les jours» d'avoir rencontré Jeffrey Epstein à New York après sa libération en 2010. Mais l'objet de sa visite était dit-il de couper les ponts après que son ami eut passé 13 mois en prison, condamné en 2008 pour avoir conduit des jeunes filles à se prostituer en Floride.

«Pas convenable»

Voir Jeffrey Epstein après sa condamnation «n'était pas quelque chose de convenable pour un membre de la famille royale», a reconnu le prince Andrew.

S'il a séjourné chez Epstein à New York, c'est parce que c'était «plus pratique», a expliqué le prince.

Accusé d'agressions sexuelles sur mineures, Jeffrey Epstein avait été de nouveau arrêté et inculpé début juillet pour avoir organisé, pendant plusieurs années, un réseau constitué de dizaines de jeunes filles sous son emprise, pour des séances de massages qui tournaient au viol dans ses nombreuses propriétés, notamment à Manhattan et en Floride.

Âgé de 66 ans, il a été trouvé mort le 10 août dans la cellule de sa prison new-yorkaise, les résultats de l'autopsie confirmant un suicide par pendaison.

Le palais de Buckingham a démenti à plusieurs reprises tout comportement inapproprié de la part du prince Andrew.

Mis en cause dans la presse britannique, le prince avait affirmé fin août n'avoir jamais «vu» ni «soupçonné» d'abus sexuels de la part de Jeffrey Epstein, ce qu'il a répété à la BBC.

Dans un tweet, son ex-épouse Sarah Ferguson, mère de leurs deux enfants, a pris sa défense. «Andrew est un vrai gentleman», a-t-elle affirmé, soulignant le «sens du devoir» du prince et sa «gentillesse».

Monde

Code vestimentaire chez les élus: que fait-on ailleurs dans le monde?

Le débat autour de l’habillement de Catherine Dorion trouve des échos dans d’autres parlements du monde. Les règles du code vestimentaire à l’endroit des élus (surtout des femmes) ne sont pas nécessairement «fixes» et engendrent parfois des rappels à l’ordre, voire un interdit de pénétrer dans les chambres législatives.

Rappelons que des députés auraient menacé d’intervenir en chambre auprès du président pour exclure la députée solidaire, jeudi dernier, alors qu’elle s’est présentée à l’Assemblée nationale vêtue d’un coton ouaté orange. Catherine Dorion a décidé par elle-même de quitter le Salon bleu. Selon ces députés, elle ne respectait pas le décorum et les consignes vestimentaires données à l’ouverture des travaux parlementaires.

Cette affaire survient une semaine après que Catherine Dorion ait publié sur son compte Facebook, à l’occasion de l’Halloween, une photo d’elle « déguisée en députée » portant tailleur et talons aiguilles.

Si certains «scandales» éclatent parce que des députés décident d’utiliser leurs vêtements comme des signes pour faire passer un message politique, ils trouvent également leur origine dans la tendance genrée qu’ont les parlements à vouloir encadrer l’habillement des femmes.

Voici un tour d’horizon à partir des cas du Royaume-Uni, de la France et des États-Unis.

Grande-Bretagne, le bon usage prévaut

Tout comme au Québec, il n’existe pas de code vestimentaire précis au parlement britannique (Westminster). La norme dicte que les élus doivent respecter les Règles de comportement et de courtoisie de la Chambre des Communes.

Ces règles stipulent que la façon de s’habiller doit témoigner du « respect pour la Chambre et pour sa position centrale dans la vie de la nation ». Si l’usage voulait auparavant que « les hommes portent vestes et cravates » et qu’« un niveau similaire de formalité doit être observé par les femmes », des changements apportés à ces règles en 2018 ont exclu l’obligation de la cravate. Rien n’est désormais précisé pour les femmes.

Les modifications au code vestimentaires sont parfois accélérées par des accidents météorologiques. Avant les canicules de l’été 2017, il était impossible pour un homme politique de s’exprimer s’il ne portait pas de cravate. Mais le président de la Chambre des communes à l’époque, John Bercow, s’est saisi de ce prétexte – les députés étouffaient littéralement sous la chaleur écrasante – pour remettre les règles au goût du jour : « Tant qu’un parlementaire arrive à la Chambre habillé de manière correcte, la question de savoir s’il porte une cravate ou non n’est pas très importante. »

Cette question, typiquement masculine, a fait couler moins d’encre que celle de l’habillement des femmes politiques. Malgré leur respect du « niveau similaire de formalité » exigé, Barbara Castle, Margaret Thatcher et Theresa May et d’autres ont été critiquées au fil des ans pour leurs vêtements aux couleurs vives, leurs talons hauts « excentriques » ou le choix de porter des tenues de maternité.

Les députées britanniques n’ont pas attendu Catherine Dorion pour attirer l’attention publique en s’habillant à l’encontre des prescriptions parlementaires. En 2014, l’élue travailliste Harriet Harman a suscité l’indignation en chambre et chez une certaine frange de l’opinion publique en se présentant face au premier ministre David Cameron paré d’un T-shirt «Voilà à quoi ressemble une féministe».

Un an plus tôt, en 2013, la députée verte Caroline Lucas a quant à elle été sommée de cacher son t-shirt «No More Page Three», une allusion au sexisme des quotidiens anglais et au fait que les femmes n’apparaissent pratiquement jamais en manchette. Le président de la séance lui a dit de « remettre sa veste » et de respecter le code vestimentaire de Westminster. Ce à quoi elle a ajouté qu’il lui semblait « assez ironique que ce t-shirt soit considéré comme une chose inappropriée à porter dans cette Assemblée, alors qu’il est apparemment approprié que ce genre de journal soit disponible dans huit points de vente différents du Palais de Westminster ».

Un nouveau code vestimentaire dans l’hémicycle français

L’Assemblée nationale de France impose depuis 2018 un code vestimentaire aux députés. Cette réglementation, voulue pour «réagir à certaines dérives» d’une étiquette auparavant fixée par les usages, oblige les élus à suivre les règles suivantes, selon la Présidence de l’Assemblée nationale :

«La tenue vestimentaire adoptée par les députés dans l’hémicycle doit rester neutre et s’apparenter à une tenue de ville. Elle ne saurait être prétexte à l’expression d’une quelconque opinion. Est ainsi notamment prohibé le port de tout signe religieux ostensible, d’un uniforme, de logos ou messages commerciaux ou de slogans de nature politique »

L’élément déclencheur de cette soudaine volonté de codifier serait attribuable à la montée à la tribune, en décembre dernier, du député du parti La France Insoumise François Ruffin, vêtu du maillot du club de foot d’Eaucourt-sur-Somme. Il soutenait une proposition de loi visant à instaurer une taxe sur les transferts de sportifs professionnels. François de Rugy, président de l’Assemblée, lui a adressé un « rappel à l’ordre avec inscription au procès-verbal ».

Le nouveau règlement ne revient pas sur la dispense du port de la cravate et de la veste dans l’hémicycle, bataille menée et gagnée en 2017 entre autres par le mouvement des « sans-cravates » (clin d’œil aux sans-culottes de la Révolution française) du chef de France insoumise, Jean‑Luc Mélenchon, et ses députés.

Quant aux femmes députées, pas de disposition particulière n’a été prise. Il semble que leur garde-robe reste conditionnée par l’humeur de leurs collègues masculins. En 2017, la robe colorée portée par Cécile Duflot, ministre du Logement, a déclenché sifflets et remarques déplacées de la part de ses homologues masculins. Pourtant, elle avait tout d’une tenue de ville appropriée. Duflot a d’ailleurs déclaré à la suite de cette affaire « Je suis un baromètre à réacs. Certaines de mes collègues arrivent en perfecto à l’Élysée, d’autres en jean et pull à l’Assemblée, ça ne suscite rien. Moi j’aimante quelque chose ».

Des règles non écrites prévalent à la Chambre des représentants du Congrès américain. On préconise veston et cravate pour l’homme et une tenue appropriée pour les femmes. Les sandales et les espadrilles sont de facto proscrites pour tous les élus.

Jusqu’en 2017, une tenue appropriée signifiait pour les femmes congressistes (et tout le personnel ainsi que les journalistes gravitant autour de la Chambre) l’interdiction de porter des hauts ou des robes sans manches, sauf avec veste. Mais, à la suite du renvoi temporaire d’une journaliste pour port d’une robe sans manches et autres « violations » du genre, les élues se sont mobilisées autour du mouvement « Sleeveless Friday » (Vendredi sans manches).

Elles se sont regroupées sur les marches du Capitole et ont fini par obtenir de Paul Ryan, alors président de la Chambre, le retrait de cette règle non écrite. Accusé de sexisme, il s’est défendu en indiquant que le « décorum » demeurait important, mais qu’il était en effet temps d’adapter le code vestimentaire à la modernité.

« Le code vestimentaire de la Chambre doit être mis à jour pour respecter le droit des femmes de porter des vêtements sans manches », a souligné la congressiste Jan Schakowsky sur son compte Twitter. Twitter, Author provided

Le Bureau de l’Assemblée nationale du Québec (BAN) et son président, François Paradis, travaillent en ce moment à une réforme du code vestimentaire, avec une certaine volonté de l’assouplir. Il est toutefois peu probable que cet assouplissement empêche les députés de transgresser le code vestimentaire. Ce faisant, comme en Grande-Bretagne, en France et avec l’exemple de Catherine Dorion, ils attirent sur eux l’attention des médias et de la population.

Le plus important pour le BAN sera en fait de s’assurer que son nouveau code ne lèse pas les femmes présentes à l’Assemblée nationale, mais qu’il leur octroie une liberté vestimentaire qui ne les réduise pas à leur identité de genre.

Monde

Affrontements à Paris alors que les «gilets jaunes» tentent de remobiliser [PHOTOS]

PARIS — Tirs de lacrymogènes contre jets de pavés, feux de poubelles et mobilier urbain saccagé: les manifestations de «gilets jaunes», qui ambitionnaient de donner un second souffle à leur mouvement de contestation sociale, ont été marquées samedi par le retour des violences dans certains quartiers de Paris et d'autres villes françaises.

Les manifestations ont rassemblé 28 000 personnes dans toute la France, dont 4700 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur. La dernière participation équivalente remonte au samedi 9 mars, avec 28 600 personnes en France. De son côté le mouvement a donné une estimation globale de 39 530 participants.

Un an après la naissance de ce mouvement inédit, la place d'Italie, dans le sud de la capitale française, a été le théâtre de flambées de violences dans l'après-midi, ont constaté des journalistes de l'AFP, qui ont vu des manifestants blessés et des pompiers empêchés d'intervenir. La situation est restée confuse deux heures durant, alors que les forces de l'ordre s'efforçaient de disperser de petits groupes de casseurs, alternant charges brèves et déluge de lacrymogènes et utilisant plusieurs fois un canon à eau.

Monde

Venise dévastée se prépare à une troisième grave inondation en une semaine

VENISE — Venise inondée se préparait pour un troisième pic de marée haute quasiment sans précédent en moins d'une semaine, après deux précédents épisodes qui ont dévasté la fragile cité lacustre italienne, placée sous état d'urgence.

Après un bref répit samedi, les services météorologiques prévoient une nouvelle «acqua alta» à 1,60 mètre pour dimanche à la mi-journée, un niveau toujours dangereux.

Vendredi, la marée haute avait atteint 1,54 mètre et conduit à la fermeture pendant plusieurs heures de l'emblématique place Saint-Marc. Et mardi soir, Venise avait connu sa pire marée haute en 53 ans, à 1,87 m, soit le deuxième record historique derrière celui du 4 novembre 1966 (1,94 m). L'eau a envahi les églises, commerces, musées et hôtels de ce joyau classé au patrimoine mondial par l'Unesco, l'inondant à 80%.

Comme beaucoup d'institutions culturelles, le musée Guggenheim avait prévu de rouvrir vendredi mais a renoncé «en raison de conditions météo qui empirent».

La plupart des distributeurs de billets étaient hors d'usage samedi dans la ville.

«Venise est dévastée, il y a pour un milliard [d'euros] de dégâts», a déclaré le maire Luigi Brugnaro.

L'équipe de football d'Italie s'est rendue dans la ville samedi pour montrer sa solidarité. «Venise survivra aussi à ça. Comme un athlète gravement blessé qui finit par se relever», a déclaré l'ancien international Gianluca Vialli.

Premières annulations

«C'est choquant de voir cela, d'avoir de l'eau jusqu'aux genoux», a dit à l'AFP Oscar Calzada, un touriste mexicain de 19 ans.

Le ministre italien de la Culture, Dario Franceschini, venu vendredi constater sur place les dégâts, estime que les travaux de réparation seront considérables. Plus de 50 églises ont été endommagées, a-t-il noté.

«Toutes les réserves qui sont en sous-sol sont perdues!» se lamentait Luciano, employé d'un magasin place Saint-Marc. «Ces marées hautes si fréquentes n'arrivaient pas avant [...] Cette fois il y a beaucoup plus de dégâts que par le passé.»

Venise, qui compte 50 000 habitants, reçoit 36 millions de touristes par an, dont 90% d'étrangers.

Des hôtels, dont la Locanda Al Leon, commencent à déplorer des annulations pour les fêtes de fin d'année.

Le maire de Venise a annoncé vendredi l'ouverture d'un compte bancaire pour tous ceux qui, en Italie et à l'étranger, souhaitent contribuer aux réparations. «Venise, endroit unique, est l'héritage de tout le monde. Grâce à votre aide, Venise brillera de nouveau», a-t-il écrit dans un communiqué.

Les habitants dont les logements ont été endommagés peuvent demander une aide gouvernementale immédiate de 5000 euros (7300 $CAN), et les commerçants peuvent recevoir jusqu'à 20 000 euros (29 200 $CAN).

«Cela serait un péché de ne plus voir ces endroits. Je crois que tout le monde devrait mettre la main à la poche», a dit à l'AFP Nicole Righetti, une touriste italienne.

Diana Ramirez, une Colombienne habitant aux États-Unis, est aussi favorable à la solidarité : «Cela va coûter beaucoup d'argent à Venise, ce n'est pas une mauvaise chose de demander aux touristes étrangers s'ils peuvent aider».

Jeudi soir, le gouvernement du premier ministre Giuseppe Conte avait approuvé l'instauration de l'état d'urgence à Venise et annoncé le déblocage de 20 millions d'euros «pour les interventions les plus urgentes».

Cette procédure d'état d'urgence, souvent utilisée dans une Italie régulièrement frappée par des désastres (séismes, éruptions volcaniques et glissements de terrain), dote le gouvernement de «pouvoirs et moyens exceptionnels».

«Tropicalisation» de la météo

La Sérénissime, bâtie sur 118 îles et îlots en majorité artificiels et sur pilotis, est menacée d'engloutissement. Elle s'est enfoncée de 30 centimètres dans la mer Adriatique en un siècle.

Pour le ministre de l'Environnement Sergio Costa, la fragilité de Venise s'est accrue en raison de la «tropicalisation» de la météo, avec d'intenses précipitations et de fortes rafales de vent, liée au réchauffement climatique.

Les écologistes montrent aussi du doigt l'expansion du grand port industriel de Marghera, situé en face de Venise, et le défilé des bateaux de croisière géants.

L'«acqua alta» record de mardi a submergé 80% de la cité, provoqué la mort d'un septuagénaire et renversé des gondoles ainsi que des vaporetti (bateaux de transport public).

De nombreux responsables, dont le maire, ont appelé à mettre en service «au plus vite» le projet de digues MOSE (Moïse en italien, acronyme de Module expérimental électromécanique).

Lancé en 2003 et retardé par des malfaçons et des enquêtes pour corruption, MOSE s'appuie sur 78 digues flottantes qui se relèvent et barrent l'accès à la lagune en cas de montée des eaux de l'Adriatique, jusqu'à trois mètres de hauteur. De récents tests ont permis d'identifier des vibrations et de la rouille mais, selon M. Conte, il est «prêt à 93%» et sera «achevé au printemps 2021».

Monde

Affaire Epstein: le prince Andrew n’a «aucun souvenir» de son accusatrice

LONDRES — Le prince Andrew, mis en cause dans l’affaire Epstein, a affirmé qu’il ne se souvenait pas avoir rencontré une femme qui l’accuse d’agressions sexuelles lorsqu’elle était mineure, selon des extraits d’un entretien avec la BBC dévoilés vendredi soir.

«Je n’ai aucun souvenir d’avoir jamais rencontré cette femme», a déclaré le deuxième fils de la reine d’Angleterre Elizabeth II au sujet de Virginia Roberts — épouse Giuffre — selon la retranscription d’extraits d’une entrevue qui doit être diffusée samedi soir sur la BBC two dans l’émission Newsnight.

Virginia Roberts, l’une des plaignantes dans l’affaire Epstein, a affirmé avoir été forcée d’avoir des relations sexuelles avec le prince Andrew à Londres en 2001 alors qu’elle avait 17 ans, puis à deux autres reprises à New York et sur l’île privée du financier américain dans les Caraïbes.

Le prince «sait exactement ce qu’il a fait et j’espère qu’il va être honnête», avait-elle déclaré à la presse après une audience fin août à New York, où 15 autres plaignantes ont été entendues par la justice américaine, avant que les poursuites contre le financier Jeffrey Epstein ne soient éteintes du fait de son suicide.

Dans son entrevue avec la BBC, le prince Andrew affirme qu’il s’en veut «tous les jours» d’avoir continué à fréquenter Jeffrey Epstein après sa libération en 2010. L’Américain avait purgé une peine de prison après avoir été condamné en 2008 pour avoir conduit des jeunes filles à se prostituer en Floride.

Accusé d’agressions sexuelles sur mineures, Jeffrey Epstein avait été de nouveau arrêté et inculpé début juillet pour avoir organisé, pendant plusieurs années, un réseau constitué de dizaines de jeunes filles sous son emprise, avec lesquelles il avait des rapports sexuels dans ses nombreuses propriétés, notamment à Manhattan et en Floride.

Il a été trouvé mort le 10 août dans la cellule de sa prison new-yorkaise, les résultats de l’autopsie confirmant un suicide par pendaison.

Mis en cause dans la presse britannique, le prince de 59 ans avait affirmé fin août n’avoir jamais «vu» ou «soupçonné» d’abus sexuels de la part de Jeffrey Epstein.

Dans le cadre d’une enquête ouverte en France, un nouvel appel à témoins, élargi à l’international, a été lancé vendredi. Les enquêteurs français s’intéressent au rôle joué par l’agent de mannequins français Jean-Luc Brunel, un ancien proche de Jeffrey Epstein, accusé de viols par plusieurs anciens top models. 

Monde

Tuerie près de Los Angeles: le tireur de 16 ans succombe à ses blessures

LOS ANGELES — Le garçon de seize ans qui a ouvert le feu sur des camarades dans la cour de son école près de Los Angeles, tuant deux d’entre eux, est mort vendredi des suites de ses blessures, sans avoir expliqué ce qui a pu pousser un adolescent a priori sans histoires à commettre un tel geste.

Le jeune homme, identifié comme Nathaniel Berhow, s’était tiré une balle dans la tête après l’attaque jeudi matin, jour de son anniversaire. Il avait été transporté avec ses victimes à l’hôpital où il se trouvait «dans état critique».

Il est mort peu après 15h30 vendredi, ont indiqué à l’AFP les services du shérif du comté de Los Angeles.

Boy scout, introverti mais sociable, familier des armes sans apparemment être un passionné, le tireur est mort sans avoir pu être interrogé et n’a laissé aucune lettre permettant d’éclairer son acte.

«Nous savons que l’attaque était préméditée, mais nous ne connaissons pas les détails ni le mobile à ce stade», avait dit le shérif du comté de Los Angeles, Alex Villanueva, lors d’une conférence de presse avant le décès.

«Pour autant que nous sachions, il a choisi ses cibles au hasard. Nous n’avons pu déterminer aucune relation entre le suspect et les victimes», dont le seul point commun était de fréquenter le collège Saugus de Santa Clarita où le drame s’est déroulé, a-t-il ajouté.

Rien n’indique qu’il ait eu des motivations d’ordre idéologique et le tireur ne semblait pas être un marginal ni avoir été victime de harcèlement scolaire, a dit le shérif Villanueva. 

«Il avait des amis, des gens venaient le chercher ou le déposer chez lui» et «je le voyais fai re pas mal d’activités sportives», a confirmé au Los Angeles Times un voisin de l’adolescent, Jared Axen, 33 ans. «Il n’était pas du genre à venir engager la conversation. C’était quelqu’un de calme, de réservé, mais être introverti n’est pas si rare», a-t-il estimé.

Aidan Soto, élève de l’école secondaire Saugus, n’aurait pas soupçonné le moins du monde que son camarade, très impliqué dans le scoutisme, puisse commettre un tel crime. «C’était un gentil garçon [...] Les scouts les plus jeunes l’admiraient vraiment. Il était là quand ils avaient besoin de lui. Je suis perdu, je cherche à comprendre», raconte-t-il.

Habitué aux armes à feu

Le tireur n’avait aucun antécédent de violence, mais son père, divorcé de sa mère voici quelques années, avait des problèmes liés à l’alcool et fut à un moment soupçonné de violences conjugales, mais jamais poursuivi, faute de preuves.

Le père du tireur était décrit comme un passionné de pêche et de chasse au gros gibier, et les voisins se rappellent l’avoir vu effectuer ses préparatifs dans son garage, notamment fabriquer ses propres munitions pour la chasse au wapiti, selon le LA Times.

Les enquêteurs ignorent encore comment Nathaniel Berhow s’est procuré le pistolet de calibre .45 qu’il a utilisé jeudi, gardant la dernière balle pour se suicider, mais les images de vidéosurveillance de la tuerie laissent penser que l’adolescent savait manier une telle arme.

Monde

Biden, un «chien enragé» qu’il faut «battre à mort», selon Pyongyang

SÉOUL — La Corée du Nord s’est fendue d’une attaque verbale d’une rare violence contre le candidat démocrate à la Maison-Blanche Joe Biden, présentant l’ancien vice-président américain comme un «chien enragé» qu’il faut «battre à mort» à coups de bâton.

Les autorités nord-coréennes ne sont pas avares d’insultes, mais cette sortie sur M. Biden a néanmoins surpris par son caractère outrancier.

M. Biden «a la témérité d’oser calomnier la dignité de la direction suprême de la RPDC», peut-on lire jeudi dans une dépêche de l’agence officielle KCNA, qui cite les initiales du nom officiel du régime, la République populaire démocratique de Corée.

«Les chiens enragés comme Biden peuvent faire du mal à beaucoup de gens si on les laisse en liberté», poursuit l’agence. «Il faut les battre à mort avec un bâton.»

«Le faire sera aussi bénéfique pour les États-Unis», avance-t-elle.

L’ancien vice-président de Barack Obama a réagi vendredi dans un communiqué en se disant «flatté» par ces insultes.

«Il semblerait que le dictateur meurtrier Kim Jong-un ne m’aime pas. Il faut l’ajouter à la liste d’autocrates qui ne veulent pas que je devienne président, à côté de Vladimir Poutine», a-t-il déclaré.

On ignore dans l’immédiat ce qui a poussé Pyongyang à proférer ces insultes. Peut-être le fait que l’équipe de M. Biden s’en soit pris cette semaine dans un clip de campagne à la politique étrangère de Donald Trump, qui consiste selon elle à «faire l’éloge des dictateurs et des tyrans, et à repousser nos alliés».

Au moment où le mot «tyran» était prononcé apparaissait une photo de la poignée de main historique entre M. Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, à Singapour, en juin 2018.

M. Biden est l’incarnation «du dernier stade de la sénilité», poursuit l’agence. «Il semble temps pour lui que sa vie s’arrête».

Ce n’est pas la première fois que l’agence nord-coréenne s’en prend à l’ancien vice-président, qu’elle avait en mai qualifié d’«imbécile» et d’«idiot au faible QI». 

Monde

Trump s’attaque par tweets à l’ex-ambassadrice Yovanovitch lors de son témoignage

WASHINGTON — L’ex-ambassadrice américaine à Kiev a jugé vendredi «intimidantes» les flèches décochées à son encontre par Donald Trump au moment même où elle livrait un témoignage édifiant au Congrès dans le cadre de l’enquête en destitution qui menace le président.

Les démocrates ont dénoncé une pression sur un témoin qui pourrait alimenter le dossier d’accusation contre le président des États-Unis, déjà soupçonné d’abus de pouvoir pour avoir demandé à l’Ukraine d’enquêter sur un de ses rivaux.

«Partout où Marie Yovanovitch est passée, les choses ont mal tourné», a tweeté Donald Trump une heure après le début de l’audition de la diplomate. «Elle a débuté en Somalie, et regardez comment ça s’est terminé», a-t-il ajouté en référence au chaos dans ce pays de la Corne de l’Afrique.

Mme Yovanovitch, diplomate depuis 33 ans jouissant d’une réputation de grande intégrité, avait été rappelée en urgence à Washington en mai sur ordre du président. 

Dans ses tweets, le président a défendu «son droit absolu» de choisir ses ambassadeurs.

À la Chambre des représentants, sa salve n’est pas passée inaperçue. L’élu démocrate Adam Schiff, qui dirige l’enquête contre le président, a lu ses messages et demandé à la diplomate de réagir. Après un moment de recul, elle a pesé ses mots : «C’est très intimidant».

Lors d’une pause, Adam Schiff a dénoncé «une intimidation de témoin en direct», qui pourrait constituer une «entrave» à l’enquête.

Ce «n’était pas de l’intimidation de témoins, c’était juste l’opinion du président», a réagi la Maison-Blanche. «J’ai le droit de m’exprimer», a renchéri le président devant la presse.

Donald Trump est visé par une procédure de destitution parce qu’il a demandé le 25 juillet à son homologue ukrainien d’enquêter sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l’affronter lors de la présidentielle de 2020. Dans cet appel, rendu public en septembre après l’intervention d’un lanceur d’alerte, il avait cité Mme Yovanovitch. «Il va lui arriver des choses», avait-il déclaré.

«Forces de l’ombre»

«J’ai été choquée» d’entendre ça, «Cela ressemblait à une menace diffuse», a-t-elle commenté vendredi.

La diplomate, restée très digne malgré une émotion évidente, a également confié avoir été perturbée par la campagne de dénigrement menée contre elle pendant des mois par l’avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani. «Je n’ai pas compris pourquoi il m’attaquait», a-t-elle déclaré, en confiant s’être «inquiétée» de voir «le président et son fils» relayer ses attaques.

Jurant n’avoir «aucun parti-pris politique», Mme Yovanovitch a assuré que son rappel avait «porté un coup au moral» des diplomates américains à Kiev et dans l’ensemble du réseau américain.

Sans citer le secrétaire d’État Mike Pompeo, elle a critiqué les responsables du département d’État pour ne pas l’avoir défendue. «Dans le monde entier, les forces de l’ombre auront compris qu’il ne faut pas grand-chose pour obtenir la tête d’un ambassadeur», a-t-elle dit.

Après cinq heures d’audition, ponctuées par des marques de respect unanimes pour l’ancienne ambassadrice, elle a quitté la salle sous des applaudissements nourris.

Les républicains n’ont pas mis en cause son intégrité, mais ont relevé qu’elle restait employée du département d’État à un poste prestigieux dans une université.

Ils l’ont assaillie de questions sur les affaires du fils de Joe Biden en Ukraine au moment où son père était vice-président des États-Unis. Elle a reconnu que cela «pouvait ressembler à un conflit d’intérêts».

Appel compromettant

Par ailleurs, un diplomate américain a affirmé vendredi lors d’une audition à huis clos au Congrès, selon CNN, avoir entendu une conversation téléphonique prouvant potentiellement l’implication directe de Donald Trump dans les pressions exercées sur l’Ukraine afin qu’elle enquête sur l’un de ses rivaux politiques.

David Holmes, employé de l’ambassade des États-Unis à Kiev, a évoqué une conversation que l’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne Gordon Sondland, assis auprès de lui, aurait eue avec Donald Trump depuis un restaurant de la capitale ukrainienne.

Cet échange aurait eu lieu le 26 juillet. Selon une copie de la déclaration liminaire de M. Holmes obtenue par CNN, M. Sondland aurait dit au milliardaire républicain qu’il avait M. Zelensky «dans [sa] poche».

«Est-ce qu’il va donc enquêter?», sur Joe Biden, aurait alors demandé M. Trump avant de se voir répondre que le président ukrainien était prêt à faire «tout» ce qu’il lui demandait.

Autour du globe, 16 novembre 2019

Monde

Corée du Sud: recherche désespérément belle-fille modèle

HOENGSEONG — Pour trouver celle qui sera l’épouse parfaite et surtout la belle-fille idéale, Lee Byung-ho a dû chercher une étrangère : écrasées par un système patriarcal qui leur impose de prendre soin des beaux-parents, tout en s’occupant des enfants et en travaillant, de plus en plus de jeunes sud-coréennes boudent le mariage.

Emma Sumampong, 48 ans, est Philippine. Elle fait partie des dizaines de milliers d’étrangères qui ont quitté leur pays pour épouser un Sud-Coréen.

Levée à 5 heures, elle s’occupe du petit-déjeuner et des tâches ménagères avant de conduire ses trois enfants à l’école et de filer au travail.

À midi, elle rentre dans sa modeste maison, située dans un village de montagne, pour gérer le repas de sa belle-mère.

L’après-midi, elle reprend son travail d’employée de bureau ou s’active dans son potager avant de se remettre derrière les fourneaux en supervisant les devoirs des enfants.

Entre chacune de ces multiples tâches, Mme Sumampong prend soin de sa belle-mère Kim Geum-nyeo, 89 ans.

L’octogénaire est invalide et sa belle-fille lui gère ses lessives, ses repas sans oublier de l’aider à se laver et à faire ses besoins.

«Je dois rester forte autant physiquement que psychologiquement afin de surmonter les difficultés qui se présentent à moi», explique celle qui est le pilier de la maison.

Dévouement récompensé 

Après s’être consacrée à son beau-père malade, décédé en 2012, elle prend soin de sa belle-mère.

Son époux, Lee Byung-ho, employé dans une entreprise d’électronique, reconnaît le travail accompli par son épouse.

De son côté, à la question de savoir si elle est heureuse, cette Philippine, citée en exemple par les habitants de son village, élude.

«Je suis très heureuse d’avoir fondé une famille avec mon époux», dit-elle.

Son dévouement a été gratifié. En juin, elle a reçu le prix hyobu, une récompense nationale attribuée aux femmes s’occupant de leurs beaux-parents.

Dans la société sud-coréenne, les brus ont la lourde charge de leurs beaux-parents, mais ce modèle tend à disparaître.

De moins en moins de Sud-Coréennes souhaitent ou sont en mesure de se dévouer ainsi tout en travaillant. Elles sont donc de plus en plus nombreuses à rejeter la vie de famille.

L’an dernier, 22,4% des Sud-Coréennes célibataires estimaient que le mariage était nécessaire, contre 46,8% en 2010, selon des chiffres du gouvernement. Le taux de natalité est aussi un des plus bas au monde.

Dans le même temps, la population vieillit. En 2030, près d’un quart de la population aura au moins 65 ans.

Échapper à la misère

Contrairement à d’autres pays développés d’Asie, la Corée du Sud n’autorise pas les étrangers à travailler dans les secteurs de l’industrie et des soins à la personne.

Des régions financent donc des voyages à l’étranger pour permettre aux hommes célibataires, vivant à la campagne, de trouver une épouse.

Park In-seong, 48 ans, a tenté en vain l’aventure, persuadé qu’aucune Coréenne n’épouserait un homme comme lui «car cela signifie automatiquement qu’elle doit aider ma mère».

«Certains hommes ont beaucoup de chance, ils ont trouvé des femmes très gentilles qui s’occupent de leurs beaux-parents», affirme cet habitant d’Incheon qui s’occupe seul de sa mère malade.

«Je les envie tellement, mais je sais que je ne peux pas être l’un d’eux», regrette-t-il.

260 000 étrangères

Mme Sumampong, qui a rencontré son mari par l’entremise de son église aux Philippines, est l’une des quelque 260 000 étrangères venues en Corée pour se marier.

Elles sont chaque année environ 15 000 à immigrer dans le pays, la majorité vient de Chine, du Vietnam ou des Philippines. Une façon d’échapper à la misère.

Certaines sont victimes de relations violentes et des experts dénoncent le fait qu’elles soient contraintes d’adopter les valeurs patriarcales de la société sud-coréenne, quelles que soient leurs origines.

Des manuels scolaires vont même jusqu’à affirmer que les Coréens aiment les femmes qui «respectent» leurs maris, «suivent leurs opinions» et leur «parlent tendrement».

Hyunjoo Naomi Chi, professeur de politique publique à l’université de Hokkaido au Japon, estime que «le prix hyobu reproduit les rôles traditionnellement attribués aux hommes et aux femmes... comme si seules les femmes devaient s’occuper de la famille».

«Presque plus aucune Sud-coréenne ayant la vingtaine ou la trentaine ne voudrait être appelée hyobu», soutient Bonnie Lee, une habitante de Séoul qui ne souhaite pas se marier.

«Nous n’avons jamais eu de telles récompenses pour les beaux-fils, parce qu’elles n’existent pas», souligne cette célibataire.

Monde

Primaires démocrates: Deval Patrick dans la course

NEW YORK — L’ex-gouverneur de l’État américain du Massachusetts, Deval Patrick, a fait jeudi une entrée tardive dans la course à la Maison-Blanche, témoignant d’une bataille encore très ouverte pour l’investiture démocrate avec 18 candidats prêts à défier Donald Trump en novembre 2020.

M. Patrick, 63 ans, qui fut l’un des premiers gouverneurs noirs des États-Unis et est proche de Barack Obama, a annoncé sa candidature dans une vidéo sur Twitter.

Il a ensuite enregistré sa candidature dans le New Hampshire, l’un des premiers États à voter en février pour les primaires, où les candidatures seront closes vendredi.

Né dans une famille pauvre de Chicago avant d’intégrer, boursier, les meilleures écoles du pays, jusqu’à Harvard, M. Patrick se présente comme l’incarnation du «rêve américain» qu’il souhaite restaurer, en «plus durable et plus inclusif».

Dans une arène démocrate qui comptait déjà 17 candidats, dont deux Noirs — les sénateurs Cory Booker et Kamala Harris — il entend se distinguer par un discours modéré et plein d’espoir.

«On ne peut pas savoir si on peut percer tant qu’on n’a pas essayé», a expliqué M. Patrick sur la chaîne CBS, pour expliquer pourquoi il avait finalement décidé d’être candidat après avoir annoncé en décembre qu’il ne le serait pas.

Beaucoup des démocrates déjà en lice «sont des amis personnels», avec «une grande richesse d’idées et d’expériences», a-t-il assuré, en allusion notamment à Elizabeth Warren, sénatrice du Massachusetts aux propositions beaucoup plus à gauche.

«Mais aucun candidat, aucun parti ne détient pour l’instant la meilleure idée», a-t-il ajouté.

Fidèle au créneau centriste sur lequel il entend faire campagne, et que domine aujourd’hui l’ex-vice-président Joe Biden suivi par le maire Pete Buttigieg, il a indiqué ne pas prôner l’assurance maladie étatique pour tous que défendent Elizabeth Warren et le sénateur du Vermont Bernie Sanders.

Pour cet avocat qui a travaillé aussi bien pour la cause des droits civiques que pour de grandes entreprises telles que la compagnie pétrolière Texaco, un système public doit être une «option», pas une obligation.

Et plutôt qu’une lourde imposition des riches en forme de «punition», ce père de deux filles adultes, marié à une avocate en droit du travail, préconise un système fiscal «simplifié», où «la plupart des déductions» seraient éliminées.

Reste que, contrairement au milliardaire et ex-maire de New York Michael Bloomberg, qui envisage lui aussi de rejoindre tardivement la course, Deval Patrick n’a pas de fortune personnelle pour financer une campagne publicitaire tous azimuts.

Monde

Trump en Cour suprême pour protéger ses déclarations d’impôts

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a demandé jeudi à la Cour suprême d’empêcher un procureur de mettre la main sur ses déclarations d’impôts, arguant d’une immunité totale tant qu’il est à la Maison-Blanche.

Ce dossier est considéré comme un test crucial sur la séparation des pouvoirs, et si la plus haute cour du pays — où les juges conservateurs sont désormais majoritaires — se saisit du dossier, sa décision sera scrutée avec beaucoup d’attention.

L’ancien homme d’affaires new-yorkais est le premier président américain depuis Richard Nixon à refuser de rendre publique sa situation fiscale.

Le procureur de Manhattan Cyrus Vance a demandé huit ans (2011 à 2018) de déclarations d’impôts de M. Trump dans le cadre d’une enquête sur un versement effectué à l’actrice pornographique Stormy Daniels pour acheter son silence sur une liaison supposée avec le président américain.

La semaine dernière, une Cour d’appel fédérale a confirmé que le cabinet comptable Mazars, en charge des affaires fiscales de M. Trump, n’avait aucune raison de ne pas remettre ces documents à la justice. Argument des défenseurs du président ? Le président bénéficie d’une immunité contre toute poursuite, mais aussi contre tout acte d’enquête.

«Pour la première dans l’histoire de notre pays, un procureur local ou d’un État a lancé une enquête pénale visant le président des États-Unis et l’a soumis à une enquête coercitive», a écrit son avocat, Jay Sekulow, cité par des médias américains.

«Des demandes à motivation politique telles que celles-ci sont l’illustration parfaite de la raison pour laquelle un président en exercice devrait bénéficier d’une immunité totale par rapport à tout processus pénal», a-t-il ajouté.

Lors d’une audience sur ce dossier le 23 octobre, l’un des avocats de Trump avait même estimé devant les juges que Donald Trump bénéficierait d’immunité s’il décidait de tirer sur quelqu’un en pleine rue. Une déclaration immédiatement contestée par des juristes, et raillée par les démocrates.

M. Trump fait face à d’autres actions menées par des parlementaires démocrates, tant à Washington que dans l’État de New York, visant à l’obliger à produire ses déclarations. 

Monde

Nancy Pelosi choisit ses mots pour décrire la conduite du président

WASHINGTON — La chef des démocrates au Congrès américain, Nancy Pelosi, a pour la première fois utilisé jeudi le terme de «corruption» pour désigner les soupçons pesant sur le président américain, visé par une enquête en destitution dans l’affaire ukrainienne.

S’exprimant au lendemain des auditions télévisées de hauts diplomates organisées dans le cadre de cette enquête explosive, Mme Pelosi n’a pas choisi ses mots au hasard : la «corruption» est l’un des chefs d’accusation cités par la Constitution américaine pour justifier une destitution.

«Les témoignages accablants ont corroboré les preuves de corruption mises au jour par l’enquête», a déclaré la présidente démocrate de la Chambre des représentants, lors d’une conférence de presse.

Elle a ajouté que les faits exposés la veille faisaient apparaître comme «presque petits» ceux reprochés au président républicain Richard Nixon, lui aussi visé par une enquête en destitution en 1974.

Les démocrates soupçonnent Donald Trump d’avoir abusé de ses pouvoirs présidentiels en demandant au président ukrainien Volodymyr Zelensky d’enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l’affronter lors de la présidentielle américaine 2020.

Ils tentent de démontrer qu’il a en plus, pour l’obtenir, fait pression sur Kiev en gelant une importante aide militaire destinée à l’Ukraine.

Pour Nancy Pelosi, la corruption consiste à «accorder ou suspendre une aide militaire en échange d’une déclaration publique concernant une fausse enquête sur les élections», ce qui représentait «une tentative évidente de la part du président de se donner l’avantage pour l’élection de 2020».

Donald Trump affirme que sa conversation avec son homologue ukrainien était parfaite. Un argument repris par une grande majorité de parlementaires républicains qui font bloc derrière lui.

Avec une dizaine d’auditions publiques prévues d’ici le 20 novembre, les démocrates signalent qu’ils ne veulent pas perdre de temps dans l’enquête, avant un possible vote sur la mise en accusation, l’impeachment en anglais, du président à la Chambre.

«Nous n’avons pas encore décidé que nous allons mettre [le président] en accusation», a précisé Mme Pelosi jeudi. «C’est ce à quoi sert cette enquête».

Yovanovitch vendredi

Vendredi, les parlementaires interrogeront l’ex-ambassadrice des États-Unis à Kiev, Marie Yovanovitch, brusquement relevée de ses fonctions après avoir fait l’objet d’une campagne hostile menée par l’avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani.

Un diplomate qui aurait entendu Donald Trump parler à l’un de ses ambassadeurs «des enquêtes réclamées» à l’Ukraine devrait aussi témoigner, mais à huis clos, selon les médias américains.

Autour du globe, 15 novembre 2019

Monde

Une fusillade dans une école californienne fait deux morts

SANTA CLARITA — Scénario choquant, mais devenu trop tristement banal aux États-Unis : le jour même de son seizième anniversaire, un adolescent a ouvert le feu jeudi dans la cour de son école, au nord de Los Angeles, tuant deux camarades et en blessant trois autres avant de tenter de se suicider.

Ironie du sort, le drame qui a frappé le collège Saugus de Santa Clarita, en Californie, est survenu au moment même où le Sénat débattait à Washington d’une éventuelle limitation des armes à feu, dans un pays qui a connu ces dernières années plusieurs tueries sanglantes en milieu scolaire sans pour autant remettre fondamentalement en cause la législation en la matière.

«Cela me fait horreur d’ajouter Saugus aux noms de Columbine, Parkland, Sandy Hook», autant d’établissements américains endeuillés par de telles fusillades, a lancé le shérif du comté de Los Angeles, Alex Villanueva, «mais c’est une réalité qui nous affecte tous à travers le pays».

L’appel d’urgence a été reçu par la police jeudi à 7h38, alors que certains élèves du collège Saugus étaient déjà en cours et que d’autres continuaient à s’y présenter.

Les policiers sont arrivés sur place seulement deux minutes plus tard et ont découvert dans la cour «six personnes présentant des blessures par balles. Tous étaient des élèves du collège», a raconté lors d’une conférence de presse le capitaine Kent Wegener, des services du shérif de Los Angeles.

Les blessés ont été pris en charge et transportés vers des hôpitaux locaux, mais «il s’est avéré que parmi eux se trouvait le suspect, actuellement hospitalisé dans un état grave», a expliqué Alex Villanueva, précisant qu’il s’agit d’un jeune homme «asiatique» scolarisé au collège et résidant à Santa Clarita.

La fusillade a fait deux morts, une élève de 16 ans et un garçon de 14 ans qui ont tous deux succombé à leurs blessures après avoir été hospitalisés dans un «état critique».

Les trois autres jeunes blessés sont un garçon et deux filles âgés de 14 à 15 ans. L’une des victimes a pu rentrer chez elle après avoir été soignée, ont souligné les médecins.

Message sur Instagram

Pendant plus d’une heure, les forces de l’ordre avaient ratissé en vain la zone résidentielle environnante et les collines voisines du collège à la recherche du tireur, dont on pensait qu’il avait pris la fuite.

Mais les policiers ont visionné des images de caméras de surveillance «qui montrent clairement le suspect dans la cour en train de sortir une arme de poing de son sac à dos, ouvrir le feu sur cinq personnes puis se tirer dans la tête», a dit le capitaine Wegener.

L’arme, un pistolet semi automatique de calibre .45, a été retrouvée sur place avec le chargeur vide, et aucun autre suspect n’est recherché, a-t-il précisé.

L’enquête ne fait que commencer mais à ce stade, aucune motivation précise ou idéologie ne permet d’expliquer le geste du tireur, qui semble avoir agi seul et prémédité son geste.

Le capitaine Wegener a confirmé les informations selon lesquelles le suspect avait publié sur son compte Instagram le message suivant: «Saugus, amusez-vous bien à l’école demain». Le message a été retiré jeudi et les enquêteurs cherchent à déterminer par qui et dans quelles circonstances.

Sur le campus du lycée, des centaines d’élèves étaient restés cloîtrés dans l’attente du feu vert des autorités.

Denzel Abesamis, en dernière année à Saugus, avait aperçu des camarades de classe s’enfuir en courant au moment où il allait se garer. Il avait alors fait demi-tour et appelé une amie qui se trouvait déjà sur le campus. Selon le Los Angeles Times, cette dernière lui a dit qu’il y avait un tireur et qu’elle se cachait dans une salle de classe avec cinq autres élèves.

«J’ai toujours eu peur que quelque chose comme ça arrive», a-t-il dit.

Amber Miller, élève du lycée, a raconté aux télévisions comment elle s’est couchée au sol, toutes lumières éteintes dans sa classe, avec ses camarades lorsque les coups de feu ont retenti.

«On a utilisé nos pupitres et pris de grandes tables pour barricader la porte. Et beaucoup ont pris des ciseaux pour être prêts si on devait se défendre» comme on le leur a appris lors d’exercices de sécurité, a-t-elle expliqué.

«Je ne devrais pas me rendre à l’école et craindre pour ma vie, je ne suis pas une cible, et malheureusement c’est l’Amérique de Trump», a estimé la lycéenne.

Monde

Walmart rouvre un hypermarché du Texas endeuillé en août par une fusillade

NEW YORK — Le géant américain de la distribution Walmart a rouvert jeudi son hypermarché d’El Paso au Texas, théâtre d’une fusillade le 3 août ayant coûté la vie à 22 personnes.

«C’est un jour très important pour nous», a déclaré John Furner, le nouveau patron de Walmart aux États-Unis, lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes. «Nos employés sont prêts à retourner au travail et à servir les clients. Nous n’oublierons jamais ce qui s’est passé».

Le groupe a expliqué avoir pris la décision de rouvrir l’hypermarché, où travaillaient environ 375 personnes, après avoir discuté avec les riverains.

«Cela fait partie du processus de guérison», a dit M. Furner.

Le 3 août, un homme blanc de 21 ans ouvrait le feu dans ce magasin, un des plus fréquentés de Walmart aux États-Unis, à quelques mètres de la frontière avec le Mexique. Vingt-deux personnes avaient été tuées.

Dans un manifeste mis en ligne avant l’attaque, l’assaillant avait dénoncé une «invasion hispanique du Texas» puis avait admis en garde à vue avoir voulu s’en prendre à des «Mexicains».

Il a été inculpé en septembre pour assassinats et encourt la peine capitale ou la prison à vie.

Quelques heures après la fusillade d’El Paso, un autre tireur avait ouvert le feu à Dayton, dans l’Ohio, tuant neuf personnes avant d’être abattu par la police.

Les deux drames ont rouvert le débat sur la prolifération des armes à feu aux États-Unis, régulièrement endeuillés par des tueries.

Sous pression, Walmart a décidé début septembre d’arrêter de vendre des munitions pour les fusils d’assaut semi-automatiques utilisant des munitions de calibre 5,56 (ou son équivalent .223), une fois que les stocks actuels seraient écoulés.

Le groupe a également demandé à ses clients de s’abstenir de déambuler dans ses enseignes avec des armes à feu à la vue de tous, dans les États où il est autorisé de les porter de manière visible.

Jeudi, Walmart a indiqué n’avoir pas observé «pour l’instant de réaction négative» à ces décisions.

Monde

Hong Kong reste paralysée, des flèches tirées sur la police

HONG KONG — Hong Kong demeurait paralysée jeudi, pour le quatrième jour consécutif, par des manifestants pro-démocratie, accusés d’avoir tiré des flèches sur la police, tout en bloquant des routes et en perturbant la circulation des transports en commun.

Après plus de cinq mois de manifestations, le mouvement de protestation dans l’ex-colonie britannique a adopté cette semaine une nouvelle tactique, dite de «l’éclosion généralisée».

Elle consiste à multiplier les actions de faible envergure, menées par des petits groupes, essentiellement des étudiants, pour éprouver au maximum les capacités de la police.

Jeudi matin, des axes routiers vitaux pour la ville étaient obstrués par des barricades faites de bambous, de briques et d’un empilement d’objets divers.

Un des trois tunnels routiers, permettant de traverser le port de Hong Kong, était fermé à la circulation, tout comme nombre de stations de métros et de lignes de bus, entraînant une paralysie presque totale de la ville de 7,5 millions d’habitants.

Les écoles et les universités sont restées portes closes et des hôpitaux ont différé les interventions non urgentes. De nombreux commerces sont également demeurés le rideau baissé.

Le gouvernement hongkongais a demandé aux employeurs de se montrer souples avec les salariés ne pouvant se rendre au travail en raison des difficultés de circulation des transports en commun, vitaux au fonctionnement de la ville.

L’ex-colonie britannique connaît depuis juin sa pire crise politique depuis sa rétrocession à Pékin en 1997. Et la détermination des manifestants trouve en écho l’intransigeance de l’exécutif local et du gouvernement central chinois. Ils n’ont cessé d’affirmer qu’ils ne céderaient pas à la pression de la rue.

Depuis le début de la semaine, les scènes de violence se sont intensifiées à travers tout le territoire, éprouvant la police et affectant le métro, d’ordinaire très efficace en transportant quotidiennement plus de quatre millions de personnes.

Selon le gouvernement, 70 personnes ont été hospitalisées mercredi, dont deux dans un état critique. Parmi elles, un homme de 70 ans frappé à la tête avec une brique, alors qu’il tentait de dégager une route.

La police a procédé jeudi matin à des tirs de gaz lacrymogènes à proximité de l’Université Polytechnique de Hong Kong où les manifestants étaient appelés à se rassembler.

Dans un message posté sur Facebook, la police a accusé les «émeutiers» d’avoir tiré «des flèches sur plusieurs policiers qui effectuaient une patrouille» jeudi matin près de cette Université.

Les étudiants ont déployé un nouvel arsenal contre la police, notamment des catapultes artisanales et des arcs et des flèches.

Monde

Incendies en Australie : quatre morts, selon un dernier bilan

SYDNEY — Les incendies qui dévastent depuis vendredi la côte est de l’Australie ont fait quatre morts, selon un dernier bilan établi jeudi par la police.

Un corps a été découvert près de la ville de Kempsey, dans l’État de Nouvelle-Galles-du-Sud (sud-est), une des nombreuses zones touchées par des feux de forêt. Selon la police, le corps pourrait être celui d’un homme de 58 ans qui vivait dans une cabane et qui n’a plus été vu depuis vendredi.

Trois autres personnes sont mortes en Nouvelle-Galles-du-Sud, l’État le plus affecté par les feux de brousse qui font rage le long de la côte est de l’Australie depuis vendredi, attisés par des vents violents, des températures caniculaires et une végétation sèche.

Plus d’une centaine de feux étaient toujours actifs jeudi, en dépit d’un répit relatif qui a permis à des habitants de rentrer constater les dégâts dans leurs localités.

Des centaines de maisons ont été endommagées ou détruites, et plus d’un million d’hectares de végétation ont été la proie des flammes.

De tels feux se produisent chaque année sur l’immense île-continent pendant le printemps et l’été australs. Mais cette année, la saison des feux a été particulièrement précoce et violente et pourrait être l’une des pires enregistrées dans le pays.

Les autorités redoutent une nouvelle dégradation de la situation ce week-end en raison d’une hausse attendue des températures et le vent devrait souffler davantage.

La faune australienne a également été durement touchée par les incendies, des associations estimant que plusieurs centaines de koalas ont péri.

Au moins 350 de ces marsupiaux ont ainsi trouvé la mort dans la seule réserve de Port Macquarie, hypothéquant l’avenir de l’espèce dans cette zone.

Nick Boyle, de la Taronga Conservation Society, a dit avoir le coeur «brisé» non seulement du fait des victimes humaines, mais aussi de «la faune sans défense» tuée en Nouvelle-Galles-du-Sud.

«La pression sur les populations de koalas était déjà forte», a-t-il dit, en citant la perte d’habitat et les prédateurs. «Et voilà ça maintenant.»

Monde

Évasif sur la Syrie, Trump loue le travail de son «ami» Erdogan

WASHINGTON — Après des semaines d’échanges tendus et parfois confus, Donald Trump a vanté mercredi sa bonne entente avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, tout en restant évasif sur la Syrie un mois après l’offensive militaire d’Ankara.

«Je suis un grand fan du président», a lancé d’entrée le locataire de la Maison-Blanche en évitant soigneusement les sujets qui fâchent, tels que l’achat par la Turquie de systèmes de missiles antiaériens S-400 à la Russie. «Nous sommes amis depuis longtemps», a-t-il martelé.

La conférence de presse commune des deux dirigeants a donné lieu à une étrange scène lorsqu’un journaliste a demandé M. Erdogan ce qu’il avait pensé de la lettre que M. Trump lui avait adressée sur le dossier syrien et qui se concluait par ces mots: «Ne jouez pas au dur! Ne faites pas l’idiot!».

Le président turc ne s’est pas attardé sur le contenu de cette surprenante missive, mais a affirmé qu’il avait profité de sa visite à Washington pour la rendre à son auteur.

Les deux dirigeants s’exprimaient après les premières auditions publiques au Congrès dans l’enquête en vue d’une éventuelle destitution de Donald Trump. Interrogé sur ces échanges qui ont tenu l’Amérique en haleine, M. Trump a assuré qu’il n’en avait pas regardé «une minute», car il était «trop occupé».

Le milliardaire républicain s’enorgueillit de savoir négocier avec les dirigeants autoritaires. Mais ses tractations avec M. Erdogan au cours des semaines écoulées ont été pour le moins chaotiques.

Après l’annonce par M. Trump du retrait des troupes américaines déployées dans le nord-est de la Syrie, Ankara a lancé le 9 octobre une offensive militaire visant les forces kurdes, alliées de la Coalition internationale dans la lutte contre les jihadistes.

Fortement critiqué, y compris dans son propre camp, il a ensuite durci le ton, menacé de «détruire» l’économie turque et autorisé des sanctions contre la Turquie, qui ont été levées après un accord conclu mi-octobre.

Erdogan réplique à Macron 

«Le cessez-le-feu continue à tenir», s’est félicité M. Trump, restant muet sur les critiques selon lesquelles il a, par son retrait précipité, abandonné les forces kurdes qui ont pourtant joué un rôle-clé sur le terrain dans la lutte contre les jihadistes.

Les atermoiements de M. Trump et l’offensive turque ont aussi suscité de vives tensions au sein de l’Alliance atlantique - dont la Turquie est membre - qui redoute une résurgence du groupe État islamique.

Le président français Emmanuel Macron a déploré en termes très vifs l’absence totale de coordination avec les États-Unis sur ce dossier.

Dénonçant, dans un entretien à l’hebdomadaire The Economist, «une agression» menée par la Turquie, «dans une zone où nos intérêts sont en jeu», il avait jugé que l’OTAN était en état de «mort cérébrale».

Dans une pique au président français, M. Trump s’est fait l’écho du mécontentement de la Turquie.

«Je pense que le président (turc) n’a vraiment pas apprécié (..) et je pense que beaucoup d’autres gens ont eu la même réaction», a-t-il déclaré. «Inacceptable», a simplement ajouté M. Erdogan dont les propos étaient traduits par un interprète.

Une nouvelle fois, le président américain a appelé les pays européens - France et Allemagne en tête - à rapatrier leurs ressortissants figurant parmi les jihadistes du groupe État islamique détenus en Syrie.

«Ces pays devraient nous aider», a-t-il martelé.

Une réunion doit rassembler jeudi à Washington les ministres de la coalition internationale antijihadiste. Elle avait été demandée en urgence par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian après l’annonce du retrait des soldats américains.

M. Erdogan a profité de l’occasion pour exprimer son mécontentement après le vote fin octobre d’un texte par la Chambre des représentants des États-Unis, qualifiant de «génocide» le massacre de centaines de milliers d’Arméniens par l’Empire ottoman, un terme que la Turquie rejette.

Affirmant que cette initiative avait «profondément blessé la nation turque», il a estimé que cela risquait de nuire aux relations entre Ankara et Washington.

Autour du globe, 14 novembre 2019

Monde

Un an après, des «gilets jaunes» à la recherche d’un nouveau souffle

MONTABON, France — Un drapeau français et un gilet fluorescent flottant dans le vent automnal, et des boîtes de conserve vides traînant dans la boue : un an après, ce sont les vestiges de la lutte de «gilets jaunes» qui ont tenu nuit et jour pendant 6 mois un campement dans le nord-ouest de la France.

Aujourd’hui, des «vétérans» de cette occupation font le bilan et espèrent que le mouvement, qui s’est considérablement affaibli, pourra se relancer à l’occasion du premier anniversaire le week-end prochain.

Le campement de Montabon, dans la région rurale de la Sarthe, a été tenu pendant six mois par des «gilets jaunes», dans un verger de pommiers prêté par un agriculteur, dans cette région durement frappée par la désindustrialisation.

La mobilisation avait débuté sur le rond-point de Montabon et fut une des plus actives, dans cette région, de la révolte sociale des «gilets jaunes». Cette dernière est née à l’automne 2018 d’une contestation d’une nouvelle taxe sur le carburant, avant de remettre en cause toute la politique sociale du gouvernement d’Emmanuel Macron, ébranlant son quinquennat.

Au plus fort de cette crise sociale, les blocages de ronds-points se comptaient par centaines en France.

Près du rond-point de Montabon, un groupe de travailleurs, de retraités, de chômeurs, avaient construit une cabane en bois où ils se retrouvaient tous les jours pour partager un repas, parler stratégie ou se confier sur des quotidiens difficiles où l’on peine à joindre les deux bouts.

Ils ont fêté ensemble Noël et Nouvel An 2018, et même un anniversaire de mariage. «C’était l’Arche de Noé», confie à l’AFP David Bruzzi, mécanicien de 49 ans, l’un des leaders du rond-point de Montabon.

«Ce n’était pas que “foutre sur la gueule” de Macron, c’était s’intéresser aux gens du coin et remplir les cabas...», raconte-t-il en partageant un café matinal lors d’une réunion de «vétérans».

Samedi et dimanche prochains, pour le premier anniversaire du mouvement, les «gilets jaunes» ambitionnent d’être nombreux sur les ronds-points et à Paris, dans l’espoir de trouver un second souffle.

Les anciens du campement de Montabon ont prévu eux de se réunir à nouveau samedi et d’organiser un barbecue «festif», sans blocage.

«Des émules partout»

La femme de David, Vanina, 44 ans, employée dans une station-service et mère de famille, a répondu présente durant des mois sur le campement. Pour elle, cet anniversaire est une opportunité de «dire qu’on n’est pas morts».

Sous la pression du mouvement, le gouvernement français avait pris des mesures d’urgence, évaluées à environ 10 milliards d’euros, mais qui n’avaient pas satisfait une grande partie de «gilets jaunes».

Analysant ces six mois, Vanina estime que la plus grande réussite des «gilets jaunes» a été de raviver les flammes des mouvements sociaux en France.

«Ça a créé des émules partout», juge-t-elle, citant notamment la récente mobilisation des personnels des urgences dans l’hôpital public. «On peut toujours dire que si on n’avait pas fait ça, ça serait pire...», commente avec calme Jean-Jacques Brossay, retraité de 63 ans.

Autre «vétéran», Marco Beaulaton, 61 ans, technicien à la retraite, a participé pendant dix jours au blocage d’une raffinerie de pétrole dans la ville du Mans, à 45 km au nord de Montabon. Il se souvient d’un «moment inoubliable de solidarité et de partage».

Se disant plutôt adepte de la «méthode Mandela et Gandhi», il juge que le mouvement s’est tiré une balle dans le pied en refusant de condamner la violence des manifestants issus de l’extrême droite et de l’extrême gauche et leurs affrontements avec les forces de l’ordre, qui ont eu un effet repoussoir pour les «gilets jaunes» modérés.

Violences

Les manifestations ont régulièrement été émaillées d’incidents violents.

«Ce que voulaient les gens, c’est faire l’évolution, pas la révolution... Les Français ont déjà fait la révolution [...] [Aujourd’hui], ils veulent des solutions viables», argumente-t-il.

Damien Pichereau a été la cible de la colère des «gilets jaunes». Ce député de 31 ans, qui a grandi dans un village de 250 habitants, a été élu avec le nouveau parti d’Emmanuel Macron en 2017, et présenté comme un visage nouveau dans un paysage politique local traditionnel.

Mais, lors de sa première visite à un point de rassemblement de «gilets jaunes», un manifestant lui lancera : «Tu ne peux pas savoir comme j’ai envie de te mettre un coup de fusil». Et en février, sa permanence de député fut dégradée par des manifestants cagoulés.

En dépit de ces évènements, il juge que ce mouvement a constitué une force positive de changement, citant notamment les trois mois de «grand débat» initié par Emmanuel Macron à travers la France. «On ne fait plus de la politique de la même manière. Il y a plus de concertation», estime le député.

Réunis début novembre en assemblée à Montpellier (sud), les «gilets jaunes» ont voté une proposition pour rejoindre la grève du 5 décembre au niveau national contre la réforme des retraites.

«L’heure est à la convergence avec le monde du travail et son maillage de milliers de syndicalistes qui, comme nous, n’acceptent pas», ont-ils déclaré dans un communiqué de presse.

«C’est là qu’on va voir si ça redémarre», conclut Vanina Bruzzi.

Monde

Le commerce brutal de la viande de chien reste juteux au Cambodge

SIEM REAP — Ils attendent leur tour, à l’étroit, dans une cage, avant d’être tués, dépecés, cuisinés et mangés. Malgré les tabous, le commerce de viande de chien reste très répandu au Cambodge, un business florissant, à l’abri des regards.

Entre deux et trois millions sont abattus sans respect des règles d’hygiène et sans souci du bien-être animal chaque année dans le royaume, d’après l’association de protection des animaux Quatre pattes.

Monde

Destitution de Trump: un témoin clé enfonce le clou au Congrès

WASHINGTON — Un témoin clé a décrit mercredi un Donald Trump obsédé par sa campagne de réélection au point de faire pression sur l’Ukraine, lors des premières auditions parlementaires télévisées dans l’enquête pour déterminer si le président américain doit être destitué.

Dénonçant une «mascarade», Donald Trump a affirmé avoir été «trop occupé» pour regarder ces auditions, qui ont mis en évidence le franc soutien dont il dispose toujours chez les républicains.

Ancien combattant au Vietnam, cheveux gris et visage aux traits sévères, l’ambassadeur américain de facto en Ukraine, William Taylor, a ouvert le bal de ces dépositions historiques aux côtés d’un autre diplomate de carrière, George Kent, haut responsable du département d’État spécialiste de l’Ukraine.

Les démocrates soupçonnent le milliardaire républicain d’avoir abusé de ses pouvoirs présidentiels en demandant à Kiev d’enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l’affronter en novembre 2020 à la présidentielle.

Forts de leur majorité à la Chambre des représentants, ils ont ouvert fin septembre une enquête pour constituer un dossier de mise en accusation, l’»impeachment» en anglais.

Avant Donald Trump, seuls trois présidents américains avaient été visés par une telle procédure explosive. Aucun n’a été démis de ses fonctions.

Après six semaines d’auditions à huis clos, les démocrates espèrent faire basculer l’opinion publique grâce à ces témoignages retransmis sur les grandes chaînes d’information.

Mais il n’est pas évident que les auditions fleuves de mercredi, menées par des élus républicains et démocrates aux vues diamétralement opposées, aient fait bouger des électeurs très polarisés.

Monde

Les Pays-Bas abaissent la vitesse maximale sur autoroute pour lutter contre les changements climatiques

LA HAYE - Le gouvernement néerlandais a annoncé mercredi abaisser la vitesse maximale sur les autoroutes à 100 km/h au lieu de 130 en journée, une mesure qui s’inscrit dans un plan d’action adopté pour lutter contre les émissions de gaz polluants.

Le gouvernement fait face depuis plusieurs mois à un débat animé sur la manière de réduire les émissions d’azote, depuis qu’un tribunal néerlandais a déclaré en mai que sa politique actuelle ne respectait pas les règles de l’Union européenne en la matière.

La nouvelle limitation de vitesse, qui devrait entrer en vigueur en 2020, sera la plus basse d’Europe avec Chypre. Les véhicules seront autorisés à rouler à la limite actuelle de 130 km/h la nuit, entre 19h et 6h.

«Personne ne trouve ça chouette», a déclaré le premier ministre néerlandais Mark Rutte lors d’une conférence de presse, qualifiant la mesure de «pourrie».

Elle est toutefois nécessaire «pour éviter une paralysie des Pays-Bas», a estimé M. Rutte, chef du parti libéral-conservateur VVD surnommé le parti «Vroum vroum» pour s’être fait par le passé le champion d’un assouplissement de la limitation de vitesse.

Les grands projets de construction de routes et d’aéroports aux Pays-Bas, cinquième économie de la zone euro en importance, avaient été suspendus par le gouvernement pour faire respecter l’ordonnance du tribunal.

Établir la limitation nationale à 130 km/h au lieu de 120 km/h avait été l’une des propositions phares du VVD qui l’avait introduite en 2012.

Le plan d’action visant à réduire les émissions d’azote inclut également des changements dans les méthodes de travail du secteur agricole.

La perspective de ces modifications avait entraîné la colère de milliers d’agriculteurs, qui ont récemment manifesté à plusieurs reprises avec leurs tracteurs à travers le pays. L’une de ces manifestations avait provoqué l’embouteillage le plus important de l’histoire des Pays-Bas.

La nouvelle limitation de vitesse vise en partie à montrer aux agriculteurs que les autres secteurs polluants doivent également modifier leurs habitudes, ont analysé les médias néerlandais.

Monde

Venise sous le choc après une marée haute historique [PHOTOS]

VENISE — Le changement climatique et un pharaonique projet de digues à l’arrêt... Les habitants et autorités de Venise ont désigné mercredi les coupables des ravages provoqués par une «acqua alta», la plus forte marée haute depuis 50 ans, qui a submergé presque la totalité de la ville, la nuit précédente.

Gondoles renversées, vaporettos (autobus fluviaux) projetés sur le rivage, magasins et hôtels envahis par les flots. Une marée de 1,87 mètre de haut a envahi tard mardi la Cité des Doges, surprenant des centaines de touristes contraints de patauger dans les ruelles inondées tandis qu’un puissant sirocco faisait déferler les vagues sur la place Saint-Marc.

Le gouverneur de la région de Vénétie, Luca Zaia, a évoqué des «dégâts apocalyptiques», avec 80% de la ville sous les eaux, avant la décrue.

Cet épisode exceptionnel a fait un mort, selon les médias italiens, un Vénitien de 78 ans, mort électrocuté alors qu’il tentait de démarrer des pompes dans son logement inondé.

Il s’agit de la deuxième plus haute «acqua alta» à Venise depuis le début des relevés en 1923, derrière celle du 4 novembre 1966 (1,94 mètre).

Les pompiers ont indiqué à 15H00 (14H00 GMT) mercredi avoir effectué 400 interventions, avec 160 agents, compliquées par l’interruption des lignes téléphoniques.

Outre le centre historique de Venise, les îles du Lido et de Pellestrina ont été les plus touchées par les inondations. L’eau a envahi le célèbre théâtre de La Fenice et jusqu’à la crypte de la Basilique Saint-Marc.

La ville, qui compte en son coeur historique seulement 50.000 habitants, reçoit 36 millions de visiteurs par an, dont 90% d’étrangers, selon des chiffres officiels.

«L’avenir de Venise est en jeu, on ne peut plus vivre comme ça. Il faut la certitude de pouvoir habiter ici. C’est aussi notre crédibilité internationale qui est en jeu», a estimé le maire Luigi Brugnaro, la voix brisée par l’émotion, devant la presse.

Pour le ministre de l’Environnement, Sergio Costa, les causes du désastre sont «claires»: «c’est la conséquence directe des changements climatiques et de la tropicalisation des phénomènes météorologiques, avec des précipitations violentes et de fortes rafales de vent».