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Décès Floyd: 5e nuit de manifestations, Trump promet de stopper les émeutiers

Monde

Décès Floyd: 5e nuit de manifestations, Trump promet de stopper les émeutiers

MINNEAPOLIS — Le président Donald Trump a promis samedi de stopper les manifestations violentes contre les brutalités policières, alors que des milliers de personnes se rassemblaient dans de nombreuses villes américaines pour une cinquième nuit de protestations.

«Nous ne pouvons pas et nous ne devons pas laisser un petit groupe de criminels et de vandales détruire nos villes et saccager nos communautés», a déclaré M. Trump, commentant la précédente nuit d'émeutes, de pillages et d'incendies volontaires à Minneapolis.

«Mon administration va stopper la violence collective. Et nous allons la stopper net», a averti le président.

M. Trump a estimé que les émeutiers déshonoraient la mémoire de George Floyd, l'Afro-Américain de 46 ans mort lundi à Minneapolis, dans le nord des États-Unis, lors de son interpellation par la police et devenu un nouveau symbole des brutalités policières contre cette communauté.

«La violence et le vandalisme sont menés par Antifa et d'autres groupes de l'extrême gauche radicale», a affirmé Donald Trump.

Au même moment, des foules de manifestants commençaient à se rassembler à Minneapolis, New York, Chicago, Miami, Philadelphie et d'autres villes, tandis que les autorités s'apprêtaient à faire face à une cinquième nuit de protestations violentes.

«Décimer cette force»

Tim Walz, gouverneur du Minnesota, l'État où se trouve Minneapolis, a averti que les manifestants qui seraient toujours dans les rues après l'entrée en vigueur du couvre-feu samedi à 20H00 (01H00 GMT) se trouveraient dans «une situation dangereuse».

Le gouverneur a déclaré que les émeutiers pouvaient être des membres de groupes anarchistes, des suprémacistes blancs et des trafiquants de drogue, souvent venus d'autres villes. «Notre objectif est de décimer cette force aussi vite que possible», a prévenu M. Walz.

États-Unis: une mère «abandonne» son enfant autiste [VIDÉO]

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États-Unis: une mère «abandonne» son enfant autiste [VIDÉO]

 Myka Stauffer, une mère populaire auprès des internautes américains sur YouTube a récemment annoncé que son enfant, adopté de Chine en 2017, ne vivait plus avec sa famille.

La famille de l'Ohio avait entamé un processus d'adoption à l'international, en 2016. Près d'un an plus tard, le petit Huxley, atteint d'un trouble du spectre de l'autisme (TSA), se joignait à la nouvelle famille, auprès de trois autres enfants nés de l'union de Myka et James Stauffer. Depuis, la mère a donné naissance à un autre enfant, son quatrième. 

Le couple avait d'ailleurs documenté tout le processus d'adoption sur ses plateformes et réseaux sociaux, qui lui a permis d'atteindre plus de 710 000 abonnés sur sa chaîne YouTube, avec plus d'une vingtaine de vidéos de son enfant publiées depuis le début de l'aventure.  

L’ONU change ses règles pour le vote pour un siège au Conseil de sécurité

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L’ONU change ses règles pour le vote pour un siège au Conseil de sécurité

OTTAWA — Les Nations Unies ont confirmé que l’élection visant à pourvoir des sièges non permanents à son Conseil de sécurité aura lieu en juin selon de nouvelles règles sans précédent à cause de la COVID-19.

Trois candidats se disputeront les deux sièges en jeu: le Canada, l’Irlande et la Norvège.

Le vote n’aura pas lieu à l’occasion d’une réunion plénière de l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York, car la mégapole est durement frappée par la pandémie.

La crise a contraint les diplomates à travailler de chez eux et à recourir à la vidéoconférence.

Les 193 ambassadeurs seront informés à l’avance de l’endroit où ils devront se rendre chacun leur tour pour voter. Ils devront présenter un laissez-passer de sécurité et recevoir un bulletin de vote.

Ils se verront attribuer différents créneaux horaires pour venir à l’ONU pour voter afin d’éviter un rassemblement de masse.

Les détails ont été divulgués dans une note de service transmise aux ambassadeurs de l’ONU, il y a plus d’une semaine.

«Permettre à l’Assemblée générale de s’acquitter de ses fonctions essentielles est l’une de mes principales priorités en cette période difficile», a déclaré vendredi soir Tijjani Muhammad-Bande, le diplomate nigérian actuellement président de l’Assemblée générale.

L’ambassadeur du Canada aux Nations Unies, Marc-André Blanchard, dit que le pays est prêt pour un vote en juin si celui-ci peut être fait de manière sûre tout en respectant les règles de l’ONU.

«C’est un territoire inexploré. Cela n’a jamais été fait, constate M. Blanchard. Nous devons nous assurer que les institutions sont réellement adaptées à cette réalité. Ce n’est pas une guerre militaire à laquelle nous sommes confrontés. C’est une crise des soins de santé et la plus grande crise économique et financière que nous ayons connue depuis 1929.»

Le vote était initialement prévu pour le 17 juin. Les nouvelles règles ne précisent pas exactement quand le scrutin aura lieu au cours du mois de juin.

Pour être élu et obtenir un mandat de deux ans, un pays devra obtenir au moins 128 votes, soit les deux tiers de l’assemblée. Plusieurs tours de scrutin pourraient être nécessaires. 

M. Blanchard dit s’attendre à ce que la course soit vivement disputée dans le Groupe des pays d’Europe occidentale et autres, le plus compétitif des blocs géographiques de l’ONU, où le Canada fait face à de redoutables adversaires.

Le premier ministre Justin Trudeau a courtisé le soutien de grands blocs de vote en Afrique, en Asie et dans les Caraïbes parce que les pays européens appuieront vraisemblablement la Norvège et de l’Irlande. La semaine dernière, M. Trudeau a coorganisé une importante réunion des Nations Unies sur la reconstruction de l’économie mondiale après la pandémie. 

M. Blanchard ne dira pas combien de pays donneront leur appui au Canada, mais, par le passé, de nombreux pays ont pu promettre un soutien qu’ils ont retiré au moment de voter.

L’ambassadeur canadien indique que la campagne du Canada repose sur ce que le pays a fait dans la lutte contre la pandémie. Le Canada a été aux premières lignes pour assurer la sécurité alimentaire des pays en développement, le maintien de chaînes d’approvisionnement vitales ouvertes à travers le monde et l’élaboration de nouveaux modèles de financement pour aider les pays en difficulté dont les économies ont été dévastées par la pandémie.

«Dans d’autres parties du monde, l’une des plus grandes menaces est l’accès à la nourriture en cette période de pandémie, lorsque la chaîne d’approvisionnement est perturbée, où il n’y a pas de transport», explique M. Blanchard.

À sa dernière tentative pour obtenir un siège au Conseil de sécurité, en 2010, le Canada avait baissé pavillon devant le Portugal.

Le Canada a déjà siégé six fois au Conseil de sécurité.

Georges Floyd: un cocktail Molotov dans une voiture de police occupée à New York

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Georges Floyd: un cocktail Molotov dans une voiture de police occupée à New York

NEW YORK — Une femme a lancé un cocktail Molotov à l’intérieur d’un véhicule de police occupé par quatre agents à New York, lors d’une manifestation organisée après la mort de George Floyd, un Noir américain tué par un policier, a indiqué samedi à l’AFP la police de New York.

À proximité du Brooklyn Museum, une jeune femme de 27 ans a lancé le cocktail Molotov sur la vitre arrière du van, qui s’est brisée sous le choc, a indiqué une porte-parole, mais les quatre policiers ont eu le temps de sortir du véhicule sans dommage.

Ils ont ensuite interpellé, notamment pour «tentative de meurtre d’un officier de police», cette femme venue du nord de l’État de New York, ainsi que sa soeur, qui tentait de s’interposer.

«C’est un miracle qu’aucun officier de police ne soit mort» lors des manifestations qui ont eu lieu vendredi à New York, a commenté le chef de la polie de New York Dermot Shea lors d’une conférence de presse samedi.

Plusieurs manifestations ont été organisées jeudi et vendredi à New York, tout comme dans de nombreuses villes américaines, pour protester contre les violences policières visant les Noirs après la mort de George Floyd lors d’une interpellation musclée à Minneapolis, lundi.

Après la tenue d’une première manifestation plus modeste au sud de Manhattan, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées vendredi en fin d’après-midi devant le Barclays Center, salle de spectacle de Brooklyn.

Durant plusieurs heures, de petits groupes de manifestants se sont ensuite opposés à la police, qui a procédé à plus de 200 interpellations, a indiqué Dermot Shea.

«C’était une manifestation bien préparée pour provoquer destruction et chaos», a-t-il affirmé, se référant notamment à des appels lancés via les réseaux sociaux.

D’autres manifestations étaient prévues durant le week-end, notamment à Harlem en début d’après-midi samedi.

Décès de George Floyd: déploiement de force sans précédent à Minneapolis après une nuit d’émeutes

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Décès de George Floyd: déploiement de force sans précédent à Minneapolis après une nuit d’émeutes

MINNEAPOLIS — La ville de Minneapolis a annoncé samedi un déploiement de forces sans précédent au lendemain d’une quatrième nuit d’émeutes, qui se sont propagées dans plusieurs grandes villes américaines, malgré l’arrestation du policier impliqué dans la mort de George Floyd, cet Afro-Américain dont le décès a ravivé les plaies raciales des États-Unis.

«La situation à Minneapolis n’a absolument plus rien à voir avec le meurtre de George Floyd», a déclaré samedi le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, au cours d’une conférence de presse. «Il s’agit (...) d’instiller la peur et de déstabiliser nos grandes villes».

Il a annoncé la mobilisation générale des 13 000 soldats de la Garde nationale de l’État, une première, et indiqué avoir demandé l’aide du ministère de la Défense. Des unités de la police militaire ont été mises en alerte pour pouvoir éventuellement intervenir à Minneapolis.

Samedi matin, des habitants à travers la ville nettoyaient les dégâts de la veille, munis de balais. «Ma ville brûle, donc la seule chose que je puisse faire c’est aider à nettoyer», a déclaré à l’AFP Kyle Johnson, 28 ans.

Une centaine de personnes étaient réunies, avec des fleurs et en chantant «pas de justice, pas de paix», à l’endroit où est mort George Floyd lors de son arrestation.

«Démonstration de force»

L’armée américaine ne peut légalement pas intervenir sur le territoire américain, au nom de la protection des civils, sauf en cas d’insurrection, ce qui ne s’est pas produit depuis 1992, lors des émeutes de Los Angeles ayant suivi la mort d’un autre homme noir aux mains de la police, Rodney King.

Le déploiement vendredi soir de 2500 policiers et soldats de la Garde nationale et l’imposition d’un couvre-feu n’ont pas empêché la grande ville du Minnesota de s’embraser, avec plusieurs commerces incendiés, de nouveaux pillages et de nombreuses dégradations.

«C’est un chiffre énorme en termes de forces de l’ordre», a noté le responsable des forces de sécurité de l’État, John Harrington. «Mais nous avons été confrontés à des dizaines de milliers d’émeutiers».

Quelques dizaines de personnes ont été arrêtées, dont 80% provenaient d’autres régions des États-Unis, selon les autorités locales qui ont indiqué disposer d’informations montrant que des groupes suprémacistes blancs et des émeutiers avaient utilisé les réseaux sociaux et le «dark web» pour organiser le mouvement.

Les manifestations prévues dans la journée en mémoire de George Floyd, un Afro-américain de 46 ans, mort lundi juste après son arrestation, restent autorisées. Mais le couvre-feu sera maintenu à partir de 20H00 samedi et «il sera dangereux d’être dans la rue cette nuit», a prévenu le gouverneur.

«La démonstration de force de ce soir est destinée à rétablir la sûreté, la sécurité, la paix et l’ordre», a souligné le maire de Minneapolis, Jacob Frey.

La tension est également montée dans le reste du pays. Des centaines de personnes se sont rassemblées à New York, Dallas, Houston, ville d’origine de la victime, ou encore Las Vegas, Des Moines, Memphis et Portland, y compris devant la Maison-Blanche, à Washington.

«Pseudo-manifestants»

Samedi, M. Trump a dénoncé les «cris et les diatribes» de ceux qu’il a qualifiés de «pseudo-manifestants», se réjouissant de l’efficacité du «Security Service», la police fédérale spécialisée dans la protection des personnalités.

«J’étais à l’intérieur, j’ai tout vu», a-t-il tweeté. «Personne n’est parvenu à rompre la clôture. S’ils l’avaient fait, ils auraient été accueillis par les chiens les plus féroces et les armes les plus menaçantes».

À New York, plus de 200 personnes ont été arrêtées après de violents incidents ayant fait plusieurs blessés au sein des forces de l’ordre. Un cocktail Molotov a été lancé à l’intérieur d’une voiture de police qui était occupée. «C’est un miracle qu’aucun policier n’ait été tué», a déclaré le chef de la police Dermot Shea.

À Atlanta, des véhicules de patrouille de la police ont été brûlés.

Partout, les manifestants ont dénoncé les bavures policières et les disparités raciales. Et surtout, ils ont exigé justice pour George Floyd qui, dont l’arrestation mortelle a été filmée dans une vidéo devenue virale.

Le policier blanc Derek Chauvin qui, sur cette vidéo, maintient son genou pendant de longues minutes sur le cou du quadragénaire, a été arrêté vendredi et inculpé pour «homicide involontaire» et «acte cruel et dangereux ayant causé la mort».

La famille de la victime a salué ce développement comme un premier pas sur «la voie de la justice», mais l’a jugé «tardif» et insuffisant.

«Nous voulons une inculpation pour homicide volontaire avec préméditation. Et nous voulons voir arrêtés» les trois autres agents impliqués dans le drame, a-t-elle affirmé dans un communiqué.

Ces derniers ont immédiatement été licenciés, comme Derek Chauvin, mais ne font encore l’objet d’aucune poursuite.

L’affaire rappelle la mort d’Eric Garner, un homme noir décédé en 2014 à New York après avoir été asphyxié lors de son arrestation par des policiers blancs. Lui aussi avait dit «Je ne peux pas respirer», une phrase devenue un cri de ralliement du mouvement Black Lives Matter («La vie des Noirs compte»).

Afghanistan: deux employés d’une chaîne de télévision tués par une bombe

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Afghanistan: deux employés d’une chaîne de télévision tués par une bombe

KABOUL — Deux employés d’une chaîne de télévision afghane ont été tués samedi par l’explosion d’une bombe placée en bord de route à Kaboul, alors que le gouvernement s’est dit prêt à débuter des négociations avec les talibans.

«Un journaliste économique et le chauffeur du minibus sont morts quand le véhicule transportant 15 employés de Khurshid TV a été frappé», a expliqué à l’AFP Jawed Farhad, le directeur de cette chaîne de télévision privée.

L’incident intervient alors que les violences ont diminué à travers le pays depuis un rare cessez-le-feu de trois jours, initié par les talibans, qui s’est terminé mardi.

Les insurgés ont depuis repris leurs attaques contre les forces afghanes, mais moins intensément que d’habitude.

Ils ont dit ne pas être responsables de l’explosion de samedi, qui n’a pour l’instant pas été revendiquée.

Quelques heures avant l’attaque, le responsable gouvernemental chargé des pourparlers, Abdullah Abdullah, avait annoncé que son équipe était prête à débuter «à tout moment» des négociations de paix avec les talibans.

«L’annonce d’un cessez-le-feu, une réduction des violences et l’échange de prisonniers ont préparé le terrain pour un bon début», avait-il déclaré lors d’une conférence de presse.

M. Abdullah, qui dirige un conseil en charge des négociations créé par Kaboul, a cependant précisé qu’un nouveau cessez-le-feu devait être instauré pendant les négociations.
Selon le ministère de l’Intérieur, l’attaque de samedi visait Kurshid TV.

«Une attaque contre les journalistes est une attaque contre la liberté d’expression (...) Le gouvernement afghan enquête sérieusement», a déclaré Feroz Bashari, un porte-parole du gouvernement.

Six autres employés de la chaîne ont été blessés, a-t-il ajouté.

Il s’agit de la seconde attaque visant des employés de Khurshid TV en moins d’un an.

En août 2019, deux passants avaient été tués lors de l’explosion, non revendiquée, d’une mine magnétique, ou «sticky bomb», fixée sur un minibus de la chaîne.

L’Afghanistan est l’un des pays les plus dangereux pour les journalistes, qui doivent couvrir la guerre et sont parfois eux-mêmes ciblés.

Un gouvernement «uni»

La réduction des violences talibanes fait renaître de timides espoirs alors que le processus de paix semblait au bord du gouffre.

Les insurgés avaient en effet intensifié leurs offensives contre les forces afghanes depuis la signature, fin février à Doha, d’un accord américano-taliban qui prévoit le départ de toutes les troupes américaines étrangères d’Afghanistan d’ici mi-2021. En échange, les talibans ont pris des engagements en matière de lutte contre le terrorisme, et ont promis d’ouvrir des négociations de paix directes inédites avec le gouvernement de Kaboul.

Kaboul a aussi aidé à faire avancer le processus en libérant 900 prisonniers talibans mardi.

Les insurgés demandent en effet l’échange de 5000 prisonniers talibans contre 1000 membres des forces afghanes avant l’ouverture des négociations.

Ces discussions devaient débuter le 10 mars, mais ont été repoussées.

M. Abdullah a été nommé chef d’un conseil en charge des pourparlers dans un accord visant à résoudre une dispute avec son rival, le président afghan Ashraf Ghani.

Arrivé second lors de la présidentielle de septembre 2019, entachée d’accusations de fraude, M. Abdullah s’était cependant déclaré vainqueur, plongeant le pays dans une crise politique.

Selon Matin Bek, un membre de l’équipe des négociateurs du gouvernement, la prise de fonction de M. Abdullah est un pas en avant. «Nous étions accusés de ne pas être unis, maintenant nous le sommes», a-t-il assuré à l’AFP, précisant que son équipe se rencontrait toutes les semaines.

«En raison des événements récents, nous nous attendons à ce que le processus puisse débuter au courant du mois de juin», a-t-il ajouté.

L’ouverture de ces pourparlers fait partie des conditions inscrites dans l’accord signé entre les insurgés et Washington en vue d’un retrait des troupes étrangères sous 14 mois.

Dans le «chaos» de Minneapolis, la violence divise aussi les manifestants

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Dans le «chaos» de Minneapolis, la violence divise aussi les manifestants

MINNEAPOLIS — «Ne brûlez pas, s’il-vous plaît, des enfants vivent en haut»: la mention affichée sur une boutique barricadée de Minneapolis n’aura pas empêché des pilleurs de s’y frayer un chemin.

À quelques centaines de mètres d’un commissariat assiégé, tout un quartier de cette grande ville du nord des États-Unis a été secoué de convulsions dans la nuit de vendredi à samedi.

«La seule raison pour laquelle nous sommes ici, c’est parce que la police continue de tuer des Noirs partout dans le pays», lance un jeune Afro-américain qui ne veut pas dévoiler son nom.

Le visage couvert d’un masque (pour se protéger du coronavirus ou des gaz lacrymogènes?), il assure être venu manifester «pacifiquement» avec des amis, malgré un couvre-feu imposé par les autorités après trois premières nuits d’émeutes.

Mais, alors qu’une banque brûle à quelques encablures, le jeune homme justifie la colère qui déferle sur les États-Unis depuis la mort de George Floyd, lundi, juste après une interpellation mortelle.

«Nous sommes en 2020 et nous sommes confrontés aux mêmes problèmes que dans les années 1960... Je crois bien que le Minnesota a atteint son point de rupture».

«Il y a eu plein d’autres George Floyd dans toutes les villes», renchérit Jerry, un homme blanc de 29 ans, venu «par solidarité». «Qu’est-ce qu’on est censé faire: s’asseoir et encaisser?»

De fait, plus de mille personnes sont mortes sous des balles de policiers l’an dernier aux États-Unis, selon un décompte du Washington Post. Les Noirs sont surreprésentés et rares sont les condamnations.

Dans le cas de George Floyd, l’agent qui, selon une vidéo devenue virale, l’a maintenu au sol avec un genou sur son cou, a été interpellé vendredi et inculpé d’homicide involontaire. Mais les manifestants veulent voir les trois autres policiers impliqués dans le drame derrière les barreaux.

«Tout perdre»

Alors que des hélicoptères survolent la ville, des détonations résonnent au loin et une odeur âcre emplit l’atmosphère. «Ça fait peur, mais c’est nécessaire», assure une jeune étudiante noire, pour qui les manifestations pacifiques n’ont mené à rien. «Parfois, il faut un mal pour un bien», ajoute-t-elle.

Mais d’autres ne croient pas que la violence réussisse davantage. «Ils sont en train d’empirer les choses, ils vont juste donner à la police de nouvelles raisons pour nous tirer dessus», lâche excédée Phae, une femme noire de 34 ans qui habite à proximité.

Elle pourrait même aliéner des pans de la population. «J’étais sympathisante de la cause, mais je ne veux pas perdre toutes mes affaires», confie une jeune femme qui habite au-dessus d’une boutique barricadée et panique à l’idée qu’elle puisse être incendiée.

Les autorités locales, qui s’étaient montrées très compréhensives dans les premiers jours, ont d’ailleurs haussé le ton depuis jeudi et se sont résolues à faire appel à la Garde nationale.

«Il faut que ça s’arrête», a supplié lors d’une conférence de presse improvisée au milieu de la nuit le maire de la ville Jacob Frey, visiblement éprouvé.

Parmi les commerces incendiés, certains appartiennent à des familles noires, a ajouté le gouverneur du Minnesota Tim Walz, en dénonçant les violences. «Cela n’a plus rien à voir avec la mort de George, avec les inégalités qui sont bien réelles. C’est juste le chaos».

SpaceX a lancé deux astronautes dans l’espace

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SpaceX a lancé deux astronautes dans l’espace

CENTRE SPATIAL KENNEDY — La société américaine SpaceX a lancé samedi depuis la Floride deux astronautes de la NASA dans l’espace, brisant six décennies de monopole des États pour les vols habités, et offrant à l’Amérique un nouveau moyen de transport spatial après neuf ans d’interruption.

Petit point brûlant s’évanouissant dans le ciel, les astronautes Bob Behnken et Doug Hurley se sont retrouvés propulsés en dix minutes 200 km au-dessus des océans, filant à 20 fois la vitesse du son vers la Station spatiale internationale qu’ils devraient rattraper dimanche si tout va bien.

«Félicitations (...) pour ce premier voyage habité pour Falcon 9, c’était incroyable», a dit l’astronaute Doug Hurley, commandant du vaisseau, filmé tout le long avec son coéquipier par une caméra à bord.

Les deux hommes ont ensuite procédé à des tests de la capsule en orbite, notamment une prise manuelle des commandes du vaisseau qui est entièrement automatisé, et retiré leurs combinaisons, une fois en apesanteur dans le vide spatial.

Alors que le mauvais temps menaçait de provoquer un nouveau report, la fusée construite par SpaceX près de Los Angeles a décollé sans encombre, dans un ciel finalement majoritairement bleu, à 15H22 du centre spatial Kennedy, sous les yeux de dizaines de milliers de personnes installés le long des plages de la zone, et de Donald Trump, venu assister en personne à ce que la NASA appelle l’aube d’une nouvelle ère spatiale.

«D'anciens dirigeants ont mis les États-Unis à la merci de pays étrangers pour envoyer nos astronautes en orbite. C'est fini», a-t-il déclaré dans une allusion au fait que depuis la fin des navettes spatiales en 2011, les fusées russes envoyaient les Américains vers l'ISS.

«Le lancement d'aujourd'hui démontre que l'avenir appartient à l'industrie spatiale privée», a-t-il dit, après avoir fait applaudir Elon Musk, le fondateur de SpaceX en 2002.

Les vidéos, arme contre la violence raciste?

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Les vidéos, arme contre la violence raciste?

NEW YORK — À Central Park, à Minneapolis, et un peu partout aux États-Unis, la caméra d’un téléphone intelligent s’affirme de plus en plus comme une arme contre les actes jugés racistes, avec le relais des réseaux sociaux, même si la justice ne suit pas toujours.

Il y a eu George Floyd, asphyxié lundi lors d’une interpellation à Minneapolis, et Christian Cooper, accusé, le même jour, de menaces imaginaires à Central Park.

Tous deux étaient des hommes noirs, comme Ahmaud Arbery, tué par balles par des habitants blancs du quartier dans lequel il faisait son jogging, en Géorgie, en février.

Depuis le tabassage de Rodney King par des policiers de Los Angeles, filmé par une caméra amateur en 1991, la vidéo documente régulièrement le racisme ordinaire aux États-Unis.

Mais depuis quelques années, la captation de ces incidents se fait plus systématique.

«Depuis des générations»

«La triste réalité, c’est que ce qui s’est passé pour George Floyd, Ahmaud Arbery et Christian Cooper arrive depuis des générations aux Noirs américains», a tweeté la sénatrice Kamala Harris, elle-même noire et ancienne candidate à la primaire démocrate. «Les portables les ont simplement rendus plus visibles», a-t-elle ajouté.

Les vidéos «rappellent qu’où qu’elles soient, les personnes de couleur sont vulnérables», considère Katheryn Russell-Brown, directrice du centre d’études des relations raciales à l’université de Floride.

La généralisation des minicaméras portées par les policiers en service au cours de la décennie écoulée avait fait naître l’espoir d’un changement majeur.

Mais après de premières études aux résultats encourageants, des travaux plus récents et approfondis montrent «dans la plupart des cas, que les caméras n’occasionnent pas la baisse attendue du recours à la force», explique Daniel Lawrence, chercheur à l’Urban Institute.

Beaucoup de services de police autorisent les agents à les éteindre à leur discrétion et certains ont été accusés d’avoir effectué des montages avant de rendre publiques des images.

Dans le cas de George Floyd, ou d’Eric Garner, dont la mort, également par asphyxie lors d’une interpellation à New York en 2014, avait déclenché un mouvement national, ce sont des témoins qui ont saisi la scène et non les policiers.

«Ces vidéos [...] témoignent d’un dysfonctionnement de l’action des forces de l’ordre», analyse Katheryn Russell-Brown, «car elles laissent penser que nous avons besoin que des citoyens surveillent la police ou des personnes en public pour obtenir justice.»

«Taillée en pièces»

La captation d’un incident apparaît de plus en plus comme un instrument décisif, a fortiori avec l’effet multiplicateur des réseaux sociaux.

«S’il n’y avait pas eu de vidéo, est-ce que les officiers de police auraient été licenciés si rapidement?» a demandé Ibram Kendi, directeur du centre de recherche antiraciste de l’université American, interrogé par le site d’information Democracy Now.

«Est-ce qu’on aurait cru les témoins qui ont assisté à la scène et ont demandé aux officiers d’arrêter?» a-t-il poursuivi.

Il est très difficile de déterminer si l’utilisation croissante de téléphones intelligents peut dissuader la commission d’actes racistes, explique Katheryn Russell-Brown.

Dans le cas de George Floyd, souligne-t-elle, «la caméra n’a pas empêché l’acte d’être commis».

Lors d’altercations entre particuliers, la présence de la vidéo augmente le plus souvent l’agressivité de l’initiateur, comme dans le cas d’Amy Cooper à Central Park.

En quelques heures, cette vice-présidente d’une société de gestion a perdu son anonymat, son chien et son emploi, broyée par les réseaux sociaux et la machine médiatique, lancés par une vidéo, visionnée plus de 43 millions de fois.

«Je n’excuse pas le racisme, mais je ne suis pas sûr que sa vie devait être taillée en pièces», a réagi Christian Cooper, victime d’Amy Cooper, dans le New York Times.

Risque de déshumanisation

Plusieurs spécialistes ont pointé le risque de «déshumanisation» associé à la vindicte sur les réseaux sociaux, comme la psychologue Molly Crockett dans une publication de 2017. Or selon plusieurs experts c’est la déshumanisation qui est à l’œuvre dans l’acte raciste.

Aussi puissante qu’elle soit, cette forme de justice ne doit pas être confondue avec celle qui applique la loi, prévient Katheryn Russell-Brown, qui rappelle que la dénonciation calomnieuse est un délit.

Surprise par la rapidité avec laquelle les quatre officiers de police impliqués dans l’interpellation de George Floyd ont été licenciés, elle estime néanmoins que justice n’est pas rendue.

La situation a entraîné des manifestations et plusieurs nuits de violence à Minneapolis. Des enquêtes fédérales et locales sont en cours, sans inculpation jusqu’ici.

«Ils ont été renvoyés. Est-ce que c’est suffisant? Non. Une personne est morte. Donc maintenant, nous voulons que le système judiciaire fasse son travail», dit-elle.

George Floyd, le «doux géant» mort aux mains de la police américaine

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George Floyd, le «doux géant» mort aux mains de la police américaine

MINNEAPOLIS — Il avait quitté le Texas pour commencer une nouvelle vie à Minneapolis, dans le nord des États-Unis. Mais George Floyd, cet Américain noir décrit comme un homme généreux, qui a perdu son emploi pendant la crise due à la pandémie, est mort face contre terre, le cou sous le genou d'un policier blanc.

«Tout le monde aimait mon frère», a dit Philonese Floyd mardi, au lendemain de ce décès qui a provoqué des manifestations dans plusieurs villes et ravivé les appels à en finir avec un racisme "systémique" en Amérique.

«C'est un doux géant», a-t-il affirmé à CNN. «Il ne fait jamais de mal à personne».

Le défunt, qui avait 46 ans, avait d'abord trouvé du travail comme camionneur dans le Minnesota, puis comme agent de sécurité dans un restaurant, le Conga Latin Bistro, avant que le confinement ne porte un coup aux affaires.

«Il nous faisait nous sentir en sécurité», a témoigné Luz Maria Gonzalez, une cliente régulière de l'établissement, auprès de la radio publique NPR. «En fin de soirée il disait "Hé Luz, je vais attendre avec toi jusqu'à ce que tu montes dans le taxi"».

D'autres ont évoqué les pas que faisait George Floyd pour améliorer sa vie.

«Je me souviens qu'il disait vouloir toucher le monde. Il voulait avoir un impact sur le monde», a raconté Jonathan Veal, un ami d'enfance, à la chaîne KPRC à Houston, où ils sont allés ensemble au lycée Jack Yates.

Du haut de ses deux mètres, George Floyd avait brillé dans le basket et le football américain, et s'était aussi essayé au hip-hop.

Mais il avait fini par quitter Houston faute de pouvoir y trouver un travail.

M. Veal a dit avoir échangé avec son ami pour la dernière fois en janvier, par SMS.

Il y a «des petites choses que je dois régler pour mes petits», avait alors écrit George Floyd. «Ma foi est en train de revenir là où elle doit être.»

Mais le 25 mai, comme le montre une vidéo de plusieurs minutes devenue virale, George Floyd est mort après qu'un policier a pressé son genou sur son cou alors qu'il était à terre dans la rue, non armé et menotté.

«S'il vous plaît, s'il vous plaît, je n'arrive pas à respirer», l'entend-on dire.

La police le soupçonnait d'avoir utilisé un faux billet de 20 dollars pour acheter des cigarettes, après que l'employé d'une épicerie eut appelé le numéro d'urgence 911.

«Changer sa vie»

Pour Bridgett Floyd, la mort de son frère ainsi, aux mains de la police, «est à briser le coeur».

«C'est exactement ce qu'ils ont fait. Ils ont tué mon frère. Il criait à l'aide», a-t-elle dit à NBC News.

Quatre policiers ont été licenciés après le décès de George Floyd. Derek Chauvin, celui qui a maintenu son genou sur son cou, a été arrêté vendredi et inculpé d'homicide involontaire.

George Floyd «n'était rien de moins qu'un ange envoyé sur terre», a réagi sa petite amie, Courtney Ross, auprès de CBS News.

«Et nous l'avons diabolisé, et nous l'avons tué», a-t-elle dit.

George Floyd avait, selon les médias américains, deux enfants. Roxie Washington, la mère de sa fille de six ans à Houston, l'a décrit comme un père dévoué.

«Parce qu'il était si grand, les gens pensaient qu'il cherchait la bagarre», a-t-elle dit, citée par le Houston Chronicle.

«Mais c'était une personne aimante, et il aimait sa fille.»

L'un des amis de longue date de George Floyd, Stephen Jackson, est devenu une vedette de la NBA. Ce qui n'a pas changé leur amitié, assure le sportif.

«On s'appelait Twin (Jumeau)», a raconté M. Jackson, visiblement ému, dans une vidéo sur Instagram.

«Il était en train de changer sa vie», déménageant au Minnesota pour le travail afin de subvenir aux besoins de ses enfants, a-t-il expliqué.

«Mon gars faisait tout ce qu'il fallait, et ils me l'ont tué.»

Mort de George Floyd: des centaines de manifestants devant la Maison-Blanche [PHOTOS]

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Mort de George Floyd: des centaines de manifestants devant la Maison-Blanche [PHOTOS]

WASHINGTON — Des centaines de personnes ont manifesté vendredi soir devant la Maison-Blanche pour exprimer leur colère après la mort de George Floyd, un homme noir de 46 ans, aux mains de la police.

Son décès lundi lors d'une interpellation violente a ravivé les plaies raciales des États-Unis.

Brandissant des pancartes barrées de slogans comme «Arrêtez de nous tuer» et «La vie des Noirs compte», les manifestants ont réclamé «justice pour George Floyd» devant la résidence de Donald Trump.

Décision samedi matin sur le lancement du vol habité de SpaceX

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Décision samedi matin sur le lancement du vol habité de SpaceX

La décision de lancer ou non le premier vol habité de la société américaine SpaceX samedi après-midi sera prise le matin même, après observation de la météo, a annoncé vendredi le patron de la NASA.

Par crainte de la foudre, la première tentative du lancement de la capsule Crew Dragon en direction de la Station spatiale internationale (ISS) avec deux astronautes à bord avait été annulée mercredi, seulement 17 minutes avant l’heure prévue du décollage.

«Aucune décision sur la météo n’a encore été prise pour le vol d’essai de samedi du vaisseau spatial Crew Dragon de SpaceX. Nous réévaluerons la situation demain [samedi] matin», a tweeté Jim Bridenstine, le chef de la NASA.

Le décollage de la fusée Falcon 9 de SpaceX, avec à son sommet la capsule Crew Dragon, est en théorie prévu samedi à 15 h 22 du centre Kennedy, d’où décollèrent les astronautes qui ont marché sur la Lune dans les années 1960 et 1970. Les deux astronautes sont Bob Behnken et Doug Hurley.

Plus tôt vendredi, la NASA a indiqué que la probabilité d’un lancement était de 50 %. La météo prédit pour l’instant de l’orage. La prochaine fenêtre de lancement serait dimanche à 15h.

Le vol a été maintenu malgré la pandémie de COVID-19.

Des touristes et passionnés de l’espace s’étaient installés mercredi sur les plages du littoral de Floride, dont la fameuse Cocoa Beach, pour assister à la première tentative de lancement.

Mercredi, Donald Trump était venu assister en personne à ce que la NASA appelle l’aube d’une nouvelle ère spatiale, où les États-Unis confient au secteur privé le transport de ses astronautes, et retrouvent en même temps l’accès à l’espace qu’ils avaient perdu en 2011 avec l’arrêt des navettes spatiales.

Le président américain a indiqué qu’il reviendrait samedi.

Autour du globe, 30 mai 2020

Trump coupe les ponts avec l'OMS, New York annonce un déconfinement partiel

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Trump coupe les ponts avec l'OMS, New York annonce un déconfinement partiel

WASHINGTON — Donald Trump a mis à exécution sa menace de couper les ponts avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qu'il accuse de complaisance envers Pékin, au moment où la ville de New York, très affectée par la COVID-19, se prépare à reprendre une partie de ses activités.

Le président américain a annoncé vendredi «mettre fin à la relation» entre son pays et l'OMS, qu'il accuse depuis le début de la pandémie de se montrer trop indulgente avec la Chine, où le coronavirus est apparu en décembre avant de se répandre sur la planète.

Les États-Unis, qui sont traditionnellement les premiers bailleurs de fonds de l'agence onusienne, vont «rediriger ces fonds vers d'autres besoins de santé publique urgents et mondiaux qui le méritent», a-t-il déclaré à la presse.

Cette annonce survient alors que la pandémie continue de faire des ravages aux États-Unis, en Amérique latine et en Russie, de plomber l'économie mondiale, et menace de reprendre de l'élan en Corée du Sud.

Encouragée par un reflux de l'épidémie, l'Europe continue de son côté d'ouvrir ses frontières et de relâcher les restrictions mises en place.

La pandémie a fait au moins 362 028 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles vendredi à 19h00 GMT.

Plus de 5 862 890 cas ont été diagnostiqués dans 196 pays et territoires.

Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 102 201 décès pour 1 731 035 cas. Suivent le Royaume-Uni avec 38 161 morts, l'Italie (33 229), la France (28 714) et le Brésil (27 878), passé vendredi en cinquième position de ce triste classement, devant l'Espagne (27 121).

Le Brésil a connu vendredi une nouvelle journée à plus de mille décès (1 124), sachant que les chiffres réels du géant sud-américain sont vraisemblablement quinze fois pires, selon des scientifiques.

New York, objectif 8 juin 

Le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo, a annoncé vendredi qu'il prévoyait une levée partielle du confinement pour la ville de New York la semaine du 8 juin, à condition que les indicateurs de santé publique soient satisfaisants.

Cet assouplissement ne concernerait dans un premier temps qu'une partie de l'économie, principalement le bâtiment et l'activité manufacturière. New York est, de très loin, la ville la plus touchée au monde par le coronavirus, qui y a tué plus de 21 000 personnes.

La Russie pour sa part a enregistré un nouveau record quotidien de décès (232), portant le total à 4 374 morts et à 387 623 cas, ce qui en fait le troisième pays au monde le plus touché pour le nombre de contaminations derrière les États-Unis et le Brésil. Selon les données publiées vendredi, la progression de l'épidémie semble néanmoins stabilisée, avec 8 572 nouveaux cas en 24 heures, un niveau stable depuis une dizaine de jours.

L'Europe, durement frappée avec plus de 176 000 décès et 2,1 millions de cas, continue son déconfinement, après avoir vu ralentir la propagation du virus.

Le Danemark a annoncé vendredi qu'il rouvrirait le 15 juin ses frontières aux ressortissants allemands, norvégiens et islandais.

La Grèce va ouvrir ses aéroports d'Athènes et de Thessalonique (nord) aux touristes venant de 29 pays à partir du 15 juin, début de la saison touristique.

Mais les frontières extérieures de l'Union européenne restent fermées. Et ses frontières intérieures rouvrent dans le désordre, contrariant notamment certains couples. «C'est vraiment dur de ne pouvoir ressentir physiquement aucune intimité, même pouvoir simplement s'embrasser», confie à l'AFP Melinda Schneider, une Canadienne de 26 ans qui n'a pas vu son ami danois depuis plus de quatre mois.

L'Europe se remet au foot 

La Turquie rouvre partiellement ses mosquées vendredi et l'Autriche, avec moult précautions, ses hôtels et infrastructures touristiques. À Vienne, les hôtels d'habitude prisés entre mars et juin par des voyageurs d'affaires s'attendent à un remplissage de seulement 5 à 10% en juin, largement sous le seuil de rentabilité de 77%, selon la chambre de commerce de la capitale.

Écoles et commerces britanniques pourront rouvrir à partir de lundi mais il faudra attendre le 8 juin pour les cabinets dentaires. En attendant, certains achètent du matériel sur Internet pour soigner leurs dents: «c'est facile à utiliser et ça ne fait pas trop peur», dit Susie à Salisbury (Sud).

Musées, parcs, cafés et restaurants français rouvriront mardi - seulement en terrasse à Paris -, et ce sera aussi la fin de l'interdiction d'aller à plus de 100 km de chez soi. Le grand magasin parisien des Galeries Lafayette rouvre dès samedi, avec masques et distances de sécurité de rigueur.

Le coronavirus dégrade aussi l'économie. En Italie et en France -qui entre en récession-, le produit intérieur brut (PIB) chute de 5,3% au premier trimestre par rapport au précédent, et de 2,9% en Autriche.

L'économie canadienne s'est contractée de 8,2% en rythme annuel au premier trimestre, la chute la plus brutale depuis début 2009.

L'économie indienne a connu, pour le trimestre de janvier à mars, sa croissance la plus faible depuis 20 ans, tandis que le PIB du Brésil a reculé de 1,5% au premier trimestre par rapport aux trois derniers mois de 2019, selon des chiffres officiels rendus publics vendredi.

En Espagne, la crise a aggravé la pauvreté, poussant le gouvernement à approuver vendredi la création d'un revenu minimum vital.

L'Europe se remet à jouer au football, sauf la France. Après l'Allemagne mi-mai et l'Espagne, l'Angleterre et l'Italie ont annoncé à leur tour jeudi la reprise en juin de leurs championnats. Pour la Premier League, le plus suivi au monde, ce sera le 17 juin, peu après la Liga espagnole (semaine du 8 juin) et juste avant l'Italie (20 juin).

Propagation rapide sur le continent américain 

Sur le continent américain, le virus se propage toujours rapidement. Les États-Unis restent de loin le pays le plus touché en nombre de cas (1,73 million) comme de décès (102 201, dont 1 297 jeudi).

La capitale Washington, relativement épargnée, amorce vendredi la levée de restrictions. Le même jour, les restaurants et salons de coiffure de Los Angeles, principal foyer de COVID-19 en Californie, ont été autorisés à rouvrir à condition de mettre en oeuvre des mesures sanitaires.

L'épidémie ne faiblit pas en Amérique du Sud, comme au Chili, où le nombre de morts atteint 944 et les contaminations 90.638, selon les derniers chiffres officiels de jeudi.

En 24 heures, 3 695 cas de coronavirus ont été enregistrés dans le pays sud-américain de 18 millions d'habitants, et 54 personnes sont mortes de la maladie, un nouveau record.

Au Proche-Orient, l'Iran qui a assoupli ses restrictions depuis mi-avril, affiche la plus forte hausse quotidienne des cas en près de deux mois (2 819 pour un total de 146 668).

Lueur d'espoir 

La Corée du Sud, souvent citée en exemple pour avoir jugulé la maladie, a rétabli des restrictions alors qu'elle commençait à retrouver une vie normale.

Après une flambée de cas jeudi, parcs et musées sont fermés pour deux semaines et le nombre d'élèves accueillis à Séoul est réduit.

Sur le front médical, un médicament, l'anakinra, initialement destiné à des maladies rhumatismales, donne des résultats «encourageants» pour les formes graves de la COVID-19 en réduisant le risque de décès et le besoin d'être mis sous respirateur en réanimation, selon une étude française qui offre une lueur d'espoir.

Mort de George Floyd: un policier accusé de meurtre et d’homicide involontaire

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Mort de George Floyd: un policier accusé de meurtre et d’homicide involontaire

MINNEAPOLIS — Des manifestations ont éclaté dans plusieurs grandes villes américaines vendredi soir après la mort en début de semaine d'un Américain noir lors de son interpellation à Minneapolis, et ce malgré l'inculpation pour homicide involontaire du policier arrêté après plusieurs jours d'émeutes. 

Un couvre-feu est en vigueur depuis vendredi dans cette ville du Minnesota.

La famille de George Floyd, 46 ans, à laquelle le président Donald Trump a annoncé avoir parlé, a salué l'arrestation du policier comme un premier pas sur «la voie de la justice», mais l'a jugée «tardive» et insuffisante.

«Nous voulons une inculpation pour homicide volontaire avec préméditation. Et nous voulons voir les autres agents (impliqués) arrêtés», a-t-elle affirmé dans un communiqué.

Pour l'instant, seul le policier Derek Chauvin «a été placé en détention», a déclaré le commissaire John Harrington, du département de la Sécurité civile du Minnesota.

Le visage de cet agent a fait le tour du monde, depuis qu'une vidéo devenue virale le montre interpellant violemment lundi pour un délit mineur George Floyd, et placer son genou sur son cou.

George Floyd supplie et se plaint: «Je ne peux plus respirer», l'entend-on dire.

Derek Chauvin et les trois autres agents impliqués dans le drame ont été licenciés et des enquêtes fédérales et locales ont été ouvertes pour établir leurs responsabilités.

M. Chauvin est accusé d'avoir commis un acte cruel et dangereux ayant causé la mort et d'homicide involontaire, a précisé le procureur du comté de Hennepin, où se trouve la ville de Minneapolis.

Ce développement judiciaire fait suite à une troisième nuit d'émeutes dans cette grande ville du Minnesota, dans le nord du pays, où les manifestants réclament que justice soit rendue.

La Garde nationale a été déployée pour tenter de ramener le calme et un couvre-feu décrété à partir de vendredi soir, de 20H00 locales jusqu'à 06H00 le lendemain, alors qu'un commissariat a été incendié dans la nuit et plusieurs commerces pillés.

«On s'écrase depuis bien trop longtemps. On meurt, frère, avec le genou de quelqu'un sur notre cou alors qu'on n'a rien fait (...). Alors c'est fini, on en a marre. Je veux dire, on est déjà morts, alors autant mourir pour la bonne cause, non?», a dit à l'AFP un manifestant à Minneapolis, qui a seulement voulu être identifié par son prénom, Chicago.

Douleur et colère 

Le président Donald Trump, qui a dénoncé à plusieurs reprises un crime «tragique», s'en est pris aux «casseurs». «Les pillages seront immédiatement accueillis par les balles», a-t-il ajouté dans un tweet, que le réseau social a décidé de signaler comme une «apologie de la violence».

Dans la nuit de jeudi à vendredi, pour la troisième fois, les manifestations ont tourné à l'émeute aux abords du commissariat où travaillaient les quatre hommes.

Confrontées à l'avancée des manifestants, les forces de l'ordre avaient abandonné les lieux vers 22H00. Certains manifestants ont alors réussi à forcer les barrières de sécurité, à briser les vitres et à mettre le feu au bâtiment.

Plusieurs boutiques des alentours ont connu un sort comparable et les violences ont également gagné certains quartiers de la ville voisine de Saint-Paul, avec des heurts sporadiques entre policiers et habitants.

Réseaux sociaux en ébullition 

La colère a gagné plusieurs autres villes américaines, et des centaines de personnes ont notamment manifesté devant la Maison-Blanche à Washington.

À New York, ce sont près d'un millier de manifestants qui se sont rassemblés pour fustiger la police, tandis qu'à Denver, une autoroute a été bloquée.

À Louisville, dans le Kentucky, des affrontements ont eu lieu alors que des habitants demandaient justice pour Breonna Taylor, une femme noire tuée par la police dans son appartement en mars.

L'émotion a dépassé les frontières américaines, et des appels à rendre justice à George Floyd se multipliaient sur les réseaux sociaux dans plusieurs pays.

L'affaire rappelle la mort d'Eric Garner, un homme noir décédé en 2014 à New York après avoir été asphyxié lors de son arrestation par des policiers blancs. Lui aussi avait dit «Je ne peux pas respirer», une phrase devenue un cri de ralliement du mouvement Black Lives Matter (La vie des Noirs compte).

«Trop c'est trop», a dit sa mère, Gwen Carr, à New York vendredi. «Il faut qu'ils arrêtent de venir dans nos quartiers et de terroriser et tuer nos jeunes».

Minneapolis : arrestation du policier mis en cause dans la mort de George Floyd

Actualités

Minneapolis : arrestation du policier mis en cause dans la mort de George Floyd

MINNEAPOLIS — Le policier mis en cause dans la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, lors d’une interpellation mortelle à Minneapolis, dans le Nord des Etats-Unis, a été arrêté ont annoncé vendredi les autorités locales.

«Le policier impliqué dans la mort de M. Floyd, qui a été identifié comme Derek Chauvin, a été placé en détention» par la police criminelle, a déclaré le commissaire John Harrington, du département de la Sécurité civile du Minnesota.

Trump-Twitter, guerre ouverte

Monde

Trump-Twitter, guerre ouverte

WASHINGTON — Twitter met des avertissements sur les messages de @realDonaldTrump. Trump accuse Twitter de faire preuve d'activisme politique. Et les tweets fusent, dans tous les sens.

Difficile de deviner l'issue de cet affrontement d'un genre nouveau entre le président des États-Unis et ce réseau social qu'il dénonce, mais qui est aussi son principal outil de communication avec ses plus de 80 millions d'abonnés.

Cette guerre ouverte s'est déplacée vendredi sur un terrain dramatique: les affrontements à Minneapolis après la mort d'un homme noir, George Floyd, lors de son interpellation violente.

Twitter a masqué un message du locataire de la Maison-Blanche, jugeant qu'il était en violation de ses directives sur l'apologie de la violence. Le tweet reste cependant intégralement visible lorsque l'on clique sur le message.

«Ces CASSEURS déshonorent la mémoire de George Floyd, et je ne laisserai pas faire cela. Je viens de parler au gouverneur Tim Walz et lui ai dit que l'armée était pleinement à ses côtés», écrivait le président.

«Les pillages seront immédiatement accueillis par les balles», ajoutait-il, dans une formule chargée.

Quelques heures plus tard, il a précisé qu'il s'agissait «d'un fait», et qu'il ne voulait en aucun cas dire qu'il «souhaitait que cela se produise».

«Intérêt du public»

Les messages présidentiels apparaissent également sur sa page Facebook, qui exempt les personnalités politiques de l'essentiel de ses mesures de lutte contre les contenus dangereux ou la désinformation, au nom de «l'intérêt du public» à se faire soi-même une opinion.

«Personnellement, j'ai une réaction viscérale à ce genre de rhétorique clivante et incendiaire», a déclaré Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, sur son profil.

Mais «nous avons lu (le message sur les pillages) comme un avertissement de l'État et nous pensons que les gens ont le droit de savoir si le gouvernement a l'intention de recourir à la force», justifie-t-il.

Jeudi, il avait déjà rappelé qu'à son avis les plateformes ne devraient pas se poser en «arbitre de la vérité». Des propos répétés ensuite par Donald Trump.

Dans une escalade un peu ubuesque, le compte officiel de la Maison-Blanche @WhiteHouse a, comme un défi, à son tour tweeté le message de Donald Trump sur Minneapolis.

La plateforme américaine a, dans une réponse du tac-au-tac, émis le même avertissement: «Ce tweet a enfreint les règles de Twitter sur l'apologie de la violence. Toutefois, Twitter estime qu'il est dans l'intérêt du public que ce tweet reste accessible.»

«Le président n'a pas fait l'apologie de la violence. Il l'a clairement condamnée», a commenté la Maison-Blanche.

«Les "vérificateurs d'information" de Twitter et de (son patron) Jack Dorsey, qui travaillent avec un parti pris et sont de mauvaise foi, l'ont clairement démontré: Twitter est un éditeur, pas une plateforme», a-t-elle ajouté.

Le président américain avait signé jeudi un décret s'attaquant à la Section 230 du Communications Decency Act.

Pierre angulaire de l'internet américain, elle offre notamment à Facebook, Twitter ou YouTube (Google) une immunité contre toute poursuite judiciaire liée aux contenus publiés par des tiers et leur donne la liberté d'intervenir sur les plateformes à leur guise.

«Que des conneries»

Le décret cherche à modifier le champ d'application de cette loi de 1996 et affirme que l'immunité ne peut s'étendre à ceux qui pratiquent la «censure de certains points de vue».

Plusieurs experts juridiques estiment que ce décret sera très difficile à appliquer légalement.

«C'est une distraction, une façon d'effrayer les plateformes (bravo à Jack Dorsey qui ne se laisse pas intimider) et de les forcer à obéir (voyez les déclarations honteuses de Mark Zuckerberg)», a notamment commenté la professeure de droit Danielle Citron.

Dans le camp de Donald Trump, la mobilisation battait son plein vendredi.

Le sénateur républicain Ted Cruz a appelé le ministère de la Justice à enquêter sur le réseau créé par Jack Dorsey pour non-respect des sanctions contre l'Iran, parce que la plateforme refuse de bannir l'ayatollah Ali Khamenei.

Ajit Pai, le président de l'autorité fédérale de régulation des communications (FCC), appelée à agir dans le décret, a de son côté demandé à Twitter si les messages d'Ali Khamenei (qui appelle au jihad en Palestine, notamment) "n'enfreignaient pas les règles" du réseau sur l'apologie de la violence.

À cinq mois de l'élection présidentielle, cette polémique permet pour l'heure au milliardaire républicain, privé de rencontres de campagne en raison du coronavirus, de galvaniser sa base électorale en dénonçant ce qu'il estime être une injustice.

L'un des proches conseillers du président, Dan Scavino, qui s'occupe en particulier de sa stratégie sur les réseaux sociaux, a lui franchi un cap dans la virulence de ses attaques.

«Twitter ne raconte que des conneries», a-t-il tweeté.

Des élus républicains taisent un cas positif de COVID-19, fureur des démocrates

Monde

Des élus républicains taisent un cas positif de COVID-19, fureur des démocrates

WASHINGTON — Des parlementaires démocrates de l’État américain de Pennsylvanie appelaient jeudi à la démission de collègues républicains après la révélation que l’un d’eux avait été testé positif au coronavirus sans que cela n’ait filtré pendant une semaine, une affaire qui exacerbe les divisions partisanes autour de la pandémie.  

Plusieurs démocrates de la Chambre des représentants de Pennsylvanie avaient laissé éclaté leur colère dans l’hémicycle mercredi, l’un d’eux qualifiant de « menteurs impitoyables » les chefs de la majorité républicaine.  

Les républicains ont tu le diagnostic parce qu’ils craignaient que cela ne contredise leur position voulant qu’il soit « sûr d’interagir avec d’autres gens et de retourner au travail », a accusé un élu démocrate, Brian Sims, dans une vidéo diffusée tard mercredi.  

« C’est le summum de l’hypocrisie républicaine », a-t-il ajouté, en affirmant que les républicains n’avaient cessé de minimiser les risques de la pandémie en Pennsylvanie et refusaient pour certains de porter des masques dans l’hémicycle.  

Selon l’opposition, l’élu républicain Andrew Lewis a évité pendant des jours de révéler publiquement qu’il avait testé positif à la COVID-19, et ses chefs ont également refusé de l’annoncer.  

Trois républicains ayant été en contact avec lui se sont mis en quarantaine, mais avaient auparavant participé à plusieurs séances plénières et commissions, accusent les démocrates.  

« Pendant ce temps, ils étaient testés positifs. Ils se prévenaient les uns les autres mais ils ne nous ont pas prévenus », a dénoncé Brian Sims.  

Andrew Lewis a expliqué mercredi qu’il avait été présent à la Chambre jusqu’au 14 mai et avait découvert souffrir de la COVID-19 le 20 mai.  

Il s’était alors immédiatement placé en quarantaine, mais ne l’avait pas révélé publiquement par respect de la vie privée, a-t-il déclaré. Les chefs républicains ont alors recommandé à plusieurs de leurs élus de s’isoler.  

Selon leur porte-parole Mike Straub, ils ont suivi les consignes du gouvernement et les personnes ayant été en contact avec le malade ont été prévenues.  

Les cafés rouvrent en France, lent redressement de l’économie en vue aux États-Unis

COVID-19

Les cafés rouvrent en France, lent redressement de l’économie en vue aux États-Unis

WASHINGTON — Des glaces à Rome et bientôt des cafés en terrasse à Paris: l’Europe a poursuivi jeudi son déconfinement grâce à la décrue de la pandémie de coronavirus, contrastant avec de nouveaux records battus en Amérique latine et le lourd bilan de plus de 101 000 morts aux États-Unis.

À genoux, l’économie américaine a toutefois semblé jeudi entamer un lent redressement avec la première baisse, depuis le début de la crise de la COVID-19, du nombre de chômeurs indemnisés.

Brésil: même avec le coronavirus, pas de trêve dans les favelas

Monde

Brésil: même avec le coronavirus, pas de trêve dans les favelas

RIO DE JANEIRO — Les habitants des favelas de Rio de Janeiro sont aux prises avec de multiples fléaux: le coronavirus, la précarité économique, mais aussi les fusillades, que la pandémie n’a pas fait cesser.

Des opérations policières musclées contre les narcotrafiquants continuent de faire de nombreuses victimes, y compris durant les distributions d’aliments et de produits d’hygiène censées permettre aux habitants de rester chez eux et de respecter les règles de distanciation physique dans ces quartiers pauvres densément peuplés.

En avril, les forces de l’ordre de l’État de Rio ont tué 177 personnes, 43% de plus que lors du même mois de l’année dernière, selon les derniers chiffres officiels.

Et les incursions policières meurtrières ont continué de plus belle en mai.

«Si tu ne meurs pas de faim ou à cause du virus, tu seras tué d’un coup de fusil d’assaut, au nom d’une sécurité publique qui nous exclut», a lancé sur les réseaux sociaux l’activiste Raull Santiago.

Ce message date du 15 mai, quand 13 personnes ont été abattues lors d’une même opération policière au Complexo do Alemao, ensemble de favelas du nord de Rio.

La police a justifié ces morts en affirmant avoir réagi à une attaque de narcotrafiquants lourdement armés.

Tué à 14 ans 

Seulement trois jours plus tard, c’était au tour de Joao Pedro Mattos Pinto, un adolescent noir de 14 ans, tué dans la maison de son grand-père, durant une opération de la Police fédérale avec des agents d’élite de la Police civile à Sao Gonçalo, banlieue pauvre de Rio.

Selon ses proches, les policiers ont fait irruption dans la maison où l’adolescent jouait avec ses cousins en tirant par rafales et en lançant des grenades, alors qu’ils étaient à la poursuite de suspects.

Plus de 70 impacts de balles ont été retrouvés sur les murs, les fenêtres ou les appareils électroménagers.

La police dit avoir transporté Joao Pedro en hélicoptère pour tenter de le secourir, mais sans prévenir sa famille, qui n’a retrouvé le corps que 17 heures plus tard, à la morgue.

«Les autorités doivent être cohérentes, parce qu’on demande à la population de respecter le confinement, mais en même temps les opérations policières continuent, causant plus de tension», déclare à l’AFP Joao Luis Silva, membre de l’ONG Rio de Paz.

Deux autres jeunes Noirs ont été tués par balle lors d’incursions de la police dans des favelas, au moment où des ONG distribuaient des produits de première nécessité à des familles se trouvant privées de revenus à cause du confinement.

À chaque fois, la police donne la même version: les agents ont réagi pour se défendre d’une agression de criminels.

Au moins cinq distributions de vivres ou campagnes de prévention contre le coronavirus ont été interrompues par des incursions des forces de l’ordre entre le 28 avril et le 21 mai, selon l’association Fogo Cruzado, qui recense les fusillades à Rio.

Le gouverneur Wilson Witzel, connu notamment pour avoir préconisé l’utilisation de tireurs d’élite pour abattre à distance tout individu portant un fusil d’assaut, a dit «regretter profondément» la mort du jeune Joao Pedro et a annoncé l’ouverture d’une enquête.

Il s’est également engagé à «promouvoir le dialogue» entre la police et les responsables d’ONG et d’associations de quartier «pour éviter les opérations pendant les actions humanitaires».

Stratégie de guerre 

Pour Silvia Ramos, chercheuse qui coordonne l’Observatoire de la Sécurité publique, c’est toute la stratégie de combat contre le trafic de drogue qui devrait être repensée.

«La police de Rio insiste pour mener cette stratégie qui ne donne pas de résultat probant et surtout est très meurtrière», déplore-t-elle.

En faisant prévaloir l’usage de la force sur les enquêtes approfondies pour des opérations plus ciblées, la police «ne parvient pas à affaiblir les factions armées enracinées dans les favelas depuis des années».

«Au contraire, après ces opérations, une fois que la police s’en va, elles obtiennent de nouvelles armes (illégalement) et continuent de semer la terreur parmi les habitants», conclut-elle.

Les «gelati» de retour en Italie, une glace COVID-19 pour faire passer la pandémie

Monde

Les «gelati» de retour en Italie, une glace COVID-19 pour faire passer la pandémie

ROME — Il fallait oser, un glacier italien l’a fait: une glace «COVID-19», pour faire passer le goût amer de la pandémie, alors que les Italiens redécouvrent, à la faveur du déconfinement, le plaisir de déguster leurs célèbres «gelati» sous le soleil printanier.

«C’est un symbole de l’été qui arrive», se réjouit Francesco, habitant de Rome qui regarde goulûment son cône dégoulinant de crème glacée, qui fait partie de l’ADN italien.

La «gelateria» est de nouveau l’un des pôles d’attraction de la grande place principale de Testaccio, quartier populaire de Rome où s’ébattent les enfants sur leurs trottinettes, goûtant de nouveau la liberté. Au silence de plus de deux mois de confinement répondent enfin les cris stridents des petits qui se réapproprient leur aire de jeu.

Un «remède» pistache et chocolat blanc 

Francesco, quinquagénaire, attendait avec impatience la réouverture du glacier artisanal. «Maintenant, je suis certain que je vais rattraper le temps perdu! J’aime la glace, cela fait partie de l’été, de la chaleur qui revient!», confie-t-il en s’interrompant pour lécher son cône dégoulinant, surmonté d’une pile de glace vanille et chocolat, le tout coiffé de Chantilly.

À en croire une étude publiée cette semaine par la Coldiretti, principal syndicat agricole italien, la consommation de glaces est repartie en Italie avec le déconfinement et les beaux jours.

À Milan, la propriétaire du glacier «Dolce Passione» y a vu l’occasion de lancer une nouveauté: la glace parfum Covid-19. Succès assuré, et d’ailleurs immédiat.

«Une glace comme remède contre la COVID-19, ça me semble une idée sympa. Elle ne résoudra pas le problème médical mais elle est quand même bonne», sourit Tindara Spada.

«Certaines personnes de notre ville sont mortes de la maladie, et nous en sommes désolés. C’est pourquoi nous avons essayé de donner quelque chose de positif en retour. Avec mon équipe, nous avons pensé à faire cette glace», explique la jeune femme. Son «médicament» un peu spécial contre le coronavirus est confectionné à base de glace chocolat blanc, et de sauce pistache.

«Nous avons fait de la publicité» sur les réseaux sociaux et «tout de suite, ça a été un grand succès, en 2 heures nous avons vendu quatre kilos et demi de glace», se réjouit-elle.

L’Italie, leader mondial de la glace artisanale, compte 39.000 glaciers qui emploient environ 150.000 personnes pour un chiffre d’affaires annuel de 2,8 milliards d’euros.

Chaque Italien en consomme plus de six kilos en moyenne par an, de préférence «la glace artisanale aux saveurs historiques» selon la Coldiretti. Une passion qui requiert 220 millions de litres de lait, 64 millions de kilos de sucre, 21 millions de kilos de fruits frais et 29 millions de kilos d’autres produits par an.

Les glaces «m’ont beaucoup manqué», confirme Marco, en T-shirt estival dévoilant des bras tatoués, son masque de protection baissé sur le cou pour engloutir «la meilleure glace de Rome» sur la place de Testaccio.

«Tous les jours» 

Tiziana avoue en riant qu’elle est passée «tous les jours» avec son mari devant la devanture pour guetter «le premier jour de la réouverture».

Dans le coeur historique de Rome, déserté pour cause de coronavirus, et dont les pavés ne sont plus arpentés par des milliers de touristes mangeant des glaces à toute heure de la journée, les glaciers font en revanche grise mine. Quelques promeneurs ou salariés dans le quartier s’offrent néanmoins ce petit plaisir pour couper leur journée trop calme.

Chez Giolitti, élégant établissement créé voici 120 ans à deux pas du Panthéon, arrêt incontournable pour les voyageurs de la planète avant la pandémie, «l’activité a fortement diminué», confirme la propriétaire Giovanna Giolitti, petite-fille du fondateur.

«Les groupes de touristes, qui venaient parfois à cent, ne sont plus là, mais aussi beaucoup d’employés de bureaux du quartier restés chez eux en télétravail», constate-t-elle.

L’établissement s’est lancé dans les livraisons à domicile durant le confinement. «À chaque jour suffit sa peine», philosophe, sereine, Giovanna, en attendant la réouverture des frontières le 3 juin, feu vert aux touristes.

Autour du globe, 29 mai 2020

Trump veut rogner les ailes de Twitter

Monde

Trump veut rogner les ailes de Twitter

WASHINGTON — Ulcéré par l’attitude de Twitter à son égard, Donald Trump a signé jeudi un décret visant à limiter la protection des réseaux sociaux et la latitude dont ils bénéficient dans la modération de leurs contenus.

«Nous sommes ici pour défendre la liberté d’expression face à un des pires dangers qui soit», a déclaré le président américain dans le Bureau ovale, en référence à ce qu’il a appelé le «monopole» des groupes technologiques.

«Ils ont le pouvoir non contrôlé de censurer, éditer, dissimuler ou modifier toute forme de communication entre des individus et de larges audiences publiques», a-t-il élaboré, en signant le décret qui devrait être le point de départ d’une longue bataille en justice.

Très actif sur Twitter où il mêle, à un rythme effréné, annonces politiques, attaques personnelles, théories du complot et propos de campagne, le locataire de la Maison-Blanche dénonce de longue date ce qu’il estime être un biais idéologique et politique de la part des géants de la Silicon Valley.

Surtout, il ne décolère pas depuis que son réseau de prédilection a épinglé mardi deux de ses messages, en ajoutant la mention: «Vérifiez les faits».

Une pratique de plus en plus courante pour les tweets à caractère trompeur ou dangereux, mais une première pour Donald Trump.

Au nom de la liberté d’expression — et à titre de représailles, selon ses détracteurs —, le tempétueux président a donc décidé de s’attaquer à la célèbre Section 230 du «Communications Decency Act».

Pierre angulaire de l’Internet américain, elle offre notamment à Facebook, Twitter ou YouTube (Google) une immunité contre toute poursuite judiciaire liée aux contenus publiés par des tiers et leur donne la liberté d’intervenir sur les plateformes à leur guise.

Punition

Le décret cherche à modifier le champ d’application de cette loi de 1996 et affirme que l’immunité ne peut pas s’étendre à ceux qui pratiquent la «censure de certains points de vue».

«Quand des réseaux sociaux puissants censurent des opinions [...], ils cessent de fonctionner comme des forums passifs. Ils doivent être considérés et traités comme des créateurs de contenus», énonce le texte.

Mais pour le sénateur démocrate Ron Wyden, Donald Trump veut surtout «intimider» les réseaux sociaux.

Il s’attaque à la Section 230 «parce qu’elle protège le droit des entreprises à ne pas avoir à héberger ses mensonges», a-t-il assuré.

Le décret constitue «une menace flagrante et anticonstitutionnelle pour punir les plateformes qui déplaisent au président», abonde l’ONG American Civil Liberties Union (ACLU).

Digne «des autocraties»

Twitter n’a pas souhaité commenter, mais Matt Schruers, président de la Computer & Communications Industry Association, un lobby du secteur de la techno, a estimé que ce genre de «représailles» était plus digne «des autocraties étrangères que des États-Unis».

Le débat sur le sacro-saint statut d’hébergeur des plateformes en ligne fait rage depuis des mois et dépasse largement le contentieux entre Donald Trump et Twitter.

À gauche comme à droite, des voix s’élèvent depuis quelques années pour forcer les réseaux à prendre plus de responsabilités — et donc à mieux filtrer les contenus.

Depuis les tentatives de manipulation de la présidentielle américaine de 2016, Facebook et Twitter ont massivement investi dans la lutte contre la désinformation.

Le réseau des gazouillis a ainsi encouragé les internautes à vérifier les faits quand Donald Trump a affirmé que le vote par correspondance était forcément «frauduleux», car sujet aux manipulations.

La question est particulièrement sensible en pleine année électorale bouleversée par la pandémie de coronavirus, qui fait peser le doute sur les modalités de l’organisation de la présidentielle américaine du 3 novembre.

Censurer au nom de la censure?

Mark Zuckerberg, le fondateur et patron de Facebook, est entré dans la bataille en rappelant sur Fox News jeudi qu’à son avis les plateformes ne devraient pas se poser en «arbitre de la vérité sur tout ce que les gens disent en ligne».

Mais «un gouvernement qui choisit de censurer une plateforme parce qu’il s’inquiète au sujet de la censure ne me semble pas exactement être le bon réflexe», a-t-il ajouté.

La méthode du décret suscite par ailleurs un tollé.

«Quelles que soient les circonstances, ce n’est pas comme ça que les politiques publiques sont décidées», a réagi la puissante Chambre de commerce des États-Unis. «Un décret ne peut pas servir à changer la loi fédérale».

Interrogé pendant la signature du décret sur la possibilité de supprimer son compte, Donald Trump, qui est suivi par 80 millions de personnes sur Twitter, a répondu par une attaque contre les médias.

«Si nous avions une presse honnête dans ce pays, je le ferais dans la seconde», a-t-il lancé.

Des soldats déployés à Minneapolis après une troisième nuit d’émeutes

Monde

Des soldats déployés à Minneapolis après une troisième nuit d’émeutes

MINNEAPOLIS — La Garde nationale était déployée jeudi dans la ville de Minneapolis pour tenter de ramener le calme après une troisième nuit d’émeutes liées à la mort d’un Noir aux mains de la police, qui suscite des manifestations dans tous les États-Unis.

À bord de véhicules militaires, les soldats tentaient d’établir un périmètre de sécurité autour d’un commissariat incendié dans la nuit. Une trentaine de commerces ont également été pillés dans cette ville du Minnesota sous haute tension depuis la mort, lundi soir, de George Floyd, lors d’une interpellation musclée.

Le président Donald Trump, qui a dénoncé à plusieurs reprises un crime «tragique» et demandé une enquête rapide, s’en est pris cette fois aux «casseurs». «Les pillages seront immédiatement accueillis par les balles», a-t-il ajouté dans un tweet, que le réseau social a décidé de signaler comme une «apologie de la violence».

Des milliers de personnes réclament justice après la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans qui, selon une vidéo devenue virale, semble avoir été asphyxié lundi soir par un policier lors d’une interpellation musclée.

Les quatre agents impliqués dans le drame ont été licenciés et des enquêtes fédérales et locales ont été ouvertes pour établir leurs responsabilités. Mais aucune arrestation n’a encore eu lieu, ce qui alimente toutes les frustrations.

«Les gens sont en colère car ce n’est pas la première fois que la police tue dans ce pays», a déclaré le révérend Al Sharpton sur la chaîne MSNBC vendredi matin. «Il n’y a aucune raison pour ne pas arrêter ces policiers», a ajouté cette figure de la défense des droits civiques arrivé jeudi à Minneapolis.

«Je vous implore de rester calme et de nous laisser mener notre enquête», a rétorqué la procureure fédérale Erica MacDonald lors d’une conférence de presse.

«À cran»

Dans la nuit de jeudi à vendredi, les manifestations ont tourné à l’émeute aux abords du commissariat où travaillaient les quatre hommes. Confrontées à l’avancée des manifestants, les forces de l’ordre avaient abandonné les lieux vers 22h. Certains manifestants ont alors réussi à forcer les barrières de sécurité, à briser les vitres et à mettre le feu au bâtiment.

Plusieurs boutiques des alentours ont connu un sort comparable et les violences ont également gagné certains quartiers de la ville voisine de Saint-Louis, avec des heurts sporadiques entre policiers et habitants.

Au petit matin, de la fumée continuait de s’élever en plusieurs points de la ville, où soldats et policiers anti-émeutes patrouillaient dans un climat tendu.

Une équipe de journalistes de CNN, qui couvrait la scène, a été arrêtée en direct par des policiers, et relâchée après deux heures. Le gouverneur Tim Walz a présenté «ses plates excuses» à la chaîne d’informations. «Ces gens sont à cran», a simplement commenté le journaliste Omar Jimenez.

Autour du globe, 28 mai 2020

Manifestations après la mort d'un Noir tué par la police aux États-Unis

Monde

Manifestations après la mort d'un Noir tué par la police aux États-Unis

MINNEAPOLIS — Des manifestants se sont rassemblés mercredi pour la deuxième soirée consécutive à Minneapolis, où la mort d'un Noir après son arrestation violente par des policiers a provoqué colère et appels à ce que justice soit faite.

Le chef de la police de la ville du Nord des États-Unis a demandé aux manifestants de garder leur calme pour ne pas connaître les mêmes débordements que la veille.

Les vitres d'un commissariat avaient notamment été brisées mardi soir et les forces de l'ordre avaient répliqué en utilisant du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc.

La famille de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans décédé après une arrestation brutale dont la vidéo est devenue virale, a réclamé mercredi que les policiers impliqués soient inculpés pour meurtre.

«Car c'est exactement ce qu'ils ont fait, ils ont commis un meurtre contre mon frère», a affirmé sur la chaîne NBC sa soeur, Bridgett Floyd.

«J'ai la foi et je crois que justice sera rendue», a-t-elle ajouté, affirmant que le renvoi des policiers n'était «pas suffisant».

Les quatre policiers impliqués dans l'arrestation de M. Floyd ont été limogés mardi, mais laissés en liberté alors qu'une enquête a été ouverte.

COVID-19: les États-Unis franchissent le seuil tragique des 100 000 morts

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COVID-19: les États-Unis franchissent le seuil tragique des 100 000 morts

WASHINGTON — Les États-Unis ont franchi mercredi le seuil des 100 000 décès liés au coronavirus, un chiffre attestant de l'ampleur de la tragédie dans la pays, tandis que l'Europe dévoilait un plan exceptionnel de relance de son économie qui, comme celles du monde entier, s'est effondrée sous l'impact de la pandémie. 

À l'heure où l'Asie semble en bonne voie vers une sortie de crise, mais que l'Amérique du Sud s'enlise, le coût social et économique de l'épidémie, qui s'ajoute au terrible bilan humain, apparaît chaque jour davantage.

Le premier mort de la COVID-19 aux États-Unis avait été annoncé fin février. Le pays en enregistre désormais plus de 100 000 et près de 1,7 million de cas.

Le nombre de décès sur 24 heures y est reparti à la hausse, avec 1 401 décès supplémentaires enregistrés entre mardi et mercredi, après trois jours d'affilée à moins de 700 morts.

Rapporté à ses près de 330 millions d'habitants, le bilan américain, nettement en-deçà de la réalité selon des experts, est toutefois inférieur à celui de plusieurs pays européens.

À travers le monde, la barre des 350 000 morts a été franchie mercredi, dont plus des trois quarts en Europe et aux États-Unis.

«Vieux préjugés»

Dans ce sombre contexte, la Commission européenne a dévoilé mercredi un plan de relance exceptionnel de 750 milliards d'euros.

Des négociations ardues attendent désormais les 27, que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a appelés à «mettre de côté les vieux préjugés».

Alimenté par des emprunts à grande échelle au nom de l'UE, il sera redistribué pour deux tiers en subventions et pour un tiers sous forme de prêts.

Parmi les plus touchées par la crise sanitaire, Italie et Espagne pourraient recevoir plus de 172 et 140 milliards d'euros respectivement via cet instrument.

La France serait le quatrième principal bénéficiaire, après la Pologne, avec 38,7 milliards de subventions. Paris espère un accord des 27 sur ce plan d'ici à juillet, mais prévoit des négociations «difficiles» avec les pays dits «frugaux» (Pays-Bas, Danemark, Autriche et Suède), qui y sont hostiles.

Tout en se félicitant de points positifs, le chancelier autrichien Sebastian Kurz a ainsi qualifié le plan de «base de négociations», estimant que devait être discutée la part entre subventions et prêts.

Nouvel épicentre latino-américain 

En Amérique latine, le nombre quotidien de nouvelles contaminations a dépassé celui de l'Europe et des États-Unis, faisant «sans aucun doute» du continent latino-américain le nouvel épicentre de la pandémie, selon l'Organisation panaméricaine de la santé, basée à Washington.

La propagation du coronavirus «s'accélère» au Brésil, au Pérou et au Chili, souligne cette antenne régionale de l'Organisation mondiale de la santé, qui se dit «particulièrement inquiète» et appelle ces pays à ne pas relâcher les mesures destinées à ralentir les contaminations.

Le Brésil, pays de loin le plus endeuillé de la région, a franchi mercredi le seuil des 25 000 morts, dont plus d'un millier supplémentaires au cours des dernières 24 heures. Le pays compte maintenant plus de 400 000 cas confirmés. 

Au-delà de son système de santé précaire et des inégalités qui rendent les populations noires et pauvres plus vulnérables face au virus, le Brésil est également miné par une véritable cacophonie politique.

Les gouverneurs des États ont pris des mesures de confinement plus ou moins strictes, souvent peu respectées par la population, tandis que le président Jair Bolsonaro ne cesse de minimiser la pandémie et d'appeler à la reprise des activités économiques pour préserver l'emploi.

Et le Pérou, deuxième pays le plus touché par la contagion en Amérique latine, a encore battu mercredi ses records de décès et contaminations, avec 6 154 nouveaux cas de contaminations à la COVID-19 en 24 heures, ce qui porte le bilan total à 135 905, soit une augmentation de 36% en une semaine. Le nombre de décès en 24 heures (195) représente aussi un nouveau record, avec un bilan total de 3 983 morts, selon le ministère de la Santé.

«J'ai vraiment honte»

Les indicateurs économiques et sociaux sont au rouge dans le monde entier.

Selon l'ONG Oxfam, la crise sanitaire pourrait précipiter 500 millions de personnes dans la pauvreté.

«Je me couvre le visage parce que j'ai vraiment honte, je n'avais jamais demandé de la nourriture», confie Jacqueline Alvarez, 42 ans, qui fait la queue avec près de 700 autres devant une association du quartier populaire d'Aluche, à Madrid, transformée en banque alimentaire.

Au Brésil, les experts s'attendent à une chute de 6 à 10% du PIB cette année et à un bond du taux de chômage jusqu'à plus de 18%.

En France, après s'être effondré d'environ 20% au deuxième trimestre, le PIB devrait se contracter de plus de 8% sur l'année, «la plus importante récession depuis la création des comptes nationaux en 1948», selon l'Institut national de la statistique.

Aux États-Unis, dont le système est ultra-décentralisé, la pandémie assèche les finances publiques de nombreux États, qui réclament l'aide du gouvernement fédéral, faute de quoi la reprise sera poussive et les conséquences sur la vie quotidienne durables.

Après l'Argentine et le Liban, qui se sont déclarés en défaut de paiement, les experts du G20 craignent que la pandémie ne provoque une contagion de défaillances chez les pays émergents, incapables d'honorer les remboursements de leurs dettes.

En Afrique du Sud, considérée par la Banque mondiale comme le pays le plus inégalitaire au monde, la pandémie a accru la misère et plongé dans le dénuement nombre des quelque 4 millions d'étrangers, la plupart en situation illégale.

Migrants et réfugiés, employés de boutiques ou vendeurs de rue ne peuvent plus travailler en raison du confinement, explique l'avocat Alfred Djanga, porte-parole de familles réfugiées à Johannesburg: «Sans papiers, ils n'ont pas d'autre choix que de faire la manche».

Les soignants éprouvés

Autre victime indirecte du coronavirus, l'état mental des soignants, soumis à une surcharge de travail et à un stress exceptionnels.

«On a tous les ingrédients d'un risque majeur de stress post-traumatique», estime Xavier Noël, expert des questions de santé mentale à l'Université libre de Bruxelles.

Ceux qui interviennent en soins intensifs «ont fait face à un taux de décès et à une manière de mourir totalement inhabituels, dans un contexte plus déshumanisé, sans la présence des familles pour les soulager sur la prise de décision», dit-il à l'AFP.

Dans une Europe où les chiffres s'améliorent chaque jour, la pression monte pour une réouverture coordonnée des frontières.

L'Italie pousse à une reprise concertée des déplacements en Europe le 15 juin, qui pourrait devenir le «D-Day» du tourisme.

En Pologne, la population ne sera plus obligée à partir du weekend de porter des masques, à condition de laisser une distance de deux mètres entre chaque personne.

Principal foyer de coronavirus en Russie, Moscou, où un confinement strict a été instauré, lèvera le 1er juin plusieurs restrictions, autorisant notamment la réouverture de certains commerces et les promenades, sous conditions.

SpaceX reporte son premier vol habité à samedi à cause des orages [PHOTOS]

Monde

SpaceX reporte son premier vol habité à samedi à cause des orages [PHOTOS]

CENTRE SPATIAL KENNEDY — Après une journée de suspense, le premier vol habité de la société américaine SpaceX a été reporté de mercredi à samedi en raison des intempéries, alors que deux astronautes de la Nasa étaient installés dans la capsule au sommet de la fusée qui devait les emmener vers la Station spatiale internationale. 

«Dragon, SpaceX: malheureusement, nous n'allons pas lancer aujourd'hui», a annoncé aux astronautes à bord de Crew Dragon le directeur du lancement de SpaceX au Centre spatial Kennedy en Floride, 17 minutes avant l'heure prévue du décollage.

«C'était un bel effort de l'équipe, nous comprenons», a répondu l'astronaute Doug Hurley, qui était depuis deux heures à l'intérieur, sanglé dans son siège à côté de son coéquipier Bob Behnken, au sommet d'une fusée Falcon 9.

Il s'en est fallu de dix minutes pour que le mauvais temps se dissipe, en l'occurrence des orages et de la foudre dans la zone, et la présence d'un épais nuage appelé cumulonimbus pouvant provoquer de la foudre au passage de la fusée, comme c'est arrivé, sans conséquence, aux astronautes d'Apollo 12 en 1969.

Trump menace de «fermer» les réseaux sociaux après le signalement de ses tweets

Monde

Trump menace de «fermer» les réseaux sociaux après le signalement de ses tweets

WASHINGTON - Donald Trump a menacé mercredi de «réglementer» ou de «fermer» des plateformes de réseaux sociaux après le signalement la veille par Twitter de deux messages du président américain comme «trompeurs» et véhiculant des informations non vérifiées.

Le milliardaire républicain signera jeudi un décret «portant sur les réseaux sociaux», a déclaré à des journalistes, sans plus de précisions, une porte-parole de la Maison Blanche dans l'avion qui le ramenait de Floride, où il devait assister au lancement d'une fusée.

Donald Trump avait débuté sa journée par une série de tweets au ton vindicatif.

«Les républicains ont le sentiment que les plateformes de réseaux sociaux censurent totalement les voix conservatrices. Nous allons les réglementer sévèrement, ou les fermer, pour empêcher qu'une telle chose se produise», avait-il écrit au petit matin.

«Twitter a maintenant démontré que tout ce qu'on disait d'eux (et de leurs autres compatriotes) est correct. Une action de grande ampleur à venir», avait-il ajouté plus tard, sans en dévoiler davantage.

Souvent accusé de laxisme dans son traitement des propos tenus par des dirigeants, Twitter a signalé pour la première fois mardi des messages du président, en ajoutant la mention: «Vérifiez les faits».

Il s'agissait de tweets du milliardaire affirmant que le vote par correspondance était forcément «frauduleux» car sujet aux manipulations. Une question ultra-sensible en pleine année électorale bouleversée par la pandémie de coronavirus, qui fait peser le doute sur les modalités de l'organisation de la présidentielle américaine du 3 novembre.

«Ces tweets contiennent des informations potentiellement trompeuses sur le processus de vote et ont été signalés pour fournir du contexte additionnel sur le vote par correspondance», a justifié un porte-parole de la plateforme interrogé par l'AFP.

«Twitter étouffe la LIBERTÉ D'EXPRESSION», avait accusé Donald Trump, dont le compte a plus de 80 millions d'abonnés, avant de revenir à l'attaque mercredi matin.

«Mensonges éhontés»

Si un débat lancinant dure depuis longtemps sur la responsabilité des réseaux sociaux face à leurs contenus, le président américain ne dispose pas des moyens de les fermer tout bonnement.

Le Premier amendement de la Constitution américaine, qui régit notamment la liberté d'expression, «limite considérablement toute action que le président puisse prendre pour réguler les réseaux sociaux», a réagi une avocate de la puissante association des droits civiques ACLU, Kate Ruane.

Il «interdit également clairement au président de prendre une quelconque mesure pour empêcher Twitter de signaler ses mensonges éhontés à propos du vote par correspondance», a-t-elle asséné.

Donald Trump a également accusé les réseaux sociaux d'avoir tenté d'influencer la campagne présidentielle de 2016. «Nous ne pouvons pas laisser qu'une version plus sophistiquée de ça se produise encore une fois», a-t-il tweeté.

Le renseignement américain a accusé la Russie de s'être ingérée dans l'élection qu'il a remportée en 2016.

La désinformation est justement considérée comme particulièrement cruciale par Facebook et les autres plateformes depuis les tentatives de manipulation de cette présidentielle américaine et du référendum sur le Brexit, en 2016.

«Maintes fois démentis»

Twitter n'a en revanche pas agi contre d'autres messages au vitriol de Donald Trump publiés ces derniers jours, dans lesquels il relaie une théorie du complot infamante contre le présentateur de la chaîne câblée MSNBC Joe Scarborough.

M. Scarborough fut l'ami de Donald Trump avant de le critiquer ouvertement à l'antenne.

Plusieurs sites et blogs obscurs alimentent depuis des années l'idée selon laquelle M. Scarborough, alors élu républicain, aurait assassiné son assistante parlementaire Lori Klausutis en 2001, sans aucun élément tangible à l'appui.

Son veuf avait imploré Twitter la semaine dernière d'agir pour empêcher Donald Trump de relayer des «mensonges maintes fois démentis».

«Je vous demande d'intervenir parce que le président des États-Unis s'est approprié quelque chose qui ne lui appartient pas: la mémoire de mon épouse disparue, et l'a pervertie par calcul politique», a écrit Timothy Klausutis.

Le patron de Twitter Jack Dorsey n'a pas réagi publiquement, le réseau social n'a pas supprimé les tweets incriminés.... Et le président a de nouveau fait allusion mercredi à l'«affaire non élucidée» qui inquiéterait «Joe Scarborough le Psycho».

Donald Trump relaie régulièrement des théories complotistes, même s'il a été établi qu'elles étaient fausses, partiellement ou totalement.

L'ex-magnat de l'immobilier avait ainsi été l'un des premiers à colporter une rumeur assurant que Barack Obama était né au Kenya et que son élection était donc illégitime.

Twitter tente une timide mise au pas de Trump

Monde

Twitter tente une timide mise au pas de Trump

SAN FRANCISCO — Twitter a signalé pour la première fois mardi des messages de Donald Trump comme «trompeurs» mais était dans le même temps violemment attaqué pour avoir laissé le président américain accuser, sans l’ombre d’une preuve, un ancien élu d’avoir assassiné une assistante parlementaire.

Le réseau social, souvent accusé de laxisme dans son traitement des propos tenus par des dirigeants, a ajouté mardi une mention «vérifiez les faits» à deux tweets du milliardaire républicain qui affirmait que le vote par correspondance était nécessairement «frauduleux».

«Twitter interfère avec l’élection présidentielle de 2020. Ils disent que ma déclaration sur le vote postal est incorrecte, en se basant sur des vérifications des faits par Fake News CNN et le Amazon Washington Post» a réagi le président, qui est suivi par 80 millions de personnes sur son réseau social de prédilection.

«Twitter étouffe la LIBERTÉ D’EXPRESSION», a-t-il ajouté.

«Ces tweets contiennent des informations potentiellement trompeuses sur le processus de vote et ont été signalés pour fournir du contexte additionnel sur le vote par correspondance», a justifié un porte-parole de la plateforme interrogé par l’AFP.

Mais Twitter n’a pas agi contre d’autres messages au vitriol de Donald Trump publiés mardi matin, dans lesquels il relaie une théorie du complot infamante.

Théorie du complot

Le président s’attaque régulièrement au présentateur de la chaîne câblée MSNBC Joe Scarborough, ancien homme politique qui fut son ami avant de le critiquer ouvertement à l’antenne.

Plusieurs sites et blogs ont entretenu l’idée selon laquelle Mr Scarborough, alors élu républicain, aurait assassiné son assistante parlementaire Lori Klausutis en 2011, sans aucun élément tangible à l’appui.

Le veuf de cette femme a fini par écrire au patron de Twitter, Jack Dorsey.

«S’il vous plait, effacez ces tweets», a demandé Timothy Klausutis, dans cette lettre relayée par plusieurs médias américains mardi. «Ma femme mérite mieux que ça.»

«Je vous demande d’intervenir parce que le président des États-Unis s’est approprié quelque chose qui ne lui appartient pas: la mémoire de mon épouse disparue, et l’a pervertie par calcul politique», a-t-il poursuivi.

Mardi, Jack Dorsey n’avait pas réagi publiquement à cette demande et les tweets incriminés n’avaient pas été supprimés.

Il y a deux semaines, Twitter a renforcé ses règles pour lutter contre la désinformation sur la pandémie.

C’est la première fois que ces règles sont appliquées au président américain.

«Il n’y a PAS MOYEN (ZÉRO!) que le vote par correspondance soit autre chose que substantiellement frauduleux» avait tweeté le président américain mardi, avant de s’en prendre au gouverneur de la Californie, qu’il accuse de distribuer des bulletins à tous les habitants et de leur dire «pour qui voter».

«C’est un début»

Pour rétablir la vérité, sous ces deux tweets s’affiche désormais la mention «Obtenez les faits sur le vote par correspondance», qui renvoie à un résumé des faits et à des articles publiés dans la presse américaine.

«C’est un début, j’imagine... Merci de supprimer ces tweets», a réagi sur Twitter Mika Brzezinski, une journaliste qui co-présente une émission avec Joe Scarborough.

Les réseaux sociaux se voient régulièrement reprocher d’appliquer des politiques à deux poids deux mesures dans leur lutte contre la désinformation.

Facebook, notamment, a pris la décision controversée de ne pas soumettre au fact-checking par des tiers (vérification des faits) les propos tenus par des personnalités politiques.

Twitter, de son côté, a réglé une partie du problème en interdisant les publicités à caractère politique.

Mais cela n’empêche pas Donald Trump de continuer à relayer régulièrement des théories complotistes, même s’il a été établi qu’elles étaient fausses, partiellement ou totalement.

En fonction du potentiel de danger des messages et du degré de doute, les modérateurs de Twitter peuvent répondre avec des mises en garde ou des avertissements, voire aller jusqu’au retrait dans le pire des cas (information trompeuse et dangereuse).

La désinformation est considérée comme particulièrement cruciale par Facebook et les autres plateformes depuis les tentatives de manipulation de l’élection présidentielle américaine et du référendum sur le Brexit, en 2016.