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Nobel de littérature: «Comportement inacceptable» observé à l’Académie

COPENHAGUE - Une enquête sur des allégations d’inconduite sexuelle au sein de l’organisation suédoise qui décerne le convoité prix Nobel de littérature a permis de constater «un comportement inacceptable sous la forme d’une intimité non désirée» au sein de la prestigieuse institution.

Le conseil secret de 18 membres de l’Académie suédoise a été plongé au cours des dernières semaines dans un scandale d’inconduite sexuelle qui «n’était pas généralement connu», selon les enquêteurs. Il a mené au départ de six membres et terni la réputation du prix.

Le premier ministre et le roi de Suède de même que le conseil du Nobel ont tous exprimé leur inquiétude en lien avec le scandale qui a provoqué une onde de colère dans la nation scandinave, connue pour sa promotion de l’égalité des sexes. Jeudi, des milliers de personnes se sont rassemblées devant l’Académie suédoise pour exiger la démission des membres restants.

L’Académie a demandé à des avocats d’enquêter sur des allégations d’inconduite sexuelle faites par 18 femmes à l’endroit de Jean-Claude Arnault, une figure importante du milieu culturel en Suède, qui est marié à la poétesse et ex-membre de l’Académie Katarina Frostenson.

Mme Fronstenson a quitté son poste la semaine dernière, au même moment qu’une autre femme, la secrétaire permanente de l’Académie Sara Danius.

La controverse a mis en lumière d’amères divisions au sein de l’Académie, dont les membres sont nommés à vie, et en a mené certains à accuser des membres d’avoir des tendances patriarcales.

Le scandale a éclaté alors que la Suède a vécu son propre moment  #moiaussi en novembre, lorsque le pays a vu des milliers d’allégations d’inconduite sexuelle révélées au grand jour, dans toutes les sphères d’activités. Ces allégations ont touché l’Académie quand 18 femmes ont partagé leurs accusations à l’endroit de Jean-Claude Arnault dans un quotidien suédois.

L’homme s’est vu interdire, en décembre, d’assister à un banquet de l’Académie pour le prix Nobel après que l’une des plus importantes publications de la Suède, le Dagens Nyheter, eut publié les allégations.

Jean-Claude Arnault a nié les présumées agressions, qui se seraient produites entre 1996 et 2017. Le mois dernier, les procureurs suédois ont annoncé qu’une enquête sur de présumés viols et agressions sexuelles datant de 2013 à 2015 avait été abandonnée, mais qu’une enquête sur d’autres présumés gestes criminels se poursuivait.

L’Académie a par ailleurs indiqué vendredi avoir trouvé une lettre, reçue en 1996, dans laquelle le destinataire mentionnait une présumée agression sexuelle au centre culturel de Jean-Claude Arnault, qui recevait du financement de la part de l’Académie.

Elle a affirmé «regretter profondément que la lettre ait été mise de côté, ce qui signifie que rien n’a été fait pour enquêter», et a pris ses distances face au harcèlement sexuel et à la violence sexuelle, «où qu’ils se produisent».

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Campagne de Trump: les démocrates s’adressent à la justice

NEW YORK - Le Comité national démocrate (DNC) des États-Unis poursuit la campagne du président Donald Trump, son fils, son gendre, la Russie et WikiLeaks, à qui il reproche d’avoir comploté pour remporter l’élection présidentielle de 2016.

Le DNC a déposé sa poursuite vendredi, devant un tribunal fédéral de Manhattan. Elle réclame un dédommagement non spécifié et un ordre qui interdirait toute nouvelle interférence avec les systèmes informatiques du DNC.

La poursuite prétend que M. Trump et son entourage avaient des liens avec la Russie, ce qui a permis la création d’un complot Trump-Russie.

Le DNC accuse la Russie d’avoir perpétré «une attaque effrontée contre la démocratie américaine», en commençant par une cyberattaque contre ses systèmes informatiques.

Le DNC prétend que des dizaines de milliers de documents et de courriels ont été volés quand les pirates ont infiltré son système.

M. Trump a maintes fois répété qu’il n’y a eu aucune collusion entre sa campagne et la Russie.

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L’Akita, le chien japonais qui a conquis les coeurs étrangers

TAKASAKI - Qu’ont en commun l’acteur américain Richard Gere, l’icône française du cinéma Alain Delon et la jeune patineuse russe Alina Zagitova? Ce sont tous des amoureux des chiens Akita, une race japonaise qui suscite un engouement croissant dans le monde entier.

Ces dernières années, le nombre de propriétaires étrangers de ces chiens aux airs de husky roux a bondi, dépassant même la demande nationale.

Et la renommée de cette espèce s’est encore accrue en début d’année lorsqu’Alina Zagitova a proclamé son amour pour ces chiens après en avoir aperçu alors qu’elle s’entraînait dans l’archipel. Dans la foulée, des responsables locaux lui ont promis de lui en offrir un.

Cet enthousiasme n’étonne pas Osamu Yamaguchi, 64 ans, éleveur de chiens Akita à Takasaki, dans la région de Gunma (nord-ouest de Tokyo).

«Mes clients étaient auparavant pour moitié Japonais et pour moitié étrangers, mais récemment le nombre d’étrangers a augmenté», raconte-t-il à l’AFP dans son jardin, où il élève une vingtaine de chiens.

Selon les chiffres de l’Association de préservation du chien Akita, le nombre d’animaux répertoriés comme ayant des propriétaires étrangers était de 33 en 2005, 359 en 2013 et 3.967 l’an dernier.

Longtemps élevés pour la chasse, ces chiens doivent leur nom à la région du nord du Japon dont ils sont originaires. Ils sont grands, mesurant entre 60 et 70 centimètres et pesant entre 40 et 50 kg, avec des oreilles bien droites, des yeux un peu enfoncés et une tête pouvant évoquer celle d’un ours.

«Trésor naturel»

C’est une des six races japonaises reconnues officiellement comme «Trésor naturel» du pays.

Si le Shiba, de plus petite taille, reste très populaire, à la fois dans l’archipel et ailleurs, les Japonais se sont peu à peu détournés de l’Akita, avec moins de 3.000 nouveaux canidés enregistrés par an ces dix dernières années, contre 40.000 dans les années 1970.

«Beaucoup de gens voudraient en avoir un, mais ils ne peuvent pas parce que le règlement de leur immeuble l’interdit ou parce qu’ils vivent dans un endroit trop petit», explique Kosuke Kawakita, responsable de l’antenne de Tokyo de l’Association de préservation du chien Akita.

Les étrangers ont pris la relève et Osamu Yamaguchi effectue environ 20 voyages par an pour livrer en personne ses Akitas, vendus autour de 200.000 yens (2360 $CAN), surtout aux États-Unis, en Russie, en Chine, mais aussi en France, en Égypte, au Koweït ou en Indonésie.

Selon lui, ce chien est apprécié pour sa «sensibilité». «Il comprend comment vous vous sentez, rien qu’en étant près de vous, et il est loyal».

Les Japonais connaissent tous l’histoire vraie de Hachiko, un chien Akita qui, dans les années 1920, attendait chaque jour que son maître revienne du travail à la gare de Shibuya à Tokyo. Un jour, son maître est mort durant un de ses cours à l’université impériale de Tokyo, mais le chien a continué à l’attendre devant la gare pendant dix ans.

Une statue de Hachiko trône aujourd’hui à Shibuya, et il a inspiré un film en 2009, avec Richard Gere dans le rôle du professeur.

«La race Akita est devenue très populaire» partout dans le monde après ce film, souligne Kosuke Kawakita, qui a possédé lui-même plus de 30 chiens en quelque soixante ans.

Le gouverneur d’Akita en a par exemple offert un au président russe Vladimir Poutine. Et en Chine, ils sont devenus tellement recherchés que des magasins vendent de «faux Akitas», en falsifiant les certificats de pedigree, ajoute-t-il.

Osamu Yamaguchi espère que le Japon continuera d’élever des Akitas, malgré le moindre engouement des Japonais. Il s’inquiète de les voir disparaître «si leur pays d’origine arrête de les produire».

Autour du globe, 20 avril 2018

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«Charme» fragile entre Macron et Merkel

BERLIN — Emmanuel Macron est venu jeudi à Berlin réclamer davantage de «solidarité» financière en zone euro dans le cadre de son projet de refondation de l’Europe, mais il n’a pu obtenir qu’une réponse très réservée d’Angela Merkel.

Il y a un an, en recevant à Berlin le jeune président français fraîchement élu sur un credo très pro-européen, la chancelière allemande avait cité à son propos l’écrivain allemand Hermann Hesse : «Au début de toute chose, il y a un charme».

Interrogé jeudi pour savoir si ce charme opérait encore, Angela Merkel a diplomatiquement répondu qu’elle avait dû «un peu conserver ce charme en le mettant de côté» ces derniers mois en raison de la crise politique dans son pays, «mais maintenant il revient».

Derrière les échanges de politesses, toutefois, la réalité paraît plus difficile entre les deux dirigeants.

En matière militaire, Paris s’est allié aux États-Unis de Donald Trump pour les frappes en Syrie, auxquelles l’Allemagne a refusé de participer. Et Emmanuel Macron voit aujourd’hui son projet de refondation de l’Europe contrarié par des blocages allemands, notamment sur la zone euro où Berlin redoute de devoir payer pour les autres pays.

«Solidarité»

«Sur le plan économique et monétaire, nous devons mieux réarticuler responsabilité et solidarité» entre États, a déclaré à la presse le chef de l’État français aux côtés de la chancelière allemande.

En clair : ne pas seulement donner la priorité aux mesures punitives, comme le contrôle des déficits et de la dette, mais aussi à des mécanismes d’entraide et de soutien à la croissance.

«Aucune union monétaire ne subsiste s’il n’y a pas des éléments de convergence et donc ce sur quoi nous voulons travailler, ce sont des éléments plus incitatifs [...] qui permettent une bonne solidarité», a-t-il ajouté.

Concrètement, la France appelle de ses vœux la création d’un budget autonome pour soutenir les investissements et la croissance ou la création d’un poste de ministre des Finances de l’Union monétaire.

Après être restée largement silencieuse pendant des mois en raison de ses difficultés politiques intérieures, Angela Merkel se fait entendre sur le sujet depuis qu’elle est parvenue difficilement à constituer un gouvernement en mars.

Et elle le fait pour marquer sa différence, alors qu’elle est sous pression croissante de son parti conservateur qui lui demande de ne rien lâcher.

La chancelière a ainsi insisté jeudi à Berlin sur la nécessité pour les gouvernements de faire des «efforts nationaux», des économies budgétaires et des réformes pour rendre leurs économies plus compétitives.

«Nous sommes d’accord qu’il y a besoin de solidarité en Europe, mais aussi que la compétitivité est nécessaire», a-t-elle dit.

«Je pense que nous apportons d’autres éléments» que ceux de la France dans la discussion, a-t-elle dit, «mais je pense que la somme de nos propositions pourra permettre au final d’arriver à un bon résultat».

Objectif juin

Berlin et Paris ont en effet pour objectif de présenter une feuille de route commune pour des réformes de l’Europe post-Brexit en juin en vue d’un sommet européen sur le sujet. Un conseil ministériel franco-allemand préparatoire est programmé le 19 juin.

Un des chantiers les plus immédiats porte sur l’Union bancaire en Europe, un projet de gestion commune des faillites des banques après la crise de la dette en zone euro, dont M. Macron a rappelé que la France souhaitait son accomplissement dès que possible.

Mais Angela Merkel a réitéré le refus de son pays de mettre en œuvre dans l’immédiat le troisième et très important pilier de ce projet : la création d’un fonds européen de garantie bancaire des dépôts des particuliers.

L’Allemagne reste ouverte à cette idée, mais «pas dans un avenir proche», seulement «dans un avenir plus éloigné», a souligné la chancelière.

«Il ne faut pas que l’épargnant allemand se retrouve garant des banques grecques et italiennes», a averti en clair cette semaine un des experts du dossier au sein de son parti conservateur, Eckhardt Rehberg.

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Le nouve président cubain Diaz-Canel promet de poursuivre l’œuvre des Castro

LA HAVANE — Miguel Diaz-Canel, un civil de 57 ans, a pris la relève jeudi de Raul Castro comme président de Cuba, engageant ce pays dans une transition historique qui s’inscrit toutefois dans la droite ligne du régime.

Désigné unique candidat mercredi, M. Diaz-Canel a été comme attendu élu par les députés pour un mandat renouvelable de cinq ans, «avec 603 voix sur 604 possibles, soit 99,83% des suffrages», a annoncé devant l’Assemblée la présidente de la Commission nationale électorale Alina Balseiro.

Face aux députés, ce dernier s’est donné pour mandat «de poursuivre la révolution cubaine dans un moment historique crucial», mais aussi les réformes économiques entamées par Raul Castro, dans le but de «perfectionner le socialisme».

«Je viens travailler, je ne viens pas promettre», a déclaré le nouveau président avant de réaffirmer sa «fidélité au legs du commandant Fidel Castro, mais aussi à l’exemple, à la valeur et aux enseignements» de son prédécesseur.

D’ailleurs, a-t-il assuré, «Raul Castro présidera aux décisions de grande importance pour le présent et l’avenir de la nation».

Ce dernier, qui quitte la présidence à 86 ans après plus de six décennies de pouvoir exclusif de la fratrie Castro, a confirmé qu’il resterait secrétaire général du puissant Parti communiste de Cuba (PCC) jusqu’en 2021, quand il cèdera les rênes du parti à son successeur à la présidence.

«À partir de là je deviendrai un soldat de plus au côté du peuple défendant cette révolution», a annoncé le président sortant, qui avait auparavant vanté les mérites de son dauphin.

Transition historique

Raul Castro l’a préparé à assumer les plus hautes fonctions, l’envoyant représenter son gouvernement à l’étranger tandis que les médias d’État lui accordaient de plus en plus d’espace.

Apôtre du développement d’Internet et d’une presse plus critique sur l’île, le nouveau président s’est peu à peu imposé aux côtés de Raul Castro, se donnant une image de modernité tout en demeurant économe en déclarations. Mais il peut aussi se montrer intransigeant vis-à-vis de la dissidence ou de diplomates trop enclins à critiquer le régime.

Dans son discours de jeudi, il a proposé d’«employer mieux et davantage la technologie» pour promouvoir une révolution qu’il a «juré de défendre jusqu’à son dernier souffle».

Chargé de conduire une transition générationnelle historique, il sera le premier dirigeant cubain à n’avoir pas connu la révolution de 1959 et devra se forger une légitimité. Hasard du calendrier, il fêtera ses 58 ans vendredi.

Miguel Diaz-Canel aura pour mission de maintenir l’équilibre entre la réforme et le respect des principes essentiels du castrisme, et devra d’emblée s’atteler à poursuivre l’«actualisation» d’une économie encore étatisée à 80% et entravée depuis 1962 par l’embargo américain.

Cet embargo ne sera certainement pas levé sous le mandat du président républicain Donald Trump, qui impose depuis un an un sérieux coup de frein au rapprochement engagé fin 2014.

Dans sa première réaction jeudi, Washington s’est dit «déçu par le fait que le gouvernement cubain a choisi de réduire au silence les voix indépendantes et de maintenir son monopole répressif du pouvoir», fustigeant le système d’élections indirectes en vigueur qui ne laisse aucune place à l’opposition, illégale à Cuba.

En revanche, les alliés traditionnels de l’île ont salué l’arrivée au pouvoir de Diaz-Canel : le président vénézuélien Nicolas Maduro a félicité «avec enthousiasme» son homologue, «fidèle représentant d’une brillante nouvelle génération, qui est né, a grandi et s’est forgé avec la Révolution cubaine».

Le président bolivien Evo Morales a lui applaudi M. Diaz-Canel comme «la garantie de l’approfondissement de l’héritage révolutionnaire du commandant Fidel Castro, de son frère Raul et du peuple cubain», tandis que le président chinois Xi Jinping a également adressé ses félicitations.

Plus sobrement, l’Union européenne «prend note» de ce changement à la tête de l’île, avec laquelle elle a initié un rapprochement.

Résistances attendues

Pour le guider, le parti unique et le Parlement ont préalablement voté des «lignes directrices» qui dessinent les orientations politiques et économiques à suivre d’ici à 2030 et qui lui serviront de feuille de route.

«Il est assez difficile d’évaluer la capacité de Diaz-Canel à remplir les fonctions de président [...]. Il vient du système, mais c’est la rigidité du système qui constitue le plus grand obstacle pour avancer», note Michael Shifter, le président du groupe de réflexion Dialogue interaméricain, à Washington.

«Il peut s’attendre à des résistances», affirme l’expert.

Les Castro ont écrit une histoire unique de coopération au sommet, parvenant à résister pendant près de 60 ans à l’adversité de la superpuissance américaine et à l’effondrement du partenaire soviétique, aux conséquences dramatiques pour l’île.

Après avoir succédé en 2006 à son frère Fidel, mort fin 2016, Raul Castro a engagé une série de réformes autrefois impensables, comme l’ouverture de l’économie au petit entrepreneuriat privé, et a surtout orchestré un rapprochement spectaculaire avec les États-Unis.

Mais de l’avis des observateurs, les réformes ont été trop timides pour relancer une économie encore largement dépendante des importations et du soutien de son allié vénézuélien en plein déclin.

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Parkland: des survivants prennent la plume

MIAMI — Un frère et une soeur ayant survécu à une fusillade dans une école secondaire de Floride en février vont publier un livre sur la campagne contre les armes à feu aux États-Unis, a annoncé la maison d'édition Penguin Random House.

David et Lauren Hogg sont deux des jeunes militants les plus fervents et les plus médiatisés de cette cause à la suite de la fusillade qui s'est produite le jour de la Saint-Valentin. Dix-sept personnes, dont 14 élèves, ont été tuées à l'école secondaire Marjory Stoneman Douglas, à Parkland, par un ancien élève armé d'un fusil semi-automatique.

Le livre, intitulé #NeverAgain (#PlusJamais), doit sortir le 5 juin.

David, 18 ans, et Lauren, 14 ans ont lancé le mouvement #NeverAgain avec des camarades. Un appel de ce mouvement à manifester contre les armes à feu a été suivi par plus de 1,5 million de personnes le 24 mars dans plusieurs centaines de villes aux États-Unis.

«Lauren et moi utiliserons l'argent généré par le livre pour aider à panser les plaies de la communauté», a tweeté mercredi l'adolescent.

Pendant l'assaut, David Hogg s'était réfugié dans un placard avec d'autres élèves. Cet aspirant journaliste avait défié sa peur en utilisant son téléphone pour interviewer certains d'entre eux, une vidéo qui a fait le tour d'Internet.

Comme d'autres figures du mouvement, l'adolescent a été invectivé et harcelé sur Internet par la droite dure américaine et des défenseurs du président Donald Trump, qui estime que l'adolescent est manipulé par l'opposition démocrate.

Il a même été visé par des théories du complot qui ont fait de lui un «acteur de crise», payé pour diffuser des idées de gauche.

Une célèbre éditorialiste ultra-conservatrice américaine, qui l'avait critiqué, a dû s'excuser après avoir été visée par des appels au boycottage.

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Incident chez Starbucks: le chef de la police de Philadelphie s'excuse

NEW YORK — Le chef de la police de Philadelphie a présenté ses excuses jeudi, une semaine après l'arrestation de deux jeunes Noirs dans un café Starbucks qui a suscité une vague d'indignation.

«J'ai piteusement échoué», a déclaré Richard Ross, lui-même noir. Il avait dans un premier temps défendu les policiers concernés, indiquant qu'ils n'avaient «rien fait de mal».

«Alors que nous travaillons pour rendre cette ville meilleure et plus sûre, nous devons reconnaître qu'il y a encore des choses à faire. Cela commence par le sommet, et cela commence par moi», a-t-il ajouté lors d'un point de presse.

«Il est clair que le problème racial reflète un problème plus large dans notre société et je ne devrais pas du tout faire partie des personnes qui aggravent les relations raciales. Honte sur moi si j'y ai contribué de quelque façon que ce soit. Je dois faire mieux.»

Ce policier expérimenté, qui dirige la police de la sixième ville des États-Unis depuis janvier 2016, a ajouté qu'une «nouvelle politique» avait été instaurée par ses services en cas d'incidents similaires, sans la détailler.

Lors de l'incident survenu le 12 avril, deux hommes ont été priés de quitter un café Starbucks alors qu'ils voulaient attendre pour commander qu'arrive une autre personne avec laquelle ils avaient rendez-vous. Pour les contraindre à quitter les lieux, la direction a appelé la police, qui les a arrêtés.

Filmée par une cliente, l'arrestation est vite devenue virale sur les réseaux sociaux, suscitant le hashtag #boycottstarbucks et une série de manifestations.

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Le roi du Swaziland rebaptise son pays «eSwatini»

MBABANE - Le roi du Swaziland, dernier monarque absolu d’Afrique, a annoncé que son pays changeait de nom pour s’appeler «eSwatini», une décision rendue publique jeudi à l’occasion du 50e anniversaire de l’indépendance de ce petit État d’Afrique australe.

«Je voudrais annoncer que le Swaziland va reprendre son nom d’origine», a déclaré le roi Mswati III à Manzini (centre), la deuxième ville du pays.

«À leur indépendance, tous les pays africains ont repris leur ancien nom, celui d’avant la colonisation», a-t-il dit devant un stade bondé.

«Le Swaziland est le seul pays à avoir conservé son nom de l’époque coloniale. Donc à partir de maintenant, le pays s’appellera officiellement le royaume d’eSwatini», a-t-il ajouté.

ESwatini signifie «le pays des Swazis», en langue swati. Le nom Swaziland est un mélange des langues swati et anglaise.

Ancien protectorat britannique, ce petit pays montagneux, enclavé entre l’Afrique du Sud et le Mozambique, a accédé à l’indépendance en 1968.

Pendant l’ère coloniale, des pays africains ont changé de nom. Mais une fois l’indépendance acquise, ils se sont parfois rebaptisés. Le Congo belge est devenu Zaïre avant de prendre le nom de République démocratique du Congo, la Rhodésie du Sud s’appelle le Zimbabwe, la Côte d’Or a été rebaptisée Ghana.

Au pouvoir depuis 1986, le roi Mswati III est régulièrement épinglé par la communauté internationale et les ONG pour son train de vie dispendieux malgré la grande pauvreté de sa population, ainsi que pour ses violations répétées des droits de l’Homme.

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Diaz-Canel, l’homme qui succédera aux Castro

LA HAVANE — Apparatchik modèle de 57 ans, Miguel Diaz-Canel a gravi discrètement les échelons du pouvoir cubain jusqu’à devenir mercredi le seul candidat pour succéder au président sortant Raul Castro.

Sa nomination officielle comme président du Conseil d’État et de l’île doit être confirmée jeudi matin après le vote des députés.

Né après la révolution, ce civil aux cheveux poivre et sel et au regard perçant aura la lourde tâche de fédérer autour de sa personne, de consolider les acquis de la révolution et de poursuivre la transformation économique esquissée par Raul Castro.

Depuis qu’il a été désigné numéro deux de l’exécutif en 2013, l’homme qu’on dit abordable, quoique peu souriant et au talent d’orateur relatif, a pris de plus en plus d’espace dans les médias d’État et représente fréquemment Raul Castro lors de missions à Cuba et à l’étranger.

«Ce n’est ni un parvenu ni un intrus», dit de lui le président sortant, vantant ses trois décennies de loyaux services et sa «solide fermeté idéologique».

Jeans et tablettes numériques

Dans les arcanes du pouvoir cubain, sa qualité de «civil» et son goût pour les jeans et les tablettes numériques détonnent. Il a su se donner une image moderne en se faisant l’avocat d’une ouverture accrue de l’île à internet et d’une presse plus critique.

Derrière cette représentation, il s’est appliqué cependant à éviter toute polémique, n’accordant pas d’interviews et ne s’exprimant que lors d’activités publiques ou dans l’anonymat de réunions à huis clos.

Ses partisans assurent qu’il «sait écouter» et insistent sur sa simplicité.

Il sait toutefois aussi se montrer inflexible, comme l’a illustré l’année dernière une vidéo fuitée par la dissidence. Dans ce document, il prône devant des cadres du parti l’intransigeance contre les portails internet d’information indépendants, une poignée d’ambassades et bien sûr l’opposition, illégale à Cuba.

Parcours exemplaire

Professeur d’université au début de sa carrière, cet ingénieur en électronique est rapidement devenu un cadre du tout puissant Parti communiste cubain (PCC).

En 1994, il est nommé premier secrétaire du PCC dans sa province, alors frappée comme le reste du pays par la crise causée par la coupure des subsides vitaux de Moscou.

En 2003, alors en poste dans la province stratégique de Holguin (est), riche en matières premières, il fait son entrée parmi les quinze membres du bureau politique du parti, une fonction indispensable à tout aspirant au pouvoir.