Les bénévoles de Moisson Outaouais sont à pied d’œuvre pour préparer des collations destinées aux familles dans le besoin.

Moisson Outaouais: des collations pour les ventres creux

Si une simple pomme ou un yogourt à la récréation peut sembler banal pour plusieurs écoliers, pour d’autres, la réalité est moins rose. Plus de 5000 enfants de moins de 12 ans souffrent d’insécurité alimentaire dans la région. Moisson Outaouais a décidé d’agir en organisant vendredi une corvée de préparation de sacs à collation destinés aux familles dans le besoin.

Affirmant que le retour en classe peut représenter un stress financier pour les parents à faible revenu, l’organisme a orchestré au fil des dernières semaines la campagne de financement « Aidez les enfants de l’Outaouais, une collation à la fois », qui faisait appel à la générosité du public.

Une somme de 8000 $ a été amassée, ce qui a permis à la banque alimentaire régionale d’acheter des collations nutritives, soit des bâtonnets de fromage, des barres de céréales, des compotes de fruits, des yogourts et des fruits frais.

Telle une chaîne de montage, une dizaine de bénévoles dont Joanne Lavasseur se sont activés à l’aube du week-end à préparer quelque 700 sacs de collations qui seront remis à divers organismes accrédités par Moisson Outaouais qui offrent du dépannage alimentaire. 

Elle-même grand-maman, la Gatinoise se désole de savoir que certains enfants ne mangent pas à leur faim tous les jours.

« C’est certain que ça me fait de la peine. Je participe aussi à la préparation de paniers de Noël dans le secteur Mont-Bleu, où je demeure, et c’est justement un endroit où il y a un gros clivage entre les gens aisés et ceux qui ont de la difficulté. Ça m’a permis de m’ouvrir les yeux. Si je peux faire ma petite contribution, tant mieux », lance-t-elle. 

La porte-parole de Moisson Outaouais, Marie-Michèle Barrette, rappelle que les enfants devraient manger aux trois heures environ, une grande partie de leur alimentation étant constituée de collations.

« Ce qui arrive, c’est que les parents ayant des moyens financiers limités vont souvent acheter des valeurs sûres, car ils veulent éviter le gaspillage. On parle d’aliments que leurs enfants aiment, par exemple de petits craquelins salés en forme de poisson. Ces collations-là sont moins chères, on ne peut pas blâmer les parents », dit-elle, souhaitant que de telles initiatives encouragent les gens à se procurer des collations plus nutritives lorsque c’est possible.

La faim chez les enfants est-elle une réalité tabou ?

« C’est une bonne question. Je pense qu’en tant que parent, c’est difficile de l’avouer. C’est déjà difficile d’aller chercher de l’aide alimentaire, surtout pour ceux à qui une malchance arrive, par exemple une perte d’emploi. Souvent, les parents vont se priver de nourriture pour leurs enfants. Il y a un sentiment de honte de ne pas être en mesure d’offrir une alimentation saine et adéquate à son enfant », répond Mme Barrette.

En Outaouais, on estime que 29 000 personnes souffrent d’insécurité alimentaire.