François Roy et Réjean Bazinet, un locataire, sont inquiets de l'état de la maison de chambres située au 210, rue du Progrès.
François Roy et Réjean Bazinet, un locataire, sont inquiets de l'état de la maison de chambres située au 210, rue du Progrès.

Moisissures et air vicié dans une maison de Masson

Benoit Sabourin
Benoit Sabourin
Le Droit
Moisissures, infestation de vermine, air vicié, panneau électrique non conforme et problèmes de structures majeurs: une maison de chambres du secteur Masson-Angers figure au sommet des priorités de Logemen'occupe.
L'organisme demande à la Direction de la santé publique de l'Outaouais et à la Ville de Gatineau de faire évacuer le 210, rue du Progrès dans les plus brefs délais, ainsi que de forcer la fermeture de l'endroit jusqu'à ce que le propriétaire procède à des travaux.
Mis au parfum par deux locataires de l'édifice de la rue du Progrès, Logemen'occupe demande aux autorités d'appliquer à la lettre le règlement municipal en matière de salubrité en ce qui concerne la maison de chambres concernée.
«J'ai de la misère à voir, encore en 2014, que nous tolérons des situations comme ça, alors qu'il y a plein de logements vacants de bonne qualité à l'heure actuelle. Il s'agirait de mettre en place des mesures appropriées pour reloger ces gens», peste le coordonnateur de Logemen'occupe, François Roy.
«Si la Ville et la Santé publique jouaient leur rôle convenablement, ils devraient déclarer cet immeuble impropre à l'habitation et évacuer les gens. On ne peut pas garder des cabanes comme ça qui sont dangereuses pour les occupants», renchérit-il.
Un rapport troublant
Un rapport émis par un inspecteur en bâtiment mandaté par Logemen'occupe en avril dernier met en relief une quantité importante de lacunes liées à la sécurité des lieux.
Une analyse de qualité de l'air, effectuée sous la supervision d'un microbiologiste agréé, prouve entre autres qu'il y a sur place une concentration importante d'espèces de moisissures toxiques et hautement allergènes, avance l'inspecteur François Lévesque.
Le cas est d'autant plus urgent que l'un des locataires, qui souffrait de pneumonies à répétition, a récemment été relogé au sein d'un logement à prix modique grâce à l'aide des OEuvres Isidore Ostiguy.
Un autre occupant, Réjean Bazinet, habite depuis 2010 l'une des sept chambres de l'édifice avec sa fille âgée de neuf ans. Récemment opéré pour un cancer du poumon, l'homme, qui souffre également d'emphysème, attend impatiemment d'avoir accès à un logement à prix modique pour quitter les lieux. «J'ai peur pour ma petite. Moi, j'ai vécu déjà assez longtemps. Mais elle a neuf ans et je la vois malade là-dedans. Elle tousse tout le temps. Ça me fait de la peine de la voir vivre dans ça», de dire M. Bazinet.
En réponse à la requête de Logemen'occupe, la Direction de la santé publique de l'Outaouais et la Ville de Gatineau ont confirmé hier qu'ils procéderaient à une inspection visuelle du 210, rue du Progrès mardi prochain. Une situation plutôt rare, puisqu'il s'agit seulement d'une deuxième inspection du genre au cours des 12 derniers mois sur le territoire de Gatineau, a-t-on indiqué à l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Outaouais (ASSS).
«Différentes mesures pourraient être prises. Il pourrait y avoir des recommandations sur le bâtiment pour éliminer tout ce qui peut avoir un impact sur la santé. Ultimement, dans un cas extrême, on pourrait parler de relocalisation des familles», souligne la porte-parole de l'ASSSO, Karelle Kennedy.
Bsabourin@ledroit.com