La commissaire aux services en français de l'Ontario, Kelly Burke
La commissaire aux services en français de l'Ontario, Kelly Burke

Moins de la moitié des régions « francophones » de l’Ontario communiquent en français

TORONTO — Seulement 12 des 26 régions « désignées » de l’Ontario, où les services en français devraient être garantis, communiquent les informations liées à la santé publique simultanément dans les deux langues officielles, selon un bilan établi par Le Droit

En Ontario, la Loi sur les services en français garantit aux francophones de 26 régions désignées le droit d’obtenir en français les services locaux du gouvernement provincial.

Avare de commentaires sur les critiques concernant les lacunes dans les communications en français depuis le début de la crise de la COVID-19, le médecin hygiéniste en chef de la province, le Dr David Williams, a plutôt agi en coulisses pour demander une amélioration des services en français dans certains bureaux de santé publique régionaux, a également appris Le Droit. 

Dans une lettre envoyée le 22 mai aux bureaux de santé des régions désignées de l’Ontario, le Dr Williams a demandé que les services soient offerts en français, de façon équivalente à l’anglais.

La commissaire aux services en français, Kelly Burke, a affirmé au Droit que son bureau est intervenu auprès du médecin hygiéniste en chef avant que ce dernier n’achemine sa lettre aux bureaux de santé des régions désignées.

Les experts s’entendent pour dire qu’il est essentiel que les francophones puissent avoir accès à de l’information dans leur langue maternelle, comme c’est le cas pour les anglophones, pour que toute la population puisse suivre les indications de la santé publique en même temps. 

Après que les lacunes dans les communications en français eurent fait couler de l’encre, au début de la pandémie de COVID-19, la traduction simultanée a été ajoutée aux conférences de presse quotidienne du premier ministre et les communiqués de presse du gouvernement Ford sont maintenant publiés dans les deux langues, pratiquement en même temps.

Toutefois, on observe toujours un léger délai quant aux mises à jour quotidiennes des cas de COVID-19 en français. 

Après que la question eut été posée à l’Ombudsman de l’Ontario, Paul Dubé, la commissaire aux services en français, Kelly Burke, a fait part de ce problème au ministère de la Santé. « J’ai parlé avec le personnel du ministère et avec la ministre de la Santé, Christine Elliott, et ils ont reconnu qu’il existe des délais dans le système, et ils se sont engagés à faire mieux », a indiqué Mme Burke.


« J’étais très fâché [de recevoir cette lettre] parce que c’est inapproprié, et c’est une erreur qu’on l’ait reçue chez nous. »
Paul Roumeliotis

Le médecin hygiéniste de Prescott-Russell insulté

Questionné pour savoir si le Bureau de santé de l’est de l’Ontario avait bien reçu la lettre du Dr Williams, le médecin hygiéniste en chef de la région, le Dr Paul Roumeliotis, a répondu oui, avec un ton vraisemblablement amer. « J’étais très fâché [de recevoir cette lettre] parce que c’est inapproprié, et c’est une erreur qu’on l’ait reçue chez nous , a-t-il rétorqué. La commissaire Kelly Burke va recevoir une lettre [affirmant] qu’on n’était pas satisfait. Cette année, j’ai été nommé comme francophile de l’année, donc j’ai été insulté de recevoir cette lettre. »

Le bureau de santé publique de Prescott-Russell et celui d’Ottawa font partie de ceux qui communiquent les informations liées à la COVID-19 dans les deux langues officielles, de façon simultanée.

Les régions désignées où les services en français devraient, en principe, être garantis par la Loi sur les services en français de l’Ontario sont les suivantes : Grand Sudbury, Hamilton, Ottawa, Toronto, Niagara, Peel, York, Dundas, Essex, Frontenac, Glengarry, Kent, Middlesex, Prescott, Renfrew, Russell, Simcoe, Stormont, Algoma, Cochrane, Kenora, Nipissing, Parry Sound, Sudbury, Thunder Bay et Timiskaming.