Le CRIO observe observe une hausse de 7 % des hébergements d’urgence dans la région et une augmentation de 27 % de l’aide alimentaire en 2017.
Le CRIO observe observe une hausse de 7 % des hébergements d’urgence dans la région et une augmentation de 27 % de l’aide alimentaire en 2017.

Mille personnes en hébergement d’urgence en 2017

Jacques-Normand Sauvé
Jacques-Normand Sauvé
Le Droit
Le Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais (CRIO) accorde une note de ‘D’ à l’ensemble de la situation de l’itinérance en Outaouais pour l’année 2017.

Ce regroupement régional d’organismes communautaires impliqués dans la lutte à l’itinérance observe notamment une hausse de 7 % des hébergements d’urgence dans la région et une augmentation de 27 % de l’aide alimentaire en 2017.

Malgré la multiplication de plans, stratégies et politiques de la part des trois niveaux de gouvernement pour contrer la pauvreté et l’exclusion sociale, la situation semble tout de même continuer à se détériorer sur le terrain, note le CRIO.

« C’est une tendance lourde qui dure depuis longtemps. Ça fait plusieurs années qu’on est en recul [...] Les engagements qui ont été pris (par les autorités des différents paliers gouvernementaux) n’étaient pas à la hauteur des besoins ou des demandes vécus par les gens, », explique au Droit, Janick Allyson, coordonnatrice au CRIO.

En 2017, 1003 personnes ont eu recours à de l’hébergement d’urgence en Outaouais, comparativement à 937 en 2016. On observe ainsi une légère hausse de l’hébergement d’urgence chez les adolescents (391 cas) et les adultes (513). La situation s’est un peu améliorée pour les familles.

Presque 184 000 repas ont été servis à des gens dans le besoin en 2017, contre 138 000, en 2016, en Outaouais.

Plus de 48 000 sacs de denrées ont été distribués à des familles et à des individus en 2017 ; 44 000 l’avaient été en 2016.

17 000 nuitées dans des lits de fortune

Le CRIO qui lançait son dixième bulletin annuel sur l’itinérance, intitulé Noir sur Blanc, mercredi, déplore également l’instabilité chronique du financement des groupes communautaires qui perdure. L’organisme cite en exemple la Soupe populaire de Hull qui a dû fermer un de ses points de service, dans un quartier pourtant durement affligé par la pauvreté.

Parallèlement à ce tableau, le CRIO observe simultanément une complexification des besoins des usagers ; les interventions de la part du milieu communautaire en sont d’autant plus longues et variées.

La première ressource d’hébergement d’urgence en Outaouais, le Gîte Ami, a offert, en 2017, 17 642 nuitées à des citoyens dans la rue. Cela signifie que les personnes sans domicile fixe ont passé, en moyenne, 48 nuits dans un lit de fortune en Outaouais, l’an passé ; et ce, sans compter les nuits passées dans des refuges d’Ottawa.

Le CRIO réclame des gestes concrets de la part de tous les paliers gouvernementaux : un milliard $ par année pour du logement social et la bonification massive de l’aide sociale et du salaire minimum, entre autres interventions concrètes.

TOTAL DES PERSONNES EN HÉBERGEMENT D'URGENCE EN OUTAOUAIS EN 2017

Adolescents (de 13 à 17 ans)

  • 391 (2017)
  • 287 (2016)

Familles et femmes: 

  • 99 (2017) 
  • 154 (2016)

Adultes seuls:  

  • 513 (2017) 
  • 496 (2016)

Total

  • 1003 (2017)  
  • 937 (2016)