Michel Plouffe s'attaquera au sommet de l'Antarctique

Patrick Duquette
Patrick Duquette
Le Droit
Michel Plouffe vivra l'expérience la plus périlleuse de sa vie dans une vingtaine de jours. Le Gatinois de 43 ans tentera de gravir le mont Vinson, le plus haut sommet de l'Antarctique.
« Ces jours-ci, il y a bien des gens qui disent que je suis fou de tenter cette expérience », confie M. Plouffe, un père de famille et haut fonctionnaire à la Ville de Gatineau.
M. Plouffe a gravi le Kilimandjaro à deux reprises dans la même année en 2006 au profit d'oeuvres de charité. Il a atteint le sommet de l'Afrique la première fois, mais pas la deuxième. Un foudroyant virus l'a stoppé à la veille de gravir les derniers mètres.
Cette fois-ci, Michel Plouffe monte pour lui seul. Il a déboursé de sa poche les frais du voyage, soit environ 45 000 $. À 4900 mètres d'altitude, le massif Vinson n'est pas aussi haut que le Kilimandjaro. Cette fois, la difficulté viendra de l'isolement total et du froid polaire.
La nuit, la température descend jusqu'à – 70 degrés Celsius sur le massif. Heureusement, Michel Plouffe tentera sa chance durant l'été austral. Le soleil luit toute la journée à cette période de l'année. Avant-hier, la température était plutôt clémente à seulement 50 degrés sous zéro.
Froid omniprésent
« J'adore le froid depuis que je suis tout petit. Le froid nous guettera tout le temps là-bas. C'est très difficile de s'acclimater dans des conditions aussi extrêmes. Il faut toujours bouger. Le soleil et le froid présentent un danger permanent. Nos yeux et notre peau ne doivent jamais y être exposés directement », confie-t-il.
Bien sûr, il y a les risques d'avalanche, les crevasses traîtresses ou les séracs, ces dangereux blocs de glace qui se détachent de la montagne. Car le mont Vinson n'est rien d'autre qu'un gros bloc de glace.
Michel Plouffe fera partie d'un groupe de six aventuriers, dont certains ont gravi l'Everest. Deux guides les piloteront à travers les immenses étendues glacées du pôle Sud. Chaque membre de l'expédition portera 50 livres de vivres et d'équipement sur le dos, plus 150 livres dans un traîneau.
Ils seront transportés par avion près du massif Vinson, à partir de l'Argentine. Quand l'avion aura disparu à l'horizon, il n'y aura qu'eux sur la banquise. Là, ils seront complètement laissés à eux-mêmes. En cas de pépin, les secours pourraient tarder plusieurs jours avant d'arriver.
« Je suis mort de peur, mais je le fais par réalisation personnelle. Je le fais pour moi. Enfant, je rêvais de devenir astronaute. Je n'ai jamais pu réaliser mon rêve. On dit que c'est sur le sommet du mont Vinson que, sans quitter la terre, on peut être le plus proche des planètes. »