Graham Fraser
Graham Fraser

Météo et bilinguisme ne font pas la paire

Paul Gaboury
Paul Gaboury
Le Droit
Si vous désirez obtenir des informations sur la météo dans l'une des deux langues officielles du pays, vous risquez de broyer du noir plus souvent qu'autrement si vous décidez de consulter les services d'Environnement Canada.
Une fois sur deux, le service sur le réseau téléphonique automatisé d'Environnement Canada n'est pas disponible dans les deux langues officielles, révèle un rapport de vérification du Commissaire aux langues officielles.
L'examen a révélé des lacunes importantes au sujet de l'offre active de services bilingues et la disponibilité des renseignements météorologiques bilingues sur le réseau téléphonique automatisé.
Dans 50 pour cent des cas, l'enregistrement diffusé sur les lignes téléphoniques est unilingue anglais à l'extérieur du Québec et unilingue français au Québec. C'est sans compter que l'offre active bilingue n'est disponible qu'une fois sur quatre en moyenne. La situation serait alarmante dans les régions du Québec, des Prairies et du Pacifique.
«L'offre active ressemble davantage à une journée aux conditions météorologiques changeantes plutôt qu'à une journée où le baromètre est au beau fixe», a commenté le commissaire Graham Fraser.
Le réseau téléphonique automatisé d'Environnement Canada reçoit environ 30 millions d'appels par année. Le service permet aux Canadiens d'avoir des informations quotidiennes sur les prévisions et services météorologiques concernant les phénomènes environnementaux comme les tornades, les tempêtes hivernales, les inondations, les sécheresses, le smog, les variations des niveaux des lacs, les conditions de glaces, les conditions routières et la turbulence aérienne.
Le commissaire signale dans son rapport l'importance de ce service en soulignant que «les avertissement fournis sur les conditions météorologiques et environnementales qui menacent la vie et la santé des Canadiens constituent la raison d'être du Service météorologique du Canada».
Le commissaire a mené cette vérification dans la but de déterminer si le Service météorologique du Canada remplit ses obligations relatives aux langues officielles pour le service au public. La collecte des données a eu lieu entre juin et octobre 2007.
Même s'il constate que le ministère a établi une structure interne pour administrer son programmes des langues officielles, les lignes directrices sur le service au public sont incomplètes et ne réussissent pas à bien encadrer le personnel qui a un rôle important à jouer dans la prestation des services météorologiques bilingues sur le réseau téléphonique.
Le commissaire Fraser a formulé huit recommandations pour améliorer la prestation de services dans les deux langues.
Parmi les mesures prises par Environnement Canada pour améliorer ses services bilingues, le commissaire souligne qu'il s'est joint au Consortium 511, composé d'organismes gouvernementaux et privés. Le commissaire Fraser émet quand même un bémol à ce sujet.
«Bien qu'il continue d'explorer la mise en place du système téléphonique 511 pour diffuser des renseignements météorologiques dans les deux langues officielles de façon uniforme partout au Canada, le Ministère n'a pris aucun engagement officiel sur la mise en place de ce système en raison de préoccupations financières», note toutefois le commissaire Fraser.