Un ponceau s’est affaissé sur le chemin McLinton.

Mesures d'urgence à La Pêche

Alors que le soleil recommençait à briller, lundi après-midi, l’eau de pluie continuait de ruisseler abondamment à flanc de montagne dans plusieurs secteurs de la municipalité de La Pêche, où de nombreux ponceaux n’ont pas tenu le coup.

Le Droit a pu faire le tour de divers chemins touchés avec le maire de La Pêche, Robert Bussière, qui avait déclaré les mesures d’urgence en matinée. L’eau a fait des ravages aux quatre coins de la municipalité qui s’étend sur plus de 600 kilomètres carrés.

La chaussée de gravier du chemin du Lac Pike a été lourdement endommagée, au point où quelques résidences se sont retrouvées isolées. Sur le chemin McLinton, une quinzaine de résidences se sont retrouvées isolées par l’affaissement d’un ponceau. Les équipes municipales s’affairaient en après-midi à faire de l’enrochement afin de permettre aux résidents — dont une femme devant accoucher dans les prochaines semaines — de sortir en cas d’urgence.

«Comme les chutes Niagara»

Une résidente du chemin McLinton, Catherine Filion, a raconté que ce n’est que lorsque le soleil s’est levé qu’elle a compris l’ampleur de la situation.

«Toutes les terres étaient complètement mouillées, a-t-elle indiqué. Avec la levée du jour, tranquillement on a vu l’eau qui passait par-dessus [le chemin], c’était comme les chutes Niagara, ça faisait un genre de fer à cheval. Le courant était fort, donc on a arrêté le trafic parce que les voitures qui arrivaient de l’autre côté ne voyaient pas, les gens pensaient qu’il y avait juste un peu d’eau sur le chemin.» 

Dans la camionnette du maire, le système mains libres se faisait aller. Au bout de la ligne, le directeur des travaux publics assurait que toutes les équipes travaillaient d’arrache-pied pour que plus personne ne soit isolé d’ici la fin de la soirée de lundi.

Sur le chemin de la Montagne, la scène était encore plus impressionnante, un imposant ponceau n’ayant pas pu résister à la force du courant. Un gros arbre s’est retrouvé couché dans le trou béant où circulait toujours beaucoup d’eau en après-midi. Aucun résident n’était isolé à cet endroit, le chemin débouchant sur d’autres artères de chaque côté.

Un léger glissement de terrain a également forcé l’évacuation du Moulin Wakefield, plusieurs branches s’étant retrouvées sur des fils électriques, a indiqué M. Bussière. Dans le village de Wakefield, en après-midi, le niveau de l’eau avait baissé après avoir inondé bien des terrains bordant la rivière Gatineau.

Le maire Bussière espère maintenant que le gouvernement du Québec adoptera sous peu un décret afin de mettre en place un programme d’aide financière spécifique pour ces plus récentes inondations. Les réparations effectuées dans la journée de lundi ne sont que temporaires, a souligné le maire, qui prévoit déjà que les coûts des travaux permanents seront «exorbitants».

GLISSEMENT DE TERRAINS À CHELSEA

La municipalité de Chelsea a elle aussi été sévèrement touchée par la tempête automnale alors que les secteurs d’Hollow Glen, du chemin de la Rivière, du chemin du Lac-Meech et des chemins Fleury et Childs furent particulièrement affectés. Les pluies torrentielles ont provoqué des glissements de terrains, entraînant la fermeture d’artères. Des sous-sols ont été inondés, des pannes d’électricité ont été répertoriées et le chemin du Lac-Meech fut impraticable jusqu’en fin de journée, lundi. Un avis d’ébullition de l’eau a d’ailleurs été décrété dans le secteur. Les usines d’épuration des eaux usées et de purification de l’eau potable du Centre-Village sont demeurées pleinement fonctionnelles, a précisé la Municipalité dans un communiqué.