La ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, précise la vision du gouvernement concernant la Loi sur les langues officielles, mais reste encore vague sur un échéancier et les changements réels que le gouvernement libéral veut apporter.
La ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, précise la vision du gouvernement concernant la Loi sur les langues officielles, mais reste encore vague sur un échéancier et les changements réels que le gouvernement libéral veut apporter.

Mélanie Joly promet une loi qui s'attaquera au recul du français

Benjamin Vachet
Collaboration spéciale - #ONfr
La ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, précise la vision du gouvernement concernant la Loi sur les langues officielles, mais reste encore vague sur un échéancier et les changements réels que le gouvernement libéral veut apporter.

Les francophones avaient accueilli le discours du Trône entre espoir et crainte. La place consacrée au dossier des langues officielles a été saluée, mais l’évocation d’un renforcement de la Loi sur les langues officielles au lieu d’une modernisation, ainsi que l’absence d’échéancier, a suscité des doutes.

En entrevue avec ONFR+, la ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly, se montre claire : le gouvernement entend bel et bien moderniser la Loi.

« Il était important pour nous de réaffirmer l’importance des langues officielles et de notre engagement à moderniser la Loi. C’est la première fois en cinq ans qu’on en parle dans un discours du Trône. On parle de renforcer, car on veut même aller plus loin, avec une nouvelle vision, encore jamais exprimée jusqu’ici, qui reconnaît la vulnérabilité du français », explique-t-elle.

Dans le discours du Trône, le gouvernement parle ainsi de « renforcer » la Loi sur les langues officielles « en tenant compte de la réalité particulière du français ».

« On le sait, le français recule à travers le pays et le bilinguisme stagne chez les anglophones à l’extérieur du Québec. On prend acte de cette situation et on veut en faire plus pour protéger le français à travers le pays, notamment au Québec, en se dotant d’une loi qui parle aux minorités linguistiques, mais aussi à la majorité », poursuit la ministre.

Quels changements?

Mais Mme Joly demeure floue sur les changements qui seront apportés. Malgré les nombreuses propositions formulées par la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, le commissaire aux langues officielles et les comités du parlement et du sénat, elle estime que d’autres conversations sont nécessaires.

« Je vais avoir des conversations avec les différents groupes et intervenants dans les prochaines semaines. Des propositions ont déjà été faites, elles inspirent ma réflexion. On va prendre les meilleures idées et les intégrer, mais on doit aussi les ajuster à cette nouvelle vision pour générer un consensus. L’objectif de cette loi, c’est que, de génération en génération, on puisse transmettre le français et qu’on parvienne à une meilleure compréhension des langues officielles. »

Le professeur à la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa et titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie canadienne en droits et enjeux linguistiques, François Larocque, voit quelques pistes possibles pour renforcer la place du français au Canada.

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