Le ministre de la Santé a accepté, après s’être fait prier pendant des mois par les omnipraticiens, que ceux-ci puissent inscrire des patients en bloc pour vider plus rapidement le guichet d’accès à un médecin de famille avant la fin de l’année.

Médecin de famille: préinscription approuvée

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a finalement accepté la proposition de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) d’inscrire des patients sans les voir pour vider plus rapidement le guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF) et atteindre la fameuse cible de 85% d’ici la fin de l’année, a appris Le Soleil.

«À la suite de plusieurs mois de négociations, le MSSS [ministère de la Santé et des Services sociaux] a finalement accepté que nous puissions inscrire des patients en bloc sans que ces inscriptions soient nécessairement associées à des visites médicales (lettre d’entente 321 paraphée entre la FMOQ et le MSSS)», écrit le président de l’Association des médecins omnipraticiens de Montréal (AMOM), le Dr Michel Vachon, dans un courriel qu’il a fait parvenir à ses membres cette semaine.

Selon ce qu’il a été possible d’apprendre, l’entente, signée la semaine dernière, devait être approuvée cette semaine par le Conseil du Trésor. 

«Il reste encore beaucoup de patients à inscrire provenant du GAMF, et la plupart sont des priorités D et E, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas de problèmes de santé prioritaires. Jusqu’à ce jour, nous devions voir les patients en consultation pour les inscrire pour qu’ils soient ainsi retirés du GAMF. C’était un non-sens en effet puisqu’une bonne partie d’entre eux ne se présentaient pas, ou encore ne voulaient pas se présenter à leur rendez-vous», continue le Dr Vachon.

Selon le président de l’AMOM, cette modification des règles d’inscription permettra aux médecins d’être «plus disponibles pour voir les patients quand ils en auront besoin plutôt que pour une simple formalité administrative, épargnant par le fait même des milliers de dollars en dépenses reliées à ces consultations inutiles sur le plan médical». 

«Nous avons un dernier effort collectif à faire d’ici le 31 décembre. Cette nouvelle mesure nous permettra d’atteindre les cibles. Tous ensemble vidons les GAMF et débarrassons-nous de la loi 20 une fois pour toutes», termine le Dr Vachon, en référence à la menace du ministre Barrette d’appliquer la loi 20 et les pénalités financières qui y sont prévues dès le 1er janvier 2018 en cas de non-atteinte de sa cible de 85% de la population inscrite à un médecin de famille.

Jusqu’au bout

Le ministre de la Santé aura tenté de cacher ses intentions jusqu’au bout. Fin août, nous rapportions qu’il démontrait une ouverture à modifier les règles d’inscription afin d’atteindre la cible de 85% d’ici la fin de l’année. Une ouverture que le ministre de la Santé et son attachée de presse d’alors, Julie White, avaient refusé de confirmer, se contentant de répéter qu’il s’agissait seulement d’une proposition de la FMOQ. 

Puis, le 5 octobre, au cours d’un bref entretien avec Le Soleil, le ministre avait une fois de plus laissé planer le doute sur ses intentions, affirmant que sa position n’avait pas changé. «Les paramètres sont intacts. Je suis dans une situation de statu quo, il n’y a rien de changé», nous avait dit le ministre, tout en réitérant que c’était à la FMOQ de faire la preuve que la préinscription de patients était une bonne option. 

Il semble donc que c’en était une aussi pour le ministre, voire la seule qui permette d’atteindre sa cible de 85% (ou de s’en approcher) à la fin de l’année. Aux dernières nouvelles, le taux de prise en charge se situait autour de 77%.