Martin Deschênes et son fils Félix-Antoine lors de l’arrêt des cyclistes du Tour CIBC Charles-Bruneau, à Montebello, en juillet 2019.
Martin Deschênes et son fils Félix-Antoine lors de l’arrêt des cyclistes du Tour CIBC Charles-Bruneau, à Montebello, en juillet 2019.

Martin Deschênes pédale pour l’espoir

Benoit Sabourin
Benoit Sabourin
Le Droit
Chaque semaine, Le Droit rencontre une personne afin de souligner une réalisation exceptionnelle ou une contribution significative à la vie ou au rayonnement de la région. Cette semaine : Martin Deschênes.

Le maire de Montebello, Martin Deschênes, enfourchera son vélo pour une traversée de 1000 kilomètres en six jours, l’été prochain. L’élu participera au plus long parcours du 25e Tour CIBC Charles-Bruneau, du 5 au 10 juillet, entre Paspébiac et Boucherville, dans le but de livrer un brin d’espoir aux enfants atteints de cancer et de contribuer à la recherche médicale dédiée à l’oncologie pédiatrique.

Ce n’est pas un hasard si Martin Deschênes a accepté l’invitation de l’organisation du Tour CIBC Charles-Bruneau. L’an dernier, il a pédalé de façon « informelle » avec des participants qui ont séjourné à Montebello dans le cadre de l’activité qui se détaille chaque année en plusieurs parcours plus ou moins difficiles, à travers le Québec. C’est en côtoyant ceux-ci de près qu’il a réalisé qu’il souhaitait lui aussi faire une différence.


« Oui, ce sera épuisant, mais ce n’est rien en comparaison à ce que des enfants doivent passer au travers en ayant le cancer. »
Martin Deschênes, maire de Montebello

Pour le 25e anniversaire de l’événement, un parcours spécial de 1000 kilomètres en six jours a été intégré à la programmation. Ils ne seront que 25 personnes à réaliser ce trajet plutôt musclé. M. Deschênes n’a pas hésité à dire oui aux organisateurs quand on lui a tendu la main.

« Comme je me connais et que c’est une cause qui me tient à cœur, il n’était pas question pour moi d’embarquer à moitié », lance le principal concerné qui soufflera ses 54 bougies d’anniversaire dans quelques semaines.

Même s’il convient que c’est « énorme » comme défi, il affirme avoir la capacité physique nécessaire pour se préparer à effectuer un tel trajet. Depuis trois ans, M. Deschênes pédale entre 4000 et 5000 kilomètres par été pour garder la forme. Ce qui le pousse surtout à vouloir se dépasser ainsi, du 5 au 10 juillet, c’est la volonté de changer les choses et d’améliorer le sort des enfants atteints de cancer.

Voir son fils vaincre le cancer

Son fils, Félix-Antoine, aujourd’hui âgé de 17 ans, a survécu à une tumeur de Wilms, le type le plus courant de cancer du rein chez l’enfant, alors qu’il n’était âgé que de 20 mois. Il a subi l’ablation d’un rein et a par la suite dû encaisser six longs mois de traitements de chimiothérapie. Depuis, c’est la rémission complète et il croque dans la vie à pleines dents.

« Tu sais, mon gars se levait le matin et nous, on se demandait s’il allait se réveiller. Après quelques années, il a guéri, mais il y en a qui ne passent pas à travers, raconte M. Deschênes, avec la gorge nouée par l’émotion. Est-ce que ce sont 1000 kilomètres qui vont nous faire casser ? Les cyclistes, nous sommes tous là pour les bonnes raisons et pour les mêmes convictions, mais nous, on ne souffre pas. Quand même bien que j’arriverai au bout et que j’aurai de la misère à marcher, je vais me réveiller le lendemain matin, je vais me reposer, et je vais me replacer. Oui, ce sera épuisant, mais ce n’est rien en comparaison à ce que des enfants doivent passer au travers en ayant le cancer. »

M. Deschênes a encore frais en mémoire les souvenirs douloureux associés à cette journée d’août 2004 quand tout s’est écroulé. Au moment précis où le médecin a annoncé le pire aux parents du petit Félix-Antoine.

« Ma préparation va se faire avec Félix-Antoine dans ma tête. Il a été capable de passer à travers. Il y en a qui sont en train de passer à travers présentement. Nous sommes tous là pour les aider. Ce sera une motivation additionnelle pour l’épreuve », précise le maire de Montebello.

En plus du défi qu’il s’est engagé à relever, M. Deschênes doit récolter la somme de 10 123$ dans les prochains mois, tout comme les autres cyclistes qui pédaleront à ses côtés. Pour faire un don à sa campagne de financement, il suffit de se rendre sur le site Web du Tour CIBC Charles-Bruneau et d’entrer son nom dans l’onglet « Trouvez un cycliste ».

L’organisation du Tour CIBC Charles-Bruneau soutient avoir amassé près de 34 millions $ depuis 24 ans.