Pauline Marois
Pauline Marois

Marois et Dumont échouent dans leur tentative pour éviter des élections

Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Pauline Marois et Mario Dumont ont échoué, mercredi, dans leur ultime tentative parlementaire de freiner le train électoral de Jean Charest, que plus rien ni personne ne semble pouvoir arrêter.
Dans un baroud d'honneur, le Parti québécois (PQ) et l'Action démocratique (ADQ) avaient uni leurs forces pour présenter une motion en Chambre exhortant le premier ministre Charest à renoncer à des élections précipitées, et à se concentrer plutôt sur la préparation d'un plan d'urgence de gestion de la crise économique.
Mais ce fut peine perdue.
Avec l'appui des deux partis d'opposition, la motion a été adoptée sans difficulté (à 69 contre 42), mais les députés libéraux ayant tous voté contre, le gouvernement n'y donnera pas suite.
En matinée, péquistes et adéquistes se disaient pourtant disposés à collaborer avec lui et à l'appuyer, s'il prenait l'initiative de présenter au plus tôt un plan d'action pour diminuer l'impact de la crise économique, au lieu de lancer un appel au peuple.
Une fois la crise passée, il sera toujours temps de déclencher des élections, avait dit la chef péquiste, Pauline Marois, en point de presse.
«On dit à M. Charest: occupez-vous de votre monde. Occupez-vous des Québécois qui ont besoin d'aide. Proposez des mesures, on va vous appuyer et on va travailler de concert avec vous», a dit Mme Marois.
Selon elle, si le premier ministre avait à coeur l'intérêt de la population, il renoncerait à son «idée folle» de provoquer une élection dès maintenant.
Durant la période de questions, Mme Marois est revenue à la charge, pour dire que «le feu est pris et le premier ministre veut fermer la caserne de pompiers».
Quant à lui, le chef adéquiste, Mario Dumont, s'était dit conscient, en matinée, que la journée était cruciale pour tenter d'éviter de plonger le Québec en élections, possiblement dès la semaine prochaine.
«Il n'est pas trop tard» pour changer d'idée, a-t-il lancé au premier ministre en Chambre, lui demandant de «mettre de côté son agenda partisan».
Chose certaine, dans les rangs libéraux, on n'attend plus que le signal de départ, attendu mercredi prochain.
En campagne, le slogan libéral risque de ressembler à ceci: il faut un gouvernement majoritaire fort pour affronter la crise.
La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, n'a pas caché ses couleurs, en point de presse, en marge d'un caucus, mercredi.
«Ce dont nous avons besoin aujourd'hui, c'est d'un gouvernement fort, parce qu'il vente très fort», a-t-elle dit.
«Un gouvernement majoritaire pourrait peut-être être utile dans les circonstances», a renchéri le député de Westmount-St-Louis, Jacques Chagnon.
Un gouvernement minoritaire n'a pas «les coudées franches», a déploré la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, qui a confirmé qu'elle serait candidate à nouveau, comme sa collègue des Finances.
«On a juste à élire un gouvernement majoritaire et on aura la paix pour quatre ans», a commenté la ministre des Aînés, Marguerite Blais.