Mark Kristmanson, le nouveau premier dirigeant de la CCN.

Mark Kristmanson à la tête de la CCN

Nommé lundi par le gouvernement conservateur, le nouveau premier dirigeant de la Commission de la capitale nationale (CCN), Mark Kristmanson, est un intellectuel qui connaît bien la société d'État qu'il s'apprête à mener. La sélection de ce professionnel sérieux surnommé - parfois non sans ironie - « Dr Mark » en a néanmoins surpris plus d'un au sein de la boîte.
Docteur en lettres et sciences humaines de l'Université Concordia de Montréal, Mark Kristmanson occupait depuis dix ans le poste de directeur, Interprétation et commémorations de la capitale, un service autrefois géré par la CCN, mais rapatrié au ministère du Patrimoine canadien en septembre dernier.
En décembre, il avait annoncé sa démission. Il dirige aujourd'hui une agence dont le mandat a été réduit à sa plus simple expression, amputé des commémorations - Bal de neige, fête du Canada et autres -, son domaine d'expertise.
« Il s'est occupé de dossiers considérés chauds pour la CCN, comme le monument de l'Holocauste ou les célébrations entourant le bicentenaire de la Guerre de 1812. Dr Mark faisait fréquemment des présentations au bureau du premier ministre, ça l'a fait connaître », a expliqué un ancien collègue de M. Kristmanson ayant requis l'anonymat.
De 2000 à 2003, il a été directeur général du Conseil des arts du Nouveau-Brunswick, et de 1982 à 1994, il fut directeur technique au Centre national des arts. En 2011, il a été titulaire invité de la chaire de recherche en diplomatie ouverte de la fondation Fulbright à l'Université Southern California, de Los Angeles, a-t-il expliqué hier, lors d'une conférence de presse tenue au ministère des Affaires étrangères.
Changement de régime
Méthodique, ordonné, taciturne, difficile d'approche sont des mots employés par ceux et celles qui ont côtoyé le nouveau n° 1 de la CCN. Au niveau de la personnalité, il s'agit de tout un contraste par rapport à Marie Lemay qui a occupé ce poste pendant quatre ans, ou à Jean-François Trépanier, qui a assuré l'intérim pendant plus de deux ans.
La CCN sous Kristmanson continuera de « garder un profil bas », prédit un autre collègue, témoin de l'emprise croissante du cabinet du ministre John Baird sur les affaires internes de la CCN.
On ne lui connaît pas d'allégeance politique évidente. Plusieurs s'attendaient à ce qu'un proche des conservateurs soit nommé à ce poste, mais c'est plutôt par sa gestion du dossier de monument de l'Holocauste, cher au ministre Baird, que M. Kristmanson aurait épaté la galerie.
Le nouveau premier dirigeant a passablement de travail devant lui, alors que le torchon brûle entre la société d'État et les maires d'Ottawa et de Gatineau.
La semaine dernière, Jim Watson et Maxime Pedneaud-Jobin ont exigé une réforme du conseil d'administration de la CCN, afin de prendre part aux décisions qui ont un impact sur elles. Ils s'expliquent mal, entre autres, comment un groupe non élu s'immisce dans des décisions locales comme la fermeture de la rue Gamelin, à Gatineau, ou la construction du train léger, à Ottawa.
Après le coup d'éclat des maires, la première tâche du « Dr Mark » sera donc de recoller les pots cassés. Dans la discrétion.