Des fonctionnaires ont récemment refusé le passage à un poste frontalier de l’État de Washington à l'homme d'affaires canadien Sam Znaimer en raison de ses investissements dans des entreprises de marijuana américaines.

Marijuana: un homme d’affaires canadien est refoulé à la frontière américaine

VICTORIA — Un homme d’affaires de Vancouver interdit à vie d’entrer aux États-Unis en raison de ses investissements dans des sociétés de marijuana américaines prévoit demander une dérogation lui permettant de traverser la frontière.

Sam Znaimer explique que des fonctionnaires lui ont récemment refusé le passage à un poste frontalier de l’État de Washington, affirmant que ses investissements dans des entreprises de marijuana américaines le rendaient inéligible à entrer au pays.

« J’ai passé quatre heures, quatre heures et demie à la (frontière) et à la fin de tout ce processus, on m’a dit que l’on m’avait définitivement interdit d’entrer aux États-Unis », a-t-il déclaré en entrevue.

Len Saunders, un avocat spécialisé en droit de l’immigration, a récemment entendu parler d’une dizaine d’affaires semblables, quand des Canadiens se sont vus refuser l’entrée aux États-Unis en raison de leurs liens avec l’industrie de la marijuana.

« Je reçois des appels téléphoniques paniqués de la part d’entreprises canadiennes qui craignent que leur personnel se voie refuser l’entrée », a dit Me Saunders, un Canadien dont le cabinet juridique est situé à Blaine, dans l’État de Washington.

Me Saunders révèle qu’il a conseillé aux Canadiens travaillant avec des compagnies de marijuana américaines de ne pas traverser la frontière.

« Vous pourriez aussi bien faire des affaires avec Pablo Escobar et vendre de la cocaïne aux États-Unis », a-t-il illustré, en rappelant que la marijuana est toujours une substance dite « annexe 1 » aux États-Unis, à savoir un produit sans usage médical et à risque élevé d’abus.

M. Znaimer a dit qu’il investit dans de nombreuses entreprises depuis plus de 30 ans, y compris des compagnies de marijuana. Il a ajouté avoir participé à des discussions publiques sur la marijuana et avoir été interviewé par les médias.

« Je suis purement un investisseur », a-t-il assuré.

Le bureau américain des douanes et de la protection des frontières n’a pas commenté spécifiquement le cas de M. Znaimer, mais a déclaré que la marijuana médicale et récréative est peut-être légale dans certains États américains, mais qu’elle reste illégale en vertu de la loi fédérale américaine.

La déclaration prévient que travailler dans l’industrie de la marijuana, soit aux États-Unis ou au Canada, peut affecter l’admissibilité d’une personne au pays.

« Les décisions sur l’admissibilité sont prises au cas par cas par un agent (des douanes et de la protection des frontières) sur la base des faits et des circonstances connus de l’officier à l’époque », indique le communiqué.

M. Znaimer a dit qu’on lui avait dit qu’il ne pouvait pas faire appel de la décision sur la frontière, mais qu’il avait une autre option.

« Je demanderai une dérogation, a-t-il dit. Je ne sais pas quelles sont mes chances de l’obtenir, mon avocat est optimiste. »

Me Saunders, l’avocat de M. Znaimer, a expliqué que le processus peut prendre jusqu’à un an et coûter environ 600 $ US de frais plus les frais juridiques. De plus, les dérogations ne sont pas permanentes et les gens devront probablement présenter une nouvelle demande.

Me Saunders a dit qu’il a commencé à voir des gens d’affaires interdits aux États-Unis en avril.

« Ils (les Américains) ont prétendu qu’il (M. Znaimer) aidait et encourageait l’industrie américaine de la marijuana à cause de ses investissements », a-t-il dit.

M. Znaimer estime que les Canadiens ayant des liens avec le commerce de la marijuana aux États-Unis devraient se méfier du passage à la frontière.

« Une distinction est faite, à savoir que jusqu’à présent, le département de la Sécurité intérieure ne semble s’intéresser qu’aux Canadiens ayant une certaine implication dans le cannabis aux États-Unis », a déclaré M. Znaimer.