Le marché de Noël au Musée de l’histoire de Gatineau

Marchés de Noël: des impacts économiques substantiels

L’ouverture des marchés de Noël ce week-end dans la région de la capitale nationale permettra entre autres de contribuer à stimuler l’économie sociale et locale de façon substantielle.

Selon le professeur à l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa, Gilles LeVasseur, la présence de ces marchés locaux « crée beaucoup plus d’emplois qu’on pourrait se l’imaginer. »

« Ça peut amener [les artisans] à devenir des sous-traitants pour d’autres entreprises. Les produits qu’ils offrent ne sont pas disponibles ailleurs, donc ils deviennent des sous-traitants pour les grosses boîtes. Qu’on parle de couronnes de Noël, de gâteaux ou tout autres produit, ils viennent ajouter une plus-value au niveau de la productivité, car on ne les retrouve pas ailleurs. Ces produits-là sont souvent faits avec une touche personnelle qui les rend uniques. »

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« Les produits que l’on retrouve dans les marchés de Noël sont des biens de durabilité. Il y a beaucoup d’innovation et de créativité dans les produits qu’on retrouve dans la production de biens locaux. La façon dont on fait l’artisanat et la façon dont on la présente, ça montre que l’on comprend les besoins du consommateur, c’est ça qui est la force de ces marchés-là », poursuit-il.

Pour les visiteurs, le lancement des activités des marchés de Noël représente une belle opportunité de débuter leurs achats des Fêtes.

Selon M. LeVasseur, les marchés de Noël se distinguent aussi par leur effet de proximité entre les consommateurs et le bien offert. Les gens qui se rendent dans ces marchés le font habituellement pour soutenir des produits confectionnés avec des produits locaux afin de soutenir les artisans de leur région.

« En économie sociale, le commerce électronique n’est pas aussi fort qu’ailleurs. Ce qui veut dire que c’est beaucoup plus un concept de relation humaine. C’est ce qui peut amener les gens à se dire ‘ah, tiens on va aller chercher quelque chose de local et qu’on apprécie’. »

Pour les visiteurs, le lancement des activités des marchés de Noël représente une belle opportunité de débuter leurs achats des Fêtes. L’ouverture des marchés concorde d’ailleurs avec les ventes du « vendredi fou », cet évènement de surconsommation dans lequel les grandes chaînes offrent d’énormes rabais sur leurs produits afin de solliciter ceux et celles qui en profitent pour se lancer dans leurs emplettes des Fêtes.

« L’effervescence des ventes d’après Noël s’est essoufflée un peu et maintenant la frénésie tourne davantage autour du «vendredi fou» et des achats des Fêtes. Aujourd’hui, le vendredi fou est devenu le point de démarrage des festivités de Noël. C’est là que la consommation commence. »

« Les marchés de Noël offrent d’autres options aux citoyens qui veulent faire leurs achats des Fêtes. Ils apportent une alternative à la surconsommation et une autre dimension à ces comportements-là. »

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LES MARCHÉS DE NOËL À LA RESCOUSSE DE LA SAISON MORTE

Les marchés de Noël arrivent en plein au bon moment, selon la présidente directrice générale de Tourisme Outaouais, France Bélisle.

« Ce que je trouve le plus intéressant du produit de marché de Noël, c’est qu’il arrive lors des basses saisons, explique-t-elle. On a terminé le coloris automnal et là on va vivre l’hiver avec le Bal de neige. Quand on voit l’arrivée des marchés de Noël, ça vient un peu occuper l’espace durant la saison morte. »

En plus d’être une excellente vitrine pour les producteurs locaux, les marchés de Noël se veulent également « une autre façon de découvrir la région » selon Mme Bélisle.

« Majoritairement, les gens qui visitent les marchés de Noël sont des résidents locaux qui se promènent, indique-t-elle. Dans notre région, étant donné qu’on est collé sur l’Ontario, on appelle les gens qui circulent à plus de 40 kilomètres de chez eux des excursionnistes. Et on voit, par exemple, au marché de Noël de Wakefield, qu’il y a beaucoup d’Ontariens. C’est la même chose pour le Musée canadien de l’histoire. Ça demeure une population régionale, mais les marchés de Noël font beaucoup circuler les gens sur les deux rives. »

« Dans notre jargon touristique, les marchés de Noël sont aussi de belles activités à destination, ajoute Mme Bélisle. Si par exemple un Montréalais est dans la région, il n’est peut-être pas juste ici pour le marché de Noël au musée, mais s’il est venu pour voir sa famille, c’est le genre d’activité complémentaire qui peut l’intéresser et l’inciter à y aller. Ce sont des offres complémentaires sur le territoire de l’Outaouais qui parlent aux visiteurs qui sont de passage. »

Avec Julien Coderre, Le Droit